28/03/2013
Le Pèlerin nicheur à Paris…. et à Pont-à-Mousson !
Ca y est les 2 nouvelles pérégrinophiles que j’attendais le plus sont arrivées : il y a enfin un couple de Faucon pèlerin nicheur à Paris… et un autre chez moi, à Pont-à-Mousson (54) !
A Paris, nous n’aurons attendu que 2 ans : pendant l’été 2011, un couple était repéré sur la cheminée de la CPCU du 15ème arrdt, à un jet de pierre de la tour Eiffel. Heureuse coïncidence, cette cheminée avait été équipée il y a 15 ans par D.Robert, au nom du CORIF, d’un nichoir destiné à accueillir un couple de Faucon crécerelle.
Bizarrement, la 1ère année, le couple semblait plus intéressé par le coin SE de la cheminée et négligeait le nichoir. Cette année, le couple a semblé découvrir le nichoir et la LPO a négocié la pose par la CPCU d’une caméra. Bonne intuition ! Le couple n’a pas semblé gêné par cette notoriété numérique (ils sont visibles sur le site http://rapaces.lpo.fr/faucon-pelerin/suivi-par-camera ). On a pu y assister à des comportements de couple….
puis, début mars, à la ponte du 1er, puis successivement de 2 autres œufs !
Ca y est le Pèlerin est officiellement nicheur dans Paris intra-muros qui rejoint ainsi la longue liste des capitales européennes hébergeant un couple de Pèlerins ( Londres, Bruxelles, Barcelone, Varsovie, Zürich, Hambourg, etc.) Il ne reste plus qu’à espérer que la couvée sera fructueuse….
Autre capitale, autre couple : Pont-à-Mousson (54), une des premières villes lorraines à accueillir un pèlerin hivernant, il y a 11 ans ! Je me souviens encore de mon émotion quand, franchissant le pont qui traverse la Moselle, j’ai vu passer en décembre 2001 un pèlerin que j’ai ensuite retrouvé sur l’abbaye des Prémontrés. Depuis je le retrouvais chaque année (lui ou un autre…), parfois un couple, mais chaque année il désertait ma bonne ville natale à l’approche du printemps. ( voir un précédent billet http://lesoiseauxenville.skynetblogs.be/archive/2011/02/18/des-pelerins-aux-premontres.html ). Pendant cette période, l’espèce s’installait en ville à Nancy ( sur la basilique ND de Lourdes puis les Moulins de Tomblaine), à St Nicolas de Port, à Metz…. mais rien à Pont !
Un montage que j'ai déjà utilisé sur ce blog, à partir d'une photo de fev 2011
Les choses changeaient cette année avec le séjour d’un couple toute l’année 2012. Début mars, j’avais pu assister à des comportements prometteurs (apport de proie, creusement d’une cavité ) avant d’assister à un accouplement…. mais ce n’était pas encore la preuve tant attendue ! Elle est arrivée vendredi 24/3 : P.Behr, qui consacre tout son temps libre aux pèlerins lorrains, http://p.behr.free.fr/blog/index.php?2013/03/22/463-1ere-nidification , trouvait enfin la femelle en train de couver… mais pas du tout à l’endroit attendu : au lieu de se mettre à l’abri dans une tour ou dans un clocheton, la femelle couve à l’air libre, juste protégée des vents dominants du NW…
photos P.Behr
Là aussi, on ne peut qu’espérer que cela se poursuive bien !....
09:39 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines, l'ornithologie urbaine en marche | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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15/12/2012
On a besoin de vous !....
Grâce aux nombreux commentaires ( 118 !) que continue à m’attirer un billet écrit il y a 5 ans sur le sujet http://lesoiseauxenville.skynetblogs.be/archive/2007/09/15/un-peu-d-exotisme-en-ville.html , je sais que beaucoup de personnes sont étonnées de découvrir des perruches dans leur jardin et les deux questions qui viennent le plus souvent sont : « D’où viennent-elles ? », et « Comment font-elles pour survivre en hiver ? ».
Je résume rapidement les réponses à ces deux questions :
- elles sont originaires semble-t-il d’Asie ( il y a aussi une sous-espèce africaine), arrivées en Europe en avion pour être vendues en animalerie. Mais à l’occasion des contrôles sous douane dans les aéroports, certaines de ces perruches réputées pour savoir s’évader ( « Houdini parakeet » est leur surnom anglo-saxon…) se sont échappées et ont réussi à se reproduire naturellement. Leurs descendants reviennent dormir près du lieu d’évasion de leurs ancêtres : Roissy-CdG et Orly !
Photo prise par Yves Gestraud dans le 13ème arrdt parisien
- les oiseaux résistent en général assez bien à l’hiver s’ils trouvent de quoi se nourrir en suffisance. Les perruches se nourrissent aisément de fruits divers (en particulier exotiques, cf. la photo d’une perruche en train de déguster un fruit de Catalpa ) et des boules de graisse aux mangeoires. Il faut cependant noter que l’espèce semble avoir du mal à s’installer dans le centre et le nord de l’Europe (mais on en trouve beaucoup à Bruxelles, Londres, Amsterdam, Cologne)
Mais il reste des tas de questions à élucider sur cette espèce et son implantation dans les villes européennes… d’où l’appel ci-dessous ( cliquer sur l’image pour la lire correctement…)
19:43 Écrit par Frédéric dans l'ornithologie urbaine en marche | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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07/10/2012
Suivez les pigeons parisiens !
Je me fais volontiers le relais d’une demande de Lise Dauphin qui travaille sous la direction d'Anne-Caroline Prévot-Julliard dans le cadre du programme de recherche interdisciplinaire : "Le pigeon en ville ; Écologie de la réconciliation et gestion de la nature ".
Elle étudie la dynamique des populations de pigeons biset urbains en Ile-de-France avec la méthode de « capture-marquage-recapture ». Cela consiste à marquer des pigeons avec des bagues reconnaissables à distance (bagues colorées) en plus de la bague aluminium habituelle qui n’est lisible que si on a capturé l’oiseau. Le terme « capture-recapture » est donc un peu trompeur car, justement, il n’y a pas besoin de recapture pour reconnaitre l’oiseau. En revanche il faut « lire » attentivement la bague colorée : patte D ou G, ordre des couleurs (en partant du haut ou du bas ?) .
(les photos m'ont été fournies par L.Dauphin)
Comme une participation du grand public et des naturalistes, au suivi des pigeons bagués - sur le modèle des sciences participatives développées au MNHN (Vigie nature...) - est espérée, le site internet du programme de recherche a été mis à jour. Un formulaire est disponible en ligne pour enregistrer l'observation. Si celle-ci est validée, une fiche d'identité du pigeon sera envoyée à l’observateur.
Site internet : http://pigeons.mnhn.fr
Suivi des pigeons bagués : http://pigeons.mnhn.fr/spip.php?rubrique20
17:26 Écrit par Frédéric dans l'ornithologie urbaine en marche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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05/05/2012
Les oiseaux ont-ils peur du bruit ?
Je vais me faire un peu mousser : je viens d’être interviewé par une équipe d’ARTE qui prépare un sujet sur les conséquences du bruit urbain sur les oiseaux. En fait, c’était au Corif qu’ils avaient demandé cette interview… mais bon, j’aime encore bien quand on me place un micro-cravate, j’ai l’impression d’être important… ;-)
Ca m’a obligé de rassembler quelques idées sur la question, grâce à des études dont j’ai lu les comptes-rendus dans des revues scientifiques ( pour plus de détails, suivre les URL en fin du texte ). Plusieurs points à retenir :
- tout d’abord, ce n’est pas surprenant mais encore fallait-il le prouver : le bruit dérange les oiseaux ! Sauf pour les espèces spécialistes de la ville qui ne sont pas affectées , la proximité d’une route diminue la densité d’oiseaux. Pas étonnant : cela doit les effrayer, même s’ils s’habituent facilement à des bruits réguliers. Un niveau sonore trop élevé perturbe leur communication (les oiseaux utilisent beaucoup le son - cris ou chants - pour communiquer). La route peut aussi intervenir par d’autres facteurs que le bruit (pollution, accidents) [1]
Je vous déconseille d'essayer de dormir à quelques mètres d'un rossignol au mois de mai ! (photo O.Laporte)
- certaines espèces s’adaptent à ce problème du niveau sonore. Sans surprise, certains chantent plus fort : la Mésange charbonnière passe de 42dB à 63 dB, le Rossignol, qui chante encore plus fort, passe de 80 à 90 dB ! [2]
- la Mésange charbonnière ne se contente pas de chanter plus fort : elle élève la fréquence minimale de son chant. Ce chant est facile à retenir « ti-pû ti-pû » «titi-pû titi-pû » : c’est ce « pû » plus grave qui devient un peu plus aigu en milieu urbain, sans doute car les sons aigus passent mieux le brouhaha. [3]
Celui-ci vit à la campagne et a donc des horaires "normaux", pas comme son collègue urbain
- d’autres enfin ont compris qu’on pouvait aussi contourner le problème en chantant quand… il n’y a pas de bruit ! C’est ce qui explique que le Merle et le Rougegorge (entre autres) chantent dès 4h du matin ( et parfois plus tôt) en ville. Signalons qu’on a longtemps cru que c’était à cause de l’éclairage urbain qu’ils chantaient si tôt. [3]
Voici les réponses que les oiseaux ont pu trouver aux problèmes posés par le bruit mais je suis resté sec quand le journaliste d’Arte m’a demandé si les oiseaux pouvaient profiter du bruit…. En revenant de cet enregistrement j’ai réalisé qu’il y avait un exemple où le bruit semblait recherché par les oiseaux : les bergeronnettes grises ont l’habitude de former des dortoirs de plusieurs centaines voire milliers d’oiseaux sur leurs terrains d’hivernage. Or quelle ne fut pas ma surprise quand je réalisai que les lieux choisis étaient tout sauf tranquilles : il s’agissait souvent de places violemment éclairées et bruyantes, souvent face à la gare du lieu ! Pourquoi ? On peut supposer que c’est une manière de dissuader les prédateurs de venir les inquiéter… Pure hypothèse, mais si vous avez une autre idée, je suis preneur ! [4]
Je n'ai pas retrouvé dans quelle ville a été prise cette photo de dortoir de Bergeronnetttes grises par Ph. Pulce...
[4]http://f1.grp.yahoofs.com/v1/gKuiT9xMQW598GZzo_ckBJoA1KvwSPq_A78OpshSX3lcYv57I6T7Ge6Vu-Ki8X9DrCabe3akzVY0kFnNw_ix/%27Etudes%20urbaines/Dortoir%20bergeronnette.doc (inscription préalable nécessaire à la liste « Ornithologie urbaine », mais c’est gratuit et vous pouvez vous désabonner aussitôt après !)
14:41 Écrit par Frédéric dans l'ornithologie urbaine en marche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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23/09/2011
Des nouvelles des pèlerins parisiens
Le 15/8 je vous signalais la présence d'un couple de Faucons pèlerins adultes sur la cheminée de la CPCU du 15ème arrdt, à quelques centaines de mètres de de la Tour Eiffel, presque en face de la Maison de la Radio. La question pas encore tout à fait tranchée est de savoir s'il s'agit du même couple que celui qui a tenté de nicher près de La Défense l'an dernier ou, plus probablement, d'un couple supplémentaire, le 3ème de la proche agglomération parienne, avec celui d'Ivry qui est le premier à s'être reproduit l'an dernier avec 3 jeunes à l'envol ( voir le site de Yacine Attik dans la colonne de gauche )
Je suis donc retourné samedi dernier prendre de leurs nouvelles et... je les ai retrouvés en place !
Photo prise au coin de la rue St Charles et de la rue Rouelle
Comme d'habitude la femelle est sur son barreau dans le haut de la 3ème fenêtre ( en partant de l'Ouest ) et le mâle en bas de la 5ème fenêtre.
Pour vérifier que ce sont des oiseaux différents de ceux de la Défense, j'y suis allé aussi vite que mon petit vélo pouvait m'y amener .... mais à l'arrivée aucn pèlerin n'a daigné se montrer !
La suite au prochain numéro....;-)
Qui arrive dans le même post !
J'y suis retourné vendredi 23/9 dans l'autre sens : un Pèlerin à la Défense mais aucun à l'arrivée dans le 15ème.... Caramba, encore raté !
Mais découverte d'un excellent lieu pour une séance d'orniterrassologie...
Vous avez tous les éléments sur cette photo pour deviner ce qu'est l'orniterassologie...
21:23 Écrit par Frédéric dans l'ornithologie urbaine en marche | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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15/08/2011
Non, l'été à Paris n'est pas mort !
Contrairement à ce qu’on croit parfois, l’été n’est pas une saison morte pour l’ornithologue, même urbain ! C’est une période où on obtient parfois les preuves de nidifications qu’on ne faisait que soupçonner…et même parfois qu’on ne soupçonnait pas !
En attendant que je fasse le résumé de la saison complète ( et chez moi, l’été va du 1/6 au 31/8… ), voici quelques informations sur cet été à Paris.
Et tout d’abord, la satisfaction de l’année : l’épervier s’implante solidement à Paris. On en est à 6 couples localisés précisément ( dont 5 ayant donné des jeunes ) et un soupçonné ( pour la 4ème année… ). Les couples de Montsouris, des Buttes-Chaumont et du Père-Lachaise avaient été localisés ( avec leur nid) au printemps. Le couple du Père-Lachaise a abandonné sans qu’on sache dans quelles circonstances. Le couple de Normale Sup’ a donné du fil à retordre aux observateurs ( Y. et MY Gestraud et J.Lejeune) malgré la taille bien réduite de la cour… mais il a finalement montré qu’il avait eu un jeune. Surprise : un couple est localisé dans une petite cour à Montmartre par F. Guichard ! Depuis le temps qu’on pensait qu’il y en avait un dans le secteur … Et enfin, celui qu’on n’attendait plus : un couple a de nouveau occupé le petit bois de la BNF ( trouvé par P.Delbove).
L'un des 2 jeunes de la BNF, photo JB Alemanni
Comme en plus on soupçonne fortement le quartier des ministères ( 7ème arrdt) d’en abriter un, on peut donc estimer qu’il y a eu au moins 7 couples d’éperviers cette année dans Paris ! Pour une installation en 2008 ( peut-être 2007…), c’est quand même pas mal !
Autre satisfaction : la confirmation de la nidification de l’Hypolais polyglotte à Paris….même si ce n’est pas à l’endroit signalé dans l’Atlas ( endroit urbanisé depuis…) : B.Segerer a suivi la nidification d’un couple dans la friche Poniatowski ( 12ème arrdt) avec les jeunes observés au nid le 16/7
Une des 2 surprises de l’été : le 10/8, au Jardin des Plantes, Jacqueline Lejeune voit (et photographie ) un jeune Rougequeue à front blanc nourrit par un mâle adulte !
C'est le Robin du Robinier et pas le nom anglais du Rougegorge ! (photo J.Lejeune)
Il n’a sans doute pas niché sur place ( avec le nombre d’ornithos au mètre carré qu’il y a dans le coin, le chanteur aurait été repéré ! ), mais sans doute pas loin, dans un îlot de verdure dont le quartier a le secret. C’est la 2ème fois que se produit ce genre d’observation : le 11/7/2007, E.Piéchaud avait observé au même endroit un jeune volant…
L’autre surprise est l’installation d’un couple de Faucons pèlerins dans Paris même. La cheminée de la CPCU qui domine la Seine en face de la Maison de la Radio a abrité la nidification du Faucon crécerelle, ce qui lui a valu l’installation d’un nichoir par le CORIF ( en la personne de D.Robert ) en 1989.
Pas mal comme cadre, non ?
Cette cheminée ressemble beaucoup à celle d’Ivry : un conduit de cheminée ( ici en métal) entouré par une maçonnerie séparée de quelques dizaines de centimètres, ce qui ménage un espace avec une plateforme en bas des fenêtres permettant le déplacement à pied des oiseaux et l’installation éventuelle d’un nid… comme à Ivry ! C’est aussi à ce niveau qu’a été placé le nichoir.
Signalé d’abord par T.Kuwabara, Il n’a pas été facile d’être sûr qu’il y avait 2 individus. La photo d’Y. Gestreaud le prouve évidemment. Un doute subsiste : un immature a-t-il aussi été vu ?...
La différence de taille entre la femelle (à gauche) et le mâle est assez nette. (photo Y. Gestraud)
D’où viennent ces oiseaux ? Un nouveau couple parisien après ceux d’Ivry et de la Défense ? Celui de la Défense, à 5,5 km de là, suite à l’échec de la ponte de ce printemps ? Le témoignage du jardinier de la place de Brazzaville qui affirme en avoir vu l’an dernier (I.Klinkert comm.pers.) laisse plutôt penser que ce sont ceux de la Défense qui seraient déjà venus là avant et qui s’y seraient établis après leur déconvenue de ce printemps… mais cela reste à vérifier au printemps prochain ! On peut toujours rêver de 3 couples sur Paris et proche banlieue !...
Dernière minute ! M.Colombe, le 16/8, observe 2 pèlerins à la Défense, se rend à la CPCU, y trouve la femelle, repart à la Défense et … trouve une femelle ! Il est donc à peu près certain que le couple de la CPCU est un 3ème couple pour la proche région parisien !
16:33 Écrit par Frédéric dans l'ornithologie urbaine en marche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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03/08/2011
L'Hirondelle des rochers suit les traces de ses cousines...
Mon périple cycliste estival habituel m’a conduit cette année dans le Sud-ouest de la France. En passant à Périgueux (Dordogne), j’ai découvert la cathédrale St Front à l’aspect spectaculaire (elle aurait inspiré l’architecte du Sacré Cœur de Montmartre….mais l’original est beaucoup mieux que la copie !...).
En y entrant, mon oreille est alertée par un cri métallique qui me rappelle quelque chose…. D’abord suis-je sûr que c’est bien un oiseau ?....en ville, la vérification s’impose! Oui, il s’agit bien d’oiseaux et, comme je le pensais, de jeunes Hirondelles de rochers !

Je trouve rapidement le nid, à la croisée d’ogives d’un local (baptistère ?) situé à l’extérieur de la cathédrale, juste à l’entrée. Il s’agit donc d’un nid situé à l’intérieur d’un bâtiment, même si l’entrée est largement ouverte !
Chez cette espèce, le phénomène n’est pas courant car l’espèce est en pleine phase d’urbanisation : si les nids sur les constructions humaines (pont, tunnels pare-avalanches, façades de maisons) sont assez fréquents, les cas de nidifications à l’intérieur de locaux sont beaucoup plus rares : pour être précis, je n’en connais qu’un autre, dans le porche (en fait une pièce en partie fermée ) d’une église au Pays Basque ( Garoche 2003).
L’hirondelle de rochers, comme son nom l’indique, est liée aux falaises, principalement en montagne mais parfois aussi en bord de mer (Nice par exemple). Depuis la fin du XIXè siècle, elle s’adapte progressivement aux structures humaines et parallèlement (cause ou conséquence ?) sa zone de répartition s’étend. En France, les Alpes, les Pyrénées hébergent des Hirondelles de rochers urbaines. Pour le Massif central, c’est surtout la frange est et sud-est qui est occupée mais le côté sud-ouest se peuple progressivement. Il semble que la cathédrale de Périgueux soit une conquête récente !
Il est intéressant de signaler que les 3 espèces rupestres françaises principales sont à 3 stades différents de leur anthropisation :
- l’Hirondelle rustique est habituée à l’Homme depuis si longtemps qu’il n’est pas certain qu’il y en ait en France qui niche en dehors des constructions humaines, le plus souvent à l’intérieur des bâtiments .
- l’Hirondelle de fenêtre est aussi très bien adaptée à l’Homme et ses constructions, où elle niche le plus souvent à l’extérieur mais il y a des exceptions) . Cependant, si vous allez en montagne ou en bord de mer, vous pourrez avoir la chance de trouver une colonie en site rupestre. Pour ma part j’en connais dans le Cirque de Gavarnie(65) et à Mers-les-Bains ( 76) et je pense qu’il y en a aussi aux Eyzies le long de la Vézère
- l’Hirondelle de rochers qui en est donc au tout début….d’où l’intérêt de suivre de près ce phénomène !
15:21 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines, l'ornithologie urbaine en marche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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