19.09.2011
Une Corneille gordini au-dessus de l'eau...
J'ai déjà parlé de nombreuses fois dans ce blog des habitudes alimentaires des Corneilles urbaines et des conséquences sur l'état des poubelles... J'ai aussi évoqié les conséquences sur le plumage de ces oiseaux. Pour plus de détails, reportez-vous à l'article que j'ai publié dans Alauda il y a qq années et dont vous pouvez lire un résumé en cliquant sur le lien suivant : http://lesoiseauxdesvilles-publiperso.skynetblogs.be/arch...
Ce week-end, en faisant un petit tour le long de la Seine en aval de Paris, j'ai rencontré cet oiseau assez remarquable dans le genre !
Spectaculaire, non ?
19:31
Écrit par Frédéric
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16.09.2011
Résidence royale pour les hirondelles
Le chateau de Rundale, situé en Lettonie près de la frontière lituanienne, abrite une des plus grosses colonies d'Hirondelles de fenêtre du pays.
Ce chateau, construit au 18ème siècle par l'architecte italien qui a construit aussi le Palais d'Hiver de St Pétersbourg, a hébergé le futur Louis XVIII pendant la période, délicate pour lui, qui voyait la Révolution raccourcir certains aristocrates...
Il faut reconnaitre que le chateau est superbe....
J'y ai compté 130 nids complets mais on m'a dit qu'il y avait 270 couples nicheurs quelques années avant... y a pas qu'en France que les effectifs diminuent ! Les nids ne sont pas répartis au hasard autour du chateau : la façade extérieure tournée vers l'Est-SudEst et la façade N-NE de la cour intérieure abritent à elles deux 80 nids alors que les 6 autres façades n'en accueillent que 50
Les études ont montré qu'il n'y avait pas d'orientation privilégiée pour la construction des nids, mais je pense que c'est parce qu'on se place à un niveau trop global : il y a clairement des orientations privilégiées, mais ce ne sont pas toujours les mêmes... et les causes doivent varier d'un lieu à l'autre !
Les hirondelles ont dû être inspirées par la beauté du lieu... elles ont fait preuve d'un sens esthétique affirmé, en particulier d'un goût de la symétrie qui répond bien aux goût de l'architecte !
Elles ont aussi fait preuve d'imagination dans le choix des sites de construction : elles coincent leur nid dans les moulures des fenêtres
ou entourent une décoration sur une autre fenêtre...
Belle exemple des variétés de disposition des nids sur une seule fenêtre !
Les hirondelles ne sont pas les seules à apprécier la royale demeure...
13:55
Écrit par Frédéric
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03.08.2011
L'Hirondelle des rochers suit les traces de ses cousines...
Mon périple cycliste estival habituel m’a conduit cette année dans le Sud-ouest de la France. En passant à Périgueux (Dordogne), j’ai découvert la cathédrale St Front à l’aspect spectaculaire (elle aurait inspiré l’architecte du Sacré Cœur de Montmartre….mais l’original est beaucoup mieux que la copie !...).
En y entrant, mon oreille est alertée par un cri métallique qui me rappelle quelque chose…. D’abord suis-je sûr que c’est bien un oiseau ?....en ville, la vérification s’impose! Oui, il s’agit bien d’oiseaux et, comme je le pensais, de jeunes Hirondelles de rochers !

Je trouve rapidement le nid, à la croisée d’ogives d’un local (baptistère ?) situé à l’extérieur de la cathédrale, juste à l’entrée. Il s’agit donc d’un nid situé à l’intérieur d’un bâtiment, même si l’entrée est largement ouverte !
Chez cette espèce, le phénomène n’est pas courant car l’espèce est en pleine phase d’urbanisation : si les nids sur les constructions humaines (pont, tunnels pare-avalanches, façades de maisons) sont assez fréquents, les cas de nidifications à l’intérieur de locaux sont beaucoup plus rares : pour être précis, je n’en connais qu’un autre, dans le porche (en fait une pièce en partie fermée ) d’une église au Pays Basque ( Garoche 2003).
L’hirondelle de rochers, comme son nom l’indique, est liée aux falaises, principalement en montagne mais parfois aussi en bord de mer (Nice par exemple). Depuis la fin du XIXè siècle, elle s’adapte progressivement aux structures humaines et parallèlement (cause ou conséquence ?) sa zone de répartition s’étend. En France, les Alpes, les Pyrénées hébergent des Hirondelles de rochers urbaines. Pour le Massif central, c’est surtout la frange est et sud-est qui est occupée mais le côté sud-ouest se peuple progressivement. Il semble que la cathédrale de Périgueux soit une conquête récente !
Il est intéressant de signaler que les 3 espèces rupestres françaises principales sont à 3 stades différents de leur anthropisation :
- l’Hirondelle rustique est habituée à l’Homme depuis si longtemps qu’il n’est pas certain qu’il y en ait en France qui niche en dehors des constructions humaines, le plus souvent à l’intérieur des bâtiments .
- l’Hirondelle de fenêtre est aussi très bien adaptée à l’Homme et ses constructions, où elle niche le plus souvent à l’extérieur mais il y a des exceptions) . Cependant, si vous allez en montagne ou en bord de mer, vous pourrez avoir la chance de trouver une colonie en site rupestre. Pour ma part j’en connais dans le Cirque de Gavarnie(65) et à Mers-les-Bains ( 76) et je pense qu’il y en a aussi aux Eyzies le long de la Vézère
- l’Hirondelle de rochers qui en est donc au tout début….d’où l’intérêt de suivre de près ce phénomène !
15:21
Écrit par Frédéric
dans des espèces très urbaines, l'ornithologie urbaine en marche |
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12.07.2011
Un noyer mystérieux......
Pour évoquer un peu de ma vie, je suis né à Pont-à-Mousson (54) où vit encore mon père. J'y retourne régulièrement et mon père m'a fait remarquer un détail curieux : un noyer s'est mis à pousser au bord du chemin d'entrée de la maison, alors qu'il n'y a pas de noyer autour : le plus proche est de l'autre côté de la maison et il y a peu de chance qu'une noix ait fait le tour à l'occasion d'un coup de vent tourbillonnant !...
Une idée ?......
et si c'était une corneille ?....comment ça , une corneille ?
Si vous ne devinez pas, regardez cette vidéo, qui a fait le tour du Net : http://www.youtube.com/watch?v=1P8Nwl7FAJk
Pour résumer, une corneille qui veut manger une noix s'installe à un carrefour ....

...elle la lâche au passage d'une voiture

et va récupérer le résultat après le travail des pneus !

Permettez-moi de rester un peu sceptique sur le respect des feux tricolores....le montage cinématographique permet peut-être d'en rajouter un peu...mais on peut s'attendre à tout avec les corneilles !
En tout cas vous avez compris l'hypothèse que je privilégie pour l'origine de ce noyer : il serait donc arrivé par "la voie des airs" !
Et çette photo, prise une dizaine de kilomètres plus au sud ( près de Dieulouard).....
... que font là ces débris de coquilles d'Unio, sorte de Moule d'eau ? Bon d'accord, on n'est pas loin d'un étang, mais quand même, ça ne vole pas !....
Après l'exemple précédent, vous aurez deviné que les corneilles ne mangent pas que des noix mais aussi des coquillages !
Quand je vous disais qu'elles nous étonneront toujours !...;-)
15:06
Écrit par Frédéric
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12.06.2011
Les jeunes faucons pèlerins urbains s’envolent…
Je ne vais pas faire une revue complète des faucons pèlerins nichant en ville en France, mais juste donner quelques nouvelles.
Nous sommes effectivement dans une période cruciale pour le succès des nichées de pèlerin : l’envol !
C’est toujours délicat, mais en plus , en ville, nos oiseaux choisissent souvent des lieux très escarpés pour nicher : à Ivry s/Seine, la cheminée culmine à 120m et le site de nidification est au moins à 100m de haut… En-dessous un toit à 20m (à la louche…), ça fait donc un « gap » de 80m….pas beaucoup de droit à l’erreur : il y a intérêt à maitriser le vol du premier coup ! Les entraînements au battement d’ailes donnent déjà des émotions à l’observateur…." N’en fais pas trop, petit, sinon tu vas aller au tas ! "
A Nancy, sur l’église ND de Lourdes, tout s’est passé à peu près bien. Faut dire qu’il y a des tas d’endroits où se rattraper sur un clocher : des gargouilles, des pinacles, des gouttières, etc.

photo P.Behr
Les 3 jeunes envolés sont parmi les plus précoces des pèlerins français cette année ( à égalité avec Albi ! ) : les 3 jeunes se sont envolés progressivement du 16 au 20 mai ! Tous les détails sur le blog de P.Behr http://p.behr.free.fr
A Ivry s/Seine (94), vous avez été tenus au courant de la découverte, puis du suivi de la première tentative l’an dernier (sans doute abandonnée par suite de la perturbation du couple par une femelle immature… enfin c’est une hypothèse strictement personnelle !) et du suivi de la bonne tentative, celle de cette année. Vous savez donc qu’il y a eu 3 jeunes comme à Nancy, la ponte a commencé 15 jours plus tard que sur la basilique nancéenne et donc les éclosions aussi… Les envols ont eu lieu début juin de manière, disons… un peu chaotique ;-) Une femelle a disparu de l’aire fin mai, l’autre jeune femelle s’est retrouvée au sol, dans la cour de l’usine puis après une rapide inspection montrant son bon état, a été placée sur le toit de l’usine qui accueillait déjà le jeune mâle. C’était le 6 juin… et le 7 juin l’Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort nous prévenait qu’on venait de leur apporter un jeune pèlerin….la 3ème était retrouvée ! Ouf… Les parents ont changé de poste de livraison de leurs captures…
photo JB
Les jeunes ont fait des progrès en vol, ce qui leur permet maintenant de se chamailler en l’air aussi !
photo JB
Tous les détails et plein de photos sur le blog de Yacine http://fauconline.blogspot.com/
Mais il n’y a pas qu’à Paris que le pèlerin inaugure sa reproduction ! A Lille aussi, un couple avait tenté de nicher l’an dernier et a réussi cette année… Différence notable entre Paris et Lille : le site de nidification. Au lieu d’une cheminée les pèlerins lillois ont choisi une fenêtre de la Cité administrative, ce qui a obligé le titulaire du bureau concerné à passer 2 mois et demi avec sa fenêtre obturée par du carton pour laisser les pèlerins tranquilles…. Les pèlerins peuvent dire un grand Merci à ce Monsieur… ;-) En plus cela à permis à Thierry Tancrez de faire des photos uniques, avec un smartphone au travers d’un trou de 1 cm dans le carton…jugez-en vous-mêmes !
photos T.Tancrez
Les photos ont permis de déterminer grâce aux bagues colorées que le couple venait des Pays-Bas

Pour ceux que ça passionne, il y a aussi les sites des pèlerins de :
- Strasbourg http://pelerin67.over-blog.com/
- Albi http://fauconpelerin.mairie-albi.fr/
- Nantes http://fauconpelerin.canalblog.com/
- Dunkerque http://faucon-pelerin-ad.over-blog.fr/
- etc.
21:02
Écrit par Frédéric
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21.05.2011
Les surprises de la banlieue
Il m'arrive le matin, en allant à vélo au collège où je travaille, en Seine St Denis, de voir sur mon trajet Rougequeue à front blanc, Fauvette grisette, Hypolais polyglotte, Petit gravelot, Sterne pierregarin, Hirondelle de rivage.... pas le même jour, d'accord mais ces espèces n'y sont pas rares en ce moment !
C'est la preuve de la grande adaptabilité de certaines epèces à des milieux fortement modifiés par l'Homme...
Voici 2 exemples : l'Hypolais polyglotte qui a jeté son dévolu sur les Buddleyas de.....attendons un peu avant de préciser l'endroit ! Il avait déjà chanté au même endroit pendant un mois et demi en 2009.
Voici l'oiseau qui chantait ce matin 21/5
La physionomie de la végétation correspond bien au milieu occupé habituellement par cette espèce ( buissons dans un milieu ouvert ) : pour cette raison, on ne peut pas vraiment parler d'adaptation au milieu urbain...... mais quand on voit le paysage, on se dit quand même qu'il a dû faire un effort pour s'installer là !
C'est dans le port de Pantin ....
Passons maintenat au Rougequeue à front blanc qui s'est fixé dans le même secteur depuis 2 ans aussi. Mais lui, j'ai pu prouver sa reproductiion en 2009 !
Il a même son antenne attitrée ! Tous les matins, quand je l'entends chanter, il me suffit de jeter un coup d'oeil à cette antenne pour vérifier qu'il est bien là... Cela a pu faire croire à un copain que j'avais une sacrée bonne vue pour reconnaitre un Rougequeue à front blanc à cette distance !.....;-)
19:59
Écrit par Frédéric
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13.05.2011
La bergeronnette des....ruisseaux, dîtes-vous ? ch.2
J'ai déjà signalé dans un post il y a 3 ans ( pour le lire cliquez ici) la plasticité de la Bergeronnette des ruisseaux qui affectionne les petits cours d'eau sautillant dans la campagne, mais qui est capable de trouver son bonheur en ville aussi !
J'en remets une couche cette année à la suite de l'envoi de 2 photos par Jacques Margas et la découverte que j'ai faite d'un nid à la Cité des Sciences.
Sur cette photo, prise à l'embarcadère du pont de l'Alma, se cache un nid de Bergeronnette des ruisseaux....cherchez un peu !
photo J.Margas
Vous ne voyez vraiment pas ?....
Regardez mieux la bouée.....
Ca y est ?
Voilà le nid !
photo J.Margas
et voici 2 des 3 petits.....
.....surprenant, non ?
Et "la mienne" alors ? Voilà l'endroit où elle a niché cette année
Là, c'est plus facile à trouver....
Mais c'est bien parce qu'elle me l'a montré en allant nourrir ses petits !....;-)
18:04
Écrit par Frédéric
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15.03.2011
Noctambules ailés en ville
A part pour signaler telle ou telle observation, je n’ai pas consacré de billet aux rapaces nocturnes en ville…. Et pourtant il y en a !
La découverte récente d’une jeune Chouette hulotte nous a rassurés sur la reproduction de l’espèce au parc des Buttes-Chaumont : en effet, nous manquons cruellement de telles preuves pour Paris ! Depuis le début des prospections pour l’atlas, en 2005, ce n’est que le 3ème jeune trouvé à Paris ( les autres au Père-Lachaise et au Jardin des Plantes)…
Le petit était sous la menace de corneilles - photo JL Saint-Marc
Vers 1975, la population parisienne était estimée, un peu à la louche, à une trentaine de couples et effectivement nous avons de nombreux témoignages de lieux qui ont été abandonnés depuis cette époque.
Pourquoi ? C’est un des mystères de l’ornithologie parisienne car l’espèce habite préférentiellement des milieux qui ont échappé largement aux modifications importantes depuis longtemps : grands parcs publics, espaces verts privés des ministères, ambassades, etc. On a suggéré que la cause soit à rechercher en dehors de Paris : si la population parisienne n’est pas auto-subsistante et a besoin d’immigration régulière d’individus périurbains, le tarissement de cet apport peut provoquer cette baisse….mais c’est purement hypothétique !
La Chouette effraie est aussi une espèce qui ne craint pas la proximité de l’homme : elle niche souvent dans un clocher d’église ou le grenier d’une maison quelconque…si elle peut y entrer ! Mais comme elle chasse principalement en espace ouvert (champs, prairies) elle a du mal à habiter dans les « vraies villes » et préfèrera les villages ou limites d’agglomération. Il y a eu cependant des observations dans Paris que nous avons bien du mal à interpréter…on a quand même du mal à imaginer l’Effraie nichant dans quartier Saint-Sulpice ! Mais les oiseaux parisiens nous ont déjà offert des surprises aussi ébouriffantes…
Le Hibou moyen-duc est un oiseau typiquement forestier, mais….il n’a pas peur des grands parcs urbains, que ce soit pour nicher ou pour y établir des dortoirs hivernaux. On trouve ainsi un dortoir au parc G.Valbon à La Courneuve (93) et un autre au parc de Parilly, en pleine agglomération lyonnaise. Il lui arrive même de passer en ville puisqu’il a été observé au moins 3 fois dans Paris depuis l’an 2000 : un est venu dans la cour du 55 rue Buffon au Muséum National d’Histoire Naturelle en 2006, un s’est posé sur un balcon dans le 9ème arrdt, quartier minéral s’il en est, en 2008 et un autre est resté quelques temps planté sur un piquet du Jardin des Tuileries en octobre 2010 !
Le Hibou du Museum - photo F.Jiguet
La Chouette chevêche, symbole d’Athéna dont le temple était au centre d’Athènes, s’adapte facilement aux villes méridionales : elle est considérée comme commune en Italie dans des villes comme Rome, Florence ou Cremone. Dans les villes centre ou ouest-européennes, elle est beaucoup plus rare, se contentant le plus souvent des milieux périurbains ou des parcs spécialement grands. Il est probable que cette différence tienne au « centre de gravité » de ses populations : c’est une espèce qui semble se porter nettement mieux vers la Méditerranée…
Autre espèce méditerranéenne qui habite facilement les villes méditerranéennes : le Hibou petit-duc. Dès qu’il y a un parc avec de vieux arbres riches en cavités, on peut entendre le sifflet doux et mélancolique du Petit-duc. J’ai souvenir de parties de boules dans les rues d’un village gardois sous un lampadaire sous lequel venait se percher le petit rapace…
J’ai gardé pour la fin, l’espèce la plus surprenante : le Grand-duc qu’on imagine souvent cantonné aux falaises des montagnes sauvages… Il a niché pourtant dans un cimetière de l’agglomération hambourgeoise et dans la falaise qui sépare la ville de Luxembourg en 2 parties bien tranchées… surtout pour les cyclistes ! Un jeune s’est retrouvé sur le comptoir d’un bar dont les habitués ont replacé l’oiseau dans le jardin à côté !...
La falaise de Luxembourg et le site de nidification - photo P.Lorgé
Une forme originale de faire la tournée des grands-ducs, surtout au Luxembourg… ;-)
La femelle sur le nid - photo P.Lorgé

19:08
Écrit par Frédéric
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26.02.2011
Un héron cinéphile...
L'avantage de tenir un blog depuis un certain temps, c'est qu'on reçoit des infos ou des photos d'un peu partout et que ça permet de ne pas trop se creuser la cervelle pour écrire un billet...
Aujourd'hui, ce sont des photos qui viennent d'un endroit dont je vous ai parlé récemment, le bassin de la Villette qui joint le canal St Martin au carrefour des canaux de l'Ourcq et St Denis. Elles m'ont été envoyées par Richard Tassard qui habite le secteur.
Elles ont été prises très précisément quai de la Seine, à 50 mètres des cinéma MK2, vers 19 heures le 31/12/2010, c'est à dire qu'il faisait nuit noire ! En fait c'est quelque chose qui ne gêne pas le héron pour se déplacer : on entend parfois son cri rauque ( qu'on peut transcrire par "frank !" ) en pleine nuit au-dessus de Paris ou ailleurs . En revanche, je ne sais pas comment il pêche...attend-il qu'un poisson vienne à la surface et le repère-t-il au bruit ?
En revanche le fait de se laisser approcher à 2 mètres et photographier au flash ( 4 fois, en plus....) est une belle illustration de la perte de méfiance de cet oiseau vis à vis de l'Homme ! Quand je pense à la difficulté pour voir cette espèce quand j'étais gamin....
C'est une évolution qui a pris une bonne trentaine d'années et qui a commencé sans doute aux Pays-Bas : j'ai souvenir de hérons déambulant entre les voitures garées sur les quais des canaux ou postés entre 2 pêcheurs sur le bord du lac d'un grand jardin public à Amsterdam dans les années 80...
A Paris, c'est semble-t-il dans la fin des années 90 que cette habitude a démarré au parc de Bercy pour se répandre dans tous les parcs parisiens ou de banlieue ( l'espèce niche au parc de la Courneuve -93- à quelques mètres du passage de centaines de personnes chaque WE....)
Merci encore à Richard pour m'avoir fait parvenir ces photos et m'avoir autorisé à les utiliser !
11:25
Écrit par Frédéric
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18.12.2010
Les dortoirs urbains d’oiseaux
Si vous avez eu le malheur de laisser votre voiture sous des arbres occupés par un dortoir d’étourneaux, vous avez sûrement pesté le lendemain contre ces sales bêtes qui font leur besoins au lit au lieu d’aller aux toilettes avant d’aller se coucher….
L'arrivée d'une partie du dortoir d'étourneaux à la BNF en janvier 2008
Il y a finalement un nombre assez important d’espèces d’oiseaux qui forment ce genre de dortoirs, au moins en dehors de la période reproduction. En plus il semble que la ville soit particulièrement recherchée pour installer ce type de dortoirs. La raison est assez simple à deviner : il fait plus chaud en ville qu’à la campagne et il y a moins de chasseurs ! Jusqu’à peu on disait aussi qu’il y avait moins de prédateurs en ville : cette situation est en train de changer mais que peut faire un faucon pèlerin face à des dizaines de milliers d’étourneaux ? …. c’est même l’un des avantages des dortoirs : limiter les risques de prédation ! J’ai déjà parlé du dortoir d’étourneaux qui s’établit certaines années dans le petit bois de la BNF .(pour lire le post, cliquez ici). Intéressons nous aux autres espèces….

Chez les passereaux, les moineaux se regroupent parfois en dortoir de plusieurs dizaines d’oiseaux dans des buissons ou un lierre (important : le lierre garde ses feuilles en hiver et peut donc protéger les moineaux contre le vent…. pensez-y avant de demander à votre copropriété de détruire le lierre de votre façade !). Je connais à Paris plusieurs dortoirs de verdiers dont un qui a dépassé le millier d’individus au parc de la Villette. Le parc Montsouris abrite aussi un dortoir de pinsons des arbres.
Plus inattendu : les bergeronnettes grises forment des dortoirs qui sont souvent situés dans des endroits éclairés et bruyants, tels des ronds-points souvent devant les gares, sans doute car le bruit de la circulation et la lumière de l’éclairage public sont les meilleurs garants contre les prédateurs (mais pourquoi spécialement les gares ?.....) .
Les corvidés peuvent aussi former des dortoirs en ville, souvent plusieurs espèces ensemble, dans les grands parcs : je connais à Pont-à-Mousson un dortoir de 2 à 3000 corvidés (corneille, freux et choucas) dans le parc d’une propriété à moitié abandonnée qui héberge à la belle saison une colonie de corbeaux freux. Les pies forment aussi des dortoirs, en général de quelques dizaines d’individus mais E.Chabot a suivi un dortoir d’environ 200 oiseaux à Rennes.eux ramioers près
Deux ramiers près à un gros dodo...
En dehors des passereaux, on peut aussi trouver des dortoirs de pigeons ramiers (jusqu’à 1400 à la BNF en 2002-03), de mouettes rieuses (sur des barges accostées en aval de la Maison de la radio et à Ivry en amont de Paris), même de Hérons garde-bœufs(5000 à Cordoue et 2000 à Prahia (capitale du Cap-Vert)
L'arrivée de quelques-uns des occupoants du dortoir de Prahia (Cap-Vert)
et je n’oublierai pas les perruches à collier qui , pour la région parisienne, se concentrent en 2 dortoirs qui signent leur origine : un à Orly , l‘autre à Roissy ! A Bruxelles leur dortoir comptait 8000 individus en 2006 !
La Bambouseraie de la Villette, lieu d'un dortoir de Verdiers
18:52
Écrit par Frédéric
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