23.02.2012
Un lac urbain
Pour les ornithos parisiens, la « chasse » aux oiseaux d’eau hivernants signifie en général prendre sa voiture pour aller écumer les pièces d’eau de la Bassée ( au sud - sud-est de Montereau ), filer jusqu’à Jablines ( près de Meaux) ou au moins aller jusqu’à St Quentin ou Saclay, quand ce n’est pas aller jusque dans le Der près de St Dizier (52) à 150km de Paris. Cet hiver, de nombreux observateurs se sont contentés de prendre le métro pour aller à ….. Créteil !
Un groupe de Fuligules milouins et morillons devant le paysage urbain du lac de Créteil
Ce n’est pas la première fois que ce lac défrayait la chronique ornithologique francilienne : l’an dernier il y a même eu un quiproquo amusant : on a signalé un Grèbe jougris et un Grèbe esclavon…. mais aucun observateur n’a vu les deux espèces ensemble ! On s’est même demandé s’il n’y avait pas de confusion ! Heureusement que la photo numérique a permis d’avoir la preuve qu’il y avait bien les deux !
Cet hiver a commencé par l’apparition d’un Garrot immature fin novembre, vite rejoint par un Eider immature (dont le sexe a fait beaucoup discuter …). A la mi-décembre le Garrot était rejoint par 2 compères (une femelle adulte reconnaissable à l’extrémité du bec jaune et un autre immature ). Le Garrot est un canard d’eau douce, assez répandu en Europe orientale et septentrionale à qui il arrive cependant de nicher en Ile de France depuis quelques années. L’Eider est un canard marin très courant dans le nord de l’Europe, dont on tirait traditionnellement l’ « édredon » ( = duvet d’eider en islandais).
Au fil de l'hiver les immatures ont révélé leur masculinité... photo Y.Gestraud
Ces oiseaux ont été rejoints lors de la vague de froid du début février par une Macreuse brune immature (oiseau marin qui niche en Scandinavie et plus au nord-est), 2 Harles piettes (femelles ou immatures) qui sont aussi des canards nordiques, attendus avec gourmandise par les ornithos quand se déclenche un coup de froid… et enfin 3 Garrots supplémentaires !
Olivier Laporte a réussi l'exploit d'avoir l'Eider, la Macreuse et un Garrot sur la même photo !
Si on ajoute que deux butors hivernent dans les roseaux, qu’il y a toujours quelques dizaines de fuligules sans parler des grèbes huppés, bernaches, cygnes, etc. on comprendra qu’une virée à Créteil est rarement décevante…
Le Butor a eu la gentillesse de passer en vol au-dessus d'Y. Gestraud !
Comment cela se fait-il qu’un endroit aussi urbain soit aussi « bien fréquenté » ? Deux éléments sont visibles sur la carte : la Seine n’est pas loin, donnant donc un axe de migration pour les oiseaux et il y a autour du lac 2 autres pièces d’eau importantes entre lesquelles les oiseaux peuvent se déplacer au gré de leurs humeurs ( d’où les apparitions et disparitions curieuses de certains oiseaux). Enfin, il ne faut oublier qu’il n’y a pas de chasse au pied de la Préfecture du Val de Marne…
A signaler qu’un groupe naturaliste existe autour du lac de Créteil : Nature et Société http://www.natsoc.asso.fr/ et qu’un site de photo animé par Michel Noël est approvisionné par de nombreux photographes de qualité "Les oiseaux du lac de Créteil" joignables sur FLICKR, www.flickr.com/groups/oiseaux-du-lac-de-creteil/pool/show/
et avec FLICKRIVER...: http://www.flickriver.com/groups/oiseaux-du-lac-de-creteil/pool/
15:20
Écrit par Frédéric
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11.09.2011
Les oiseaux de la Riviera balte
Après un séjour à Riga ( et avant d'y revenir), je suis allé prendre l'air marin sur la "Riviera balte", sur la côte du golfe de Riga, dans un endroit style "La Baule - Les Portes en Ré".
Jurmala est un ensemble de villages abritant des villas ( souvent en bois...magnifiques !) avec quelques petits centres qu'on peut à peine qualifier d'urbains... On n'est donc pas en milieu urbain, mais quand même en milieu suburbain : la présence humaine, surtout en été, imprime fortement sa marque sur le milieu...
La preuve qu'on a quitté le milieu urbain, c'est que l'espèce de moineaux la plus fréquente est le Moineau friquet, qui vient entre les tables des terrasses de bistrot.
C'est aussi l'espèce qui forme des troupes sur les pelouses de l'aéroport de Riga ( spectacle qui devient rare en France !).
Une station-service héberge une colonie originale d'Hirondelle de fenêtre
Les juvéniles juste envolés font les fous autour des nids comme des gamins.....
Sur la plage, les touristes nourrissent volontiers les oiseaux ,
ce qui permet d'observer plusieurs espèces à la fois.
Cela permet aussi d'avoir des vues originales, du style " Corneilles au bain de mer "
.... ou Corneille à la pêche !
Une grosse surprise a été la rencontre avec un Grand corbeau, venu disputer un peu de nourriture aux Goélands et Corneilles mantelées !
Le lendemain, ils étaient deux...
Pour terminer, je ne peux résister au plaisir de vous montrer une photo d'un Bécasseau maubèche qui s'est laissé approcher à 2 mètres...
mais je pense que c'est plus la fatigue du début de la migration qu'une vraie accoutumance à l'Homme : il n'a pas arrêté de manger !
19:13
Écrit par Frédéric
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31.08.2011
A Riga coule la Daugava...
Le 8ème Congrès de l’Union des Ornithologues Européens ( EOU) qui s’est tenu du 27 au 30 aout m’a donné l’occasion de découvrir une ville que j’ignorais totalement : Riga… J’en ai profité pour jeter quelques coups d’œil dans d’autres zones du pays (au fait, lequel ?..... la Lettonie ! ), mais je me suis évidemment surtout attaché à l’ornithologie urbaine…
Ville de 750 000 hab, elle est formée d’un hypercentre « moyen-âgeux » ( les destructions de la guerre n’ont pas laissé grand-chose debout, mais les reconstructions sont souvent de relativement bon goût ) entouré d’une ville plus moderne ( fin 19ème - debut du 20ème s), aux folles façades Art Nouveau, qui abrite quelques parcs riches en tilleuls et en marronniers (eux aussi attaqués par la mineuse).
Un des chefs-d'oeuvre du père du cinéaste SM Eisenstein
Le tout est longé par la Daugava, ce qui explique la présence d’oiseaux d’eau et le passage de migrateurs descendant de Finlande en longeant la côte Est du golfe de Riga. C’est à ce périmètre que se sont limitées mes balades urbaines.
Pour commencer par les migrateurs, j’ai pu voir un petit groupe de 6 Bergeronnettes printanières en migration active qui passaient au-dessus de 2 Traquets motteux qui faisaient une halte sur la rive bétonnée de la Daugava. De nuit (23h), leurs cris ont trahi le passage d’au moins 2 Chevaliers guignettes au-dessus du centre ville (mais loin de l’eau). Les cris de Gobemouches noirs et (sans doute) de Rougequeue à front blanc entendus dans les parcs devaient aussi signaler des migrateurs, comme l’était évidemment le Torcol vu par un congressiste dans le parc face à l’entrée de l’Université où se tenait le congrès !
A part les migrateurs, il faut reconnaître que la période n’est pas favorable aux observations : comme en France, c’est plutôt le grand silence …. A part les Corneilles évidemment ! Ici ce sont des Corneilles mantelées comme partout en Europe centrale et de l’Est, mais elles ne sont pas plus farouches que leur collègues noires à Paris !
Question bruit, les Goélands argentés qui nichent sur les toits ne se laissent pas oublier non plus !
Les Moineaux domestiques sont aussi bien présents ( j’ai pu voir un groupe d’une bonne centaine, surtout des jeunes ) : je ne m’aventurerais pas à dire si l’espèce décline ou non, mais il est sûr que Riga fait partie des « villes à moineaux » (avec Paris et Berlin) comme Londres et Amsterdam sont des « villes sans moineaux ».
D'où l'expression s'enfuir comme une volée de moineaux...
Un Moineau friquet qui longeait la Daugava n’était qu’ un avant-goût de ce que j’allais voir hors de Riga…
Assez caractéristique aussi, le nombre d’étourneaux qui se nourrissent sur les pelouses.
Un juvénile en train d'acquérir son plumge d'immature
Un groupe de quelques Choucas venus glaner les restes de pique-niques sur les quais m’a rappelé qu’ici, on était dans le domaine de la sous-espèce soemmerringii avec son collier blanc ( dont j’ai eu l’impression qu’il était peu visible en vol).
Un petit collier en plus qui change tout ...
En revanche, je n’ai pas vu de Pies, mais je n’en ai pas vu non plus en dehors de Riga….On m’a cependant affirmé qu’il y en avait ( sans doute dans le « 3ème cercle » de la ville, plus arboré entre les immeubles d’après-guerre). Il n’est pas impossible qu’elle ait régressé depuis les années 80, suite à une nouveauté évoquée en fin d’article…
Ce qui frappe aussi un ornithologue parisien, c’est l’absence de Pigeon ramier (mais je n’en ai vu que 3 fois dans la campagne…) et du Troglodyte (noté une seule fois à la campagne…). J’ai aussi remarqué l’absence de la Tourterelle turque (de tout mon séjour) même si elle est donnée comme présente.
Parmi les oiseaux classiques, Verdier, Pinson, Mésanges charbonnière et bleue, Merle, Hirondelle de fenêtre ( qui niche sur l’horrible Opéra…) et la Bergeronnette grise qui est vraiment omniprésente dans les milieux urbanisés de Lettonie.
Celle-ci arpentait les bancs du Festival de chant de Bauska, près de la frontière lithuanienne
Plus étonnant : un Gobemouche gris nourrit un jeune volant dans les arbres d’alignement tout près du Palais présidentiel et des Hirondelles rustiques qui font de même en plein centre ville ( comme qui dirait entre République et Chatelet…). A noter aussi que la Fauvette babillarde mâle qui alarmait sur les bords de la Daugava n’était sans doute pas de passage : l’espèce occupe classiquement les parcs en Allemagne et plus à l’est.
Ce Gobemouche gris juvénile chassait près du chateau de Rundale, non loins de Bauska
Les bords de la Daugava accueillent 4 espèces de Goélands (argenté, leucophée, brun et cendré) de la Mouette rieuse et d’une famille de Harles bièvres au niveau du port de commerce, un peu en aval du centre ville.
En revanche aucune Poule d’eau ni Foulque sur le petit canal qui sinue au travers d’un parc du centre, peut être à cause des berges trop raides, ce qui n’empêche évidemment pas la présence de centaines de canards colverts ( j’en ai compté au moins 300… )
En ce qui concerne les rapaces, j’ai vérifié auprès d’un spécialiste de l’avifaune de Riga que mon absence d’observation de Faucons crécerelle et pèlerin correspondait bien à la réalité (les pèlerins lettons nichaient au sol, comme ceux de la toundra, mais ont disparu à l’époque du DDT). En revanche, j’ai pu bénéficier d’un de ces coups de chance qui font le sel de l’ornithologie urbaine : en plein hyper-centre (style Beaubourg à Paris ou piazza di Spagna à Rome pour le côté un peu fermé du lieu et pour sa fréquentation touristique …), une panique chez les pigeons du lieu, déclenchée par …un Autour ! Vérification faite auprès de Maris Strazds (le spécialiste letton déjà cité), l’espèce est bien établie à Riga (les premiers se sont établis au milieu des années 80 ) et chaque parc a son couple. Cerise sur le gâteau : ce matin en allant chercher le bus pour l’aéroport, au-dessus de l’Opéra déjà évoqué, même scène de panique et un superbe Autour me passe au dessus de la tête, sérieusement escorté par un groupe de corneilles …. Cela console du départ !
18:20
Écrit par Frédéric
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07.01.2011
Prague en hiver
Séquence internationale aujourd'hui !
Grâce à Denis Matthey, français habitant à Prague depuis 15 ans , voici une provision de photos qui feront tirer la langue d'envie aux ornithologues urbains français !
Prague est une ville au centre historique extrêmement riche en monuments datant pour certains du 14ème s. ( Vieil Hotel de Ville, église St Jacques, pont Charles, Chateau etc).

Pont Charles ph. M.Mugner
Moins connus sont les passages qui se cachent derrière certains porches de rues parfois très fréquentées : c’est une expérience très sympa de quitter la rue Karlova bondée de monde pour tomber dans un silence quasi total la porte à peine refermée....jusqu'à ce qu'on retombe de l'autre côté dans une autre rue fréquentée ! J'ai gardé d'une visite à Prague en novembre 1990 ( 1er anniversaire de la "révolution de velours"...) un souvenir ému !
Prague est célèbre en ornithologie urbaine pour sa densité en rapaces et spécialement en éperviers : une centaine de couples sur 220 km² de territoire communal ! Denis nous montre l'exemplaire qui fréquente son jardin !

photo D.Mattey
Comme presque toutes les capitales européennes (sauf Paris....provisoirement !), Prague a aussi ses faucons pélerins...

photo D.Mattey
Mais les observations les plus étonnantes (pour nous....) sont faites sur la Vltava, appelée autrefois - et encore aujourd ‘hui quand on joue Smetana - la Moldau. Les photos suivantes sont prises en pleine ville...

Garrot à oeil d'or- ph. D.Mattey

Fuligule nyroca - ph. D.Mattey

Harle piette - ph. D.Mattey

Harle bièvre femelle ph. D.Mattey

Macreuse brune ph.D.Mattey

Grande Aigrette ph. D.Mattey
Pour tout vous dire les effectifs de cette année sont d’environ 80 garrots, 40 harles bièvres, 15 harles piettes, 150 morillons, 100 milouins, 5 milouinans et quelques macreuses brunes. Ce que je vous montre est donc très banal pour nos collègues pragois !
Il y a quand même cette année un évènement... regardez la photo suivante !

photo D.Mattey
Hé oui...vous avez bien, côte à côte, un Plongeon catmarin et un Plongeon arctique !
20:51
Écrit par Frédéric
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22.11.2010
Albi, quand le Ticho a rendez-vous avec le Pèlerin....
Je viens de passer un WE (20-21/11) à Albi, à l’occasion d’un colloque sur le Faucon pèlerin organisé par la mission Rapaces de la LPO et de la LPO Tarn (merci à eux pour la qualité de leur accueil !).
Albi, inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité…. Quelle distinction bien méritée : qu’est ce que c’est beau ! Et qu’est-ce qu’on s’y sent bien (et en plus c’est une banalité de dire qu’on se croirait en Toscane……région que j’adore !).
J’ai quand même été sérieux et, en descendant du train de nuit, j’ai d’abord assisté aux conférences dont celles de l’après-midi consacrées aux pèlerins urbains. Mais le soir et le lendemain matin….balade !
En plus, Yacine Attik (blog du pèlerin d’ivry) me signale que le matin il avait trouvé un Tichodrome sur le Pont-Vieux ! Le soir même on y va voir, mais rien… sauf 2 Martin-pêcheurs et au moins 4 Bergeronnettes de ruisseaux qui se font entendre sur le Tarn, se poursuivant ou en chantant. Aussi , l’observation originale de dizaines de pigeons bisets en train de piqueter les briques du Pont-Vieux pour y prélever sans doute certains sels minéraux….Ils représentent en tout cas une petite partie du garde-manger des pèlerins : au moins 500 pigeons occupent le toit de l’église située à 500 m environ de la cathédrale !
On rejoint ensuite le groupe d’ornithos qui s’était donné rendez-vous dans les jardins du Musée Toulouse-Lautrec pour surveiller le couple de Pèlerins qui a élu domicile sur la cathédrale depuis 2004. Au début rien… enfin quand même un groupe d’une soixantaine de hérons garde-bœufs qui descend le Tarn vers un dortoir…. Puis un Pèlerin est repéré sur le pont SNCF, au travers des branches dans la pénombre…pas terrible comme obs ! Mais v’là t’y pas que notre oiseau décolle vers la cathédrale, mais en fait il avait repéré un pigeon un peu bête qui volait en plein ciel au lieu de raser les toits comme tous les autres pigeons du secteur. Une accélération, raté…..une autre, encore raté, la 3ème fut la bonne !
Bon, d'accord, j'ai un peu trafiqué les photos prises par Yacine Attik....mais c'est pour le mouvement !
Le pèlerin rapporta sa proie, avec beaucoup de difficultés (c’était le mâle, plus petit que sa femelle) jusqu’au pont où il la pluma consciencieusement. Mais le passage d’un train le dérangea avant qu’il a eu le temps de le déguster et l’oiseau partit vers la cathédrale où des « tsioc » sonores nous signalèrent l’arrivée de la femelle qui se posa sur le nichoir…..Conclusion en beauté du colloque !
Le lendemain matin, toujours à la recherche du Tichodrome, nous repartons Yacine et moi le long du Tarn, où la Bouscarle se fait entendre au pied du Palais épiscopal…mais pas de Ticho. Retour dans les jardins du Musée et rencontre sympathique avec quelques représentants de la délégation de Loire-Atlantique…on cause de choses et d’autres (ou plutôt d’un oiseau ou d ’un autre !....) quand un de nos amis bretons crie « le Ticho, là il s’est posé derrière cette tour ! » Ruée pour descendre les escaliers qui mènent aux jardins inférieurs du Musée et exploration des murs, qui masquent plein de recoins….et le voilà ! Il remonte par sursaut le mur de briques, vole un peu, atterrit sur un rebord de fenêtre, passe à la fenêtre suivante. Je l’ai vu, je peux partir chercher mes affaires à l’hôtel pour prendre mon train qui repartait pour Paris une demi-heure après : il était temps que je le voie !
Mais non, mon appareil n'avait pas forcé sur le Gaillac !
Yacine, qui est resté sur place, le suit quand il quitte le palais pour la cathédrale et réussit à prendre une jolie photo sur fond de filet de protection . Il arrive même à la suivre jusqu’au nichoir à Pèlerin…. mais la rencontre du 3ème type tant espérée n’a pas eu lieu…. ;-)
Le quadrillage n'est qu'un filet de protection, mais il fait de l'effet ! (photo Y.Attik)
21:38
Écrit par Frédéric
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26.06.2010
La Nature s'incruste....
Je consacre une partie spéciale de mon blog au canal de l'Ourcq, du moins les 10 km que je parcours quasi quotidiennement ( cf colonne de gauche), mais je voulais vous en présenter une partie située un peu plus loin, à la limite de Bondy, Pavillons s/bois et Aulnay s/bois, dite "La Poudrette".

.......A cet endroit le canal s'élargit pour permettre aux péniches de faire demi-tour : l'endroit est bordé d'entrpôts et de tas de sables ou de graviers près à être chargés sur les camions qui s'y relaient.

........J'y avais déjà consacré un peu de temps en 2002 quand j'y avait trouvé la nidification d'un couple de Sterne pierre-garin et une friche dans la zone industrielle où se trouvaient un couple de Cochevis huppé ( le dernier de Seine St Denis ? il a disparu depuis....), un couple de Traquet pâtre qui s'y était reproduit, un couple de Farlouse qui avait essayé, ainsi qu'une Fauvette grisette, une Fauvette baillarde et une Hypolaïs polyglotte chanteuses....pas mal quand même !

Cette année, c'est la présence de Moineaux friquets qui m'attirent dans ce coin un peu particulier : cet hiver j'avais découvert une bande d'une quinzaine d'oiseaux de cette espèce en voie de régression très grave depuis la fin du siècle précédent. cette troupe semblait vouloir rester et j'ai fini par avoir le grand plaisir de trouver un adulte qui transportait de la nourriture dans un trou situé dans un mur en parpaing.

..............................................................Mais il faut regarder aussi la végétation qui profite des moindres interstices pour s'insinuer et se développer....

........Ne sont-ils pas jolis ces Milleperthuis ? Et cette petite composée ( matricaire ?) n'a-t-elle pas de la ténacité pour trouver le passage entre les pavés ?

17:03
Écrit par Frédéric
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28.08.2009
Ornithologie de congrès à Zürich (suite et fin)
Comme je ne perds pas mes habitudes perverses (voir le post sur les villes d’Italie centrale en cliquant ici), j’ai fait des décomptes d’oiseaux dans les rues de Zurich , en me rendant à pied tous les matins du centre ville au campus de l’Université, en limite nord de la ville, où avait lieu le congrès de l’EOU. La méthode est simple : je note tous les oiseaux observés ou entendus le long du trajet, en ne tenant pas compte des oiseaux qui volent au-dessus de la hauteur des toits.

J’ai séparé mon trajet en 3 secteurs (A : 1,1 km ; B : 0,85 km ; C : 1,45 km) et j’ai effectué 4 trajets (de samedi 22 à mardi 25/8) en 50 mn en moyenne, à partir de 7h45 environ.
Voici les résultats bruts :
SECTEURS | A | B | C | |||||||||
Jours | 1 | 2 | 3 | 4 | 1 | 2 | 3 | 4 | 1 | 2 | 3 | 4 |
Moineau | 8 | 12 | 14 | 9 | 4 | | | 1 | 4 | | 1 | |
Pigeon | | 3 | 2 | 2 | 4 | 2 | 3 | 6 | | | | |
M.bleue | 1 | 1 | | | | 1 | 2 | | 3 | 1 | 1 | |
M.charbo | 2 | 2 | | | | | | | 3 | 5 | | |
Corneille | | 2 | | | | | 1 | | 1 | | | 1 |
Pie | | | | | | | | | 1 | 1 | | |
T.turque | | | | | | | | | 1 | | 1 | |
RQ noir | 1 | | | | | | | | | | | 1 |
Verdier | | | | | | 1 | | | | | | |
M.longue queue | | | | | | | | | 2 | | | |
Sittelle | | | | | | | | | 1 | | | |
Geai | | | | | | | | | | 1 | | |
Sans vouloir donner à ces résultats une significativité qu’ils n’ont pas, on peut cependant en tirer quelques enseignements :
- comparaison entre les secteurs : le secteur C situé en périphérie a une variété d’espèce nettement plus forte (10) mais une abondance moyenne (7,25 ind/visite) plus faible que le secteur A du centre ville ( resp. 6 esp et 14,7ind/visite) : on retrouve un résultat bien connu : l’urbanisation réduit la diversité et augmente la densité des oiseaux
- comparaison entre WE et jours de semaine : 12 esp au total les 2 jours de WE (8,5 en moyenne) contre 6 les 2 jours de semaine (4,5 en moyenne)….pas de doute il vaut mieux faire les comptages en WE !
- quelques données sur les espèces :
+ Moineau domestique : belle densité en centre ville, la faiblesse en périphérie doit s’expliquer par la dispersion des jeunes dans les zones vertes toutes proches (il y avait des groupes de moineaux à l’université)
+ Pigeon domestique : ce qui frappe, c’est leur faible effectif, nettement moins important que celui du moineau. Nous n’avons vu durant notre séjour que 2 groupes importants (près du lac sur des lieux de nourrissage)
+ Mésanges et Corneille : représentées dans le centre comme en périphérie
+ Pie et Tourterelle turque : seulement en périphérie (je n’en ai jamais vu en centre ville durant mon séjour)
+ pas de Merle, de Ramier ni de Troglodyte alors qu’il y a des arbres et des buissons partout ! Il est vrai que cela nécessiterait une confirmation à une meilleure époque….
- comparaison avec Paris :
j’ai fait régulièrement des comptages dans les rues parisiennes (pour qq détails cliquez ici ) et même si la 2ème quinzaine d’août n’est pas celle où j’ai le plus compté , j’ai effectué (en 6 ans…) 7 comptages entre le 20/8 et le 1/9 depuis la porte de Pantin jusqu’à la Bastille.
J’ai observé aussi peu d’espèces ( 10 si je ne tiens pas compte des laridés le long du canal St Martin ni de 3 occasionnels).

>>>>>Il n'y a même pas besoin de leur donner à manger pour qu'ils viennent...ils viennent tous seuls !
La densité de Moineaux à Paris était supérieure ( de 10 à 21 ind/km suivant les secteurs contre 4 ind/km en moyenne à Zurich, dont 10 ind/km dans le secteur A), celle du Pigeon féral énormément plus forte (70-80ind/km à Paris contre 1,2 en moyenne à Zurich avec un maximum de 4,5 ind/km dans le secteur B…). Même en cette saison, je trouvais à Paris entre 2,5 et 4,5 Ramiers/km (plus que de Pigeons féraux à Zürich !), 2 Merles/km dans le secteur R-Lenoir et même de 2 à 3 Etourneaux au km le long du canal St Martin et du Bd R-Lenoir… Les Mésanges charbonnières et bleues ainsi que les corneilles étaient peut-être un peu plus nombreuses à Paris et , même s’ils étaient peu nombreux, les accenteurs y étaient présents ! En revanche le Troglodyte était quasiment absent de mes relevés (alors qu’il est régulièrement présent Bd R-Lenoir), son absence dans mes relevés zurichois n’est donc peut-être due qu’à la saison….
Pour conclure, revenons sur les absences surprenantes à Zürich : si l’absence d’observation de Crécerelle n’est pas forcément significative, celle déjà signalée du Ramier n’est sûrement pas due au hasard (en plus, son absence en ville – mis à part Genève et quelques parcs de Berne – est signalée dans le monumental « Oiseaux de Suisse » ). C’est sans doute aussi le cas de l’Etourneau et de l’Accenteur. Pour le Troglodyte, il faut rester prudent…. de même que pour la Poule d'eaau car il n' y a que le parc de l'université qui aurait pu en héberger.
Ces différences prouvent que l’urbanisation des espèces, même si c'est un phénomène général, ne suit pas le même rythme partout : ces disparités entre villes sont intéressantes à analyser pour mieux comprendre les phénomènes mis en jeu
18:20
Écrit par Frédéric
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