22/06/2014

On voit mieux de là-haut !

Aujourd'hui les photos nous viennent d'Annie Hentzy que je remercie beaucoup, grâce à Jean Hénon, que je remercie tout autant de nous avoir mis en rapport :-)

J'ai déjà parlé souvent de la facilité avec laquelle le Héron cendré s'est accoutumé à nos villes et à leurs habitants. J'avais déjà cité l'exemple d'Amsterdam, qui fut pour moi la première ville où j'avais pu constaté ce caractère. Ces photos, prises en avril 2011, montre qu'il ne recule devant aucun type de perchoir...

Héron-Amsterdam_Annie-Hentsy (1)red.jpg

 

Jamais bien loin d'un canal ( on est à Amsterdam...), il s'est quand même un peu éloigné pour se poser sur le toit de cette voiture qui ne s'attendait certainement pas à cet honneur...

Héron-Amsterdam_Annie-Hentsy (3)red.jpg

 

Que peut-il surveiller du haut de ce perchoir ? Je n'en sais rien... mais il semble le faire sérieusement !

12/05/2014

La place est chère !...

Voici encore des images venues de Annaba ( Algérie), grâce à Imed Djemadi à qui on devait déjà des photos de passages de grues cendrées en vol au-dessus de sa ville.

Cette fois-ci, Imed détaille l'utilisation faite par les oiseaux d'un climatiseur placé dans le mur d'un immeuble. Les interstices, assez larges il faut le reconnaître, ont été mis à profit par des moineaux qui y ont construit 4 nids !

Nids_Moin eaux-Martinet maison (1)red.jpg

On reconnait les oeufs de moineaux à leurs taches brunes sur fond crème 

Nids_Moin eaux-Martinet maison (4)red.jpg

 

Il y a donc 2 nids de Moineau domestique ( les mêmes que chez nous au nord de la Méditerranée ), un nid de Moineau espagnol ( comme le précédent avec le capuchon brun chocolat et une poitrine fortement rayée de noir), et un nid qui a été squatté...

Nids_Moin eaux-Martinet maison (2)red-pivotée.jpg

Les oeufs sont plus gros, plus allongés, presque blancs, sans taches brunes, au nombre de deux, mais bon sang, c'est bien sûr ....

Nids_Moin eaux-Martinet maison (3)red.jpg

 .... un Martinet des maisons !

Bon, ça ne saute pas aux yeux que ce n'est pas notre bon vieux Martinet noir qui existe aussi en Algérie. Il faut donc en croire Imed qui a certainement vu son croupion blanc qui le fait un peu ressembler à une Hirondelle de fenêtre alors que "notre" Martinet noir n'a de clair que la gorge, et encore faut-il avoir un bon éclairage pour le voir !

Ce nid est bien un nid de moineaux qui est squatté par le couple de Martinet des maisons : comme tous les martinets, celui-ci ne construit pas de vrais nids mais ne dédaigne pas un  nid tout préparé....

Le Martinet des maisons est une espèce tropicale qui niche aussi dans quelques secteurs isolés d'Afrique du Nord, dont la région de Annaba.... Bienheureux annabi qui ont 4 espèces de martinets dans ou à proximité de leur ville (noir, pâle, à ventre blanc et des maisons) !

23/04/2014

Un héron admis à Normal'Sup !

J'avais raconté il y a quelques années (voir le billet "Le héron des bassins") l'histoire de ce héron qui avait découvert que le bassin minuscule présent dans une cour d'immeuble près du Val de Grâce (75005) contenait des poissons, d'autant plus faciles à capturer que l'eau était claire et qu'il n'y avait pas d'abri. 

A une centaine de mètres de là, quelques années plus tard, un autre (ou le même...) a décidé qu'il n'y avait aucune raison que ce haut lieu de l'intelligence française qu'est l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm soit interdit aux oiseaux "au long bec, emmanché d'un long cou" ! On y trouve en effet une cour, avec un bassin ...

HéronUlm_cour-Ernest.jpg

photo Marie-José Leroy

Dans ce bassin il y a des poissons... mais pas n'importe quels poissons : les Ernests ! Ils tirent leur surnom, selon les sources, du prénom d'un ancien directeur de l'Ecole ou de l'historien Ernest Lavisse. Ce sont en tout cas des éléments suffisamment importants pour qu'on ait donné leur nom à des entretiens tout ce qu'il y a de sérieux organisés à l'ENS (http://www.les-ernest.fr/)

Donc voilà notre héron entré à Normal'Sup, ou plutôt posé dans la cour aux Ernests, comme tout normalien qui se respecte dès qu'il fait beau...

HéronUlm_bassin (1).jpg

photo Marie-José Leroy

  Le voici donc en position de réflexion, analysant le grave problème de son estomac : être à moitié plein ou rester complètement vide ? Après avoir examiné de près la situation, il a considéré qu'il n'avait aucune chance s'il restait sur le bord : il a donc essayé une meilleure place...

HéronUlm_bassin (2).jpg

photo Marie-José Leroy

Mais là c'est l'atterrissage qui s'est révélé délicat. Il a cependant réussi et en a profité pour... prendre une douche ! Ensuite il a utilisé la technique du plongeon pour capturer un des Ernests. C'est bien la preuve que roupiller, pardon réfléchir, au soleil de la cour aux Ernests rend intelligent !

Merci à Marie-José Leroy pour les informations et les photos !

27/03/2014

Le Héron des Buttes

On dit souvent qu'un des avantages de l'ornithologie urbaine c'est que les oiseaux sont moins farouches et se laissent facilement approcher... En voici une illustration, ou plutôt 5 illustrations prises ce matin au parc des Buttes-Chaumont ( Paris 19ème)

BChaumont_27mars14 red1.jpg

Il y avait comme d'habitude un Héron cendré, qui niche sans doute à La Courneuve, quelques kilomètres au Nord-Nord-Est de Paris.

BChaumont_27mars14 red2.jpg

Parfaitement habitué au public, il se perche souvent au départ de l'ancien embarcadère.

BChaumont_27mars14 red3.jpg

Je ne pense pas que ce soit l'effarouchement qui le fit s'envoler, plutôt l'envie de se dégourdir les ailes !

BChaumont_27mars14 red4.jpg

La preuve, il a fait un petit tour puis est revenu à son point de départ ! Au passage, remarquer le décollement des couvertures ( grises) par rapport aux rémiges ( grandes et noires) : cela permet sans doute de réduire les turbulences de l'air autour des ailes...

BChaumont_27mars14 red5.jpg

C'est comme pour un avion : après avoir ouvert les volets de l'aile, on sort le train d'atterrissage !

(en fait, un avion sort son train d'atterrissage avant d'ouvrir les volets, mais il ne s'en sert qu'après ....)

22/03/2014

Autre migration de grues au-dessus d'une ville

J'ai raconté récemment que des grues étaient passées au-dessus de Paris ( et de toute l'Île de France ) le 24 février dernier.

J'ai reçu depuis d'autres photos venant cette fois-ci d'Algérie, plus précisément d'Annaba ( ex-Bône), dans le N-Est du pays, près de la mer. 

Grues Annaba_red1.jpg

Les photos sont d'Imed Djemadi, qui travaille sur les oiseaux de la ville. 

Ces grues viennent des Hauts-Plateaux, principalement du secteur d'Oum-el-Bouaghi au SE de Constantine et elles vont rejoindre la voie italienne qui les mènera, par la Hongrie, vers le N-Est de l'Europe.

Grues Annaba-red-retaillé2.jpg

Les grues ne voyagent en effet pas sur un front très large comme les hirondelles par exemple. Elles se concentrent en voies migratoires assez précises : celle qui concerne la France va du Pays Basque au Luxembourg en passant par les Landes le centre de la France, le lac du Der et la Lorraine. Une autre voie nouvelle se crée en ce moment reliant la Camargue, la Suisse et le sud de l'Allemagne pour aller plus au nord. Celle qui passe par Annaba traverse une largeur non négligeable de Méditerranée alors que la voie venant du Nil longe la côté du Proche-Orient pour passer au-dessus de la Turquie vers la Russie.

Au cours de ces trajets, les grues font attention à ne pas survoler de mer, du moins le moins possible. En revanche, elles survolent les villes sans s'en soucier...

25/02/2014

Ca migre au-dessus de Paris !

Hier 24 février 2014 a été une superbe journée pour les migrations de Grues en Île de France : des milliers d'oiseaux ont traversé le ciel francilien en provenance du sud-est (près de 3000 comptées depuis une butte de l'est de la région, ce qui est peu par rapport aux 60 000 grues qui sont passées dans la même journée en Brenne !....). Il y en a eu dans toute la région parisienne, mais plus dans la moitié sud-est de la région.

Grue grand vol red.jpg

Ces grues passaient au-dessus du Der et non en région parisienne...

Paris n'a pas été privé de ces passages puisqu'au moins 14 vols ont été notés, surtout la nuit, mais certains vols ont été notés de jour comme la centaine qui est passée vers 12h30 au-dessus de l'Hotel Matignon (merci à Cécile Lazaro pour l'information !).

On peut faire deux remarques : - hasard ou début d'une tendance, cela fait 2 années de suite que des vols importants sont observés au-dessus de l'Île de France au printemps, alors que les voies habituelles de ces oiseaux passent plutôt 150 km plus à l'est, au-dessus du lac du Der

                                           - l'an dernier le passage spectaculaire avait eu lieu les 4 et 5 mars. Cette année, les grues ont 8 jours d'avance.

Grue red.JPG

L'avantage du Der, c'est que les Grues volent plus bas qu'à Paris !...

Mais  ce ne sont pas les seuls oiseaux qui sont passés en migration spectaculaire au-dessus de Paris ces derniers jours...

Migration d'Oies_22fev2014-rue VdTemple1.jpg

Bon, d'accord... mais qu'est ce qui prouve que ce superbe vol d'oies sauvages (probablement cendrées si on ne tient compte que de la fréquence de l'espèce...) n'a pas été pris aussi au Der ou en baie de Somme ?... Jacqueline Lejeune, une de mes fournisseuses régulières de photos et d'observations m'en a donc envoyé une plus probante...

Migration d'Oies _22 février 2014-rueVduTemple-recadrée-red.jpg

 Oui, elle est moins jolie que la précédente, mais là on voit bien qu'on est en ville... plus précisément rue Vieille du Temple samedi 22 février !

Je l'ai déjà dit, du point de vue des migrateurs au long cours, Paris n'est qu'un point dans la France qu'ils traversent sans trop s'occuper de ce qu"il y a sous eux ! C'est pourquoi on peut voir (et on a vu....) à peu près n'importe quoi en migration au-dessus de Paris ! J'ai signalé en leur temps, le Circaète, la Spatule, les Grandes Aigrettes, la Cigogne noire et tant d'autres quand ils ont été observés (voir les billets de la catégorie "Les saisons à Paris" dans la colonne de droite).

Alors, ne dormez que d'une oreille et ne laissez jamais vos jumelles très loin de vous, même en ville !

20/02/2014

Il m'avait attendu !....;-)

J'ai donc connu la mésaventure que redoute tout ornitho : partir juste au moment où une rareté s'installe près de chez vous... J'étais en Lorraine quand Gael Martin a annoncé l'observation d'un Grèbe esclavon en plein centre de Pantin !

Mon train de retour arrivait lundi dernier à 17h30 gare de l'Est, je suis arrivé chez moi vers 18h et à 18h10 j'étais au port de Pantin... devant la rareté ! Je ne voulais pas perdre de temps... et j'ai bien fait !

Il était sur le point de se coucher.... Il terminait sa toilette, se mettait la tête dans les plumes puis se réveillait et recommençait sa toilette. Une chose m'a frappé : la différence entre le côté droit et le côté gauche de l'oiseau... Les photos prises par Y.Gestraud vont me dispenser d'explications supplémentaires :

Esclavon_Gestraud-DetG.jpg

On dirait qu'il a commencé à muer à droite alors que le côté gauche est encore en plein plumage internuptial ! On voit une zone orangée se former à la gorge et des plumes sombres apparaître au milieu de la joue.

Dommage, on ne pourra pas suivre l'évolution du plumage : il semble bien avoir disparu dès le lendemain... On dirait qu'il m'avait attendu avant de partir !