05/11/2008

Les oiseaux et les voies de chemin de fer

Quels rapports les oiseaux entretiennent-ils avec les voies de chemin de fer ? La question peut sembler curieuse et pourtant ils sont importants ….. que les voies soient en activité ou abandonnées !

Et d’abord une remarque purement comptable : la superficie qui est propriété de RFF (Réseau Ferré de France) est très importante à Paris (longez les voies de la gare de l’Est ou de la gare d’Austerlitz par exemple pour en avoir une idée ! ) ou en banlieue (si vous prenez le train vers l’est de la France, regardez le paysage entre Pantin et Noisy-le-Sec pour en être persuadé !)

Voies SNCF Austerlitz red

Les voies de la gare d'Austerlitz

En plus, le paysage offert, même s’il n’est pas très esthétique, est bien différent du paysage urbain moyen, riche surtout en constructions et en parcs plus ou moins arborés : c’est un milieu qu’on qualifie d’ouvert, c’est à dire avec une végétation souvent rare et basse coupée de buissons, ce qui peut plaire à des espèces d’oiseaux qui ne trouvent pas très facilement leur bonheur en ville.

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xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxFauvette grisette mâle en plein chant... (photo P.Dubois)

Les terrains ferroviaires permettent donc à des espèces originales de se maintenir en milieu urbain et d'y nicher : on y trouve des espèces qui nichent dans les buissons, linotte et fauvette grisette par exemple, hypolais polyglotte ou fauvette babillarde, mais aussi des espèces qui nichent sur les terrains découverts : le cochevis huppé, avant qu’il disparaisse de Paris et de sa proche banlieue, appréciait ce genre de terrain. Plus étonnant encore, le petit gravelot occupe ce genre de terrain même s’il est éloigné de l’eau : il a sans doute niché (et niche peut-être encore ) sur les terrains qui entourent les voies entre Pantin et Noisy-le-Sec.

C’est aussi une voie de pénétration des villes pour certains migrateurs : la rousserolle effarvatte, pourtant oiseau de roselières, apprécie  beaucoup de suivre les voies au cours de ses migrations, au moins quand elle les poursuit « à pied », en passant de buisson en buisson, ce qui lui permet aussi de se nourrir en même temps. Il est même arrivé qu’une d’entre elle se retrouve sur des voies en sous-sol de la gare de Lyon, sortant du tunnel qui l’amenait de la station Châtelet !….

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Les voies de la gare de l'Est au Blanc-Mesnil

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Parmi les migrateurs qu’on peut y voir à l’occasion d’une halte, on peut aussi citer les Tariers pâtre et des prés, le Traquet motteux. A noter que les voies, en dehors des oiseaux, sont des axes de pénétration pour certains mammifères : le renard en profite pour entrer dans Paris…

C’est aussi un milieu qui offre aux hivernants des sources de nourriture, spécialement des graines aux fringilles (pinson, verdier, serin, chardonneret, etc.) et moineaux. 

PC Charonne red

La Petite Ceinture dans le 20ème arrondissement

A une époque où Réseau Ferré de France pense à monnayer certains de ses terrains, la question de la biodiversité doit entrer en ligne de compte…..

17/10/2008

La Friche du Millénaire…..

Pour les ornithos parisiens, il y a des noms mythiques, qui attirent de grands soupirs et des regrets non feints dès qu’ils sont prononcés…..  « Friche du Millénaire » en est un, et non des moindres !

Nous sommes entre la porte d’Aubervilliers et la porte de la Villette, à l’ extérieur du Périphérique, mais encore sur le territoire de la ville de Paris. J’ai consacré un post à l’importance des friches en milieu urbain (cliquez ici pour le lire),   mais les images sont toujours supérieures au texte…..

Laurent Wittmer y a tourné un petit film très bien fait ( ah, les images de bergeronnettes avec les voitures sur le Périf' derrière !.....) qui illustre la richesse de cette friche. Pour le voir il suffit de cliquer sur le lien situé en dessous de l’image  !

Film friche Millenaire

http://exposureroom.com/members/oiseauxdeurope.aspx/assets/108c1f877c8a4e7885d9c58deba190d2/

 

Pour le non spécialiste, je voudrais juste signaler que la Bergeronnette printanière est un oiseau qui vit normalement en paysage de prairies humides ou de champs de colza et que la Bergeronnette flavéole en est une sous-espèce assez rare en région parisienne puisqu’elle vit essentiellement au Royaume-Uni et sur nos côtes de la Manche et de la mer du Nord.

Dernier point avant de vous laisser profiter de ce film : sa conclusion est un peu trop pessimiste, du moins pour quelques années ….. les travaux ont été arrêtés sur une partie du terrain, ce qui a permis à la végétation de se réinstaller, ainsi qu’ une petite pièce d’eau. Je ne sais pas si les libellules et grenouilles sont revenues, mais la bergeronnette a été revue (sans preuve de nidification) et surtout, un couple de petit gravelot a niché avec succès au moins 3 années sur les 4 qu’a duré le travail de terrain pour l’Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris.

Malheureusement depuis l’an dernier, l’accès en est sèchement interdit par des vigiles-chien loup…..

 

08/07/2008

Ornithologie urbaine en Lorraine

Début de vacances….un petit aller-retour dans ma Lorraine natale, à Pont-à-Mousson (54)….

Cette ville a de nombreuses particularités ornithos (cf. le sujet que j’y ai consacré)…en voici quelques-unes ……

…et tout d’abord les Hirondelles de supermarché ! Une Hirondelle rustique a construit son nid au-dessus des Caddies® qui attendent le client à l’entrée du supermarché, bien à l’abri…..combien d’entre eux ont remarqué ce qui se passait au-dessus de leur tête ? bien peu sans doute…..

HirRus Pont-a-M juil 08 red

Les Hirondelles de fenêtre ont aussi repéré l’endroit, mais plutôt pour leurs lampadaires qui permettent de construire des nids à l’abri, avec chauffage intégré pour la nuit. Cette année, 80 nids sont accrochés dans des lampadaires de ce type tandis que 17 autres sont hébergés dans un autre type de lampadaire, chez le concurrent à 300m de là !

HF lampadaire Pont-a-M juil 08 red

La ville de Pont-à-Mousson héberge cette année plus de 550 nids d’Hirondelles de fenêtre….dire qu’elles ne provoquent aucun désagrément serait exagéré….mais on peut limiter les dégâts…..avec un peu d’imagination….

Pont-a-M juil 08 protection sous nid red
 

>>>>>>>>>>>>>>>>......et parfois du matériel ! Quand on veut, on peut !

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Pont-a-M juil 08 protction HF

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Un autre plaisir pour l’ornitho urbain (et même l’habitant moyen…) est la présence, même en hiver, d’un groupe de Cigognes dont un couple niche dans un grand jardin public. Ces oiseaux se sont accoutumés à la circulation, au point d’utiliser pour dormir les lampadaires (encore !….) qui éclairent la voie de contournement de la ville….

Cigogne Pont-a-M juil 08 red

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>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>En regardant bien , vous pourrez constater que cet oiseau (il y en a 8 autres…) porte une bague au-dessus du « genou » gauche …..sans doute un oiseau lâché du centre d’élevage de St Nicolas de Port, au sud de Nancy….

Cigogne Pont-a-M juil 08 red detail

 

Maintenant, je vais un peu laisser ce blog quelques temps en sommeil : je pars faire de l’ornitho …..moins urbaine !…. je vous raconterai peut-être mon périple vélornithologique à mon retour début août !

 En attendant, bonnes vacances à ceux qui partent et bon courage à ceux qui restent…..

13/01/2008

On va aux Buttes ?....

Soyons clair : il n’y a pas de discussion possible, les Buttes-Chaumont sont le plus beau parc parisien ! Le caractère scientifique de cette assertion  vous semblera évident, j’espère, à la lecture de ce texte….. ;-)

25 ha situés sur les hauteurs de Paris, inaugurés en 1867, au nord-est de la capitale, le parc est situé sur d’anciennes carrières de gypse, qui ont servi aussi de dépotoir recueillant entre autres les déchets d’un équarrissage et même de gibet (Montfaucon était juste à côté…..).

Pour plus de détails, allez voir la page qui lui est consacrée sur le site de la Ville de Paris

http://www.paris.fr/portail/Parcs/Portal.lut?page=equipment&template=equipment.template.popup&document_equipment_id=1757

 

D’un point de vue esthétique autant qu’écologique, les caractéristiques importantes de ce parc sont le relief tourmenté du terrain, l’âge des arbres et la présence d’eau. Les promenades y sont sportives (ça grimpe….) mais gratifiantes en toutes saisons.

B-Chaumont paysage red

On découvre d'abord la pièce d’eau qu’on domine quand on arrive par l’entrée principale. Elle entoure un promontoire rocheux (le Belvédère) qui domine tout le nord de Paris et une bonne partie du Val d’Oise jusqu’à la forêt de Montmorency. C’est aussi un endroit d’où on peut observer en automne la migration des passereaux (bergeronnette grise, pinson des arbres, alouette des champs, pipit farlouse, etc.) qui arrivent soit directement du Nord, soit de plus à l’est en longeant le plateau de Belleville.

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Le « lac » est occupé par des oiseaux domestiques « éjointés » (Bernache du Canada, Oie à tête barrée, Canard de Barbarie, Canard pilet mâle, un couple de Tadorne casarca). Il attire des oiseaux bien sauvages, dont 2 Hérons cendrés, quelques Tadornes casarcas, 2 couples de Poule d’eau et un nombre indéterminé de Canards colverts au plumage plus ou moins orthodoxe.

heron Buttes-Chaumont red
 

Un couple de Goéland leucophée fréquente souvent les lieux : ils doivent nicher sur un toit du quartier….En hiver des dizaines de Mouettes viennent profiter de la nourriture destinée aux canards et un Martin-pêcheur peut aussi profiter des petits poissons du lieu ! La grotte qui est située juste à côté a abrité l’une des premiers cas de nidification de la Bergeronnette des ruisseaux dans Paris …..

B-Chaumont cascade red

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Ne dirait-on pas une vraie grotte ?

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Je n’ai pas l’intention de vous citer toutes les espèces de passereaux qui nichent dans la partie boisée du parc, cela donnerait une liste assez indigeste….L’hôte le plus spectaculaire (à part la femelle de paon….) est sans conteste la Chouette hulotte qu’on peut entendre « chanter » dès les mois d’hiver. Le jour, elle essaie de dormir cachée dans un résineux, mais les passereaux sont perspicaces et arrivent parfois à la trouver : c’est alors un charivari d’enfer, qui permet  souvent à l’ornithologue de découvrir la retraite du rapace….

B-Chaumont  lever soleil red

La richesse ornithologique du parc tient aussi à plusieurs facteurs : la présence de conifères (spécialement le long de la Petite Ceinture) attire le roitelet huppé, la mésange noire et la mésange huppée; les buissons abritent les nids du rougegorge, du pouillot véloce et de la mésange à longue queue; les vieux arbres permettent au grimpereau des jardins et à la sittelle torchepot, au gobemouche gris et au pic épeichette de trouver des sites de nidification. C’est aussi à l’âge grandissant des arbres qu’on doit l’arrivée récente de 2 autres espèces de pics : le Pic vert a été trouvé nicheur pour le première fois en 2005 et le Pic épeiche en 2007 ! Les buissons à baies (ou arilles comme l’if) attirent de nombreux oiseaux de passage ou en hivernage (fauvette à tête noire, grive musicienne et mauvis) .

La présence de tant d’oiseaux ne pouvait laisser insensibles les prédateurs…... l’épervier est une espèce qui vient assez souvent visiter le parc, du moins d’août à mars, puisque – jusqu’à présent du moins…..- il ne niche pas dans Paris intra-muros .

29/12/2007

Ornithologie mussipontaine

Je reviens de passer quelques jours de vacances familiales dans ma patrie : Pont-à-Mousson (54) et je vais en profiter pour parler un peu d’une autre ville que Paris…

Située entre Nancy et Metz,15 000 hab, traversée par la Moselle qui est ici une vraie rivière large et puissante, la campagne n’y est jamais très loin du centre ville, ce qui permet certaines observations sympathiques !

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Affamés, les cygnes arrivent dès qu'il voit quelqu'un sur le bord le Moselle !

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Pour le Mussipontain moyen, les oiseaux les plus connus en ville sont les cygnes (une centaine en moyenne) qui séjournent près du pont où les habitants viennent régulièrement les nourrir. Ce sont essentiellement des non-nicheurs qui sont là à demeure toute l’année.

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 Dominant la Moselle, les Prémontrés servent de perchoir au Pèlerin

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Pour les ornithos du coin, la  vraie richesse de la ville est la présence d’un Faucon pèlerin qui vient depuis plusieurs années (ce n’est sans doute pas toujours le même …) hiverner sur les tours de l’abbaye des Prémontrés. Un dortoir de Mouettes rieuses, un autre d’étourneaux et des oiseaux de passage (une bécasse cet automne !) lui servent de source de nourriture…Cet hiver, un couple est présent sur les tours…..un changement de statut en vue ?

Un groupe de Cigognes semble bien décidé à hiverner dans le secteur de Pont-à-Mousson : j’en ai vu 4 perchées sur des lampadaires (ça réchauffe les pieds !). Il faut dire qu’un couple niche dans un jardin public en lisière de la ville….

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Le support n'est pas très poétique ? Vous trouvez ?....
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Autre particularité de la ville : dès février on peut voir des hérons cendrés qui s’affairent en haut d’un groupe d’arbres en limite sud-est de la ville : c’est là qu’ils ont établi leurs nids, à moins d’un kilomètre du centre ville !

La Moselle attire évidemment des oiseaux : 3000 mouettes rieuses (accompagnées de quelques dizaines de Goélands cendrés) y dorment même régulièrement en hiver ! Quelques bergeronnettes grises y résistent aussi aux rigueurs du climat (et cette année, ce n’était pas un vain mot !). Cette année, même un Chevalier guignette s’y trouvait ! Mais j’ai pu aussi, à l’occasion, voir passer un Balbuzard pêcheur, une Grande Aigrette, un Garrot à œil d’or, un vol de Grues, …..et l’Epervier n’est pas trop rare, pas mal pour des observations urbaines, non ?

26/11/2007

Des oiseaux au collège !

Comme signalé dans ma bio, j’enseigne les SVT ( Sciences de la Vie et de la Terre….) au collège Marcel Cachin du Blanc-Mesnil (93). Collège sureau

Un sureau en pleine floraison dans le collège

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Par chance c’est – paraît-il – le collège le plus arboré du département et, depuis le temps que j’y suis (24 ans…..), j’ai eu l’occasion de voir pas mal d’espèces d’oiseaux (une cinquantaine…).Cette richesse est due à la variété de la végétation qu’on y trouve : à côté des arbres (platane, érable, bouleau, peuplier, conifères,….), on trouve de nombreux buissons et arbustes porteurs de baies et d’autres fruits appréciés des merles et des fauvettes (Viorne, Sureau, Pommier de l’Himalaya,….). En plus, j’ai obtenu de sauver de la tondeuse un petit coin de pelouse qui n’a pas perdu de temps pour croître, ce qui permet d’abriter de nombreux insectes et autres invertébrés (coccinelles, araignées, bourdon, abeilles solitaires….).

Collège parking

Notre "Réserve de biodiversité".....

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Résultat : l’avifaune banale comporte une dizaine d’espèces : mésanges charbonnière et bleue, merle, pinson, verdier, moineau domestique, étourneau, pie, corneille qui n’attendent que la rentrée des élèves en cours pour venir se nourrir des miettes qu’ils ont laissées par terre ou des insectes et des fruits des buissons.

Collège mangeoire
 Une mangeoire, une longue-vue...le spectacle est assuré !

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Mésange bleue mangeoire

 Bien gourmante, la Mésange bleue !

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En hiver, le rougegorge se joint à ce groupe, en se signalant par ses cris secs « tsic ! tsic ! » ou par son chant très aigu mais très varié. Plus difficile à voir, une bergeronnette des ruisseaux vient souvent se nourrir sur la flaque d’eau qui se forme souvent sur le toit de la passerelle qui relie 2 bâtiments. Dans les conifères , il arrive qu’une mésange noire ou une mésange huppée vienne passer l’hiver.

Rougegorge Musée Rodin ter 111205

Notre Rougegorge, malgré son nom, a la gorge orange...

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En été, les hirondelles de fenêtre qui nichent av. P.Vaillant-Couturier viennent chasser au-dessus de la cour et les fauvettes à tête noire poussent leur chant puissant, flûté et enrichi de nombreuses imitations.

Hir Fen Géode
 C'est avec de la boue collée par sa salive que l'Hirondelle de fenêtre construit son nid

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Un pic épeichette, qui ressemble à un pic épeiche qui serait de la taille d’un moineau, a récemment pris ses habitudes dans le quartier et a découvert qu’en tambourinant sur l’antenne de télévision du bâtiment de l’administration, ça faisait plus de bruit que sur une branche….certains humains n’ont pas apprécié le réveil en fanfare !

Pour les oiseaux accidentels, je me contenterai de 3 exemples : un épervier passe de temps en temps dans le secteur et j’ai pu montrer à des élèves de 6ème, en plein cours, une scène de chasse sur un groupe d’étourneaux qui s’est défendu en formant une boule compacte à chaque approche du rapace ! Une autre fois, allant chercher ma classe dans la cour, des élèves me signalent un groupe d’oiseaux en vol….j’avais mes jumelles dans mon sac et heureusement !…. : c’était un groupe de Grands cormorans, qui devaient faire le trajet entre le parc de Sausset (Aulnay s/bois) et le canal de l’Ourcq.  Héron Bercy 071104d
Du haut du toit, le Héron cendré est tranquille....

Pour terminer, le plus spectaculaire : en novembre 2006, un Héron cendré, profitant du calme des vacances de la Toussaint, a découvert l’existence de notre bassin (qui ne doit pas faire plus de 2m sur 4 !) et de ses poissons rouges : il s’est installé à table….A la fin des vacances, il allait se percher sur le toit de la cantine pendant les heures de cours et descendait pêcher après le départ des élèves. Certains élèves inattentifs ont ainsi trouvé une occasion de plus de regarder dehors…..

20/11/2007

Bruxelles : un tour du Monde en 6 espèces d'oiseaux !

J’étais à Bruxelles le WE dernier, à l’occasion de la sortie du deuxième « Atlas des oiseaux de Bruxelles », publié par Aves , sous la direction de JP Jacob et d’A. Weiserbs. J’en ai évidemment profité pour me faire une idée concrète de l’avifaune bruxelloise et des milieux que la capitale belge offre aux oiseaux.

Comme diverses lectures me l’avaient déjà appris, il n’y a rien de comparable entre « Bruxelles-Capitale » et Paris intra-muros !

Sans aller bien loin, j’ai pu apprécier le bois de la Cambre, prolongement nord de la forêt de Soigne, dont les beaux peuplements de chênes et de hêtres viennent jusqu’à 3km de la Grand-Place (la distance N-Dame – gare de l’Est !). En plus, le parc de Woluwe et ses étangs n’ont pas d ‘équivalents parisiens, pas plus que la forêt de Soigne, les vergers du sud-est de l’agglomération ou les rares restes de champs cultivés….

Pour l’avifaune des rues des quartiers vraiment urbanisés, ce qui m’a frappé, c’est la rareté du Pigeon biset et la fréquence des mésanges charbonnières, ainsi que la quasi absence du Moineau domestique : 3 groupes de 5 à 8 individus en 6h de marche…..même s’il faut admettre que le petit vent froid, malgré le soleil, ne devait pas les encourager à se montrer ! C’est peut-être aussi pourquoi le Pèlerin de la cathédrale St Michel et Ste Gudule (malgré 3 visites !) n’a pas daigné se laisser admirer ! En revanche, les pies et les corneilles sont bien représentées dans les rues arborées.

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Goéland cendré sur son jet d'eau préféré (parc Léopold) 

Mise à part les exotiques, peu de choses à signaler en oiseaux d’eau : quelques Goélands cendrés isolés sur plusieurs étangs, une troupe de 35 Morillons et 45 Milouins (avec une Nette rousse mâle)à Woluwe ainsi que quelques Souchets (6 au bois de la Cambre et 2 à Woluwe).

Mais les exotiques…..aïe, aïe , aïe ! Si les foulques n’avaient pas été là, je crois bien que la majorité des oiseaux observés aurait été exotique !

Décollons pour un tour du Monde en quelques espèces ….

Commençons par le plus banal : la Bernache du Canada, finalement peu nombreuse, et la Perruche à collier (omniprésente et omni….gueularde ! ) et c’est déjà l’Amérique du Nord et l’Asie du Sud-est à portée de main ….

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Nid collectif de Conure - place d'Arezzo


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les nids spectaculaires (place d’Arezzo) et les cris roulés de la Conure veuve (que nos amis belges nomment Perriche jeune-veuve) nous viennent du centre de l’Amérique du Sud.

Conures

Les conures animent le quartier d'Uccle !

La troupe de 16 Canards mandarins (dont 10 mâles, superbes….) du bois de la Cambre nous font passer (à pied…..) par la Chine et les 2 Bernaches de Magellan annoncent leur origine sud-américaine (très sud : les Falkland !) dans leur nom.

Il manque l’Afrique ? L’ Ouette d’Egypte porte bien son nom, sa répartition couvre le sud du Sahara et la zone sahélienne, et dire qu’elle est présente à Bruxelles est un euphémisme qui frise la malhonnêteté ! Il y en a sur toutes les pièces d’eau, sur les pelouses à côtés des pièces d’eau et parfois même dans les arbres qui dominent les pelouses à côté des pièces d’eau !

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 Une Ouette (baguée) au parc Léopold

 

L’impression qu’on retire de ce spectacle cosmopolite est assez mitigée : ces oiseaux sont beaux et spectaculaires….mais on a un peu l’impression d’être dans un zoo !

De toute façon, je crains que, pour la plupart des espèces, il soit trop tard pour agir et qu’il faille s’apprêter à s’habituer à des scènes du même ordre à Paris et dans d’autres villes : à Valence - Espagne – ils en sont à 7 espèces de psittacidés qui se reproduisent en liberté !