18/06/2014

La crècerelle et le téléphérique

 Nous continuons notre voyage à Madère en évoquant ce qu’il en est du Faucon crécerelle dans l’île… Il « bénéficie » du statut de sous-espèce sans que la différence avec le « nôtre » saute aux yeux et il est omniprésent dans l’île : à l’exception près d’un Epervier en parade entre le col de Portela et Porto da Cruz, c’est la seule espèce de rapaces que j’ai observée (il y a aussi la Buse variable mais je n’ai pas réussi à la voir). Il se pose facilement sur les fils électriques et n’est pas trop farouche, ce qui fait le bonheur du photographe amateur que je suis… Il fait aussi le Saint-Esprit comme nos crècerelles européennes.

Crecerelle-Seixal-nickel-red-ret.jpg

Le seul que j’ai vu avec une proie transportait un des nombreux lézards de l’île (Lacerta dugesii qui est vraiment très courant : j’ai compté 15 lézards sur un rebord de pierre de moins de 3 mètres, attirés par la présence des touristes…) et le reptile est effectivement donné dans la littérature comme sa proie favorite.

 

Lézards_Cabanas-Sao-Jorge red-ret.jpg

 

Le Lézard de Madère Lacerta dugesii est un reptile endémique de Madère

Où niche ce joli petit rapace ? Je n’ai évidemment pas fait de recherches systématiques de nids, mais chaque fois que j’ai entendu les cris des jeunes (26/5-9/6, j’étais visiblement à une époque proche des envols) c’était dans des falaises.

Crécerelle-site-nidif_Calheta-rec-red.jpg

La plus jolie densité fut trouvée à Calheta (sur la côte sud-ouest) où j’ai entendu 3 familles de crècerelles en 2 kilomètres de falaises. Il faut préciser que ce sont évidemment des falaises volcaniques (toutes les roches sont volcaniques à Madère !) mais que les différences de consistance entre les coulées et les  couches de cendres permettent le creusement par l’érosion de différentes cavités et vires bien pratiques pour installer un nid !

Crècerelle-site-nidif+jeune_Calheta-rec-red.jpg

 

Au fait, c’est pas très urbain tout ça… J’y viens ! En empruntant le téléphérique pour monter au superbe Jardin Tropical de Monte, au-dessus de Funchal, j’avais pu repérer l’origine des cris de crècerelles dans une petite falaise qui domine une des vallées qui convergent vers le centre-ville. Comme il a fait un temps pourri à cette première visite, j’y suis retourné deux jours après et j’ai repéré le site du nid, mais trop tard pour le photographier. J’ai donc décidé de profiter de la descente à pied pour aller voir ça de plus près….

Crècerelle-site-nidif-dessus_Funchal-red-ret-fleche.jpg

C’est sans conteste un site urbain, la falaise n’est pas si haute que ça…   

Crècerelle-site-nidif_Funchal-red-ret1.jpg

Sans parler du passage régulier des nacelles du téléphériques qui survolent le site toutes les minutes entre 9h et 18h !

Crècerelle-site-nidif_Funchal-red-ret-fleche.jpg

Et c’est sûrement le seul site à crécerelles que je connaisse qui soit situé SOUS une maison : l’oiseau utilise les poteaux qui dépassent comme perchoir et entre dans la cavité situé juste sous la maison ! Incontestablement, ce faucon est bien accoutumé à la présence humaine…

10/06/2014

Les oiseaux urbains de Madère

Ceux qui connaissent cette petite île volcanique située 700 km au large du Maroc seront peut-être étonnés de me voir parler d’oiseaux urbains dans un endroit plus connu pour ses falaises maritimes et ses forêts tropicales tempérées à lauriers et bruyères arborescentes.

Et pourtant la capitale, Funchal, dépasse 100 000 hab et surtout l’habitat dispersé du pourtour de l’île confine parfois à une immense zone suburbaine « grâce » à une urbanisation incontrôlée qui lotit le moindre terrain plat situé près d’une route.

Funchal téléphérique.jpg

L'urbanisme sauvage à l'assaut de la montagne (Funchal)

Cette interpénétration entre le milieu « naturel » et les constructions humaines explique peut-être la facilité avec laquelle les espèces rurales se sont adaptées à la présence humaine. En fait, à quelques exceptions près, il y a peu de différences entre la liste d’espèces de la laurisylve (forêt humide à lauriers typique de l’île) et celle du Jardin Botanique de Funchal, le Pigeon trocaz mis à part… Et lors de mon dernier soir sur l’île un Pipit de Berthelot se faisait entendre au-dessus du centre de Machico !

Il faut dire aussi que nous sommes sur une île, pas très grande : 727km² pour l’île principale, un peu plus de la moitié de l’Île de France, pour rester dans le domaine insulaire…. ;-) Et, comme sur toutes les îles, il y a peu d’espèces d’oiseaux : en 13 jours d’un séjour (26/5-8/6/14), certes pas consacré uniquement à l’ornitho mais où j’avais toujours mes jumelles au cou, je n’ai noté que 38 espèces d’oiseaux alors que n’importe quel WE de visite d’une moitié de l’Île de France permet facilement de dépasser la centaine d’espèces si on s’y met un peu… Du coup les espèces  ou sous-espèces insulaires  ont souvent une plasticité écologique plus grande que leurs correspondantes continentales…. Ce qui facilite aussi l’urbanisation !

Commençons par l’espèce qui est pour moi l’espèce-type des villes et villages madériennes : la Bergeronnette des ruisseaux, représentée par une sous-espèce endémique qui se reconnait à son capuchon plus sombre et son sourcil clair nettement plus réduit que chez la sous-espèce-type. Elle occupe toutes les zones  construites, qu’il y ait ou non un ruisseau (« ribeira » qui désigne plutôt un torrent endigué dans son parcours urbain )

Canari-rec-red.jpg

Un autre oiseau typique de l’île (et de l’archipel canarien) est évidemment le Serin des Canaries : mon premier soir sur l’île, dans le village de Machico, j’ai mis quelques secondes à réaliser que ce « Canari » qui chantait était en  fait un représentant de l’espèce sauvage dont est tiré l’oiseau de cage… Il y en a partout dans les jardins, sur les pelouses sèches et leurs jeunes, fraîchement envolés en cette fin mai, se faisant fortement entendre pour réclamer leur pitance !

Autre espèce endémique, limitée à Madère cette fois, le Roitelet de Madère, proche du Roitelet à triple bandeau. Il préfère évidemment les « vraies » forêts humides, mais l’une des plus jolies observations que j’ai faite de cette espèce assez fugitive et véloce, fut au Jardin Botanique, certes situé à la périphérie de la capitale, mais bel et bien inséré dans la zone urbaine de Funchal.

Pinson-red-ret.jpg

Pour terminer avec les endémiques spectaculaires, le Pinson de Madère, sous-espèce de notre Pinson des arbres, est resté plus habitué des forêts humides que le nôtre (c’est le compagnon des marcheurs le long des « levadas » où il n’a pas peur de venir dans leurs pieds pour récolter les miettes de leur casse-croûte). Je l’ai cependant vu faire la même chose sur la terrasse de l’hôtel où je séjournais sur la côte Nord près de Sao Jorge. De plus il est aussi présent au Jardin Botanique, mais en plein centre de Funchal, ce n’est pas lui mais la Fauvette à tête noire et le Merle noir – omniprésents dans l’île - qui sonorisent les parcs magnifiquement fleuris de Santa Catarina et du Jardin municipal.

Je ne fais qu’évoquer les pigeons bisets féraux, souvent plus sombres qu’en France (la couleur des falaises volcaniques y est sans doute pour quelque chose….) mais je voudrais signaler que c’est une île quasiment sans Moineaux ! Je n’en ai pas entendu ou vu un seul en ville de tout mon séjour et les seuls que j’ai notés sont une famille de Moineaux soulcies sur la lande rase de la Ponta San Lourenço, au sud-est de l’île. En fait, j’ai eu l’explication dans un ouvrage feuilleté au magasin du Centre d’Histoire de Madère : dans le passé, le Moineau soulcie était répandu dans toute l’île, y  compris en ville à Funchal. Vers 1950 le Moineau espagnol s’est établi, sans doute en  provenance des Canaries, et a éliminé le Soulcie de presque partout et en particulier des villes. Mais, phénomène bien curieux, le Moineau espagnol a quasiment disparu depuis et le Moineau soulcie n’a pas (encore ?) repris sa place…

Restent des martinets (unicolores pour ceux que j’ai pu déterminer), mais moins qu’en dehors des villes, des Faucons crécerelles partout (mais j’y reviens dans un post suivant) et des oiseaux de mer, évidemment !...

Goel-atlantis-profil_Funchal-red.jpg

 Remarquez le manteau sombre, les pattes jaunâtres et l'absence de points blancs à l'extrémité des primaires (en vol on en découvre une grande et une petite)

Le goéland local est une sous-espèce du Goéland leucophée (L. m. atlantis aux pattes souvent jaunâtres et au manteau presque aussi sombre qu’un Goéland brun graellsii. Je ne sais pas s’il niche en ville mais il occupe bien les ports (390 posés au port de Funchal). La Sterne pierregarin est présente dans les ports et nichent même sur un îlot rocheux à la sortie du port de Paùl de Mar.

Sternes-comparaison.jpg

A gauche la Sterne de Dougall, à droite la Sterne pierregarin (remarquez la différence de couleur du manteau et du bec)

Plus spectaculaire, la Sterne de Dougall fréquente le port de Funchal et j’en ai vu 4 en pêche dont une qui, après avoir capturé un poisson est partie l’apporter à l’extérieur du port : une nidification proche sans doute ! Le spectacle sonore le plus surprenant est venu de…. Puffins cendrés qui se faisaient entendre en début de nuit (22h30) devant le balcon de ma chambre à Jardim do Mar : heureusement qu’on m’en avait parlé le jour même, je ne sais pas comment j’aurais interprété ces cris nasillards et puissants (« tî-o tî-o tî-o ha » à prononcer en se pinçant le nez…) !

 

Puffin cendré_rec-ret.jpg

Comme partout donc, la vie aviaire est surprenante dans les zones urbaines de Madère et je pense qu’il n’y a que dans les zones où il ‘y a pas d’oiseaux ou pas de ville qu’il en est différemment….

Pour terminer, une jolie Aigrette garzette prise en plein Machico, dans la ribeira qui traverse le village.

Aigrette_Machico-red-ret.jpg

Et je ne résiste pas au plaisir de montrer une photo de l'oiseau mythique de Madère, le Pigeon trocaz, pas du tout urbain mais bon j'en suis fier.....;-)

Trocaz-red-ret.jpg

 

 

 

 

08/04/2013

Les oiseaux d'Aix-la-Chapelle

 

Je reviens d’un WE prolongé à Aix-la-Chapelle qui n’avait pas pour but principal de faire de l’ornitho, mais je ne peux m’empêcher de laisser trainer une oreille dans toutes les circonstances… une Bergeronnette grise ne peut donc pas crier en survolant la Marktplatz sans que je la repère !

 

Chasse à la Cheveche_Suer-Mondt Ludwig Museum (6).jpg

Une Chevêche (apprivoisée ?) chasse une grande variété d'oiseaux (j'en ai indentifié 9, mais il y en a d'autres...) 

 Suer-Mondt-Ludwig Museum

 

Cela m’a permis de noter donc 23 espèces, rien d’exceptionnel mais des rencontres agréables même en plein centre ville : j’ai été surpris d’entendre des verdiers, mésanges bleues et accenteurs dans une rue où je ne voyais pas la moindre branche d’arbre ! En fait il y a très souvent, derrière une rangée de bâtiments, des jardins qui peuvent attirer pas mal d’oiseaux !

Voleur-de-poule-detail.jpg

Détail de la Fontaine du Voleur de poules

Que retenir ? Des Gros-becs, non seulement dans les bosquets autour de Salvatorkirche, mais aussi en plein centre ville ! Des Tarins aussi, entendus chanter dans un jardin public vraiment minimaliste, avec de la terre battue au sol (à cause de travaux en cours) et des bouleaux encore sans feuilles au-dessus ! Ce matin à 8h30 à côté de la Rathaus ( Mairie), le premier Rougequeue noir chantait et 3 mn avant d’atteindre la gare, je voyais mon premier (et seul ….) Choucas du séjour ! En revanche pas un seul étourneau… mais je ne les ai pas beaucoup cherchés non plus !

 

Tableau Mauvis_Suer-Mondt Ludwig Museum (4).jpg

Nature morte aux Grives mauvis ( Suer-Mondt-Ludwig Museum)

Pour les corneilles, il y en avait autant qu’ailleurs, un peu plus même : j’avais remarqué sur Marktplatz, une Corneille qui semblait apprécier très fortement un balcon, au point de ne pas beaucoup bouger !

 

Corneillebalcon.jpg

 

Le lendemain matin, elle était encore là…. dans la même position ! Un magasin tout proche me donnait l’explication :

 

Corneille en vente.jpg

 

Je pense que c’est dans l’espoir de chasser les pigeons, mais je suis incapable de vous dire si c’est efficace ;-)

 

Vogelbrunnen.JPG

Vogelbrunnen, la Fontaine aux Oiseaux

Autre forme d’ornithologie, les musées et les rues d’Aachen regorgent de tableaux et de statues dont certains représentent des oiseaux… c’est ce que j’utilise pour illustrer ce billet plutôt que de mettre des photos d’espèces banales !

 

Mpêcheur-Mb-Pinson-BelleDame-VulcainSuer-Mondt Ludwig Museum (5).jpg

Martin-pêcheur, Pinson, Mésange bleue ainsi que Vulcain et Belle-Dame

(Suer-Mondt-Ludwig Museum)

 

17/02/2013

Retour à Créteil...

Dans un billet de l'hiver dernier, lisible à l'adel http://lesoiseauxenville.skynetblogs.be/archive/2012/02/2...  j'ai présenté ce lac urbain, situé à quelques kilomètres de Paris et atteignable en métro , qui héberge en hiver une jolie avifaune.

L'an dernier il y avait Macreuse brune, Eider, Garrot et Butor, ce qui n'était quand même pas mal !

Cet hiver fut un peu moins spectaculaire mais une visite effectuée hier 16 février, sous un franc soleil, nous a permis de voir toutes les espèces qui avaient été signalées (sauf le nyroca qui fait l'aller-retour avec la base de Charenton ).

La première star de cet hiver est la Grande Aigrette qui pour la première fois est venue passer l'hiver entre les immeubles cristoliens (= de Créteil....).

GrAigrette-paysageCréteil-rognée-red.jpg

Quand je pense que j'en étais gosse, je n'avais entendu parler de cet oiseau que comme habitant des confins austro-hongrois ...

GrAigrette-Créteil-détail.jpg

 Autre image assez insolite, même si l'espèce est plus commune et visite régulièrement le centre de Paris...

Cormoran-aile ouverte-rognée-red.jpg

Le grand Cormoran semble s'intéresser aux annonces de vente des appartements par une célèbre agence immobilière...

Cormoran-immeuble-bis_rognée-red.jpg

Il y avait une autre vedette sur le lac, une espèce nordique qui vient régulièrement mais en faible effectif passer l'hiver en France. L'individu est là aussi depuis un certain temps, après avoir été vu à quelques kilomètres de là, au confluent de la Marne et de la Seine à Alfortville.

Grèbe jougris Créteil 16fev13 toilette-red.jpg

C'est un Grèbe jougris et en regardant bien, on devine qu'il est en train d'acquérir son plumage nuptial... ce serait sympa qu'il reste encore un peu pour nous montrer ce très joli plumage !

Grèbe jougris Créteil 16fev13 bec-ouvert_red.jpg

Mais son statut de rareté ne doit pas nous faire oublier son cousin beaucoup plus courant, mais aux couleurs éclatantes quand il a repris sa tenue de parade : le Grèbe huppé

Grèbe-huppé-Creteil_rognée.jpg

 Détail technique pour s'y rendre : Ligne 8 dir. Créteil, M° Créteil Préfecture, traverser le centre commercial tout droit et sortir face au lac....

09/08/2012

Ornithologie urbaine en plat pays

 

Je reviens d’une virée à vélo de Calais à Thionville, au travers de pays essentiellement plats (ma première côte est venue au bout de plus de 600 km, quand je commençais à m’approcher de l’Ardenne-Eifel….). Pour découvrir certains aspects non ornitho de ce voyage, voir http://vudemonportable.skynetblogs.be/

 

Ici, je me bornerai à évoquer certains aspects de la vie des oiseaux en ville à Calais, en Flandre et au sud des Pays-Bas. Les photos ont toutes été prises avec un smartphone (réduction du poids des bagages oblige), d’où leur rareté et leur mauvaise qualité !

 

Goélands-argentés_Calais.JPG

 

Je suis descendu du TGV à Calais et évidemment, dans un port, ce sont les goélands ( 3 espèces ) qui attirent le regard (et l’ouïe…). Leur familiarité peut étonner, mais cette scène (http://www.youtube.com/watch?v=f-yiXkqc_8E&feature=plcp , baissez le son de votre PC, le micro est très sensible au vent… et il y en avait un sacré !)  a été filmée devant les stands de poissonniers qui vendent directement du producteur au consommateur… même s’il y a des consommateurs qui ne payent pas !

 

Goéland-marin_Calais.JPG

 

 Celui qui m’a surpris, c’est le Goéland marin : je ne le  connaissais pas aussi urbain et confiant !

 

Goéland-marin_Calais_envol_retaillé.jpg

 

Il ne s’est effectivement envolé qu’à quelques mètres !

 

Autrement, dans le port, quelques Grèbes huppés, Foulques, Sternes pierregarin et même une Mouette mélanocéphale viennent se nourrir à l’abri de la tempête qui soufflait au large…

 

La ville suivante où je me suis promené fut Bruges : inutile de dire que je n’y ai pas fait que de l’ornitho ! J’y ai cependant vu une jolie liste d’espèces, la surprise est venue du passage d’un épervier en chasse en plein centre ville ! Les oiseaux d’eau sont évidemment nombreux dans la « Venise flamande », ce couple de cygnes présente une particularité : la femelle est immature… et pourtant elle s’est reproduite !

 

Cygnes_famille-à-Bruges.jpg

 

Comme dans beaucoup de villages ou petites villes que j’ai traversés dans le nord de la France et en Flandre, j’ai trouvé que le Gobe-mouche gris était assez fréquent (surtout comparé à Paris où il est très rare cette année !).

 

J’ai aussi trouvé que le Choucas était omniprésent, pas seulement à Bruges mais dans la campagne flamande ou zélandaise et dans les rues des villes et villages de ces régions : il vient au pain comme n’importe quel moineau ou pigeon parisien ! La photo suivante a été prise à Ziekerzee en Zélande (sud-ouest des Pays-Bas) : il s’agit de mon pied et d’une page du journal que j’étais en train de lire en terrasse d’un restaurant…

 

Choucas_Zierikzee.jpg

 

Le mystère pour moi est donc de savoir pourquoi le Choucas pullule en Flandre et Zélande (j’en ai compté plus de 600 dans un champ en Zélande et au moins 250 en pré-dortoir sur la cathédrale de Diest, Limbourg belge) alors qu’il disparaît à Paris et qu’il est rare dans de nombreux secteurs de l’Île de France. Pas d’explications simplistes : la Zélande est très agricole mais je pense qu’il y a autant de pesticides dans leurs champs que dans les nôtres. Peut-être une question d’élevage…

 

Autre aspect, pas exactement urbain, mais très anthropique quand même : l’utilisation des digues pour casser les coquillages avant de les manger. Ce n’est pas réservé à cette région, j’avais déjà vu la même chose sur les digues du lac du Der, par des corneilles et sur la plage du banc de l’Îlette ( baie de Somme) par des Goélands argentés et cendrés ainsi que des corneilles (même si je ne suis pas sûr que ce soit très efficace sur du sable, même mouillé… ). Ce qui m’a frappé ici, c’est la taille (et le nombre ) des huitres cassées sur la piste qui longe le littoral de Zélande : à certains endroits il faut zigzaguer entre les coquilles sur la piste cyclable ! La plus grande huitre que j’ai trouvée faisait presque 20 centimètres de long !

 

Coquilles-huitres.jpg

 

Qui en est responsable ? Je n’ai pas pu observer  en direct les coupables, mais les goélands me semblent tout désignés et j’ai vu plusieurs fois des Goélands marins posés sur les digues au ras de l’eau… mais il aurait fallu être là à la marée basse quand les casiers deviennent accessibles aux oiseaux gourmets !

 

Cas particulier : j’ai observé un Huitrier-pie en train de déguster une moule cassée sur une piste cyclable qui ne longeait pas exactement l’eau mais était quelques dizaines de mètres à l’intérieur… Là aussi, je n’ai pas vu le début de la scène, mais on peut s’interroger : se serait-il mis aussi au lancer de coquillage ou bien a-t-il seulement profité d’un goéland négligeant ?  

 

23/02/2012

Un lac urbain

 

 

 

Pour les ornithos parisiens, la « chasse » aux oiseaux d’eau hivernants signifie en général prendre sa voiture pour aller écumer les pièces d’eau de la Bassée ( au sud - sud-est de Montereau ), filer jusqu’à Jablines ( près de Meaux) ou au moins aller jusqu’à St Quentin ou Saclay, quand ce n’est pas aller jusque dans le Der près de St Dizier (52) à 150km de Paris. Cet hiver, de nombreux observateurs se sont contentés de prendre le métro pour aller à ….. Créteil !

 

Fuligules Créteil red.jpg

Un groupe de Fuligules milouins et morillons devant le paysage urbain du lac de Créteil

Ce n’est pas la première fois que ce lac défrayait la chronique ornithologique francilienne : l’an dernier il y a même eu un quiproquo amusant : on a signalé un Grèbe jougris et un Grèbe esclavon…. mais aucun observateur n’a vu les deux espèces ensemble ! On s’est même demandé s’il n’y avait pas de confusion ! Heureusement que la photo numérique a permis d’avoir la preuve qu’il y avait bien les deux !

 

 

 

Cet hiver a commencé par l’apparition d’un Garrot immature fin novembre, vite rejoint par un Eider immature (dont le sexe a fait beaucoup discuter …). A la mi-décembre le Garrot était rejoint par 2 compères (une femelle adulte reconnaissable à l’extrémité du bec jaune et un autre immature ). Le Garrot est un canard d’eau douce, assez répandu en Europe orientale et septentrionale à qui il arrive cependant de nicher en Ile de France depuis quelques années. L’Eider est un canard marin très courant dans le nord de l’Europe, dont on tirait traditionnellement l’ « édredon » ( = duvet d’eider en islandais).

Garrots_Créteil_19fev12.jpg

Au fil de l'hiver les immatures ont révélé leur masculinité... photo Y.Gestraud

 

Ces oiseaux ont été rejoints lors de la vague de froid du début février par une Macreuse brune immature (oiseau marin qui niche en Scandinavie et plus au nord-est), 2 Harles piettes (femelles ou immatures) qui sont aussi des canards nordiques, attendus avec gourmandise par les ornithos quand se déclenche un coup de froid… et enfin 3 Garrots supplémentaires !

 

Eider_Macreuse_Garrot_OLaporte_Créteil.jpg

Olivier Laporte a réussi l'exploit d'avoir l'Eider, la Macreuse et un Garrot sur la même photo !

Si on ajoute que deux butors hivernent dans les roseaux, qu’il y a toujours quelques dizaines de fuligules sans parler des grèbes huppés, bernaches, cygnes, etc. on comprendra qu’une virée  à Créteil est rarement décevante…

 

Butor Créteil 15fev12.jpg

Le Butor a eu la gentillesse de passer en vol au-dessus d'Y. Gestraud !

Comment cela se fait-il qu’un endroit aussi urbain soit aussi « bien fréquenté » ?  Deux éléments sont visibles sur la carte : la Seine n’est pas loin, donnant donc un axe de migration pour les oiseaux et il y a autour du lac 2 autres pièces d’eau importantes entre lesquelles les oiseaux peuvent se déplacer au gré de leurs humeurs ( d’où les apparitions et disparitions curieuses de certains oiseaux). Enfin, il ne faut oublier qu’il n’y a pas de chasse au pied de la Préfecture du Val de Marne… 

 

 

Creteil.jpg

 

 

A signaler qu’un groupe naturaliste existe autour du lac de Créteil : Nature et Société http://www.natsoc.asso.fr/ et qu’un site de photo animé par Michel Noël est approvisionné par de nombreux photographes de qualité "Les oiseaux du lac de Créteil" joignables sur FLICKR,  www.flickr.com/groups/oiseaux-du-lac-de-creteil/pool/show/
et avec FLICKRIVER...: http://www.flickriver.com/groups/oiseaux-du-lac-de-creteil/pool/

 

11/09/2011

Les oiseaux de la Riviera balte

Après un séjour à Riga ( et avant d'y revenir), je suis allé prendre l'air marin sur la "Riviera balte", sur la côte du golfe de Riga, dans un endroit style "La Baule - Les Portes en Ré".

4-Jurmala.jpg

Jurmala est un ensemble de villages abritant des villas ( souvent en bois...magnifiques !) avec quelques petits centres qu'on peut à peine qualifier d'urbains... On n'est donc pas en milieu urbain, mais quand même en milieu suburbain : la présence humaine, surtout en été, imprime fortement sa marque sur le milieu...
La preuve qu'on a quitté le milieu urbain, c'est que l'espèce de moineaux la plus fréquente est le Moineau friquet, qui vient entre les tables des terrasses de bistrot.

Jurmala_Friquet-red.jpg

C'est aussi l'espèce qui forme des troupes sur les pelouses de l'aéroport de Riga ( spectacle qui devient rare en France !).

Jurmala_Friquets_AéroportRiga-red.jpg


Une station-service héberge une colonie originale d'Hirondelle de fenêtre

Jurmala_HF-colonie-red.jpg


Les juvéniles juste envolés font les fous autour des nids comme des gamins.....

Jurmala_HFrogné.jpg


Sur la plage, les touristes nourrissent volontiers les oiseaux ,

Jurmala_corneille1red.jpg

ce qui permet d'observer plusieurs espèces à la fois.

Jurmala_goélands-corneilles-red.jpg


Cela permet aussi d'avoir des vues originales, du style " Corneilles au bain de mer "

Jurmala_corneille2red.jpg


.... ou Corneille à la pêche !

Jurmala_corneille3-red.jpg

Une grosse surprise a été la rencontre avec un Grand corbeau, venu disputer un peu de nourriture aux Goélands et Corneilles mantelées !

Jurmala_gdCorbeau-red.jpg

 Le lendemain, ils étaient deux...
Pour terminer, je ne peux résister au plaisir de vous montrer une photo d'un Bécasseau maubèche qui s'est laissé approcher à 2 mètres...

Jurmala_maubeche-red.jpg

mais je pense que c'est plus la fatigue du début de la migration qu'une vraie accoutumance à l'Homme : il n'a pas arrêté de manger !