29/11/2009

Les oiseaux se réfugieraient-ils dans les villes ?…..

Avant, on ne pouvait imaginer qu’une seule chose : la pollution des villes ne pouvait que faire fuir les oiseaux : si on trouvait une espèce à Paris, c’était forcément une espèce qui était « encore là » , qui « avait résisté à la ville »..…

Puis, l’ornithologie urbaine commençant à se faire sa place au soleil, les ornithos puis les média ont commencé à admettre qu’il y avait de plus en plus d’espèces  d’oiseaux qui s’adaptaient à la ville ! Si vous voulez des précisions, vous pouvez aller lire sur une autre partie de mon site quelques-unes des idées actuelles sur l’urbanisation des oiseaux

http://lesoiseauxdesvilles-publiperso.skynetblogs.be/post/7269614/lurbanisation-vatelle-sauver-la-biodiversite-.

Vous pouvez aussi venir m’écouter parler du futur Atlas des Oiseaux de Paris, dimanche 6/12 a-midi au 33ème Colloque Francophone d‘Ornithologie à la BNF à Paris (pour plus de détails cliquez ici).

Fin de la page de publicité…. ;-)

Donc il y a de plus en plus d’espèces d’oiseaux qui vivent en ville…est-ce à dire qu’elles se « réfugient en ville » ? La ville peut-elle servir de refuge aux oiseaux, spécialement aux espèces en difficulté ?....

Faudrait peut-être pas passer d’un excès à  l’autre !

corneilles en couple red

A regarder dans les rues parisiennes, qui imaginerait qu'il n'y avait pas de corneilles dans Paris avant les années 1960 !...

Les espèces qui s’installent en ville sont des espèces qui se portaient bien  déjà dans la campagne alentour ! La Corneille noire ou le Goéland argenté sont des espèces florissantes avant de s’installer en ville : elles ne s’y sont installées que parce que la place commençait à se raréfier pour elles dans les milieux naturels ou périurbains, simplement car elles commençaient à devenir trop nombreuses et ne trouvaient plus de place pour nicher ( Tomialojc L. Acta Zool. Cracovensia 21:585-631).

Même le Faucon pèlerin s’installe en ville car les sites naturels sont saturés ! Ce n’est pas par hasard que la plupart des villes occupées sont situées autour des Vosges et du Jura (Belfort, Bâle, Mulhouse, Altkirch, Strasbourg, Nancy, Lunéville, etc.), régions les plus riches en pèlerins « naturels »…

Ramier scanné red

Le Pigeon ramier est la première espèce dont l'urbanisation ait été bien  étudiée (par Tomialojc)

La confusion vient du fait que la campagne uniformisée à coup de colza, tournesol, blé, pomme de terre n’héberge plus beaucoup de biodiversité : mais ce ne sont pas les espèces qui disparaissent dans la Beauce (ou autre région à cultures intensives…) et qui sont souvent des petits granivores (Cochevis huppé, Moineau friquet, Bruant jaune,…) qui vont pouvoir se maintenir grâce à la ville !

L’expérience montre que seules les espèces « en forme » sont capables de s’adapter à la ville : la même espèce qui s’urbanise facilement dans le centre de sa zone de répartition, n’est pas capable de le faire quand elle est aux limites de  sa zone de répartition,  zone où elle montre sans doute moins dynamique : la fauvette babillarde, banale dans les parcs et jardins de centre ville allemands, ne se trouve, en région parisienne que dans les zones rurales et suburbaines , car elle est à peu près à  sa limite occidentale.

Il faut être clair : la ville ne sauvera pas les espèces en voie de disparition : seules des mesures sérieuses favorisant la biodiversité en milieu rural ( diminution des pesticides et des engrais en particulier) permettront de sauver les espèces en danger dans les milieux ruraux !

13/06/2009

Le mystère des Pèlerins parisiens….

Fainéant de nature , je m’autoplagie en reprenant un titre déjà utilisé à propos des sternes …. Mais il y a quand même une raison : on est dans la même panade qu’à propos des sternes d’Île de France (et les obs de sternes de ce printemps n’ont pas fait avancer le schmilblick…)

 

Rappel de l’épisode précédent (les détails sont lisibles à l’adresse http://lesoiseauxenville.skynetblogs.be/post/6586147/le-pelerin-arrive-enfin-a-paris- )

 

Un couple de pèlerin a pris ses habitudes sur les tours Total et Areva ( taquins avec ça….) de la Défense depuis octobre 2008. Annoncée au Colloque Francophone d’Ornithologie par Allain Bougrain-Dubourg, la nouvelle a déclenché une (petite) vague d’observations dans ce quartier qui attire d’habitude peu les ornithologues….

Aucun signe manifeste de nidification ne s’étant manifesté, l’intérêt est un peu retombé, les observateurs ont moins sillonné le pied des tours du capitalisme triomphant et l’espèce a commençé à être un peu oubliée du vulgus ornithologicus…sauf de la Mission Rapace de la LPO, de Thierry Bara ( coordinateur du carré local pour l’Atlas National des Oiseaux Nicheurs de France), de Frédéric Thouin, voire du président bien-aimé du Corif Guilhem Lesaffre.

Pèlerin PàM T_Besançon red

Ca, c'est pour tromper l'ennemi....ce n'est pas du tout à Paris mais à Pont-à-Mousson (54) photo T.Besançon

De ce côté-ci de la capitale, les pèlerins ont continué à montrer de temps en temps le bout de leur bec, rarement en couple, sur une des tours déjà citées. En tout cas, ils étaient encore vus en mai. La nidification sur place semble cependant exclue : l’espèce ne semble pas nicher sur le haut des tours, mais toujours en façade….où il y a bien peu de place sur ces tours modernes (l’intérieur du « A » de Total ou d’Areva ?….). En revanche il y a quantité de sites possibles dans le rayon d’action habituel de l’espèce…c’est à dire plusieurs kilomètres !

A la même époque, des informations ont commencé à nous parvenir de l’est de la région parisienne : au parc des Beaumonts, à Montreuil, qq ornithos suivent régulièrement le lieu, ce qui leur a permis de réaliser des observations surprenantes à qq kilomètres de Paris (dont la Cigogne noire et l’Hirondelle rousseline…excusez du peu !) et que vous pouvez suivre sur le site (en anglais) suivant  http://www.skutchia.com/latestnews.htm

Depuis le 27/3, il y a eu pas moins de 5 observations de Faucons pélerins qui ont été faites à Montreuil (4 au parc des Beaumonts et 1 au-dessus de la Mairie de la ville par D. Thorns). A noter que les oiseaux observés venaient de ou partaient souvent vers Vincennes….

Nichoir pélerin Vincennes red

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Un rocher qui émerge de la forêt....et c'est quoi ce truc juste en dessous du sommet ?

Dernière actualité : un « touriste » breton de passage à Paris s’est permis d’observer le piqué d’un pèlerin depuis une tour de 30 étages dans le 20ème arrdt, quartier qui borde…..Montreuil, vous avez deviné…… (une remarque, un autre « touriste » drômois » s’était permis d’en voir un aussi en mars 2008 près du Père-Lachaise qui n’est pas loin de….Montreuil ! Vous voyez que vous commencez à comprendre le problème …..). J'oubliais aussi un Pèlerin observé par A.Labrousse dans le 13ème le 5/5/09....non, cette fois, ce n'est pas à côté de Montreuil.....;-)

 Nichoir pélerin 130609 détail

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>....c'est bien un nichoir à Pèlerin ! 

Dernière nouvelle : la mission Rapace de la LPO a obtenu l’installation d’un nichoir à Faucon pèlerin sur le Grand Rocher du Zoo de Vincennes qui est en rénovation pour plusieurs années, ce qui laissera d’éventuels occupants tranquilles pour longtemps….

 

Comment conclure …sinon par un énorme A SUIVRE !…. ;-)

14/02/2009

Apprendre les chants d'oiseaux en ville....

C’est le moment d’apprendre à reconnaître le chant des oiseaux : ils commencent à se remettre à chanter après la halte hivernale et donc il y a peu d’espèces qui chantent….ça évite beaucoup de confusion ….

Tout d’abord où trouver les chants des oiseaux ? Il y a plein de documents dans le commerce mais, si vous voulez vous faire une petite idée avant d’investir dans un document plus spécialisé, il vous suffit d’aller sur le site du Corif  http://www.corif.net/site/ et , sur la page d’accueil, de cliquer sur « Accéder à la sonothèque », mise à la disposition du Corif par Fernand Deroussen.

Avant de commencer, petite remarque liminaire (pléonasme gracieusement mis à notre disposition par Pierre Desproges….) : qu’est ce qu’un chant ? On croit parfois, que les oiseaux produisent des sons mélodieux pour montrer leur joie ou pour nous faire plaisir…. Plus prosaïquement, un chant est une manifestation sonore qui marque le territoire du chanteur ainsi que son désir de trouver une femelle….en plus il n’est pas toujours très mélodieux (par exemple le  chant du moineau domestique….). On appelle cris toutes les autres manifestations sonores , de significations variées (alarme, contact, etc.)

Accenteur chantant Londres red

Cet accenteur chantait de bon coeur en février dernier à Londres...

Quelle drôle d’idée d’apprendre les chants d’oiseaux en ville !….et pourtant, si on choisit bien son lieu et son heure, c’est effectivement un lieu bien pratique : les oiseaux sont peu farouches et vous pouvez donc plus facilement les approcher pour identifier la source sonore qui agrémente votre ouïe d’un torrent de notes non identifiées. Il suffit de se lever un peu tôt le week-end, quand il y a moins de voitures dans les rues et d’aller dans les parcs ou les squares pour pouvoir commencer votre formation…

Le rythme des chants varie tout au long de l’année : la pleine période est le printemps, au moment de la constitution des couples, disons, suivant les espèces, de mars à mai-juin. A cette période le concert est certes très agréable, mais un peu confus pour commencer à s’y reconnaître ! La nidification est souvent une période où les chants diminuent suivie par la mue postnuptiale, qui pousse la plupart des espèces au silence quasi complet de l’été. Certains ont un petit regain d’hormones en septembre qui provoque quelques chants, puis vient l’hiver où quasiment tout le monde se tait : il ne reste guère que le rougegorge qui défend aussi un territoire hivernal et qui donc chante souvent en hiver. Ecoutez donc son chant cristallin en cliquant ici  

 etourneau red

Cet étourneau s'époumonnait au jardin des Plantes à Paris

Quand les jours rallongent (dès janvier), les premières espèces commencent à chanter : le troglodyte, le merle, la grive draine, la mésange charbonnière (« titipû…titipû…. »). En ce moment (mi-février) on entend aussi les chants du grimpereau, de la mésange bleue, de la sittelle, de l’accenteur, de la grive musicienne (« filip – filip –filip …didouit-didouit-didouit ») mais aussi de la corneille (je vous conseille d’essayer d’identifier, grâce au comportement, quel est le chant de la corneille parmi ses productions sonores….). L’étourneau a aussi commencé à produire son mélange incroyable de notes avec lesquelles il mêle des imitations fort variées !On peut même déjà entendre les tout premiers pinsons, verdiers et serins qui sont en général un peu plus tardifs et commencent vraiment fin février.

HFenetre Geode red

Souvent le mâle d'Hirondelle de fenêtre commence une ébauche de nid et se met à chanter pour...;demander de l'aide ! ( photo prise à la Cité des Sciences de la Villette)

En mars les premiers retours se font entendre et vous pourrez donc reconnaître le chant du rougequeue noir sur un toit de bâtiment avec son bruit caractéristique de « papier de verre », celui du pouillot véloce (« zip…zap…zip...zap… »), de la fauvette à tête noire, puis en avril des premières hirondelles de fenêtre et enfin, le dernier arrivé, le martinet noir avec ses longs trilles stridents qu’il adore pousser en groupe au cours de sarabandes effrénés le long des rues.

Mine de rien, vous en serez à une vingtaine d’espèces dont vous aurez appris le chant ! Pas mal pour une première année d’ornithologie auditive…. ;-)

14/12/2008

Dernières nouvelles de Paris

L’ouverture du 32ème Colloque Francophone d’Ornithologie , tenu ce week-end à la Bibliothèque Nationale de France, a été l’occasion de l’annonce de deux nouvelles spectaculaires à propos de l’avifaune parisienne :

- A.Bougrain-Dubourg a révélé que 2 Faucons pèlerins occupaient la tour Total de la Défense depuis quelque temps : il est évidemment trop tôt pour parler de reproduction, mais pas pour l’espérer ! Juste une remarque : après la centrale nucléaire de Nogent sur Seine, la tour Total…..le Faucon pèlerin n’est décidément pas très « écologiquement correct » !

Epervier BNF Alemanni

L'un des deux jeunes de la BNF aux prises avec une pie (photo JB Alemanni)

- G.Lesaffre « répliquait » en rappelant (j’avais diffusé la nouvelle dès que je l’avais eue….c’est à dire il y a quelques jours ) qu’un couple d’éperviers (le 3ème pour Paris intra-muros !) avait niché cette année dans le petit « bois » enfoncé entre les 4 tours de la BNF ! Cette annonce provoqua carrément l’incrédulité de certains congressistes et pourtant……les jeunes avaient bien été observés cet été (cf. la photo ci-dessus), mais nous n’étions pas sûrs de leur lieu de naissance : cette fois nous le connaissons, c’est un merisier de cette « forêt »…..

La prochaine fois, ça sera un pygargue venant pêcher sur la Seine ? Après tout, en hiver il vient bien sur la Vistule à Varsovie…..

06/08/2008

Découvertes parisiennes

Quel feu d'artifice ! Pour son bouquet final le futur Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris (à paraître fin 2009 ) a fait fort....qu'on en juge : dans les deux derniers mois du travail sur le terrain, ce sont pas moins de 3 espèces dont la reproduction a été démontrée....et quelles espèces !

Le Martin-pêcheur était déjà un trophée de valeur : qui aurait pu croire que cette espèce, qui creuse d’habitude son tunnel dans une rive sableuse, avait trouvé le moyen de nicher dans un quai bétonné ? Et pourtant c’est le cas de ce couple qui a trouvé , en aval de la Tour Eiffel, coincée entre deux péniches, une cavité dans le quai qui lui donne sans doute accès à une zone meuble (ou un tuyau ? de l’extérieur, on ne voit pas  ce qu’il en est…).

M-pêcheur JJ Boujot Paris red

L'heureux papa (mandibule inférieure noire) devant son nid (photo JJ Boujot)

Après avoir été étonnés de la présence tardive d’un Martin-pêcheur , nous (O. Sigaud, T.Bara, T.Kuwabara, le découvreur et moi) nous sommes relayés (enfin…pas 24h/24 quand même !) pour essayer de voir ce qu’il en était et c’est Guilhem  Lesaffre qui a eu la joie de voir d’abord le couple, puis la scène tant attendue de l’arrivée du mâle avec un poisson dans le bec la tête vers l’avant : si elle est vers l’arrière il va l’avaler lui-même mais s’il met la tête vers l’avant, c’est pour que ça puisse entrer dans le gosier d’un autre Martin-pêcheur, la femelle au nid ou un jeune ; cela apporte donc la preuve de la nidification.

Martin-pêcheur juvénile red

Le joyeux bambin (photo G.Lesaffre)

Il a même eu le plaisir de voir un jeune juste sorti le 19 juin, reconnaissable à la pointe blanche de son bec et ses pattes noires.

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx>>Guilhem est encore responsable de la découverte de la 2ème espèce de cette liste, mais seul cette fois-ci : au parc de Bercy, il a vu une Rousserolle effarvatte qui nichait dans la « roselière » qui borde un des bassins. On espérait bien trouver cette espèce nicheuse à Paris, mais on pariait plutôt sur une friche ferroviaire qui a abrité de nombreux chanteurs de cette espèce, mais sans doute des migrateurs : ils sont coutumiers du fait de se cantonner provisoirement au cours de leur voyage, histoire de donner de faux espoirs aux ornithos locaux…. ;-)

La cerise sur ce gâteau déjà bien fourni est arrivée mercredi 30/7 : T. Kuwabara a observé au parc Montsouris 2 jeunes éperviers bien volants mais encore dépendants de la femelle qui leur a apporté une proie. C’était la preuve qu’ils avaient niché sur place !…… et de 57 ! ( c’est le nombre d’espèces nicheuses certaines qu’on a finalement trouvées). Il faut battre le fer tant qu’il est chaud : cela m ‘a donné l’idée d’aller aux Buttes-Chaumont où nous avions soupçonné la nidification de cette espèce à cause du nombre d’observations qui y avaient été faites ce printemps….Avant même d’entrer dans le parc, le cri caractéristique des jeunes non encore émancipés m’a rempli d’aise : je n’étais pas venu pour rien ! Effectivement, j’ai vite trouvé l’endroit où 2 jeunes et la femelle faisaient le ménage chez quelques intrus qui s’approchaient trop : ils ont eu tôt fait de raccompagner un geai, une pie et deux-trois corneilles aux limites de leur espace vital !

Epervier juv Montsouris O.Sigaud red

L'un des jeunes de Montsouris (photo O.Sigaud)

Il faut dire que cette espèce est très discrète pendant la nidification (la preuve….. on ne les avait trouvés plus tôt dans ces endroits très fréquentés par les ornithos) mais les jeunes sont très bruyants au nid et pendant les quelques semaines où ils restent dépendants des adultes. C’est la meilleure période pour les trouver….

A l’heure où j’écris le nid du parc Montsouris n’a pas été trouvé, mais j’ai peut-être trouvé celui des Buttes-Chaumont : contrairement à l’habitude de l’espèce de nicher sur un conifère, ici le nid est situé en haut d’un vieux Sophora, situé au sommet d’une butte.

Le gag de l’histoire, c’est que, dès le début du travail de l’Atlas, j’avais dit que j’offrirais le champagne à la personne qui prouverait la nidification de l’épervier !….il ne me reste plus qu’à m’exécuter !

 

28/06/2008

Au fait, combien d'espèces à Paris ?

Combien d’espèces  d’oiseaux ont été vues dans ou au-dessus de Paris intra-muros (i.e. sans les bois de Vincennes et de Boulogne)? Combien de fois cette question a été posée, souvent par un journaliste…mais pas seulement ! Et souvent on est un peu sec, parce qu’on ne s’est pas forcément posé cette question qui n’a, il faut le reconnaître, qu’un intérêt limité, tant ce nombre est surtout sensible aux observations « exceptionnelles » qui , elles-mêmes, sont surtout fonction d’un facteur chance et d’une pression d’observation au moins autant que de la richesse du milieu : il n’est qu’à voir l’efficacité d’un observateur particulièrement accrocheur, surtout en période de migration, pour faire augmenter le « score » de l’endroit….

Ceci étant dit, il faut reconnaître qu’il y a une jouissance particulière à faire une liste d’espèces (tous les ornithos qui font leur « log » chaque soir de sortie comprennent ce que je veux dire !) et je ne veux pas faire croire que j’y suis insensible !

balbuzard_Vincent Pälomares red

Balbuzard en migration à Andance (Ardèche) photo V.Palomarès

.

Je m’y suis donc collé [ surtout grâce à l'ouvrage de G.Lesaffre et de P. Le Maréchal : les Oiseaux d'Ile de France chez Delachaux et Niestlé], en partie aussi parce qu’on compte la publier dans le cadre de l’Atlas des oiseaux nicheurs de Paris… résultat ( provisoire, des compléments peuvent encore arriver) : 200 espèces ! Ce nombre « rond » peut faire croire à un trucage, mais je jure que non… la dernière espèce remonte à peu : jeudi 26/6, E. Roy a entendu un Oedicnème survolant nuitamment le 19ème arrdt !

Tout d’abord il faut préciser que 12 espèces n’ont pas été revues depuis 1950 : l’Aigle de Bonelli, sans doute échappé, capturé en 1901,la Perdrix grise qui fréquentait encore le Rond-Point des Champs-Elysées en 1905 ( !…), la Bécassine sourde qui a été observée en ….1874 sur les étangs de la Glacière (le 13ème arrdt n’était pas encore ce qu’il est !), les Guillemots de Troïl et les Pingouins torda vus un lendemain de tempête en 1863, le Hibou petit-duc qui nichait encore porte de St Ouen en 1895 et la Pie-grièche à tête rousse qui nichait au Père-Lachaise au moins jusqu’en 1874 (et d’autres) n’ont jamais été revus dans Paris…..

Pour les espèces « récentes » (post-1950), je ne vais pas vous donner la liste, ce serait un peu lassant (188 espèces…)  et ceux que ça intéresse n’auront qu’à acheter l’Atlas !…. ;-)

GCN Camargue mai 07 red

Grèbes à cou noir en Camargue 

.

Quelques indications quand même, classées dans l’ordre taxonomique :

Le Grèbe à cou noir en 1996, l'Océanite cul-blanc en 1952, le Cormoran huppé pendant l’hiver 95-96, le Bihoreau en 91 (aux Buttes-Chaumont !), la Grande Aigrette en 2004 au-dessus du 14ème et en juin 2006 au-dessus du 19ème, la Spatule en 1962, le Cygne chanteur le 25/2/1956 : les anciens se souviennent de la température qui régnait alors… moi on me l’a racontée ! En tout cas, ça explique aussi les observations du Fuligule milouinan et des Macreuses noire et brune aux mêmes dates….

Pour les rapaces, on peut mettre l’observation d’un Percnoptère en 1962 sur le compte d’un échappé de zoo, mais sûrement pas le passage d’un Circaète au-dessus de la tête de 8 acteurs de l’Atlas à la recherche de Bergeronnettes de ruisseaux le 11/5/2008 au Pont Royal (75001). On ne sait pas bien  quoi faire des 3 observations d’Aigle royal, dont la dernière en 1973 … échappé ? observateur trop enthousiaste ? Les Faucons émerillon et hobereau ainsi que le Balbuzard pêcheur se sont avérés moins rares que supposés et ont été vus plusieurs fois ces dernières années.

Les passages nocturnes et les accidents qui y sont souvent liés ont permis de noter la présence de la Caille, de la Marouette ponctuée (gare de Lyon … !) , du Râle d’eau et de la Bécasse. Les autres limicoles sont représentés (entre autres) par l’Huîtrier-pie, le Pluvier doré , la Barge à queue noire et le Courlis cendré.

goeland_bec_cercleCKerihuel

Goéland à bec cerclé à St Brieuc (photo C.Kerihuel)

.

Pas moins de 14 espèces de Laridés ont fréquenté les bords de la Seine ! Le plus spectaculaire a sûrement été le Goéland à bec cerclé qui a sans doute traversé 8 fois au moins l’Atlantique nord pour relier ( on peut rêver un peu…) New-York à Paris ! A  côté de cette espèce, la Mouette mélanocéphale, pygmée ou tridactyle, la Sterne caugek ou naine et la Guifette noire font pâle figure…et pourtant quel ornitho ne serait pas prêt à traverser Paris à pied pour y voir une de ces espèces !

Après cet aspect un peu atlantique, un petit coup de Méditerranée… le Martinet à ventre blanc, le Guêpier, la Huppe, le Torcol ont survolé Paris au cours de leurs migrations, parfois un peu excessives (« over-shooting »).

Jaseur Sausset red

>>>>>>>Jaseur boréal au parc du Sausset (93)  

.

Pour les passereaux (87 espèces, quand même….), on va retenir le Jaseur (en particulier lors de la dernière invasion de 2004-5) , 2 Cincles au même endroit à 20 ans d’intervalle ( !…), la Locustelle tachetée de passage en automne 2004, les 4 Pouillots (eh oui…même le Bonelli !), la Pie-grièche écorcheur vue 2 fois au 21ème siècle, et, pour terminer, 5 espèces de Bruants ! Il faut quand même relever que leur statut est très différent, le Bruant zizi est le seul nicheur ( inattendu, isn’t it ?), le Bruant mélanocéphale sans doute un échappé, les 3 autres (jaune, des roseaux et proyer) n’étaient que de passage…

 Le tout a quand même une certaine gueule , pour une ville où il n’y a que des pigeons et des moineaux, non ?

   

22/06/2008

Le mystère des sternes de Gennevilliers perdure….

 J’ai déjà présenté le mystère que représente la présence de Sternes pierregarin dans la proche banlieue de Paris (texte lisible à http://lesoiseauxenville.skynetblogs.be/post/4700536/le-mystere-des-sternes-dile-de-France )

.

Sterne PG Gennevilliers en vol2 juin 08 red

Je suis retourné aujourd’hui 21/6 pour voir si je pouvais lever un coin du voile sur les sternes du port de Gennevilliers (92) : j’ai donc pris ma monture favorite (mon vélo pour les petits nouveaux…..) et j’ai remonté d’abord le canal St Denis jusqu’à rejoindre la Seine en face de l’Île St Denis, ce qui m’a permis de voir déjà 2 sternes. J’ai ensuite longé la Seine par la rive droite (balade très sympa sous les arbres et près de l’eau et sans voiture !…. atmosphère assez rare aussi près de Paris ! ). Le but était d’atteindre Argenteuil pour dominer une partie du site où des Sternes sont régulièrement observées . Pour ceux qui ignorent à quoi peut ressembler ce genre de port, voici une vue partielle de ce coin…..ça évoque bien peu le joli port de mer où vous alliez en vacances avec vos parents, ni les bords de Loire où niche cet élégant oiseau !

.

Sterne PG site Gennevilliers juin 08 red

 

Et pourtant, elles sont là ! Elles tournent au-dessus de l’eau, pêchent parfois un poisson, disparaissent derrière un des tas de sable que vous pouvez voir sur la photo….Je ne peux pas tout voir, mais rien n’indique la présence de jeunes que nourriraient les parents….La présence d’au moins 120 Goélands argentés rend aussi la présence d’une zone de nidification bien problématique….

 .Sterne PG Gennevilliers en vol juin 08 red

>>>>>Je traverse la Seine, contourne la zone du port, bien difficile à pénétrer ! Rien de nouveau vers le site évoqué précédemment que je peux voir par l’autre face. En revanche une zone où j’avais vu des sternes les années précédentes est accessible et j’y retrouve 6 sternes…..mais sans doute non nicheuses ! Elles somnolent sur le bord d’une barge, pêchent de temps en temps, mais alors elles avalent le poisson, sans penser à l’apporter à un quelconque poussin !

Voici le paysage, là aussi assez peu poétique…..

.

Sterne PG site Gennevilliers2 juin 08 red

Sterne PG Gennevilliers sur barge juin 08 red

Alors ?….. je pencherais pour des estivantes non nicheuses ou des nicheuses dont les couvées ont été détruites (par les Goélands évoqués plus haut ?). Hypothèses qui seront à réexaminer si on voit apparaître des jeunes début juillet comme ce fut le cas en 2005….