12/09/2007

Les mouettes en vacances d'hiver à Paris

A la différence des goélands, dont certains restent à Paris pour nicher, les mouettes rieuses qu’on voit sur la Seine ou les canaux parisiens n’y sont que pour l’hivernage, même si certaines arrivent dès le mois de juillet !

Curieusement, ce phénomène n’existe pas depuis que Paris est Paris : au début du 20ème siècle, elles étaient très rares et elles ne se sont installées vraiment que vers le milieu du siècle. Leur accoutumance à la ville se poursuit actuellement : on voit de plus en plus de mouettes se nourrissant sur les trottoirs ou dans les caniveaux, loin de l’eau !

D’où viennent ces mouettes ? Les colonies les plus proches ne sont qu’à quelques dizaines de kilomètres de Paris et les juvéniles qu’on peut voir fin juin à Paris doivent en venir. Mais pour les centaines qu’on voit se chamailler pour un bout de nourriture en plein hiver ? Le travail effectué ces dernières années par 3 ornithologues (Thierry Bara, P-Yves Henry et Guilhem Lesaffre) permet de préciser leur origine.

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Mouette danoise G_Lesaffre

                 Mouette danoise habituée des Tuileries (photo G. Lesaffre) 

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Comment ont-ils fait ? C’est très simple…..au jardin du Luxembourg ou au Tuileries, ils ont lu des bagues aux jumelles ! Certaines mouettes portent des bagues avec des chiffres ou des lettres assez gros pour être assez facilement lus de loin (photo ci-dessus), mais les bagues normales en métal portent des caractères de quelques millimètres seulement (photo ci-dessous)…..Imaginez les trésors d’ingéniosité et de patience qu’il faut mettre en action pour approcher à quelques mètres (ou attirer !…) la mouette, lire 2 chiffres, attendre qu’elle tourne un peu, lire 2 autres chiffres et la moitié du nom de la capitale du pays d’origine, la voir s’envoler, la suivre des yeux pour pouvoir recommencer la manœuvre dès qu’elle s’est posée de nouveau ! Cela permet de mieux comprendre ce que signifie « lire » 330 bagues (pour 55 oiseaux différents) en 2 hivers (sans parler des lectures incomplètes qui touchent au moins 50 individus différents…..).

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Mouette lithuanienne Tuilerie G_Lesaffre red et retravaillée

                  Mouette lituanienne et sa bague (photo G.Lesaffre)

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Les résultats sont impressionnants : 20 pays, principalement d’Europe centrale et du Nord, envoient des mouettes à Paris : Pologne, Danemark, Finlande, Lituanie, Rep. tchèque, Biélorussie, etc. Ce qui est aussi intéressant est de noter la fidélité de certaines mouettes à leur séjour parisien : une mouette danoise (photo du haut) est ainsi connue depuis 10 ans ! Elle ne bat cependant pas le record d’une mouette qui est venue ( peut-être vient-elle encore….) à Liège pendant au moins 15 ans ! On ne la reconnaît pas par une bague mais parce qu’elle est presque toute blanche à cause d’une mutation génétique la rendant incapable de fabriquer l’eumélanine qui colore normalement ses ailes en gris (article de L.Bronne en 2002 dans Aves 39(2) , p 105-113)

Un travail du même ordre a été effectué au Mans (72) par Christian Kerihuel. En vous rendant sur son site http://christian.kerihuel.free.fr/present-mouet.htm , vous pourrez constater des résultats du même genre que ceux de Paris : 5 belges, 1 française, 1 hollandaise, 2 lituaniennes, 2 polonaises, 1 tchèque et une suédoise.Quand vous verrez voler les mouettes aux Tuileries, vous pourrez maintenant rêver à leur voyage de retour vers leur pays d’origine…..Prague, Vilnius ou Copenhague ?

09/09/2007

Suivre les migrations au-dessus de Paris ?

Les ornithologues connaissent quelques hauts-lieux de la migration : le Clipon à Dunkerque pour les oiseaux de mer, Organbidexka pour les cols pyrénéens, le défilé de Pierre-Aiguille sur le Rhône, Fort l’Ecluse à la frontière suisse. Peu imaginent sans doute qu’on puisse faire le même genre de décomptes au-dessus de Paris….

Le problème est de trouver un ciel suffisamment dégagé d’obstacles :si vous ne disposez pas d’une terrasse libérant un paysage à 360° (n’est ce pas Maxime….), il vous reste la passerelle des Arts sur la Seine près des Tuileries, le Belvédère des Buttes-Chaumont ou la passerelle sur le canal de l’Ourcq à la Villette et sûrement d’autres « spots »…

La migration de printemps est souvent assez discrète, c’est donc celle d’automne qui permet le plus d’observations, le mois d’octobre étant celui qui en concentre le plus, du moins pour les petits passereaux .

Mauvis St Maurice red

                 Une grive mauvis se reposant à St Maurice (94) 

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Il faut cependant ne pas se faire d’illusions : on ne va pas trouver des nuages d’oiseaux survolant la capitale à en cacher le soleil ! Il faut être attentif et tendre l’oreille pour repérer le « tsip tsip tsip » d’un Pipit farlouse vérifiant que ses copains ne sont pas trop loin, le « tsic » bref de la Grive musicienne qui permet de la distinguer de la Grive mauvis, même taille et même silhouette sur fond de ciel, mais qui fait un « tsiii » nettement plus long. Quand on en a repéré un , on s’aperçoit souvent qu’il y en a une dizaine voire plus autour qu’on n’avait pas vus ! En plus des 3 espèces déjà citées, on voit aussi souvent des alouettes des champs et des pinsons des arbres.

Plus gros et pas trop rares, les corbeaux freux, les grands cormorans et même les vanneaux huppés, mais on peut voir aussi….. n’importe quoi !

Oies collage red

          

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Des oies cendrées en vol (lac du Der) 

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En fait, peut passer au-dessus de Paris n’importe quelle espèce migratrice…. en voici une petite liste, vues ces dernières années : Barge à queue noire, Milan royal, Balbuzard pêcheur, Bondrée apivore, Grande Aigrette, Cigogne blanche, Oie cendrée, Grue cendrée, Caille des blés, Canard pilet, Loriot d’Europe ……

Une bonne dose de patience, un peu de chance…..et tous les espoirs sont permis !

15/08/2007

L'Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris

Depuis 2005, une cinquantaine d’ornithologues amateurs, à l’initiative du Corif, travaillent chaque printemps pour établir le futur Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris .

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Comment et pourquoi ? 

D’abord, qu’est ce que c’est ? Nous avons découpé Paris intra-muros (sans les bois de Boulogne et de Vincennes) en carrés d’un km de côté et le but est d’établir la liste des espèces nicheuses dans chacun des 102 carrés (complets ou incomplets) ainsi découpés. Le résultat (espéré en 2009) prendra l’aspect d’un ouvrage dont la partie principale sera constituée, pour chaque espèce, d’une carte de répartition parisienne (avec indication approximative des effectifs ) accompagnée d’un texte indiquant les particularités de la biologie et de la répartition de l’espèce à Paris et de l’histoire de la présence de l’espèce.

Carte 2004 HirFen

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 Quel intérêt ?

 La majorité des humains vit actuellement dans un milieu urbain (et ça ne va pas s’arranger….. !) et il est important d’étudier la manière dont les oiseaux sont capables de s’adapter à ce milieu. L’ornithologie urbaine est une science un peu balbutiante en France mais qui s’est déjà beaucoup développée dans le reste de l’Europe : les premiers travaux viennent d’Europe de l’Est dans les années 70. Presque toutes les capitales européennes ont maintenant leur atlas et en Italie, 30 capitales régionales ont déjà le leur ! 

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Les résultats sont-ils intéressants ?

A la date d’aujourd’hui, nous avons prouvé la nidification de 53 espèces d’oiseaux dans Paris intra-muros et nous ne désespérons pas de prouver la nidification de quelques espèces supplémentaires… C’est d’ores et déjà nettement plus que ce que nous espérions….mais à peu près autant que les grandes capitales comparables (Londres, Berlin, Bruxelles) .

pivert red

C’est évidemment dans les grands parcs qu’il y a le plus d’espèces : le carré qui contient le Jardin des Plantes compte plus de 30 espèces d’oiseaux nicheurs, ceux contenant les Buttes-Chaumont, le Père-Lachaise ou le jardin du Luxembourg s’en approchent. Les parcs privés ne sont pas en reste puisque le quartier des ministères, dans le 7ème arrdt, avec l’Hotel Matignon, mais aussi le Musée Rodin, s’approche de ce chiffre aussi. Ce sont essentiellement des espèces forestières qui profitent de ces espaces verts prestigieux : Sittelle torchepot, Grimpereau des jardins, Gobemouche gris, Roitelet huppé, Pic épeichette, Pic vert (depuis 2005), Pic épeiche (depuis cette année…..). Mais il ne faudrait pas oublier les friches industrielles ou ferroviaires qui existent (encore….) ici ou là : elles permettent à des espèces originales pour le milieu urbain de s’établir. C’est dans ce genre d’endroit qu’arrivent à nicher le Petit gravelot, la Fauvette grisette, la Linotte mélodieuse et parfois même la Bergeronnette printanière (pas depuis 2005, mais on peut rêver….). Mais le plus souvent on trouve le Merle noir, le Pigeon ramier, le Martinet noir et, évidemment, le Moineau domestique, emblème du Corif, qui occupent quasiment tous les carrés parisiens…

Encore un an de travail sur le terrain…..et un autre (au moins !) de rédaction et vous pourrez en savoir plus sur cet Atlas !

 

 

01/08/2007

Les oiseaux urbains d'Italie centrale

 

Urbanisation des oiseaux en Italie

 

L’urbanisation d’une espèce n’est pas identique sur toute sa zone de répartition. Peut-on comparer rapidement cette urbanisation dans diverses villes sans faire des comptages fastidieux ? M.Dinetti, dans Ecologia urbana en 2006, a proposé de faire des comptages dans les rues par tranches d’une demi-heure. Une première comparaison (hivernale) entre les résultats parisiens et italiens a été publiée dans la même revue en 2007.

Nous avons voulu essayer de le faire en été, en comparant diverses villes d’Ombrie et de Toscane (Italie) et Paris

carte italie  villes étudiées

Les villes étudiées sont marquées d'un rond noir sur la carte

Méthode :  profitant d’un trajet en Italie centrale effectué du 10 au 25/7/07, nous avons effectué plusieurs transects dans les rues de diverses cités médiévales (Orvieto, Perugia, Gubbio, Città di Castello, Arezzo, Lucca) en restant à l’intérieur des remparts et en évitant les parcs trop importants . Ces comptages ont été faits le matin avant 8h,. Quand cela a été possible , nous avons effectué plusieurs tranches par ville (Orvieto, 3 ; Perugia : 4 ; Gubbio : 6 ; Lucca : 2, mais seulement 1 pour Arezzo et Città di Castello).

Nous avons comparé ces résultats avec ceux que nous avons obtenus à Paris en juin où nous avons effectués 4 fois une série de transects d’une longueur totale de 12,2 km chacune. En estimant notre vitesse à 3,4 km/h , cela correspond environ à l’équivalent de 29 tranches d’une demi-heure.

    

Résultats :

 

VILLESOrvietoPerugiaGubbioCittà di Castel.Arez-zoLucca
TranchesAA' (**)BB' (**)Moy.ABCDMoy.ABCDEFMoy.  ABMoy.
Martinet noir45 262833,001625441926,0018(a)(a)(a)(a)(a)n.c.724  0,00
Pigeon biset6024704064,6788181094063,751083911083568480,00112257284175229,50
Tourt. turque021 1,002 2 1,003451723,673313911,00
Hir. de fenêtre11525615,6742251010,25  23  0,83  111,00
Hir. rustique    0,00    0,00      0,00   10,50
Berg. des ruisseaux    0,00    0,00 2    0,33    0,00
Berg. grise1   0,33    0,00      0,00    0,00
Troglodyte     0,00  1 0,25      0,00    0,00
Rouge-gorge fam.    0,00    0,00    110,33    0,00
R.-queue à f. blanc    0,00    0,0012  2 0,83    0,00
R.-queue noir    0,00    0,00 1 1  0,331   0,00
Merle noir111 1,0012311,753434122,8375211,50
Fauvette à t. noire12 11,3341422,75152 211,8333846,00
Roitelet à t-bandeau    0,001   0,251     0,17    0,00
Gobem. gris1   0,33    0,00 1  1 0,33    0,00
Mésange charbon.    0,001 4 1,25 1    0,171   0,00
Mésange bleue5  12,001 321,5011   10,50    0,00
Mésange noire    0,00    0,00 1    0,17    0,00
Sittelle t.    0,00    0,00      0,00 1  0,00
Pie bavarde  1 0,33    0,00      0,00    0,00
Choucas des tours5  22,3341443,256567625,33 4142,50
Corneille mantelée    0,00  1 0,25      0,00 1243,00
Etourneau sanson.   10,33    0,00      0,0012  0,00
Moineau (*)811121114,00115967,7538234149343436,502731382330,50
Chardon-neret éleg.2 4 2,0052222,756642514,0085  0,00
Serin cini1 221,67214 1,758676756,5051  0,00
Verdier d'Europe42313,332 1 0,755522212,8321  0,00

     (*) Les 2 espèces (M.friquet et M.cisalpin) sont comptées ensemble, au moins pour Gubbio et      sans doute aussi pour Perugia

(**) les tranches A’ et B’ n’ont duré qu’un quart d’heure chacune(a)               non comptés mais bien présents 

Tab.1  Résultats bruts et moyenne (en ind/ demi-heure) des comptages dans les diverses villes étudiées ¨

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Pour synthétiser ces résultats nous avons hésité entre faire une moyenne des résultats par ville, au risque de donner trop de poids à des observations ponctuelles , à cause des villes à un seul transect, et faire une moyenne des résultats par tranche, au risque de donner trop de poids à Gubbio où 6 tranches ont été effectuées. Comme nous n’avons pas pu trancher, nous présentons les 2 calculs. Cependant dans les 2 cas nous avons laissé de côté les résultats de Lucca, tant les différences avec les autres villes sont importantes. 

  

Lucca Moyennes
Moy. par villepar tranche
0,00Martinet noirn.c.n.c.
229,50Pigeon biset115,4886,53
11,00Tourterelle turque2,332,33
1,00Hirondelle de fenêtre5,356,20
0,50Hirondelle rustique0,000,00
0,00Berg. des ruisseaux0,070,13
0,00Bergeronnette grise0,070,07
0,00Troglodyte mignon0,050,07
0,00Rougegorge familier0,070,13
0,00Rougequeue à fr. bl.0,170,33
0,00Rougequeue noir0,270,20
1,50Merle noir3,522,60
6,00Fauvette à tête noire2,382,13
0,00Roitelet à triple-band.0,080,13
0,00GM gris0,130,20
0,00Mésange charbon.0,480,47
0,00Mésange bleue0,801,00
0,00Mésange noire0,030,07
0,00Sittelle torchepot0,200,07
0,00Pie bavarde0,070,07
2,50Choucas des tours2,983,73
3,00Corneille mantelée0,250,13
0,00Etourneau sansonnet0,670,27
30,50Moineau (*)23,2523,33
0,00Chardonneret élégant4,353,60
0,00Serin cini3,183,80
0,00Verdier d'Europe1,982,20

 

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>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Tab. 2 Nombre moyen d’individus observés en une demi-heure à Lucca  et dans les 5 autres villes        

 

 Pigeon dom.73,43
Moineau dom.40,62
Pig.ramier11,15
Martinet noir11,04
Merle noir3,59
Corneille noire2,72
Etourneau2,54
Pie bavarde0,91
Accenteur m.0,84
Canard colvert0,80
Més.charbonnière0,63
Verdier0,59
Més.bleue0,52
Pig.colombin0,35
Rougequeue noir0,35
Berg.des ruisseaux0,24
Troglodyte0,17
H.fenêtre0,10
Goél.argenté0,10
Fauv. à tête noire0,07
F.crécerelle0,07
Goéland brun0,07
Grimpereau0,03

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>>>>>>>>>>>>>Tab.3Résultats des comptages dans les rues parisiennes en juin 2007(nombre d’individus par demi-heure)  

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Discussion :- 27 espèces ont été observées en 17 tranches d’une demi-heure en Italie contre 23 espèces à Paris pour environ 29 tranches, ce qui semble indiquer une richesse spécifique des centre-ville (hors parcs) plus importante en Italie centrale qu’à Paris.- les 2 espèces les plus communes sont dans les 2 cas le Pigeon domestique et le Moineau, domestique à Paris, cisalpin et/ou friquet en Italie .Il y a cependant 2 fois plus de moineaux dans les rues parisiennes que dans les rues italiennes.- à part le Goéland brun et le Rougequeue à front blanc (et sans doute le Pigeon ramier) , toutes les espèces observées à Paris ou en Italie centrale sont probablement présentes dans toutes les villes citées, au moins dans les parcs ou les friches. Ce qui change c’est leur présence ou leur absence dans les rues.- les présences qui surprennent le plus l’observateur parisien en Italie sont la Fauvette à tête noire, le Serin cini et le Chardonneret, espèces qui à Paris ne sont présentent que dans les grands parcs ou les friches : la Fauvette à tête noire en particulier peut profiter du moindre jardin de centre ville pour chanter ! Il y a aussi la Tourterelle turque et le Choucas qui sont absents de Paris, mais il y a sans doute des explications très locales à ces absences . On peut aussi souligner qu’il y a nettement plus de Verdier en Italie.- en revanche, certaines absences (ou sous-représentation) sont frappantes : pas de Pigeon ramier, presque pas de Corneille (mantelée ) ni de Pie ou d’Etourneau sansonnet- on retrouve le Merle noir avec des chiffres proches des 2 côtés : décidément également répartie partout cette espèce !- la ville de Lucca a une statut assez différent, avec beaucoup de Fauvettes à tête noire et de Tourterelles turques, des Corneilles mantelées venant jusque dans le centre ville, mais pas de fringilles notés. Pourrait-on suggérer, à partir de ces résultats, qu’il y a un « profil urbain » différent en Italie centrale par rapport à Paris ? D’un côté, beaucoup de Fauvette à tête noire et de fringilles, de l’autre beaucoup de Pigeon ramier, des Corneilles et des Pies. Un rapide coup d’œil sur la situation dans quelques grandes villes d’Europe du N-Ouest (Berlin, Bruxelles, Hambourg, Londres) corrobore l’existence d’un  profil « nord-occidental » du même genre que celui de Paris. La ville de Lucca (nettement plus au NW que les autres villes étudiées) serait-elle représentative d’un profil « intermédiaire », avec Fauvette à tête noire mais sans beaucoup de fringilles ? L’atlas de La Spezia semble aller dans le même sens et j’ai noté en traversant Monaco et la banlieue de Nice qu’il n’était pas impossible qu’on y retrouve le même profil…. Voilà des idées à creuser, et que chacun peut tester dans sa ville, il suffit de respecter quelques règles simples : se limiter aux centres villes, éviter les grands parcs, compter les matins assez tôt, plutôt les WE sauf si le centre est sans circulation automobile . Frédéric Malher, Paris le 01/08/07

 

  

30/06/2007

Le mystère des sternes d'Ile de France

Qu'est ce que vient faire cette espèce très élégante dans un blog consacré aux oiseaux des villes ?

SPG Olivier_L Jablines 250607a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(photos Olivier Laporte)

http://digiscopies.free.fr/digiscopies/2007/2007_06_23/jablines_23_06.htm

Les observations de l'espèce se multiplient depuis qq années sur la Seine et les canaux dans Paris et la proche banlieue, et pas seulement en période de migration ! D'où venait par exemple cette sterne qui volait mercredi dernier entre Tour Eiffel et Trocadéro,entre Arts premiers et Arts modernes ?
Il faut savoir que, si la sterne pierregarin niche habituellement sur des îlots gravillonnés des rivières (ou sur les radeaux mis à leur disposition par les protecteurs de la nature), elle est capable de se contenter des toits en terrasse des villes, même importantes ! A Riga, capitale de la Lettonie, ce sont des centaines de couples qui occupent les toits recouverts de gravillons...
Quel est le mystère ?
J'ai déjà dit que les observations de sternes s'étaient multipliées dans Paris depuis quelques années. Si vous sortez de Paris, vous aurez la surprise d'en observer de plus en plus en remontant la Marne de Chinagora (confluent avec la Seine) jusqu'à Bonneuil(94). Vous en verrez aussi beaucoup en continuant de Bonneuil à Champigny(94). Vous pouvez en voir aussi régulièrement sur le canal de l'Ourcq depuis la Villette jusqu'à Sevran (93). Et, enfin, à l'ouest, il y en a aussi au port de Gennevilliers (92).
Les effectifs se comptent en dizaines, en particulier au port de Bonneuil. Ailleurs, les observations se font à quelques individus à la fois... En juillet des juvéniles apparaissent sur les principaux sites cités.
Il y a donc une reproduction pas très loin....mais où ? Voilà le mystère de sternes !

SPG Olivier_L Jablines 250607b red

Que connait-on de la reproduction des sternes en Ile de France ? Une colonie (40-50c d'habitude, qq couples cette année) à côté de la Marne, à Jablines (77, près de Meaux), une autre sur les bords de la Seine, à Grigny (91) avec 9 couples en 2007. Jablines est à 25km de Bonneuil, Grigny à une dizaine seulement. Mais il n'y a que qq couples cette année à Jablines, alors que j'ai observé un total de 30 ind en mai dernier sur la boucle de la Marne. A Grigny, il y a 9 couples en 2007...Cela ne correspond donc pas !
En juillet 2005, j'avais vu une quarantaine d'adultes et 19 juvéniles à Bonneuil. Plus intéressant, j'avais assisté à des transports de poissons par des adultes jusqu'au toit d'un entrepot au bord du canal de l'Ourcq, à Pavillon s/Bois(93). Je n'avais pas pu observer le nid, mais j'avais pu voir un jeune volant en juillet. On peut donc considérer que la sterne a bien niché à cet endroit en 2005....mais un seul couple ! Au port de Gennevilliers, à la même époque, 3 adultes et un juvénile. Je me fais intimider par des attaques (un peu molles....) d'un adulte. Une nidification a donc eu lieu pas loin, mais où ?.....
Voilà donc les données du problème.....à quand la solution ? Ca fait plusieurs années que plusieurs ornithos s'y cassent les ....jumelles, et ça risque de durer un certain temps !