11.09.2011
Les oiseaux de la Riviera balte
Après un séjour à Riga ( et avant d'y revenir), je suis allé prendre l'air marin sur la "Riviera balte", sur la côte du golfe de Riga, dans un endroit style "La Baule - Les Portes en Ré".
Jurmala est un ensemble de villages abritant des villas ( souvent en bois...magnifiques !) avec quelques petits centres qu'on peut à peine qualifier d'urbains... On n'est donc pas en milieu urbain, mais quand même en milieu suburbain : la présence humaine, surtout en été, imprime fortement sa marque sur le milieu...
La preuve qu'on a quitté le milieu urbain, c'est que l'espèce de moineaux la plus fréquente est le Moineau friquet, qui vient entre les tables des terrasses de bistrot.
C'est aussi l'espèce qui forme des troupes sur les pelouses de l'aéroport de Riga ( spectacle qui devient rare en France !).
Une station-service héberge une colonie originale d'Hirondelle de fenêtre
Les juvéniles juste envolés font les fous autour des nids comme des gamins.....
Sur la plage, les touristes nourrissent volontiers les oiseaux ,
ce qui permet d'observer plusieurs espèces à la fois.
Cela permet aussi d'avoir des vues originales, du style " Corneilles au bain de mer "
.... ou Corneille à la pêche !
Une grosse surprise a été la rencontre avec un Grand corbeau, venu disputer un peu de nourriture aux Goélands et Corneilles mantelées !
Le lendemain, ils étaient deux...
Pour terminer, je ne peux résister au plaisir de vous montrer une photo d'un Bécasseau maubèche qui s'est laissé approcher à 2 mètres...
mais je pense que c'est plus la fatigue du début de la migration qu'une vraie accoutumance à l'Homme : il n'a pas arrêté de manger !
19:13
Écrit par Frédéric
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31.08.2011
A Riga coule la Daugava...
Le 8ème Congrès de l’Union des Ornithologues Européens ( EOU) qui s’est tenu du 27 au 30 aout m’a donné l’occasion de découvrir une ville que j’ignorais totalement : Riga… J’en ai profité pour jeter quelques coups d’œil dans d’autres zones du pays (au fait, lequel ?..... la Lettonie ! ), mais je me suis évidemment surtout attaché à l’ornithologie urbaine…
Ville de 750 000 hab, elle est formée d’un hypercentre « moyen-âgeux » ( les destructions de la guerre n’ont pas laissé grand-chose debout, mais les reconstructions sont souvent de relativement bon goût ) entouré d’une ville plus moderne ( fin 19ème - debut du 20ème s), aux folles façades Art Nouveau, qui abrite quelques parcs riches en tilleuls et en marronniers (eux aussi attaqués par la mineuse).
Un des chefs-d'oeuvre du père du cinéaste SM Eisenstein
Le tout est longé par la Daugava, ce qui explique la présence d’oiseaux d’eau et le passage de migrateurs descendant de Finlande en longeant la côte Est du golfe de Riga. C’est à ce périmètre que se sont limitées mes balades urbaines.
Pour commencer par les migrateurs, j’ai pu voir un petit groupe de 6 Bergeronnettes printanières en migration active qui passaient au-dessus de 2 Traquets motteux qui faisaient une halte sur la rive bétonnée de la Daugava. De nuit (23h), leurs cris ont trahi le passage d’au moins 2 Chevaliers guignettes au-dessus du centre ville (mais loin de l’eau). Les cris de Gobemouches noirs et (sans doute) de Rougequeue à front blanc entendus dans les parcs devaient aussi signaler des migrateurs, comme l’était évidemment le Torcol vu par un congressiste dans le parc face à l’entrée de l’Université où se tenait le congrès !
A part les migrateurs, il faut reconnaître que la période n’est pas favorable aux observations : comme en France, c’est plutôt le grand silence …. A part les Corneilles évidemment ! Ici ce sont des Corneilles mantelées comme partout en Europe centrale et de l’Est, mais elles ne sont pas plus farouches que leur collègues noires à Paris !
Question bruit, les Goélands argentés qui nichent sur les toits ne se laissent pas oublier non plus !
Les Moineaux domestiques sont aussi bien présents ( j’ai pu voir un groupe d’une bonne centaine, surtout des jeunes ) : je ne m’aventurerais pas à dire si l’espèce décline ou non, mais il est sûr que Riga fait partie des « villes à moineaux » (avec Paris et Berlin) comme Londres et Amsterdam sont des « villes sans moineaux ».
D'où l'expression s'enfuir comme une volée de moineaux...
Un Moineau friquet qui longeait la Daugava n’était qu’ un avant-goût de ce que j’allais voir hors de Riga…
Assez caractéristique aussi, le nombre d’étourneaux qui se nourrissent sur les pelouses.
Un juvénile en train d'acquérir son plumge d'immature
Un groupe de quelques Choucas venus glaner les restes de pique-niques sur les quais m’a rappelé qu’ici, on était dans le domaine de la sous-espèce soemmerringii avec son collier blanc ( dont j’ai eu l’impression qu’il était peu visible en vol).
Un petit collier en plus qui change tout ...
En revanche, je n’ai pas vu de Pies, mais je n’en ai pas vu non plus en dehors de Riga….On m’a cependant affirmé qu’il y en avait ( sans doute dans le « 3ème cercle » de la ville, plus arboré entre les immeubles d’après-guerre). Il n’est pas impossible qu’elle ait régressé depuis les années 80, suite à une nouveauté évoquée en fin d’article…
Ce qui frappe aussi un ornithologue parisien, c’est l’absence de Pigeon ramier (mais je n’en ai vu que 3 fois dans la campagne…) et du Troglodyte (noté une seule fois à la campagne…). J’ai aussi remarqué l’absence de la Tourterelle turque (de tout mon séjour) même si elle est donnée comme présente.
Parmi les oiseaux classiques, Verdier, Pinson, Mésanges charbonnière et bleue, Merle, Hirondelle de fenêtre ( qui niche sur l’horrible Opéra…) et la Bergeronnette grise qui est vraiment omniprésente dans les milieux urbanisés de Lettonie.
Celle-ci arpentait les bancs du Festival de chant de Bauska, près de la frontière lithuanienne
Plus étonnant : un Gobemouche gris nourrit un jeune volant dans les arbres d’alignement tout près du Palais présidentiel et des Hirondelles rustiques qui font de même en plein centre ville ( comme qui dirait entre République et Chatelet…). A noter aussi que la Fauvette babillarde mâle qui alarmait sur les bords de la Daugava n’était sans doute pas de passage : l’espèce occupe classiquement les parcs en Allemagne et plus à l’est.
Ce Gobemouche gris juvénile chassait près du chateau de Rundale, non loins de Bauska
Les bords de la Daugava accueillent 4 espèces de Goélands (argenté, leucophée, brun et cendré) de la Mouette rieuse et d’une famille de Harles bièvres au niveau du port de commerce, un peu en aval du centre ville.
En revanche aucune Poule d’eau ni Foulque sur le petit canal qui sinue au travers d’un parc du centre, peut être à cause des berges trop raides, ce qui n’empêche évidemment pas la présence de centaines de canards colverts ( j’en ai compté au moins 300… )
En ce qui concerne les rapaces, j’ai vérifié auprès d’un spécialiste de l’avifaune de Riga que mon absence d’observation de Faucons crécerelle et pèlerin correspondait bien à la réalité (les pèlerins lettons nichaient au sol, comme ceux de la toundra, mais ont disparu à l’époque du DDT). En revanche, j’ai pu bénéficier d’un de ces coups de chance qui font le sel de l’ornithologie urbaine : en plein hyper-centre (style Beaubourg à Paris ou piazza di Spagna à Rome pour le côté un peu fermé du lieu et pour sa fréquentation touristique …), une panique chez les pigeons du lieu, déclenchée par …un Autour ! Vérification faite auprès de Maris Strazds (le spécialiste letton déjà cité), l’espèce est bien établie à Riga (les premiers se sont établis au milieu des années 80 ) et chaque parc a son couple. Cerise sur le gâteau : ce matin en allant chercher le bus pour l’aéroport, au-dessus de l’Opéra déjà évoqué, même scène de panique et un superbe Autour me passe au dessus de la tête, sérieusement escorté par un groupe de corneilles …. Cela console du départ !
18:20
Écrit par Frédéric
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07.01.2011
Prague en hiver
Séquence internationale aujourd'hui !
Grâce à Denis Matthey, français habitant à Prague depuis 15 ans , voici une provision de photos qui feront tirer la langue d'envie aux ornithologues urbains français !
Prague est une ville au centre historique extrêmement riche en monuments datant pour certains du 14ème s. ( Vieil Hotel de Ville, église St Jacques, pont Charles, Chateau etc).

Pont Charles ph. M.Mugner
Moins connus sont les passages qui se cachent derrière certains porches de rues parfois très fréquentées : c’est une expérience très sympa de quitter la rue Karlova bondée de monde pour tomber dans un silence quasi total la porte à peine refermée....jusqu'à ce qu'on retombe de l'autre côté dans une autre rue fréquentée ! J'ai gardé d'une visite à Prague en novembre 1990 ( 1er anniversaire de la "révolution de velours"...) un souvenir ému !
Prague est célèbre en ornithologie urbaine pour sa densité en rapaces et spécialement en éperviers : une centaine de couples sur 220 km² de territoire communal ! Denis nous montre l'exemplaire qui fréquente son jardin !

photo D.Mattey
Comme presque toutes les capitales européennes (sauf Paris....provisoirement !), Prague a aussi ses faucons pélerins...

photo D.Mattey
Mais les observations les plus étonnantes (pour nous....) sont faites sur la Vltava, appelée autrefois - et encore aujourd ‘hui quand on joue Smetana - la Moldau. Les photos suivantes sont prises en pleine ville...

Garrot à oeil d'or- ph. D.Mattey

Fuligule nyroca - ph. D.Mattey

Harle piette - ph. D.Mattey

Harle bièvre femelle ph. D.Mattey

Macreuse brune ph.D.Mattey

Grande Aigrette ph. D.Mattey
Pour tout vous dire les effectifs de cette année sont d’environ 80 garrots, 40 harles bièvres, 15 harles piettes, 150 morillons, 100 milouins, 5 milouinans et quelques macreuses brunes. Ce que je vous montre est donc très banal pour nos collègues pragois !
Il y a quand même cette année un évènement... regardez la photo suivante !

photo D.Mattey
Hé oui...vous avez bien, côte à côte, un Plongeon catmarin et un Plongeon arctique !
20:51
Écrit par Frédéric
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22.11.2010
Albi, quand le Ticho a rendez-vous avec le Pèlerin....
Je viens de passer un WE (20-21/11) à Albi, à l’occasion d’un colloque sur le Faucon pèlerin organisé par la mission Rapaces de la LPO et de la LPO Tarn (merci à eux pour la qualité de leur accueil !).
Albi, inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité…. Quelle distinction bien méritée : qu’est ce que c’est beau ! Et qu’est-ce qu’on s’y sent bien (et en plus c’est une banalité de dire qu’on se croirait en Toscane……région que j’adore !).
J’ai quand même été sérieux et, en descendant du train de nuit, j’ai d’abord assisté aux conférences dont celles de l’après-midi consacrées aux pèlerins urbains. Mais le soir et le lendemain matin….balade !
En plus, Yacine Attik (blog du pèlerin d’ivry) me signale que le matin il avait trouvé un Tichodrome sur le Pont-Vieux ! Le soir même on y va voir, mais rien… sauf 2 Martin-pêcheurs et au moins 4 Bergeronnettes de ruisseaux qui se font entendre sur le Tarn, se poursuivant ou en chantant. Aussi , l’observation originale de dizaines de pigeons bisets en train de piqueter les briques du Pont-Vieux pour y prélever sans doute certains sels minéraux….Ils représentent en tout cas une petite partie du garde-manger des pèlerins : au moins 500 pigeons occupent le toit de l’église située à 500 m environ de la cathédrale !
On rejoint ensuite le groupe d’ornithos qui s’était donné rendez-vous dans les jardins du Musée Toulouse-Lautrec pour surveiller le couple de Pèlerins qui a élu domicile sur la cathédrale depuis 2004. Au début rien… enfin quand même un groupe d’une soixantaine de hérons garde-bœufs qui descend le Tarn vers un dortoir…. Puis un Pèlerin est repéré sur le pont SNCF, au travers des branches dans la pénombre…pas terrible comme obs ! Mais v’là t’y pas que notre oiseau décolle vers la cathédrale, mais en fait il avait repéré un pigeon un peu bête qui volait en plein ciel au lieu de raser les toits comme tous les autres pigeons du secteur. Une accélération, raté…..une autre, encore raté, la 3ème fut la bonne !
Bon, d'accord, j'ai un peu trafiqué les photos prises par Yacine Attik....mais c'est pour le mouvement !
Le pèlerin rapporta sa proie, avec beaucoup de difficultés (c’était le mâle, plus petit que sa femelle) jusqu’au pont où il la pluma consciencieusement. Mais le passage d’un train le dérangea avant qu’il a eu le temps de le déguster et l’oiseau partit vers la cathédrale où des « tsioc » sonores nous signalèrent l’arrivée de la femelle qui se posa sur le nichoir…..Conclusion en beauté du colloque !
Le lendemain matin, toujours à la recherche du Tichodrome, nous repartons Yacine et moi le long du Tarn, où la Bouscarle se fait entendre au pied du Palais épiscopal…mais pas de Ticho. Retour dans les jardins du Musée et rencontre sympathique avec quelques représentants de la délégation de Loire-Atlantique…on cause de choses et d’autres (ou plutôt d’un oiseau ou d ’un autre !....) quand un de nos amis bretons crie « le Ticho, là il s’est posé derrière cette tour ! » Ruée pour descendre les escaliers qui mènent aux jardins inférieurs du Musée et exploration des murs, qui masquent plein de recoins….et le voilà ! Il remonte par sursaut le mur de briques, vole un peu, atterrit sur un rebord de fenêtre, passe à la fenêtre suivante. Je l’ai vu, je peux partir chercher mes affaires à l’hôtel pour prendre mon train qui repartait pour Paris une demi-heure après : il était temps que je le voie !
Mais non, mon appareil n'avait pas forcé sur le Gaillac !
Yacine, qui est resté sur place, le suit quand il quitte le palais pour la cathédrale et réussit à prendre une jolie photo sur fond de filet de protection . Il arrive même à la suivre jusqu’au nichoir à Pèlerin…. mais la rencontre du 3ème type tant espérée n’a pas eu lieu…. ;-)
Le quadrillage n'est qu'un filet de protection, mais il fait de l'effet ! (photo Y.Attik)
21:38
Écrit par Frédéric
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26.06.2010
La Nature s'incruste....
Je consacre une partie spéciale de mon blog au canal de l'Ourcq, du moins les 10 km que je parcours quasi quotidiennement ( cf colonne de gauche), mais je voulais vous en présenter une partie située un peu plus loin, à la limite de Bondy, Pavillons s/bois et Aulnay s/bois, dite "La Poudrette".

.......A cet endroit le canal s'élargit pour permettre aux péniches de faire demi-tour : l'endroit est bordé d'entrpôts et de tas de sables ou de graviers près à être chargés sur les camions qui s'y relaient.

........J'y avais déjà consacré un peu de temps en 2002 quand j'y avait trouvé la nidification d'un couple de Sterne pierre-garin et une friche dans la zone industrielle où se trouvaient un couple de Cochevis huppé ( le dernier de Seine St Denis ? il a disparu depuis....), un couple de Traquet pâtre qui s'y était reproduit, un couple de Farlouse qui avait essayé, ainsi qu'une Fauvette grisette, une Fauvette baillarde et une Hypolaïs polyglotte chanteuses....pas mal quand même !

Cette année, c'est la présence de Moineaux friquets qui m'attirent dans ce coin un peu particulier : cet hiver j'avais découvert une bande d'une quinzaine d'oiseaux de cette espèce en voie de régression très grave depuis la fin du siècle précédent. cette troupe semblait vouloir rester et j'ai fini par avoir le grand plaisir de trouver un adulte qui transportait de la nourriture dans un trou situé dans un mur en parpaing.

..............................................................Mais il faut regarder aussi la végétation qui profite des moindres interstices pour s'insinuer et se développer....

........Ne sont-ils pas jolis ces Milleperthuis ? Et cette petite composée ( matricaire ?) n'a-t-elle pas de la ténacité pour trouver le passage entre les pavés ?

17:03
Écrit par Frédéric
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28.08.2009
Ornithologie de congrès à Zürich (suite et fin)
Comme je ne perds pas mes habitudes perverses (voir le post sur les villes d’Italie centrale en cliquant ici), j’ai fait des décomptes d’oiseaux dans les rues de Zurich , en me rendant à pied tous les matins du centre ville au campus de l’Université, en limite nord de la ville, où avait lieu le congrès de l’EOU. La méthode est simple : je note tous les oiseaux observés ou entendus le long du trajet, en ne tenant pas compte des oiseaux qui volent au-dessus de la hauteur des toits.

J’ai séparé mon trajet en 3 secteurs (A : 1,1 km ; B : 0,85 km ; C : 1,45 km) et j’ai effectué 4 trajets (de samedi 22 à mardi 25/8) en 50 mn en moyenne, à partir de 7h45 environ.
Voici les résultats bruts :
SECTEURS | A | B | C | |||||||||
Jours | 1 | 2 | 3 | 4 | 1 | 2 | 3 | 4 | 1 | 2 | 3 | 4 |
Moineau | 8 | 12 | 14 | 9 | 4 | | | 1 | 4 | | 1 | |
Pigeon | | 3 | 2 | 2 | 4 | 2 | 3 | 6 | | | | |
M.bleue | 1 | 1 | | | | 1 | 2 | | 3 | 1 | 1 | |
M.charbo | 2 | 2 | | | | | | | 3 | 5 | | |
Corneille | | 2 | | | | | 1 | | 1 | | | 1 |
Pie | | | | | | | | | 1 | 1 | | |
T.turque | | | | | | | | | 1 | | 1 | |
RQ noir | 1 | | | | | | | | | | | 1 |
Verdier | | | | | | 1 | | | | | | |
M.longue queue | | | | | | | | | 2 | | | |
Sittelle | | | | | | | | | 1 | | | |
Geai | | | | | | | | | | 1 | | |
Sans vouloir donner à ces résultats une significativité qu’ils n’ont pas, on peut cependant en tirer quelques enseignements :
- comparaison entre les secteurs : le secteur C situé en périphérie a une variété d’espèce nettement plus forte (10) mais une abondance moyenne (7,25 ind/visite) plus faible que le secteur A du centre ville ( resp. 6 esp et 14,7ind/visite) : on retrouve un résultat bien connu : l’urbanisation réduit la diversité et augmente la densité des oiseaux
- comparaison entre WE et jours de semaine : 12 esp au total les 2 jours de WE (8,5 en moyenne) contre 6 les 2 jours de semaine (4,5 en moyenne)….pas de doute il vaut mieux faire les comptages en WE !
- quelques données sur les espèces :
+ Moineau domestique : belle densité en centre ville, la faiblesse en périphérie doit s’expliquer par la dispersion des jeunes dans les zones vertes toutes proches (il y avait des groupes de moineaux à l’université)
+ Pigeon domestique : ce qui frappe, c’est leur faible effectif, nettement moins important que celui du moineau. Nous n’avons vu durant notre séjour que 2 groupes importants (près du lac sur des lieux de nourrissage)
+ Mésanges et Corneille : représentées dans le centre comme en périphérie
+ Pie et Tourterelle turque : seulement en périphérie (je n’en ai jamais vu en centre ville durant mon séjour)
+ pas de Merle, de Ramier ni de Troglodyte alors qu’il y a des arbres et des buissons partout ! Il est vrai que cela nécessiterait une confirmation à une meilleure époque….
- comparaison avec Paris :
j’ai fait régulièrement des comptages dans les rues parisiennes (pour qq détails cliquez ici ) et même si la 2ème quinzaine d’août n’est pas celle où j’ai le plus compté , j’ai effectué (en 6 ans…) 7 comptages entre le 20/8 et le 1/9 depuis la porte de Pantin jusqu’à la Bastille.
J’ai observé aussi peu d’espèces ( 10 si je ne tiens pas compte des laridés le long du canal St Martin ni de 3 occasionnels).

>>>>>Il n'y a même pas besoin de leur donner à manger pour qu'ils viennent...ils viennent tous seuls !
La densité de Moineaux à Paris était supérieure ( de 10 à 21 ind/km suivant les secteurs contre 4 ind/km en moyenne à Zurich, dont 10 ind/km dans le secteur A), celle du Pigeon féral énormément plus forte (70-80ind/km à Paris contre 1,2 en moyenne à Zurich avec un maximum de 4,5 ind/km dans le secteur B…). Même en cette saison, je trouvais à Paris entre 2,5 et 4,5 Ramiers/km (plus que de Pigeons féraux à Zürich !), 2 Merles/km dans le secteur R-Lenoir et même de 2 à 3 Etourneaux au km le long du canal St Martin et du Bd R-Lenoir… Les Mésanges charbonnières et bleues ainsi que les corneilles étaient peut-être un peu plus nombreuses à Paris et , même s’ils étaient peu nombreux, les accenteurs y étaient présents ! En revanche le Troglodyte était quasiment absent de mes relevés (alors qu’il est régulièrement présent Bd R-Lenoir), son absence dans mes relevés zurichois n’est donc peut-être due qu’à la saison….
Pour conclure, revenons sur les absences surprenantes à Zürich : si l’absence d’observation de Crécerelle n’est pas forcément significative, celle déjà signalée du Ramier n’est sûrement pas due au hasard (en plus, son absence en ville – mis à part Genève et quelques parcs de Berne – est signalée dans le monumental « Oiseaux de Suisse » ). C’est sans doute aussi le cas de l’Etourneau et de l’Accenteur. Pour le Troglodyte, il faut rester prudent…. de même que pour la Poule d'eaau car il n' y a que le parc de l'université qui aurait pu en héberger.
Ces différences prouvent que l’urbanisation des espèces, même si c'est un phénomène général, ne suit pas le même rythme partout : ces disparités entre villes sont intéressantes à analyser pour mieux comprendre les phénomènes mis en jeu
18:20
Écrit par Frédéric
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27.08.2009
Ornithologie de congrès à Zurich
Ce qu’il y a de bien avec les congrès ornithologiques, c’est qu’on peut même y faire….de l’ornithologie, urbaine évidemment !
J’étais ces derniers jours à Zurich pour le 7ème congrès de l’EOU (European Ornithologists’ Union) et j’en ai profité pour découvrir l’avifaune zurichoise (même si ce n’est pas la meilleure saison….). Parfois, le terme « découvrir » est à peine exagéré….par exemple, pour un parisien, une ville sans Ramier est une vraie incongruité… et c’est le cas de Zurich !

Je ne suis pas sûr que ça favorise l'assiduité en amphi....
Tout d’abord une remarque qui a son importance : la ville de Zurich a développé une politique de libre développement des herbes folles et de coupe tardive qui donne au campus de l’Université un petit côté « alpage » et aux rues une image bien différente du cliché de la Suisse pays trop propre qui ne tolère pas une feuille morte…. ;-)

Buissons d'espèces locales, bandes herbeuses et voies de tram vertes Winterthurstrasse
Malgré la saison, j’ai pu noter 46 espèces dont 12 nouvelles dans les 4 dernières heures de mon séjour…comme quoi il faut y croire jusqu’au bout !
- Les moineaux : par réflexe « professionnel », une des premières questions que je me pose dans une ville que je découvre c’est s’il y a des Moineaux… A Zurich je n’ai pas eu à attendre longtemps la réponse : à la descente du TGV, il y en avait dans la gare !… Les décomptes dans les rues (cf. prochain post) me le confirmeront et les images de troupes (de jeunes surtout) en particulier au bord du lac encore plus…

Zurich fait bien partie des « villes à moineaux » (avec Paris et Berlin ). Evidemment, cela ne donne pas d’indication sur la tendance de cette population !….
- Les espèces les plus spectaculaires :
+ un Pèlerin (dont j’ai appris par la suite qu’il nichait en centre ville) cerclait à proximité d’une 50aine de Martinet à ventre blanc qui ont resserré les rangs, enlevant ainsi au Pèlerin tout espoir de réussite…
+ un Cincle (une des nouveautés du dernier jour) faisant sa toilette au milieu de la Sihl en plein centre ville (Stauffacherbrücke), puis partant à la pêche en picorant dans l’eau, puis se faisant recouvrir par la vague soulevée par un caillou, nageant ensuite sous l’eau dont la force l’a même une fois envoyé « atterrir » visiblement plus loin que prévu !


- Quelques lieux
+ Ancien Jardin Botanique ( à peine 2ha sur une butte en centre ville), le seul Troglodyte de tout le séjour ( !), une des rares familles de merles de la ville et surtout une flopée de migrateurs précoces, sans doute « tombés » la nuit précédente à cause de l’orage : au moins un Gobemouche noir, une femelle de Rougequeue à front blanc, un Hypolais (déterminé comme ictérine pour des raisons géographiques….), un Rossignol et même une Fauvette des jardins qui tenait absolument à chanter ! Les nombreuses baies et drupes (cornouillers, sorbiers, lierre, etc.) du parc attiraient aussi de nombreuses Fauvette à tête noire. Une jolie troupe de Pinsons récoltait plutôt les graines tombés au sol ou directement sur les fleurs. Un Pic épeiche se fait entendre
+ Dans le parc de l’Université (Irschel, en limite N de la ville) un étang permet la présence de 2 Rousseroles effarvatte, un héron vient aussi s’y nourrir, un Pic vert se fait entendre et un Gobemouche gris sort visiblement de son bain (il faisait bien chaud !…)
+ Sur le lac et les cours d’eau : force mouettes, foulques (dont un couple avec 2 jeunes encore en duvet rougeâtre sur la tête le 26/8 , c’est bien tardif je trouve… ) , cygnes et colverts mais aussi quelques Goélands leucophée( dont un posé – couché même ! – sur le toit du restaurant « Chez Félix », Bellevueplatz…..s’il y niche, son surnom est tout trouvé !), un Goéland brun, des Nettes rousses (malheureusement en éclipse, alors qu’en plumage nuptial les mâles sont superbes ! ) au milieu des bateaux (avec un Milouin), quelques Grèbes huppés et un Castagneux.

Même en éclipse, le mâle se reconnaît à son bec rouge vif
( à suivre….)
09:47
Écrit par Frédéric
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11.11.2008
Vous avez aimé son film sur les friches....
....vous adorerez le film de Laurent Wittmer sur la faune du Bois de Vincennes !
Partie intégrante du 12ème arrondissement parisien, le bois de Vincennes est entièrement inclus dans le tissu urbain. Le film de 16' montre évidemment beaucoup d'oiseaux, mais aussi des insectes, poissons et même quelques mammifères, dont un renard qui rencontre 2 hérons !
Pour le voir, cliquez ICI

15:57
Écrit par Frédéric
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05.11.2008
Les oiseaux et les voies de chemin de fer
Quels rapports les oiseaux entretiennent-ils avec les voies de chemin de fer ? La question peut sembler curieuse et pourtant ils sont importants ….. que les voies soient en activité ou abandonnées !
Et d’abord une remarque purement comptable : la superficie qui est propriété de RFF (Réseau Ferré de France) est très importante à Paris (longez les voies de la gare de l’Est ou de la gare d’Austerlitz par exemple pour en avoir une idée ! ) ou en banlieue (si vous prenez le train vers l’est de la France, regardez le paysage entre Pantin et Noisy-le-Sec pour en être persuadé !)

Les voies de la gare d'Austerlitz
En plus, le paysage offert, même s’il n’est pas très esthétique, est bien différent du paysage urbain moyen, riche surtout en constructions et en parcs plus ou moins arborés : c’est un milieu qu’on qualifie d’ouvert, c’est à dire avec une végétation souvent rare et basse coupée de buissons, ce qui peut plaire à des espèces d’oiseaux qui ne trouvent pas très facilement leur bonheur en ville.

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxFauvette grisette mâle en plein chant... (photo P.Dubois)
Les terrains ferroviaires permettent donc à des espèces originales de se maintenir en milieu urbain et d'y nicher : on y trouve des espèces qui nichent dans les buissons, linotte et fauvette grisette par exemple, hypolais polyglotte ou fauvette babillarde, mais aussi des espèces qui nichent sur les terrains découverts : le cochevis huppé, avant qu’il disparaisse de Paris et de sa proche banlieue, appréciait ce genre de terrain. Plus étonnant encore, le petit gravelot occupe ce genre de terrain même s’il est éloigné de l’eau : il a sans doute niché (et niche peut-être encore ) sur les terrains qui entourent les voies entre Pantin et Noisy-le-Sec.
C’est aussi une voie de pénétration des villes pour certains migrateurs : la rousserolle effarvatte, pourtant oiseau de roselières, apprécie beaucoup de suivre les voies au cours de ses migrations, au moins quand elle les poursuit « à pied », en passant de buisson en buisson, ce qui lui permet aussi de se nourrir en même temps. Il est même arrivé qu’une d’entre elle se retrouve sur des voies en sous-sol de la gare de Lyon, sortant du tunnel qui l’amenait de la station Châtelet !….

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Les voies de la gare de l'Est au Blanc-Mesnil
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Parmi les migrateurs qu’on peut y voir à l’occasion d’une halte, on peut aussi citer les Tariers pâtre et des prés, le Traquet motteux. A noter que les voies, en dehors des oiseaux, sont des axes de pénétration pour certains mammifères : le renard en profite pour entrer dans Paris…
C’est aussi un milieu qui offre aux hivernants des sources de nourriture, spécialement des graines aux fringilles (pinson, verdier, serin, chardonneret, etc.) et moineaux.

La Petite Ceinture dans le 20ème arrondissement
A une époque où Réseau Ferré de France pense à monnayer certains de ses terrains, la question de la biodiversité doit entrer en ligne de compte…..
09:14
Écrit par Frédéric
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17.10.2008
La Friche du Millénaire…..
Pour les ornithos parisiens, il y a des noms mythiques, qui attirent de grands soupirs et des regrets non feints dès qu’ils sont prononcés….. « Friche du Millénaire » en est un, et non des moindres !
Nous sommes entre la porte d’Aubervilliers et la porte de la Villette, à l’ extérieur du Périphérique, mais encore sur le territoire de la ville de Paris. J’ai consacré un post à l’importance des friches en milieu urbain (cliquez ici pour le lire), mais les images sont toujours supérieures au texte…..
Laurent Wittmer y a tourné un petit film très bien fait ( ah, les images de bergeronnettes avec les voitures sur le Périf' derrière !.....) qui illustre la richesse de cette friche. Pour le voir il suffit de cliquer sur le lien situé en dessous de l’image !

http://exposureroom.com/members/oiseauxdeurope.aspx/assets/108c1f877c8a4e7885d9c58deba190d2/
Pour le non spécialiste, je voudrais juste signaler que la Bergeronnette printanière est un oiseau qui vit normalement en paysage de prairies humides ou de champs de colza et que la Bergeronnette flavéole en est une sous-espèce assez rare en région parisienne puisqu’elle vit essentiellement au Royaume-Uni et sur nos côtes de la Manche et de la mer du Nord.
Dernier point avant de vous laisser profiter de ce film : sa conclusion est un peu trop pessimiste, du moins pour quelques années ….. les travaux ont été arrêtés sur une partie du terrain, ce qui a permis à la végétation de se réinstaller, ainsi qu’ une petite pièce d’eau. Je ne sais pas si les libellules et grenouilles sont revenues, mais la bergeronnette a été revue (sans preuve de nidification) et surtout, un couple de petit gravelot a niché avec succès au moins 3 années sur les 4 qu’a duré le travail de terrain pour l’Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris.
Malheureusement depuis l’an dernier, l’accès en est sèchement interdit par des vigiles-chien loup…..
16:22
Écrit par Frédéric
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