22.07.2011
Des moineaux qui s'adaptent
Aujourd'hui, je fais encore plus fainéant que quand j'ai utilisé des photos qu'on m'envoie !.... le texte m'est aussi fourni par le photographe ! LA phototographe plutôt...., puisqu'il s'agit de J.Lejeune qui fait partie de mes "fournisseurs" les plus réguliers ;-)
Des moineaux qui s'adaptent;
C'est bien connu, ils affectionnent les boites des bouquinistes pour nicher, soit sous celles-ci, soit dans le contre-poids des couvercles.
Quai de la Tournelle il y a encore des travaux et les boites ont été protégées par des feuilles plastique.

Bien astucieux les pierrots! Un couple a réussi à se frayer un passage et l'autre couple contourne le plastique pour accéder à leur nid dans les contre-poids.

Parents qui ne cessent les allers-retours et pépiements bien sonores.
Seul bémol à ces travaux: une chape de ciment a été coulée au sol et le mur est bâché, ce qui réduit le champ de recherche d'insectes.
En les observant, ce mur qui n'est plus accessible leur manque, ce qui les oblige à limiter leur quête dans les platanes à proximité des nids.
18:47
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04.05.2011
Moineau : le plaisir sans les crottes ?
Je n'ai pas l'habitude de répondre en public à un message personnel reçu par l'intermédiare de ce blog, mais il se trouve que ma réponse privée m'est revenue avec mention " user unknown".....je ne peux donc répondre à ce msg autrement qu'en espérant que la personne va consulter de nouveau mon blog....
Pour être honnête, il y a une autre raison : ce msg est typique ( jusqu'à la caricature...) de l'attitude de certains de nos contemporains : on veut bien de la Nature...mais sans ses conséquences "naturelles"....
Voici donc le message que je viens de recevoir et en dessous la réponse que je n'ai pas réussi à faire parvenir à mon interlocuteur :
"habitant le val d'oise j'ai beaucoup d'oiseaux dans le jardin MAIS dans un appart sur la cote avec balcon les petits moineaux font leur nid sur la poutre au dessus du balcon , quelle solution pour éviter ce désagrément"
20:40
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13.12.2009
Epervier d'Europe vs Moineau domestique
Dans la partie "Articles scientifiques résumés" de mon blog (cliquez sur la colonne de gauche ), je rends compte d’un article à paraître dans « The Auk » qui fait un lien très net entre le retour de l’épervier après sa forte baisse entre 1950 et 1970 et le déclin du Moineau en Grande Bretagne : en gros, l’idée est que le moineau avait perdu l’habitude de se méfier d’un prédateur et il a été une victime de choix quand l’épervier est revenu. En plus ça expliquerait pourquoi il n’y a pas de déclin à Paris et à Berlin car il n’y a pas ou peu d’éperviers !

Une photo splendide prise en plein coeur de Paris par J.Lejeune
Qu’en est-il en France ?
D’après le STOC 2008, le Moineau domestique est stable en France entre 1989 et 2008 et, à ma grande surprise, je l’avoue – l’Epervier est en chute libre depuis 1989 (-77%) et même depuis 2001 (-13%, non significatif malgré tout). Ce sont des résultats un peu contradictoires avec ceux de l’Enquête des Rapaces nicheurs de France qui notait tout de même une densité d’épervier deux fois plus faible en France qu’en G-Bretagne. Voilà donc peut-être une explication à un résultat (celui du Moineau ) qui est contradictoire avec les autres pays européens : il n’y aurait pas assez d’éperviers pour faire baisser le moineau en France… ;
Pour Paris, l’évolution du Moineau n’a été mesurée qu’entre 2003 et 2007 (enquête Corif-LPO) avec une stabilité globale et un effondrement ( -72% et -94% en 4 ans !) dans 2 arrondissements (le 11è et le 15è). La présence d’éperviers a connu une augmentation très nette en hiver depuis le début du 21ème siècle et l’espèce a niché pour la 1ère fois (3 couples) en 2008 avec un seul couple qui a réussi en 2009.
Soyons clair : ce n’est pas l’épervier ( nicheur évidemment pour une question de date, mais hivernant aussi ) qui peut expliquer cet effondrement dans ces 2 secteurs : il n’y a pas plus d’éperviers hivernants là qu’ailleurs….
L’augmentation des éperviers hivernants n’a donc pas fait baissé jusqu’à présent le nombre de moineaux sur Paris….mais il y a peut-être une explication dans l’article même : les moineaux urbains anglais auraient été habitués à l’absence de prédateurs et auraient un peu « endormi » leur vigilance. L’arrivée de l’épervier les aurait pris par surprise. A Paris, ils n’ont jamais été sans prédateurs, ou en tout cas pas depuis longtemps : le Faucon crécerelle est implanté depuis longtemps et en période de nidification il consomme énormément de moineaux. Nos moineaux seraient donc restés aguerris…..
En revanche, je reste toujours sur ma faim à propos d’une question non résolue par ce modèle : pourquoi cette baisse ne se retrouve pas dans d’autres espèces de petits passereaux….
19:40
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28.03.2009
Le moineau dans tous ses états…européens, voire mondiaux ! ch.2
Voici donc la suite, consacrée donc à ce que j’ai entendu à Pise….
…mais d’abord un mot égoïste : j’ai causé (enfin, plutôt, j’ai lu mon texte en italien ) de mon travail sur les transects dans les rues parisiennes en comparaison avec les comptages par point de l’enquête Corif-LPO : avantages et inconvénients des 2 méthodes. Je suis assez mal placé pour savoir si c’était intéressant…..

>>>>>>>>>>Je ne quittais pas mon papier des yeux !
Mais intéressons-nous aux autres interventions lors de ce colloque organisé par la Province de Pise, ville universitaire très importante.
Commençons tout d’abord par le scoop : Stein Are Saether de l’Université d’Oslo (Norvège) a présenté avant parution les résultats d’un travail sur la génétique du Moineau italien pour essayer de trancher définitivement la grave question du statut de ce taxon : espèce à part, sous-espèce du Moineau domestique ou du M.espagnol ou « hybride stabilisé » entre les 2 espèces ?
Pour résumer très brièvement, l’ADN mitochondrial (transmis par la femelle, sans hybridation) est quasi semblable à celui du M. domestique mais en analysant l’ADN nucléaire (transmis pour moitié par les 2 sexes et qui subit des recombinaisons ), ils ont trouvé entre les M.domestiques « vrais » (Norvège et Slovénie) et les Moineaux espagnols sardes un gradient continu chez les M. italiens du nord au sud de l’Italie . Donc il semble bien qu’on puisse définitivement retenir l’idée d’un hybride entre les 2 espèces ….la fierté nationale italienne dût-elle en souffrir !

Il n'y a pas que la tour à Pise !
M.Luniak, un des pères de l’ornithologie urbaine, est venu tracer les grandes lignes du phénomène de la synurbanisation. Il me semble que sa position a un peu évolué sur l’origine du phénomène : il me semblait très enclin à penser à une origine génétique de populations qui se répandraient de ville en ville. Cette fois, il a clairement clairement dit qu’il s’agissait d’apprentissage plus que de génétique. Il faut cependant des espèces à forte plasticité (exemple typique : les corvidés )
Dans une 2ème intervention, il a décrit une situation surprenante à Varsovie : le Moineau domestique s’est effondré dans les « jardins ouvriers » (allotment-gardens) qu’on trouve en ville (-95% en un peu plus de 20 ans) mais il a été remplacé par ….le Moineau friquet ! Ces 2 espèces s’excluent quasiment sur l’ensemble de leur répartition à Varsovie. Allez donc trouver une cause qui fasse disparaître le M. domestique mais ne gêne pas le Friquet !…..
Sans entrer dans le détail de la situation des 4 types de moineaux qu’on trouve en Italie (le domestique à Aoste, l’espagnol en Sicile et Sardaigne, l’italien dans le reste soit 90% du pays et le friquet partout), signalons que le M.italien est globalement en baisse, parfois catastrophique (suite à une épidémie en 2000 autour de Bologne par exemple ), mais en générale régulière et d’importance variable (forte en Lombardie, moins forte à Florence qu’à Livourne toute proche, variable à Rome : plus importante en périphérie qu’en centre ville). Un travail a montré que le M. italien n’était quasiment pas soumis aux variables agricoles (alors que le friquet l’est nettement plus, appréciant nettement les milieux agricoles variés par rapport aux cultures intensives et uniformes)
20:14
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27.03.2009
Le moineau dans tous ses états…..européens, voire mondiaux ! (ch.1)
J’ai déjà dit que j’avais participé à la 2ème Rencontre européenne sur le Moineau domestique en ville qui s’est tenue en février à Newcastle. Comme je n’arrête pas, je reviens ce WE d’une rencontre à Pise sur le même sujet, mais un peu plus orienté sur l’Italie, mais pas uniquement. Je voudrais essayer ici de résumer certains points que j’ai retenus de ces rencontres, qui sont bien sympathiques et permettent de sortir un peu le nez de nos dimensions strictement locales….

>>>>>>>Denis Summers-Smith, spécialiste mondial des moineaux, à la rencontre de Newcastle
et les nuques de J.De Laet (Belgique), M.Dinetti (Italie) et K.Vincent (R-Uni)
De Newcastle, j’ai surtout retenu, à part ma première intervention en langue étrangère (je n’en menais pas large….) le travail commencé à Londres par S.Ockendon en 2006 à propos de la reproduction du Moineau. Les travaux de K.Vincent à Leicester ayant montré qu’il y avait une forte mortalité des jeunes à cause de l’insuffisance d’insectes (surtout puceron), l’idée a été de proposer aux moineaux de la nourriture animale (ver de farine) pendant la saison de reproduction . Résultat dès la première année : excellente reproduction avec forte augmentation du nombre de jeunes à l’envol……mais mauvaise surprise au printemps suivant : pas plus de couples nicheurs ! Les jeunes envolés sont sans doute morts au cours de l’hiver… Deuxième année : on nourrit non seulement les jeunes pendant la saison de reproduction, mais on fournit le reste de l’année des graines (tournesol entre autres).
Résultat : bonne production de jeunes et, l’année suivante augmentation du nombre de couples nicheurs, surtout dans les secteurs les plus pauvres en moineaux. Il semble donc bien démontré qu’à Londres le facteur limitant de la densité des moineaux soient la nourriture (et donc pas tellement les sites de nid…..). Il n’est pas sûr que ce soit généralisable sans précaution…..
En revanche aucun lien n’a été trouvé entre la densité de moineaux et la densité de chats ni avec la pollution (alors qu’une analyse rapide trouverait un lien apparent, mais c’est parce qu’ il y a moins de moineaux en centre ville, là où la pollution est plus forte …En comparant des endroits comparables, on voit que la pollution au NO² ne provoque pas de baisse des moineaux…)

Aux Pays-Bas, l’accent a été mis sur le maintien de sites de nidification malgré les travaux d’isolation des maisons :
un « loft pour oiseau » a été mis au point, à placer entre le toit et le mur….

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Pour plus de détails, si vous lisez le néerlandais…..
http://www.vogelbescherming.nl/content.aspx?cid=3345
L’Inde n’est pas à l’abri ! M.Dilawar est venu de Bombay pour nous expliquer que les villes indiennes connaissaient une chute très forte du nombre de moineaux, spécialement les quartiers chics, mais pas seulement… le mode de vie traditionnel évoluant, la quantité de riz perdu (pas pour tout le monde…) dans la rue diminue, les pesticides massivement utilisés pour la « révolution verte » ont fait les dégâts qu’on peut imaginer. Même si on n’est pas sûr de leur nocivité, il faut aussi noter que les ondes de téléphonie mobile atteignent des doses 200 fois plus fortes que les limites européennes !
En plus, le déclin des moineaux n’est pas le problème prioritaire des politiques en Inde, il faut le reconnaître !
(pour Pise, il faudra attendre le ch.2.....)
19:07
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06.10.2008
A NATUREPARIF on va causer du moineau.....
J'en profite pour me faire de la pub....
Conférence Publique
(...)
Des spécialistes et chercheurs de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), du CORIF (Centre Ornithologique d'Ile de France) et du Muséum National d'Histoire Naturelle présenteront, lors de cette conférence publique, les résultats de l'enquête menée de 2003 à 2007 à Paris en les comparant à la situation des autres villes européennes.
(...)
« Moineau Domestique à Paris »
Le mercredi 22 octobre, de 14h00 à 17h00
Dans les locaux de Natureparif, au 84 rue de Grenelle – 75007 Paris
Cette conférence sera animée par :
Frédéric Malher - CORIF
Sandrine Mor – LPO Ile-de-France,
Romain Julliard – Muséum National d’Histoire Naturelle
Pour plus d'informations :
Michael Luzé, relations presse Natureparif : 01 75 77 79 21
15:58
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25.05.2008
Le Moineau à Paris : ça baisse ou pas ?
Les résultats de l’enquête
« Moineaux à Paris »
Depuis que les ornithologues londoniens ont réalisé que les effectifs de leurs moineaux s’effondraient spectaculairement ( le célèbre décompte des Moineaux de Kensington Gardens qui trouvait environ 2500 moineaux en 1920 , n’en trouvait plus que 8 en 2000 ! ) tout le monde s’est mis à regarder les siens : Berlin a répondu « Chez moi, tout va bien ! » mais Hambourg, Prague , Amsterdam ont dit « Chez nous , c’est aussi une grave chute ! ».
Paris avait l’image chez les ornithologues anglais d’une ville riche en moineaux….faut dire qu’en 5 jours de balades à pied dans le centre de Londres en février 2007, je n’avais trouvé qu’une bande de 7 oiseaux ! A Paris, on en voit incomparablement plus, évidemment ! Mais est-ce que cela ne masquerait pas quand même le début d’un déclin ?

Pour en avoir le cœur net, le Corif et la LPO ont décidé de démarrer en 2003 une enquête qui permettrait d’avoir une réponse précise….
Le principe est le comptage par point : on tire au sort des points dans Paris, un observateur reste 10 mn et compte les moineaux qu’il voit et il refait le même point chaque année….
Comme 150 points environ ont été suivis, nous avons une idée de la densité relative de l’espèce (mais pas des effectifs absolus !) et de l’évolution , globale et par quartier.
Le travail statistique et cartographique a été effectué par Romain Julliard et Frédéric Jiguet du Muséum National d’Histoire Naturelle.
-> il y a une très nette différence entre les quartiers de la périphérie Nord et Est et ceux de l’Ouest : il y a une corrélation très nette entre moineaux et prix du mètre carré , plus c’est cher et moins il y a de moineaux.
-> sur 18 des 20 arrondissements, les effectifs sont stables (hausse non significative de 0,2%)

>-> deux arrondissements montrent une baisse très nette (et significative….) : le 11ème (-92% !) et le 15ème (-74%).
-> le lien avec le prix du mètre carré est un résultat déjà connu en Grande-Bretagne : il semble qu’on peut expliquer cela par l’obsession de la propreté et de la netteté des quartiers chics, pas de miettes par terre , pas d’herbes folles (et donc pas d’insectes) au pied des arbres ou entre les dalles du parking, pas de trous dans les façades…donc pas de nourriture pour les adultes ni pour les jeunes (qui sont insectivores) et pas de sites de nidification…..J’ai déjà traité ce problème sur mon blog (cliquez pour le lire)

-> pourquoi cette chute dans 2 arrondissements ? On est dans un brouillard quasi complet…. Une piste : le 11ème est un quartier devenu très branché, ses anciennes usines ont été transformées en loft, en refaisant tous les joints, en nettoyant les cours, en mettant plein d’insecticide pour garder les si jolies roses du parterre qu’on a installé dans le mignon jardinet….. Et pour le 15ème ?….est-ce que l’explication fonctionne aussi ?
Cinq ans , cela ne donne qu’une idée un peu courte….. Il va falloir suivre plus précisément ces 2 arrondissements…mais aussi les autres pour savoir si ces 2 chutes vont rester des exceptions ou s’ils ne sont que les signes avant-coureurs d’un effondrement général à Paris …..
20:36
Écrit par Frédéric
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09.03.2008
Le Moineau, Gavroche ou rupin ?
Le sujet semblant porteur (c’est fou ce que ça plait aux médias : 20 Minutes, FR3 IdF,…..) je vais essayer de faire le point sur la situation : le Moineau est-il vraiment populo plus que huppé ?
Les premiers à avoir levé le lièvre sont les anglais de Bristol qui ont montré un lien très net entre la densité de moineaux et le caractère socialement défavorisé des quartiers de leur ville : plus un quartier est pauvre, plus il y a de moineaux.
Dans le même ordre d’idée, la rénovation du quartier très populaire de Kreuzberg à Berlin a entraîné une forte chute du nombre de moineaux qui y vivaient, alors qu’il n’y a pas d’évolution négative de l’espèce au niveau de la ville entière.

Cela m’ a donné l’idée de vérifier ce qu’il en était à Paris : j’ai effectué 3 transects reliant le 16ème arrdt au 19ème arrondissement, c’est à dire le quartier le plus huppé aux quartiers populaires. Le résultat est spectaculaire ! Il n’y a quasiment aucun moineau avenue Foch (2 au kilomètre) alors qu’à Barbès, on atteint 35 moineaux au kilomètre….J’ai même pris les tarifs moyens de l’habitat ancien (d’après la Chambre des Notaires) des quartiers traversés et j’ai pu constater une excellente corrélation (négative) entre prix du mètre carré et densité des moineaux !
Un papier qui va paraître dans Journal of Ornithology (déjà paru en ligne) analyse les raisons qui permettent même de penser que la cause du déclin du moineau est à chercher dans l’évolution du statut social des quartiers dans les villes concernées…..on verra si c’est le cas à Paris quand la LPO et le Corif rendront publics les résultats de l’enquête qu’ils viennent de mener.
Sans aller jusque là, essayons de comprendre pourquoi il y a plus de moineaux dans les quartiers populaires. Pour qu’un moineau puisse vivre, il lui faut (comme à tout oiseau), un endroit pour nicher et de quoi se nourrir.
Le moineau niche dans un trou de mur, sous un volet roulant un peu de guingois, sous une tuile un peu cassée, dans un trou d’aération d’un mur de HLM en briques comme il y en a beaucoup à Paris….mais peu dans le 16ème !

Pour se nourrir, il a besoin de zones, sinon naturelles, du moins qui supportent une certaine biodiversité, ce qui nécessite la présence de « mauvaises herbes» ou de buissons, le contraire des pelouses coupées en brosse des alentours de l’av. Foch…. Le moineau aime bien les miettes de pain et de manière générale tous les débris que les humains laissent derrière eux….ce qu’on trouve peu dans les « beaux quartiers » ! Il lui faut aussi des insectes pour nourrir ses petits : peut-être que la consommation d’insecticides est plus importante sur les terrasses fleuries qui dominent la porte Dauphine….
Une remarque quand même pour tempérer le caractère apparemment évident de ces explications : on trouve une belle variété aviaire sur la fameuse av. Foch : Gobemouche gris, Mésange huppée, Grimpereau des jardins……Il y a donc des insectes !
Et les chats ? il y en aurait plus dans les beaux quartiers ? rien de moins évident…..
22:13
Écrit par Frédéric
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14.11.2007
Le Moineau de Buffon et le Moineau de Quépat
Tout le monde a au moins entendu parler de Buffon ( 1707-1788), mais qui connaît Néré Quépat ? De son vrai nom René Paquet, ce magistrat messin a séjourné à Paris pendant la 2ème moitié du 19ème siècle et a observé les oiseaux de Paris. Il en a tiré une publication (Ornithologie parisienne, ou catalogue des oiseaux sédentaires et de passage qui vivent à l'état sauvage dans l'enceinte de la ville de Paris - 1874 ) qui nous donne une idée très précise de l’avifaune parisienne à cette date et permet des comparaisons intéressantes (voir dans la colonne de gauche « Mes articles et communications » le résumé de « Histoire des oiseaux nicheurs de Paris »).
Ils ont tous les deux écrit sur le Moineau domestique, mais en des termes bien différents…… Il est facile de deviner quelle description me plait le plus !
BUFFON (Histoire Naturelle – tome VIII, ed. 1822):
« Ils suivent la société pour vivre à ses dépens : comme ils sont paresseux et gourmands, c’est sur des provisions toutes faites, c’est-à-dire sur le bien d’autrui, qu’ils prennent leur substance ; nos granges et nos greniers, nos basses-cours, nos colombiers, tous les lieux , en un mot, où nous rassemblons ou distribuons des grains, sont les lieux qu’ils fréquentent de préférence ; et comme ils sont aussi voraces que nombreux, ils ne laissent pas de faire plus de tort que leur espèce ne vaut ; car leur plume ne sert à rien, leur chair n’est pas bonne à manger, leur voix blesse l’oreille, leur familiarité est incommode, leur pétulance grossière est à charge ; ce sont de ces gens que l’on trouve partout et dont on n’a que faire, si propres à donner de l’humeur, que dans certains endroits on les a frappés de proscription en mettant à prix leur vie. »
.

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QUEPAT ( Ornithologie parisienne – 1874)
« Les moineaux qui vivent à Paris sont au moins trois fois aussi nombreux que ses habitants.
Le moineau de Paris a toutes les qualités et tous les défauts des Parisiens.
….Nous connaissons de vieux moineaux qui ont lu Voltaire, puis applaudi à la réaction cléricale du règne de Charles X ; qui ont mangé sur le parapluie de Louis-Philippe sans dédaigner plus tard les miettes des banquets réformistes.
Les mêmes moineaux ont soutenu le coup d’Etat du 2 décembre(a) et ensuite ont coopéré au 4 septembre (b). Ils ont excusé le 18 mars (c) et la Commune, ce qui ne les a pas empêchés deux mois après d’applaudir M.Thiers. Survient le 24 mai(d) ; M.Thiers est renversé….Que firent nos moineaux ? Ils se réunirent en masse sur les toits de l’Académie Française et piaillèrent plusieurs jours en l’honneur du duc de Broglie(e). »
(a) qui a donné au futur Napoléon III tous les pouvoirs
(b) fondation de la 3ème République
(c) début de la Commune
(d) Mac Mahon devient Président à la place de Thiers
(e) probablement Albert de Broglie , ennemi de Thiers, qui devînt président du Conseil à la chute du Versaillais….
16:32
Écrit par Frédéric
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20.09.2007
Les moineaux ou les autos ?
L’avenue Jean Jaurès (19ème arrdt) est une artère majeure qui permet d’entrer dans Paris en venant de la banlieue N-NE (Pantin, Bobigny, Noisy-le-Sec, etc.). La Mairie de Paris a décidé d’en réduire la largeur accessible aux voitures en passant de 4 à 2 voies, une partie de la place libérée étant utilisée pour faire des plates-bandes et une double piste cyclable. Les travaux ont eu lieu entre 2005 et 2006.

L'avenue Jean Jaurès avant les travaux
.

Après les travaux, les plates-bandes et la piste cyclable
.
Il se trouve que, depuis janvier 2003, j’effectue régulièrement des relevés le WE le long de certaines rues parisiennes, en particulier dans le 19ème arrondissement, et plus particulièrement le long de l’av. J.Jaurès…Si je compare les résultats du printemps (mars-avril-mai) 2007 aux printemps 2003, 2004 et 2005, je trouve une hausse globale de l’indice de présence du Moineau domestique de 43,9% pour l’ensemble de l’avenue (contre 9,9% pour le reste du 19ème arrdt). Si je sépare l’avenue en 3 secteurs, le secteur le plus proche de la porte de Pantin est celui qui connaît la hausse la plus spectaculaire avec +100,4%, le secteur le plus proche du métro Jaurès ne montrant qu’une hausse de 13,2 % pas très différente de celle du reste du 19ème arrdt alors que le secteur central accuse une hausse intermédiaire de 40,8%.

A la porte de Pantin, les buissons sont très appréciés des moineaux !
.
L’effet est donc patent, mais à quoi est-il dû ? Il semble que la baisse de la circulation automobile ne soit pas en cause : elle est sans doute la même d’un bout à l’autre de l’avenue et n’explique donc pas de telles différences d’impact entre les deux extrémités de l’avenue. Je crois que c’est plutôt la mise en place de plates-bandes riches en buissons protecteurs qui a attiré les moineaux des colonies alentour (les colonies sont en général situées dans les rues adjacentes ). Il n’y aurait donc pas – pour le moment….- d’augmentation de densité des moineaux , mais de la fréquentation de l’avenue.
20:37
Écrit par Frédéric
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