23/03/2008

Combat aérien au-dessus du Marais

Pas grand chose à raconter sur ce WE (glacial....) dans les rues parisiennes....sauf ce qui s'est passé ce matin au-dessus du secteur du Musée Carnavalet (75003)......
Les Goélands argentés du secteur des musées Carnavalet et Picasso s'étaient déjà signalés et étaient postés sur les cheminées des  rues Elzevir et Payenne (un jour de Pâques, y z'ont pas honte....), mais bon rien de particulier....
Je terminais donc mon périple local vers chez "Ma tante" (non, non, elle n'est pas de ma famille, c'est juste le Crédit municipal.....) quand les cris, éloignés mais soutenus, des exilés bretons sus-nommés m'ont fait me retourner pour entr'apercevoir une scène que je n'ai pas bien comprise au début (ça gêne les toits pour avoir une vision globale d'une situation....). Une seule chose était sûre, les goélands avaient décidé d'embêter quelqu'un qui volait..... qqchose de plus gros qu'eux, mais je n'avais pas eu plus de 2 secondes pour déterminer la silhouette ailée qui se débattait au milieu de 10 Goélands, soit sans doute toute la colonie locale (dont un ou 2 immatures).

Héron cendré Regent's Park red
Un cousin londonien en train de négocier un atterrissage délicat....


Heureusement la victime avait l'air d'y prendre goût et , au lieu de continuer son chemin, elle s'est obstinée à boucler au-dessus du quartier, ce qui m'a permis de la revoir et de confirmer ce que j'avais entr'apercu : c'était un Héron cendré qui a décidé de s'en sortir par le haut . Il a donc continé à boucler en montant, écoeurant peu à peu ses poursuivants (le dernier a été un immature). La scène a duré plusieurs minutes avant que le Héron puisse continuer son chemin vers le Nord....pas sûr qu'il ait envie de repasser par Paris , le Héron .....

03/03/2008

Un merle têtu !

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas dans le chapitre "Articles scientifiques résumés" que je place cette histoire, alors que c'est la traduction littérale d'un article de British Birds. Mais c'est une telle histoire que je ne voudrais pas que vous croyiez que j'ai modifié une virgule à ce comte-rendu dont vous remarquerez la sobriété, alors qu'il eût été facile d'en rajouter....

Tout ça pour dire que l'adaptation des oiseaux au monde moderne est étonnante (voir sur la colonne de gauche "Mes articles et publications" puis trouver l'article sur "Des nids à roulettes...ou à hélice")

Des merles font onze tentatives en 6 jours pour construire un nid dans une roue de voiture
Charles E.Trollope
British Birds 100 (dec 2007) 755-756

Au matin du 20 Mai 2006, ma voisine, Mrs. Chris Hayman, remarquait un couple de merles noirs Turdus merula transportant des matériaux vers la roue arrière d'une voiture parquée dans sa voie privée. L'après-midi, elle retira un nid partiellement construit du sommet de la roue et le plaça dans une haie toute proche, et le soir elle enleva un deuxième nid. Le matin suivant, un troisième nid avait été commencé, qui fut aussi retiré avant l'utilisation de la voiture. A son retour, la voiture fut rangée à un endroit différent mais, dans l'après- midi, un quatrième nid fut construit, cette fois-ci sur l'autre roue arrière, et enlevé de nouveau. Le 22 Mai, un cinquième puis un sixième nid furent retirés de la roue de départ puis, le 23 Mai, le septième nid a été commencé et, bien qu'il fût loin d'être terminé, un oeuf avait été pondu. Le nid, avec l'oeuf, a été déplacé vers un site qui avait déjà été utilisé avant, dans un rosier grimpant Rosa et un Jasmin Jasminum... L'après-midi et le 24 Mai, les huitième, neuvième et dixième nids furent retirés; il y avait aussi les signes de deux tentatives sur la roue d'un deuxième véhicule dans la voie. A 6h le 25 mai, les merles transportaient du matériel du septième nid pour commencer leur onzième tentative. La voiture fut utilisée ce matin-là et revint l'après-midi mais, en fin de compte, le 26 Mai, les merles comprirent la leçon et, avec les restes du septième nid, un douzième nid fut construit dans la haie de conifères où  la plupart des nids avaient été placés. 

05/01/2008

Tu viens dormir à la BNF ?

De nombreuses espèces d’oiseaux, surtout des passereaux, ont l’habitude de se rassembler pour dormir , surtout en dehors de la période de reproduction, en dortoirs de taille plus ou moins importante. Les plus importants se comptent en millions d’individus : 40 millions de Pinsons du Nord se rassemblaient dans un bois suisse il y a quelques années ! Ce sont aussi par millions qu’on compte les hirondelles rustiques venant dormir dans la zone d’Herbe à éléphant de la région d’Ebbakem au Nigeria. Certains ont de curieuses habitudes pour dormir tranquille : les bergeronnettes grises apprécient les arbres des places bruyantes et éclairées, souvent près des gares !

Les étourneaux ont toujours formé des dortoirs, en général dans un bosquet à l’abri du vent ou dans des roselières. Depuis quelques dizaines d’années, ils ont découvert qu’en ville on pouvait trouver des endroits plus abrités qu’à la campagne et qu’en plus il y faisait moins froid ! Nombreuses sont les villes qui ont vu, sans aucun plaisir…., les arbres bordant certaines de leurs rues se charger d’oiseaux venus souvent d’Europe centrale ou de Russie ! Les voitures qui sont garées sous ces mêmes arbres n’apprécient pas non plus…..

Dortoir BNF1red

A Paris, le problème des carrosseries ne se pose pas, puisque les étourneaux ont jeté leur dévolu sur le petit bois qui est enchâssé dans l ‘esplanade de la Bibliothèque Nationale de France, le long de la Seine face au parc de Bercy. Il y avait depuis plusieurs années un dortoir de Pigeons ramiers (1300-1400 oiseaux en 2002 et 2003) mais ceux-ci ont fui devant l’arrivée de milliers d’étourneaux ! Pendant les hivers 2003-2004 et 2005-2006 le record a sans doute été atteint avec environ 50 000 oiseaux , estimation très approximative !….

Les bons jours, le scénario se déroule de la manière suivante : les étourneaux arrivent par petits groupes qui vont se rassembler sur des points de « rendez-vous secondaires », en particulier les immeubles au NW des voies SNCF et les arbres du parc de Bercy. Quand tout le monde est là, les groupes convergent vers la BNF et c’est la folie la plus totale : des volutes d’oiseaux tournent et s’entrecroisent, formant dans le ciel des anneaux mouvants qui se rapprochent puis s’éloignent brusquement, le changement d’orientation des ailes qui se fait de manière quasi simultanée produit un changement de couleur immédiat comme un banc de poisson ! Les oiseaux se concentrent et c’est une boule noire qui semble léviter au-dessus de l’esplanade, ils se déconcentrent et le ruban s’éclaircit en semblant rebondir sur une tour avant de plonger vers le bois et de repartir en chandelle vers les sommets….

Dortoir BNF2red

Inutile de dire que l’ornithologue qui avait essayé de commencer à compter les oiseaux abandonne complètement tout espoir d’une estimation crédible…..De toute façon , le spectacle est trop beau et ce serait dommage de le rater pour compter des oiseaux qui refusent ostensiblement de l’être !

Buse Harris red
 

Ce spectacle fantastique a son revers : ces oiseaux font – comme tout le monde – des crottes et l’accumulation (quelques grammes par oiseau donnent des centaines de kilos par jour….) du guano a des effets négatifs sur les arbres qui tentent courageusement de pousser dans cet endroit ! L’administration de la BNF a donc demandé à des fauconniers d’intervenir pour chasser les oiseaux . Le 23 janvier 2006, on a donc vu arriver plusieurs Buses de Harris, rapace américain qui a l’habitude chasser en groupe, qui ont tenté de donner la chasse aux étourneaux au moment où ils arrivaient. Quelques oiseaux ont même été capturés par les Buses. Mais l’effet dissuasif a aussi été puissamment augmenté par l’usage de pétards et de drapeaux agités au moment les étourneaux essayaient de se poser …..Le bilan immédiat a été positif pour les auteurs de l’opération puisque le lendemain, il y avait à peine quelques centaines d’étourneaux qui essayaient de venir dormir…


 

Mais l’opération nécessiterait d’être renouvelée tous les ans au moins : pour preuve, les photos d’étourneaux de ce message ont été prises hier !… ;-)

Pour voir des scènes étonnantes (tournées en Californie) de vols d'étourneaux au dortoir, cliquez sur ce lien

Pour en savoir plus sur le problème des étourneaux en ville et les solutions possible : http://w3.rennes.inra.fr/etourneau/

Pour assister à l'arrivée des étourneaux, soyez sur place en gros 20mn avant l'heure du coucher du soleil, soit 16h45 pour demain.

19/12/2007

Un conte de (presque....) Noël

Une histoire d'observation comme un ornitho parisien n'ose pas en demander au Père Noël...
Le 19 janvier 2004,Julien Norwood observait sur la façade de la Galerie d'Evolution du Muséum d'Histoire Naturelle un...Tichodrome échelette, oiseau qui ressemblerait à un gros Grimpereau gris à ailes rouges ! Habituée des falaises montagnardes, l'espèce vient régulièrement en plaine pour passer l'hiver et choisit alors ce qui lui rappelle le mieux ses rochers naturels : les façades des monuments ! Le Ticho (autant dire que depuis cette histoire on est devenu familier !....) a en particulier été vu sur les cathédrales les plus célèbres de France dont Notre-Dame et la cathédrale de Chartres, entre autres.

Ticho_dessin JYB red

Dessin de J-Y Barnagaud à la suite des obs du Panthéon

.

L'oiseau-papillon (quand on l'a vu, on comprend la métaphore !) a ensuite disparu de la chronique ornitho parisienne, malgré les recherches de quelques doux rêveurs (dont votre serviteur....) qui ont cherché à retrouver l'oiseau rare au Muséum mais aussi sur d'autres monuments dont N-Dame et le Panthéon.
C'est à Emmanuel Roy qu'est échu le privilège (et le coup d'oeil !) de retrouver l'oiseau, un soir de février, allant se poser sur le Panthéon. La nouvelle a vite circulé et l'oiseau a été revu de plus en plus régulièrement sur le même monument, où il avait pris ses habitudes nocturnes : il venait y dormir. On n'a jamais su où il était dans la journée ! Le nombre d'ornithos plantés devant cette église (la première destination de la chose....) massive et - pour tout dire - fort moche a cru régulièrement au point d'inquiéter la maréchaussée et de vexer les personnalités politiques locales qui, en sortant de chez elles, étaient dédaignées par ce qu'elles croyaient être des journalistes (téléobjectifs obligent !)....

Ticho anneau2
photo J. Wyplosz

.
Internet a vite fait son effet et nous avons reçu des mails de quelques pays avoisinants, ce qui nous a permis de rencontrer des collègues belges et anglais venus "twitcher" l'espèce rare ! C'était devenu LE rendez-vous ornitho à la mode....et bon nombre de personnes qui ne se connaissaient que par mails ont profité de l'occasion pour faire connaissance de visu ! L'histoire ornitho retiendra peut-être que c'est en buvant une bière au bistrot du coin (nommé le....Nicot, ça ne s'invente pas !) après le coucher de l'oiseau vedette que les premières discussions sur le lancement d'un Atlas des oiseaux parisiens se sont lancées....

Ticho saturday_night_fever

photo J. Wyplosz

.

Et le Tichodrome ? Début mars, les contacts furent plus rares et il finit par disparaître. L'année suivante, quelques tentatives de le retrouver (après tout, ça l'avait peut-être amusé d'être une vedette....) se révélèrent infructueuses.

Pour voir plus d'images du Tichodrome (et même une vidéo !) il suffit de vous inscrire à Ornitho urbaine, puis d'aller sur "Fichiers" où se trouve le Dossier "Ticho Panthéon fev 2004" où vous trouverez tout ce dont dispose la liste sur la question....

Ticho Profil

photo J. Wyplosz

23/10/2007

Le Héron des bassins.

Vendredi dernier 19 octobre, T.Bara racontait sur Corifdiscus (liste de discussion interne du Corif) l'observation d'un héron en plein Quartier Latin, perché sur ....une antenne de télévision ! La photo jointe rassurait les sceptiques : c'était vrai !


Héron antenne T_Bara red

(photo T.Bara) 

Thierry expliquait sa présence par l'existence d'un bassin à poisson rouge juste en dessous de l'oiseau ...Philippe Rance répondait en racontant qu'à 300m de là le bassin d'une maison de retraite avait été vidé de ses poissons rouges par un héron (le même ?) qui avait ensuite jeté son dévolu sur celui d'une autre maison de retraite à proximité : les poissons n'y doivent leur survie qu'à la présence d'un rocher sous lequel ils peuvent se réfugier !

L'an dernier, pendant les vacances de la Toussaint, un Héron avait aussi repéré le bassin qui "décore" l'entrée du collège où je travaille au Blanc-Mesnil (93). Au retour des élèves, l'échassier avait tenté de rester dans cet endroit si intéressant d'un point de vue nutritif, ce qui avait donné aux élèves quelques sujets d'inattention pendant leurs cours !

Le bruit des récréations avait néanmoins chassé l'oiseau "au long bec emmanché d'un long cou"....De nombreux autres témoignages confirment que ce ne sont pas des anecdotes isolées. C'est la suite d'un long processus d'adaptation du héron à l'Homme (les spécialistes parlent de "synanthropisation" ), commencé en Europe du Nord depuis plusieurs décennies ( une visite à Amsterdam est instructive à ce sujet !) et qui s'étend progressivement à la France : le Héron s'urbanise, comme un vulgaire Goéland ! Il a commencé par les parcs parisiens (voir dans les archives le texte "Les hérons de Paris....et d'ailleurs" du 15 juin 07), il se met maintenant aux jardins...

La photo ci-dessous montre qu'il n'y a pas que le Héron cendré qui a repéré les poissons rouges des bassins.....

Aigrette de bassins red
Aigrette garzette photographiée au Légué (22) par Jean Trillet

(Fichiers de la liste "Ornitho urbaine")

21/10/2007

En direct de ma fenêtre....

Ce dimanche a-midi vers 16h30, après une visite sympa à Montsouris avec Robbert Snep, écologiste urbain néerlandais qui nous a permis de rencontrer deux ornitho-photographes (bonjour Georges-Henry et Deborah !) et d’admirer des perruches au soleil, j’étais en train de corriger des copies devant ma fenêtre ouverte : j’avais déjà été alerté par le cri d’énervement d’une corneille (cri que je traduis habituellement par « Barre-toi d’ma zone ! »…..), mais sans être capable de localiser ni l’émetteur ni la cause. Mes copies corrigées, je réentends le cri et me penche à ma fenêtre, non, ça ne vient pas du robinier en dessous….je vois arriver une puis 2 pies qui s’approche d’une corneille, non…2 corneilles posées au sol : c’était donc ça…..le combat sans cesse recommencé entre les 2 espèces sœurs-ennemies !

epervier à la maison 1 red

 Cependant elles ne semblent pas s’intéresser l’une à l’autre et une des pies se dirige vers une petite masse brun sombre un peu à l’écart , sur l’herbe elle aussi…..Je me précipite sur mes jumelles pour confirmer mon pressentiment : j’étais en train de dominer du haut de mon 8ème étage un épervier juvénile, sans doute femelle, en train de déchiqueter un oiseau (moineau mâle ?). La couleur est un peu surprenante, …. pour moi qui ne connais pas spécialement les éperviers juvéniles, mais quand même je le trouve bien jaunâtre ! Les spécialistes vont j’espère me dire si c’est normal ou pas….

epervier à la maison 2 red

Toujours est-il que les corneilles se rapprochent progressivement, (très progressivement….. semblent pas rassurées plus que ça ! ) de l’épervier qui est bien décidé à défendre sa proie ! J’ai le temps de prendre plusieurs (mauvaises….) photos quand tout à coup c’est parti : une corneille attaque, l’épervier répond, décolle pour poursuivre l’agresseur…. Tout va ensuite très vite : l’autre corneille plonge sur l’endroit où était l’épervier, l’épervier revient et la poursuit  mais la pie fonce sur le même endroit : on dirait une partie de bonneteau : où est le dé ? là ? pas là ? qui l’a vu ?…..pas moi en tout cas : je suis incapable de dire qui a fini par avoir le moineau !

epervier à la maison 3 red

 

13/10/2007

Encore la Chouette des Buttes.....

Ce matin 13/10, aux Buttes-Chaumont, j’ai retrouvé la Hulotte dormant sur le même épicea que la semaine dernière.

Au sol, pas de pelotes mais …une peau de Hérisson ! Ce n’est pas la preuve absolue que la chouette l’a mangé, mais c’est quand même l’explication la plus plausible…..

La prédation par le Grand-duc sur le Hérisson est bien connue, mais pour la Hulotte, elle l’est beaucoup moins ! Cependant le « Birds of Western Palearctic » précise qu’il y a des cas de prédations de jeunes hérissons par la Hulotte…..