21/09/2016

La Bondrée encore là !

Juste un petit billet avant de partir en vacances...

La Bondrée apivore qui a décidé de s'arrêter à Paris au cours de sa migration a prolongé son séjour ! Découverte le 26/8, elle a été revue plusieurs fois jusqu'au lundi 12/9 , après quoi elle a été revue... au parc de Belleville, à quelques centaines de mètres de là.

Bondrée-Belleville_ChMiYoshida-entière.jpg

L'oiseau n'était décidément pas trop farouche ! (photo Christian Michel-Yoshida)

Après avoir fait le spectacle dans ce petit parc elle a été vue pour la dernière fois le samedi 17/9 partant vers le nord, sans doute pour les Buttes-Chaumont !

L'arrivée d'une météo plus automnale l'aura-t-elle convaincue que sa place était plutôt en Afrique tropicale ?...

A suivre !

09/09/2016

Une Bondrée en villégiature aux Buttes-Chaumont !

Une observation assez surprenante a été faite vendredi 26 aout 2016 par des jardiniers du parc des Buttes-Chaumont (75019) : un rapace de taille assez imposante semblait boire dans le caniveau du parc ! Le temps de prendre 2 photos, l’oiseau s’est envolé pour disparaître dans le feuillage des nombreux arbres de ce très beau parc.

Ces photos ont permis de découvrir qu’il s’agissait d’une jeune Bondrée apivore !

Bondrée_BChaumont-T.Bouderlique2.jpg

(photo Thomas Bouderlique) 

Ce rapace qui ressemble à la Buse variable et qui se nourrit principalement d’abeilles et de guêpes est un migrateur précoce qui survole à cette période toute la France pour aller rejoindre ses quartiers d’hiver en Afrique subsaharienne. Sa présence au-dessus de Paris n’a donc rien d’étonnant…. (à cette même date la pointe sud de la Suède voyait passer presque 1000 bondrées en un jour !). C’est son arrêt dans la capitale qui est plus surprenant !

On s’est donc dit que ce jeune avait sans doute été pris d’un gros coup de fatigue (et de soif !) et qu’il a profité du survol de ce parc pour faire une petite pause avant de repartir pour l’Afrique.

Mais le plus étonnant restait à venir, sous la forme d’un mail d’une personne qui me signalait avoir photographié un rapace dans ce même parc…. 10 jours plus tard !

Bondrée-Buttes-Ch_ClémenceBrunet.jpg

( photo Clémence Brunet)

La photo prouva évidemment qu’il s’agissait de la même Bondrée qui était en train de déterrer un nid de guêpes…. à moins de 3m des passants qui n’en croyaient pas leurs yeux !

Bondrée-nid-guepe_BChaumont_détail-red.JPG 

(ça, c'est ce qui reste du nid de guêpes ! Photo perso)

 

Cela signifiait donc qu’elle était restée (sur place ou à proximité) et qu’elle avait suffisamment de forces pour creuser énergiquement le sol pour trouver sa nourriture !

L’oiseau a été aussi revu, posé sur une branche, mardi O9/9 par un jardinier, soit au moins 12 jours de séjour !

Un séjour en milieu urbain d’une telle durée est tout à fait exceptionnel, peut-être sans précédent, mais son comportement, fort surprenant, pose quand même la question de son origine sauvage …

06/08/2016

Les hérons n'ont plus peur de nous...

Ceux qui suivent ce blog depuis le début (y en a-t-il encore ?.... 9 ans déjà !) se souviennent peut-être que j'ai déjà fait plusieurs billets sur l'adaptation du Héron cendré à la ville, en particulier à Paris. Comme le sujet est spectaculaire et intéresse, j'en remets une couche !...

Hier, je faisais visiter le jardin Martin-Luther-King ( jardin créé récemment dans le nord du 17ème arrondissement) à des amis ornithologues algériens et nous avons eu le plaisir (et la surprise pour eux) d'admirer à quelques mètres ( 4m-4,5m...) un magnifique héron qui lissait son plumage sans aucun égard pour les humains qui venaient le photographier derrière le grillage qui isolait sa partie de roselière.

Grues passerelle et eau-red-retrav.JPG

Il n'est pas bien gros sur la photo ? Oui, mais il faut savoir qu'elle est faite avec mon smartphone !

Roselière et grues-red-retrav.JPG

Quand j'étais gamin (il y a... un certain temps !), il était impensable d'assister à ce genre de spectacle : le héron était rare et très farouche ! Depuis son statut d'espèce protégée, les effectifs ont puissamment augmenté et il a fini par s'apercevoir qu'en ville il y avait des poissons et qu'on le laissait tranquille.

Les premiers hérons urbains, à ma connaissance, étaient amsteldamois : les canaux d'Amsterdam les ont sans doute très vite attirés. Progressivement, ils ont adopté d'autres villes européennes, par exemple Londres (Regent's Park)....

Héron cendré Regent's Park 1 Londres fev07-red.jpg

... Istanbul ( colonie à côté de Topkapi),

Héron colonie et remparts Istanbul-red.JPG

A Paris, le premier parc connu pour l'héberger fut Bercy,

Héron Bercy 071104c.JPG

C'est un endroit qui permet de faire des gros plans intéressants !

Bercy-portrait recadré-net.jpg

Aux Buttes-Chaumont, il apprécie le pont suspendu, ce qui donne l'occasion de saisir quelques effets graphiques intéressants ....

15sept 07 037-red.jpg

.... ou de saisir des aspects en vol sympathiques ! 

BChaumont_27mars14 red3.jpg

On en trouve même dans des ports fluviaux au décor assez minéral ( ici Bonneuil-94)

Héron cendré l'ai_je_bien_descendu-red.JPG

D'où viennent les hérons parisiens ? Ils ne nichent pas dans Paris ( même s'il y a eu au moins un cas de reproduction au bois de Boulogne il y a quelques années). J'ai pu en voir en vol au-dessus de la Villette : ils arrivaient du NNE. Ils viennent donc du parc de la Courneuve où se trouve une jolie colonie de presque 20 couples, visibles - surtout avant la pousse des feuilles - à quelques mètres aussi !

Juv-nid.jpg

L'ornithologie urbaine est décidément pleine de ressources insoupçonnées....

24/08/2015

Ouh, qu'ils sont pas beaux !

Cette fois, je vous ouvre un peu de mon musée des horreurs...
Récemment, un ami photographe bien connu des lecteurs de ce blog, Thierry Josse, m'envoie le cliché ci-dessous, pris à Vincennes, pour me demander ce qui a pu arriver à cette corneille...

20150726_Vincennes_Corneille-noire.TJosse.jpg

photo T.Josse


La perte totale des plumes de la tête et du cou lui donne en effet un aspect impressionnant ! Cela permet de voir en particulier que le "volume" des oiseaux est dû plus aux plumes qu'au corps proprement dit.... Au passage, on peut aussi en profiter pour noter l'orifice des oreilles, un peu en-dessous et en arrière de l'oeil. A noter aussi que le plumage est assez nettement décoloré, sans doute à cause d'une carence alimentaire.
Ce n'est pas un cas unique : Julien Birard m'en avait signalé une autre du même genre aux Tuileries (Paris-01) en aout 2012, une jeune de l'année elle aussi.
Mais ce n'est pas réservé aux Corneilles...

Merle déplumé bis-recad.JPG


J'ai photographié ce merle (mâle adulte) près de la porte de Pantin ( Paris-19)fin janvier 2007. Cela peut atteindre aussi d'autres espèces ( en particulier des passereaux nord-américains).
 Cela concerne souvent ( mais pas uniquement ) des juvéniles en train d'effectuer leur mue post-juvénile.Les adultes touchés seraient aussi en mue.

 

Merle noir à la tête plumée_18 août 2013recad.jpg

Ce "merle chauve" a été photographié par Jacqueline Lejeune

 

Il semble que le problème soit qu'au lieu d'un remplacement progressif des anciennes plumes par les nouvelles, on ait une chute brutale des anciennes avant l'apparition des nouvelles.
En tout cas, c'est vrai qu'en attendant un peu, on voit réapparaître un plumage tout neuf...

 


Attention, cela n'a rien à voir avec les cas de plumes mitées par des acariens comme on peut le voir sur ce Pouillot véloce photographié cet été au bois de Vincennes ( Paris 12).

P.véloce_mité.jpg

photo Thierry Josse

Le "sourcil" jaunâtre au-dessus de l'œil n'est que le crâne devenu visible et les marques sombres de la gorge ou au-dessus du bec sont les bases sombres des plumes découvertes par l'absence des plumes voisines... Dans ce cas aussi, un peu de patience permettra de voir réapparaître un plumage normal.

19/07/2015

Le piégeur de Sartrouville

Le numéro du 3/7/29015 du Courrier des Yvelines nous parle d’un personnage « haut en couleurs » comme on dit quand on ne sait pas s’il faut en rire ou en pleurer : Francis, un des 2 piégeurs de pies sur Sartrouville…. Je ne peux résister au plaisir de commenter les principales déclarations de Francis.

 

Pie Londres-red.JPG

 

Ça commence par la présentation de l’espèce, pas du tout orientée évidemment ! On sent tout de suite le scientifique qui raisonne calmement…

«La pie est un prédateur redoutable. (…) Ce carnivore mange les bébés et les œufs de nombreuses espèces d’oiseaux : (…). J’ai assisté à des scènes horribles où des couples de pies se ruaient sur des nids pour tout dévorer.»

J’ai assisté aussi à d’horribles scènes de hordes de mésanges se précipitant sur des nids de chenilles d’hypomoneutes (papillons dont les chenilles détruisent le feuillage de saules pleureurs en particulier) : elles mangeaient aussi « les bébés et les œufs »… Quand aura-t-on en tête qu’il n’y a pas de sentiments dans la nature, juste la nécessité de survivre et de se reproduire !

Pie_bébé_Sausset-red.JPG

Et si on joue sur les sentiments, c'est pas mignon un bébé Pie ?

« Au fil des ans, cette gourmandise entraîne tout simplement la disparition de certaines espèces de volatiles, ce qui donne lieu à des «déserts biologiques» par endroits. »

François Chiron a fait sa thèse au début des années 2000 dans les parcs de Seine St Denis justement pour répondre à la question de savoir si les pies menaçaient l’avifaune… il a montré qu’il n’y avait aucune corrélation entre la densité de pies et les courbe des effectifs des petits passereaux ! S’il y a des « déserts biologiques », c’est dû à la disparition des milieux favorables, à l’usage intempestif de pesticides et à l’urbanisation croissante.

« En tant qu’écologiste convaincu, Francis a décidé de se dévouer afin d’entendre chanter à Sartrouville autre chose que la pie et son cri relativement agaçant. »

Si Francis était aussi « écologiste convaincu » que ça, il saurait que la valeur d’une espèce ne se juge pas à la beauté de son chant…

Les deux piégeurs exerçant sur la commune ont déjà capturé une centaine de pies depuis février. «Il en reste encore environ trois cents, estime-t-il. C’est encore beaucoup trop.»

300, c’est trop ?.... trop par rapport à quoi ? Comment fait Francis pour connaître le nombre idéal de pies ? Et d’ailleurs comment a-t-il compté le nombre de pies présentes à Sartrouville ?

«Le piégeage, ce n’est pas un plaisir pour moi. Je le fais par nécessité.»

…ou plutôt par jouissance du pouvoir de décider ce qui est bon pour la Nature, qui a le droit de vivre et qui ne l’a pas : une manière en somme de se prendre pour Dieu….!

Mais son activité n’est pas comprise par tout le monde. Il essaye de l’exercer dans la plus grande discrétion pour ne pas se retrouver face à des écologistes «mal informés» qui pourraient, selon lui, entraver son action.

« Mal informés »… c’est çui qui l’dit qui l’est !...Clin d'œil

On pourrait juste avoir l’espoir un peu fou de lui expliquer le fonctionnement des écosystèmes, même en milieu urbain… S’il est capable de comprendre, il arrêtera de lui-même son activité aussi inefficace que non fondée !

30/05/2015

Une piste "anable"...

Je deviens de plus en plus fainéant. Le sujet de ce billet m'a été fourni par Florent Yvert (merci Florent !...) et il m'a suffi de traduire la page du site du journal italien "la Repubblica"  http://www.repubblica.it/ambiente/2015/05/25/foto/londra_...  pour avoir un texte suffisamment clair et explicatif...:-)

Le voici donc , j'espère traduit fidèlement... mà attenzione : traduttore, traditore !

piste-anable1.jpg


Il n'y a pas que les cyclistes : au Royaume-Uni maintenant, même les canards ont leur piste pour se promener. L'initiative sympathique et originale (mais temporaire) a permis de créer une piste le long des voies navigables de Londres, Birmingham et Manchester : dans ces villes, The Canal and River Trust, l'organisme responsable de la gestion de plus de 2000 miles ( 3220 km) de voies navigables en Angleterre et au Pays de Galles, a tracé le long de la rive une longue ligne qui attribue aux oiseaux un "parcours de courtoisie".

piste-anable2.jpg

" Nous voulons encourager les personnes à être conscientes des animaux qui partagent la rue avec elles quand elles se déplacent à pied ou à bicyclette" , expliquent les responsables. "Il y a suffisamment d'espace, il y a de la place pour tous."

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Ce blog devient de plus en plus collaboratif : après avoir lu le billet ci-dessus, Jean-Luc Saint-Marc m'envoie cette photo prise en 2003 au Pays de Galles, près du lac glaciaire Tall-y-llyn

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Ce qui prouve que l'idée n'est pas récente...

Merci Jean-Luc !

 

06/05/2015

Des touristes de passage à Paris...

Au moment des migrations, on sait qu'on peut voir à peu près n'importe quelle espèce n'importe où ! La plupart des oiseaux ne s'arrêtent que sur des lieux d'étape favorables mais certains individus fatigués se posent un peu au hasard et peuvent donc être observés, même dans Paris.

Torcol1-recad-red.jpg

Ce Torcol s'était arrêté aux Grands Moulins cet automne

Un cas particulier est constitué par ce qu'on appelle des "tombées" de migrateurs : c'est le cas quand brusquement les conditions météo deviennent défavorables. Par exemple une averse en pleine nuit, quand la plupart des passereaux migrent, les poussent à se poser un peu à l'aveuglette... C'est sans doute ce qui s'est passé cette année, provoquant l'observation d'un nombre inhabituel d'espèces migratrices dans les petits squares ou les parcs parisiens. On peut même parler d'une quinzaine de folie, tant le nombre d'observations de migrateurs fut inhabituel ! Aucune espèce n'est en elle-même surprenante, c'est la série qui l'est !

Voici le résumé des observations du 23/4 au 5/5 :

Torcol fourmilier : 23/4 à la friche du Sernam ( 18ème)
Bergeronnette printanière 23/4 à la friche du Sernam ( 18ème)
Rossignol philomèle : 24/4 aux Buttes-Chaumont ( 19ème)

RQFB_Milieu_Pantin 210509.jpg

Ce Rougequeue à front blanc a niché à Pantin, pas très loin de la Villette....


Rougequeue à front blanc : 22 et 23/4 hop. Ste Anne (13ème); du 27/4 au 4/5 la Villette ( 19ème)
Rousserolle effarvatte : 29/4 - 1/5 sq.Rachmaninoff (18ème); 3-5/5 la Villette (19ème)
Hypolais polyglotte: sq. Rachmaninoff 29/4
Fauvette des jardins : au moins 7 ind du 23/4 au 5/5
Fauvette babillarde : la Villette 3/5; Grands Moulins ( 13ème) 4/5
Fauvette grisette : 7 ind du 23/4 au 4/5
Pouillot fitis : 4 ind du 23/4 au 1/5 (et au moins 14 du 4 au 22/4 !)

Fitis Marquenterre_mai05bis.JPG

J'ai pu photographier ce Pouillot fitis au Marquenterre ( Somme)



En revanche, au bois de Vincennes ont été observées des espèces vraiment peu fréquentes (Loriot ) voire rarissimes : le 3/5, un Labbe parasite survolait le lac Daumesnil pendant qu'une Hypolais ictérine chantait sur ses rives !

 Je ne me cacherai pas que ce qui m'a le plus fait plaisir dans cette histoire, c'est que j'ai réussi à me faire la série complète des migrateurs de Paris intra-muros ! En revanche j'ai raté le labbe et l'ictérine....