05/03/2015

Le pèlerin parisien a pondu !

C'est quand même fantastique le caméra vidéo ! Celle posée par la Mission Rapaces de la LPO sur le nichoir de la cheminée de Beaugrenelle a montré que pour la 3ème année le Faucon pèlerin a pondu à Paris le 4 mars à 3h du matin !

Pelerin_ponte2015BeaugrenelleLPO.jpg

Y en aura-t-il un 5ème ? Faîtes vos jeux....

...et suivez les résultats sur http://rapaces.lpo.fr/faucon-pelerin/suivi-par-camera

24/11/2014

Les étourneaux se mettent au chaud

On parle régulièrement des dortoirs d'étourneaux, pour la beauté des vols d'approche ou les problèmes posés par leurs cris ou leurs fientes. J'ai évoqué sur ce blog le dortoir qui s'était constitué à la BNF de Paris il y a quelques  années

http://lesoiseauxenville.skynetblogs.be/archive/2010/12/18/les-dortoirs-urbains-d-oiseaux.html

http://lesoiseauxenville.skynetblogs.be/archive/2008/01/05/tu-viens-dormir-a-la-bnf.html

Un des points importants dans le choix par les étourneaux d'un site de dortoir est l'abri qu'il peut fournir contre les mauvaises conditions climatiques (froid et vent principalement). De ce point de vue, la "forêt" de la BNF est assez exemplaire mais..... des étourneaux belges ont encore trouvé mieux !

Dans un article paru dans la revue Aves il y a quelques jours (*), Jacky Wuelche décrit le cas d'un dortoir qui s'est établi à l'intérieur d'un bâtiment d'une cimenterie à Gaurain-Ramecroix, 6 km à l'est de Tournai et 30 km à l'est de Lille (ce n'est pas en ville, mais c'est quand même une histoire de bâtiment...).

Etourneau_dortoir-interne_JWuelche2.jpg

Pourquoi rester dehors quand on peut se mettre à l'abri ? photo J.Wuelche

Quelques pionniers, imitant peut-être les 4-500 pigeons qui utilisaient ces bâtiments, se sont installés en 2003 dans un bâtiment en hauteur quasiment jamais visité puis les choses se sont emballées et en 2005 ce furent pas moins de 5000 étourneaux qui utilisaient 2 bâtiments et une tour pour la nuit. Le problème des fientes a provoqué quelques effarouchements qui ont été efficaces mais provisoires... et les étourneaux reviennent chaque hiver avec des maxima entre septembre et novembre et en février-mars (probablement à cause des passages migratoires, remarque perso).

 

 

  Etourneau_dortoir-interne_JWuelche1.jpg

 

 

Et en plus en se serrant, on se tient chaud.... photo J.Wuelche

L'arrivée se fait comme toujours pour cette espèce en plusieurs temps, les oiseaux formant des pré-dortoirs rassemblant de plus en plus d'oiseaux au fur et à mesure que l'heure du dortoir approche, finissant par rejoindre la cimenterie par des vols spectaculaires dont je ne résiste pas à vous mettre un lien vers une vidéo en montrant un exemple particulièrement démonstratif !

 

Etourneaux-video.jpg

 

https://www.youtube.com/watch?v=XH-groCeKbE

Cette stratégie d'approche progressive n'a pas empêché un épervier de repérer la manne et d'y faire ses emplettes...

(*) Un dortoir d'Etourneaux sansonnets Sturnus vulgaris dans un bâtiment fermé. Jacky Wuelche Aves 51-3 (2014) p. 185-188

12/11/2014

Un duplex avec vue imprenable

L'adaptation à de nouveaux sites de nidification est une des caractéristiques de l'ornithologie urbaine.  Des objets nouveaux apparaissent aux yeux des oiseaux et certains plus débrouillards que les autres y trouvent des possibilités nouvelles.

Colombin-Grue_pteChaumont-red.jpg

 

On peut donc imaginer qu'un jour, un Pigeon colombin a regardé une grue et c'est dit : "Mais au fait, ce serait sympa d'avoir un appart' avec paysage tournant !" et il a regardé de plus près ce curieux objet métallique. Il n'a pas tardé à remarquer que les contre-poids de béton comportaient un trou de la même taille que ceux qu'il apprécie dans le tronc des vieux arbres.... et dans certains cas il y en a même deux !

Colombin-Grue_pteChaumont-rec-red.jpg

Ces contre-poids de grue sont depuis devenus des sites très recherchés par les colombins parisiens ( et je pense dans d'autres villes....) au point qu'il est rare de trouver un groupe de grues sans qu'au moins une soit occupé par un colombin ! La question est la durée du séjour de la grue et donc de la possibilité de mener à bien la nidification.

Rappelons qu'un cas beaucoup plus rare a été observé en 2012 : un couple de Faucon crècerelle a niché dans le contrepoids d'une grue dans le 13ème arrdt parisien ( Passer 46 - 2012)

14/10/2014

Les Grands-Moulins ont la cote !

J'ai eu l'occasion de parler du jardin des Grands-Moulins ( jardin Abbé-Pierre de son vrai nom) sur ce blog car une Pie-grièche écorcheur et un Phragmite des joncs s'y étaient arrêtés cet été (pour vous rafraîchir la mémoire cliquez ici ) .

C'est une très joli jardin, aménagé très récemment au sud-est de la Bibliothèque F.Mitterrand, Paris-13ème, qui présente des pelouses bordées de haies qui rappellent un bocage et une zone humide où des rousserolles effarvattes ont déjà niché !

Gds-Moulins_red2.jpg

Cette fois-ci c'est un Torcol fourmilier qui a choisi ce jardin pour s'y arrêter au cours de sa migration.

Torcol1-recad-red.jpg

 C'est un oiseau de la famille des pics ( 2 doigts devant, 2 doigts derrière), devenu assez rare dans le Nord de la France et qui présente de nombreuses particularités. Déjà un pic migrateur, ça court pas les rues ! 

 

3feuilles-mortes-recad.jpg

Ensuite, sa couleur : les pics européens sont bariolés noir/blanc/rouge ou plus ou moins verts, lui il est brun, couleur feuilles mortes... parfaitement mimétique quand il est au sol. 

4serpent2.jpg

   Je trouve même que, quand on ne voit pas sa tête et qu'il se déplace dans l'herbe, on dirait un serpent....

5serpent5.jpg

Vous ne trouvez pas ? C'est d'ailleurs de là que lui vient son nom : quand on a le plaisir de l'avoir en main (pas sûr que le plaisir soit partagé, d'ailleurs...) il n'arrête pas de tourner son cou à droite puis à gauche, il se tord le col, ce qui lui donne vraiment l'allure d'un serpent.... Sans doute espère-t-il effrayer ainsi son ennemi !

2Damier-recad.jpg

Autre particularité, de cet individu cette fois-ci : il n'est absolument pas farouche : il se laisse approcher ( ou il s'approche lui-même !) à moins d'un mètre.... Regardez l'angle sous lequel est prise cette photo, cela vous laissera imaginer la distance à laquelle était l'oiseau ! Cela s'explique par son âge : c'est un jeune de l'anné&e, comme la couleur de l'iris le montre ( euh, heureusement qu'on me l'a dit !).

Vous comprenez pourquoi, cette fois-ci, j'ai pu utiliser mes propres photos pour illustrer ce billet... c'était trop facile !....;-)

En tout cas c'est sans doute le Torcol le plus photographié du Monde !

 

14/09/2014

Les progrès de la junk-food chez les oiseaux

Commençons par une image assez classique de Corneille

Corneille_BoiteBurger-rec-red.jpg 

 Juste pour le plaisir de montrer des oiseaux qui savent lire....;-)

Plus sérieusement, je suis persuadé que les corneilles sont capables de reconnaitre les boites de burger et de les ouvrir pour voir s'il y a quelque chose !

Ce matin, au bord du lac de Créteil, un rassemblement d'oiseaux d'eau autour d'un lieu  de nourrissage... essayez de reconnaître toutes les espèces présentes...

Anatidés-divers_Créteil-red.jpg

Bon évidemment, Bernaches du Canada, Cygne tuberculé, Canard colvert et Foulque macroiule ne sont pas très étonnants, mais ce joli canard qui s'ébroue, vous le  reconnaissez ?

Chipeau-ebrouemant_Créteil-rec.jpg

Quand il s'envole il montre le meilleur critère pour le reconnaitre : le miroir blanc sur l'aile !

Chipeau-envol_Créteil-red-rec.jpg

C'est donc un Canard chipeau, pas fréquent de le voir venir au pain !

Encore plus étonnant, ces deux Grèbes huppés, un adulte et un jeune, que viennent-ils manger ?

Grèbe-huppé-et-jeune_nourrissage_Créteil (1)red.jpg

Pas du pain (quand une dame viendra apporter du pain, ils s'éloigneront du groupe d'oiseaux venus manger), mais quoi ?

Grèbe-huppé-et-jeune_nourrissage_Créteil-red-rec.jpg

En tout cas le jeune suit l'exemple de l'adulte en venant gratter du bec dans les crottes de Bernaches. Nous n'aurons pas eu la réponse...

12/08/2014

Des touristes ailés

L'été est chez les oiseaux la saison de la dispersion des jeunes après leur émancipation et le mois d'août marque le début des grandes migrations pour les migrateurs transsahariens. Deux raisons qui expliquent la présence ces derniers jours à Paris d'oiseaux inhabituels. Cela a permis à un jardin très récent, le jardin des Grands Moulins ( ou jardin Abbé-Pierre), dans le 13ème, de jouer les vedettes...

Jardin GdMoulin_bocage-red.jpg

Depuis jeudi 9 août en effet une Pie-grièche écorcheur juvénile y séjourne : c'est seulement la 4ème observation de cette espèce dans Paris ( après 1965, 2004 et 2005)! Cet oiseau de bocage trouve dans la moitié nord du jardin un paysage qui lui rappelle son lieu de naissance ! Elle y était encore ce matin 12 août mais semble jouer un peu avec la patience des ornithologues venus à sa recherche : vue jeudi et vendredi, elle n'a pas été retrouvée samedi  matin; dimanche Nicolas Davy a pu la photographier vers 13h alors que d'autres l'avaient cherchée en vain; absente lundi, elle a bien voulu que je la voie ce matin.... Pour une fois que c'est moi qui ai de la chance ! Cela semble indiquer qu'elle fréquente aussi un autre lieu en alternance...

PGE2_Jardin-AbbéPierre_NicolasDavy-rec.jpg

Voici la vedette... photographiée par Nicolas Davy

Ce jardin abrite aussi une zone humide qui possédait une roselière l'an dernier : elle avait accueilli la nidification de la Rousserolle effarvatte. Cette année, la roselière a été arrachée ( pourquoi ?....) mais la cariçaie qui subsiste a attiré cette même semaine pas moins qu' un Phragmite des joncs ( 3ème observation parisienne) et jusqu'à 4 Rousserolles effarvattes (passage migratoire ou naissance locale ?).  

 

Jardin GdMoulin_roselière-red.jpg

La photo date de 2013... y avait encore la roselière !

Comme quoi "il en faut peu pour être heureux "( avec la musique SVP) quand on est migrateur !.... 

03/08/2014

Où l'on reparle des corneilles qui attaquent...

Un article du Parisien (dans son supplément "Le Journal de Paris" ) du 1er aout, copie conforme de celui de Metronews de la même date (en fait c'est surement une seule et même dépêche AFP...), cités par le NouvelObs, annonce que la Mairie de Paris et la Préfecture de Paris ont décidé de classer "nuisibles" les Corneilles de la capitale....

Corneille_UneParisien.jpg

Petite remarque en passant : on ne classe pas un animal "nuisible" comme ça, à la va-vite, sur le coin  d'une table : il faudra attendre 2015 ( le statut est révisé régulièrement) et demander d'abord l'avis de la Commission départementale de la Chasse et de la Faune sauvage et il faudra voir si cela correspond bien à l'une des 3 causes possibles de classement en nuisible :

- dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publique

- pour assurer la protection de la faune et de la flore

- pour prévenir des dommages importants aux activités agricoles forestières et aquacoles.

 

On peut penser que c'est le premier point qui sera avancé : le problème mis en avant est constitué par "les violentes attaques subies par des promeneurs, principalement dans le parc de la Cité Universitaire (XIVè)". Une dame aurait vu des corneilles foncer sur elle, la déséquilibrer et continuer à l'attaquer à terre ! Je n'étais pas là et je n'ai donc aucun argument pour mettre en doute la réalité des faits. Il semble évident que la dame a eu la peur de sa vie et les blessures provoquées par sa chute sont surement bien réelles. Mais on ne classe pas nuisible une espèce sur la foi d'un incident, fût-il traumatisant pour sa victime... 

J'ai déjà abordé dans ce blog le cas de ces attaques de passants par des corneilles (cliquer ici ) et vous savez donc qu'il s'agit presque toujours de défense par les parents du nid et de leurs petits. La reproduction étant maintenant terminée, les parcs vont retrouver leur calme habituel sans que les autorités n'aient besoin d'intervenir...

Il restera toutefois un problème : les corneilles se rassemblent dans les parcs parce qu'il y a des gens qui les nourrissent et parce qu'il y a des poubelles faciles à piller. Et c'est sûr que c'est plus difficile à régler comme problème que de classer l'espèce comme nuisible !

J'ai beaucoup parlé dans ce blog des poubelles "Vigipirate", simple sac de plastique transparent qui est facilement déchiré par le bec des corneilles (taper "vigipirate" dans le moteur de recherche de la colonne de droite pour voir les différents billets sur le sujet). La Mairie de Paris a donc lancé il y a quelques années une réflexion sur un type de poubelle qui réponde aux exigences du plan Vigipirate (transparence, non-projection de débris dangereux en cas d'explosion) tout en limitant les possibilités de déchirer le sac-poubelle. Le modèle retenu est installé progressivement depuis l'an dernier et je suis incapable de tirer le bilan de son efficacité. J'aurais tendance à être sceptique, pour avoir vu des corneilles déchirer le sac, mais peut-être le font-elles moins qu'avant...

Corneille-poublle_red-rec.jpg

Voici le nouveau type de poubelle... et la réaction des corneilles !

 

Une petite remarque : ces troupes de corneilles qui contribuent au sentiment de crainte des parisiens ( ah, combien de fois aura-t-on cité Hitchcock et son film !....), n'ont jamais attaqué personne ! Ce sont des attroupements de corneilles non-reproductrices et on a déjà dit que les attaques sont provoquées par la défense du territoire ou des jeunes des individus nicheurs... Ce sont donc des problèmes qui n'ont rien à voir !