30/01/2011

Touche pas à ma bouffe !

Samedi 29janvier, je faisais une petite balade au parc des Buttes-Chaumont (où les observations les plus intéressantes furent un Pic épeichette mâle et une Mésange noire). Comme d’habitude, les corneilles étaient assez nombreuses et bruyantes (même si je n’ai pas vu de troupe importante comme cela est souvent arrivé) et s’intéressaient en particulier aux poubelles en plastique transparent qu’elles savent bien déchirer d’un coup de bec quand elles y voient quelque chose d’intéressant !

Une corneille arrive en vol avec dans le bec une masse blanche que je n’arrive pas à reconnaitre. Elle se pose dans la pelouse et dépose son bien dans l’herbe et le recouvre de feuilles mortes. Sa tâche terminée, elle s’envole et va se poser sur un lampadaire à quelques dizaines de mètres de là.

planque1 rognée.jpg

Ma curiosité m’empêche de la laisser tranquille et je vais voir ce qu’il y a sous les feuilles….

planque 2 red.jpg

..une becquée de riz dont une partie au safran (semble-t-il…) ! Pendant ce temps, la corneille proteste fortement du haut de son lampadaire mais n’essaie pas d’intervenir ( rassurez-vous donc, vous n’allez pas vous faire attaquer par les corneilles pour de la nourriture !).

Je m’écarte de quelques dizaines de mètres pour voir la suite des évènements….qui ne tarde pas à venir ! La corneille s’envole  ….

envol red_redressée.jpg

 

… et rejoint sa planque.

atterrissage red retaillée.jpg

Elle avale quelques grains de riz et remet en place les feuilles en y rajoutant même quelques-unes supplémentaires.

remise en place red retaillée.jpg

Je décide cette fois de la laisser tranquille….

 

 

20/01/2011

Mon truc en plumes,.....

Encore une fois, je vais faire œuvre de fainéant ! Je reprends le texte écrit par Guilhem Lesaffre sur la liste de diffusion « Ornitho urbaine », racontant une observation effectuée aujourd’hui 20/1/11. J’y joins ses propres photos.

« Aujourd'hui, aux Tuileries (Paris), un étourneau récupérait les plumes muées des mouettes (aménagement de cavité?);

Etourneau et plumes 2.jpg

 un peu plus loin, un ramier a eu chaud en dépit de la température frisquette... Une corneille lui avait pincé les rectrices et le pauvre pigeon, par ailleurs encerclé par les copines de ladite corneille, ne parvenait pas à s'envoler. Finalement, les plumes se sont détachées (mue traumatique?), libérant leur propriétaire.

Corneilles et plumes.jpg

La corneille s'est envolée, plumes au bec, et les a déposées sur l'herbe, non loin de là, provoquant un rassemblement de corneilles excitées et criardes dont certaines se sont à leur tour emparées de plumes avant de finir par s'envoler à mon approche. »

Plumes de ramier arrachées par corneille.jpg

Voici en tout cas un témoignage oculaire sur une scène qui a été souvent supposée, mais jamais prouvée : il s’agissait d’expliquer les observations d’oiseaux privées de queue. La première hypothèse qui vient à l’esprit est effectivement un prédateur qui essaie d’attraper l’oiseau par la queue…

Le seul bémol à apporter avant de généraliser trop vite cette explication, c’est l’observation que j’ai faite d’un Vautour fauve sans queue : on imagine la taille du prédateur !.... Il n’est cependant pas impossible que ce soit la conséquence  d’une chamaillerie sur une charogne : les vautours ne se font pas de cadeau entre eux ! Pourquoi pas attraper son rival par la queue ?

01/01/2011

Les nordiques débarquent à Paris !

Avec les diverses vagues de froid, les oiseaux du Nord et de l’Est de l’Europe fuient vers le sud-ouest : on a noté des jaseurs en Ile de France, plusieurs Buses pattues se trouvent aussi en région parisienne. Même Paris et la proche banlieue accueillent des hivernants peu fréquents ou même exceptionels…

Comme souvent ce sont les oiseaux d’eau qui sont le plus sensibles au froid : en cas de gel ils sont obligés de trouver de l’eau libre, ils se rabattent souvent sur les rivières et les pièces d’eau urbaines, un peu plus protégées du froid. En proche banlieue le lac de Créteil est typiquement un étang urbain comme le montre cette photo (avec une troupe de 150 fuligules environ, surtout milouins avec quelques morillons).

Fuligules et immeubles redressé red.jpg

Il accueille régulièrement des hivernants plus ou moins spectaculaires : cette année, il y a eu un Butor étoilé qui a séjourné au moins 2 semaines , un Fuligule nyroca et 2 Garrots à œil d’or . En y passant vendredi 31/12, nous n’avons trouvé qu’une femelle adulte.

Garrot femelle_Creteil311210.jpg

A Paris, l’occasion fait le larron : le jour de Noël, aux Tuileries, Y.Gestraud cherchait les mésanges à longue queue nordiques (voir plus loin) et il a aperçu un vol de canards …Photo réflexe, avant même de savoir ce que c’était : c’est en regardant la photo qu’il a constaté qu’il venait de fixer le passage de 10 Harles bièvres femelles/immatures !

Harles bievres Tuileries 251210.jpg

Mais l’évènement ornitho de la fin décembre est sans conteste la présence de Mésange à longue queue à tête blanche, originaires sans doute du Nord de l’Europe. Une invasion est notée un peu partout dans le nord de la France. Il s’agit de la sous-espèce nominale « Aegithalos c. caudatus              alors que la sous-espèce d’Europe de l’Ouest s’appelle Aegithalos c. europaeus : il faut dire qu’elle a été décrite par Linné au 18ème siècle et le scientifique suédois a évidemment décrit la variété qu’il avait sous les yeux…. C'est pourquoi la sous-espèce ouest-européenne ne sert pas de référence à l’espèce, ce qui n’est pas aussi fréquent que ça….

MLQ_nordique_Tuileries251210.jpg

                                                                       Photo Y. Gestraud

Mais attention, une tête blanche ne suffit pas à être considérée comme « caudatus » : il faut une absence de traces grises sur le cou et un petit bec un peu plus court que les nôtres !... Le moyen le plus simple d’être sûr de soi, c’est d’en trouver plusieurs ensemble : on est sûr qu’il ne s’agit pas d’une variation individuelle… ;-)

Le groupe est d’environ une quinzaine d’individus dont 5 « caudatus » ….mais elles ne sont pas simples à compter car elles bougent tout le temps ! Elles se déplacent beaucoup et ne restent pas toujours aux Tuileries : un ornitho les a suivies jusqu’au pont Alexandre III avant de les perdre : avec les espaces verts qui sont dans le bas des Champs-Elysées, elles n’ont que l’embarras du choix !

Mlq caudatus Tuileries 281210 JB Alemanni red.jpg

                                                                           Photo JB Alemanni

14/11/2010

La Lituanie à Paris

Aujourd’hui encore j’emprunte la matière de ma chronique (et même le titre !) à un ami, Guilhem Lesaffre, qui a fait l’observation dont je vais parler, la photo et les recherches qui permettent de raconter cette histoire….

Il y a 3 ans déjà, je racontais dans une chronique, lisible à l’adresse suivante http://lesoiseauxenville.skynetblogs.be/archive/2007/09/12/les-mouettes-en-vacances-d-hiver-a-paris.html  que quelques fanatiques s’étaient mis dans la tête d’identifier le plus précisément possible l’origine des mouettes qui viennent passer l’hiver à Paris…. C’est un travail de fou (une lettre ou un chiffre sur une bague, c’est pas gros !) mais les résultats sont impressionnants ! Ils ont identifié près d'une vingtaine de pays d’origine (ou d’hivernage : Guilhem a observé une mouette baguée à Barcelone lors d’un hiver précédent ).

Lithuanie mouette baguée 141110 red.jpg

De quelle mouette parle-t-on ? (photo G.Lesaffre)

 

Celle-ci vient de Lituanie et elle a pris ses quartiers d’hiver au Jardin des Tuileries.

 

Lithuanie mouette baguée 141110 rognée.jpg 

L’agrandissement permet de la retrouver ! ( photo G.Lesaffre)

 

Elle porte une bague spéciale qui rend le travail de lecture beaucoup plus facile que les bagues métal habituelles.

La photo ci-dessous montre l’endroit où elle a été baguée…..

Lithuanie photo lieu baguage.jpg 

On remarque au passage qu’en été les adultes ont un capuchon brun chocolat

 

…et contrairement à la première impression, c’est en pleine ville ! Très précisément au centre de Klaipeda, port situé un peu au nord de l’enclave de Kaliningrad

Lithuanie carte lieu baguage.jpg

 

 

C’est même la question à laquelle l’équipe de lecteurs de bagues essaie de répondre : les mouettes nées en ville n’hiverneraient-elles pas préférentiellement aussi en ville ?...

09/10/2010

Les pigeons nageurs

Dans un article publié par Aves ( Belgique), Louis Bronne relate quelques observations, surtout liégeoises, de pigeons (domestiques ou ramiers) se mouillant les pattes ou le bas du ventre dans l’eau d’un canal ou d’un bassin ou même s’y posant carrément pour y rester plusieurs minutes. Dans un cas l’histoire s’est mal terminée pour le pigeon car le poids de l’eau dans le plumage l’a empêché de redécoller suffisamment haut pour sortir du canal où il s’était posé.

Louis discute des raisons possibles d’un tel comportement :  fuir un prédateur ? clairement non, aucun prédateur n’intervenant dans les observations rapportées par L.Bronne. Se rafraîchir ou se désaltérer ? Aucun n’a été vu en train de boire et, si la plupart des observations ont eu lieu par beau temps sec, il y en a eu par temps frais et pluvieux… L. Bronne retient donc plutôt le soin au plumage ou une tentative d’éliminer les parasites. Les pigeons qui ne se trempent que les pattes ou le bas du ventre pourraient connaître le risque qu’il y a à se poser et se mouiller de manière trop importante…

Cet article m’a remémoré certaines observations, personnelles ou relevées sur les listes de diffusion sur Internet, qui m’avaient fait poser des questions qui étaient restées sans réponse…

Pigeon ramier flottant red.jpg

 

Celui-ci hésite.... elle est froide ? (photo prise aux Tuileries)

La plus spectaculaire est celle d’un Pigeon ramier que j’ai observé se posant calmement sur la Seine à l’Allée aux Cygnes (75015) le 17/4/08. Le pigeon s’est laissé dériver au moins 2 minutes et n’a décollé que parce qu’une corneille s’est intéressée de trop près à ce curieux canard… Il faisait frais ( 2°C la nuit-12° le jour) et il avait gelé la veille.

Le 23/3/07, sur un petit barrage au bord du Lot en Lozère, François Legendre voit un Pigeon ramier dériver tranquillement, malgré quelques passages inquiétants pour lui d’un Milan royal puis, après le départ du Milan, décoller et se lisser le plumage tranquillement sur un arbre. Précision météo : il neigeait……

Le 5/6/06, c’est Guilhem Lesaffre qui observe aux Jardins des Tuileries (75001) un Ramier posé sur l’eau d’un bassin, « ramer » avec ses ailes et s’envoler pour se lisser le plumage. Un 2ème s’est ensuite posé sur l’eau pour faire de même. Un autre n’a pas osé se poser mais s’est contenté de frôler la surface de l’eau. C’était le matin, la température de la journée a été de 22°C.

Le 3/2/06, au port de Pantin (93), j'ai vu un Pigeon domestique qui voletait au ras de l'eau, les pattes tendues: il les plonge ainsi que les sous-caudales et les rectrices. Il se repose aussitôt
sur le quai, qu'il arpente nerveusement de droite et de gauche avant de se réenvoler pour recommencer son vol stationnaire, trempage et repose sur le quai. Le manège a recommencé 3-4 fois au moins (c’est moi qui suis parti…). Il était 9h du matin et il gelait !

 

 



Ramiers baigneurs_POPB red.jpg

 

Ceux-là ont pied...froussards va ! ( photo prise à Bercy)

 

Inversement il faisait très chaud quand , le 29/7/01, j’ai vu sur la Moselle à Wasserbillig (Luxembourg) des pigeons bisets et ramiers voleter à la surface de l’eau, sans toutefois s’y poser. 

Vu les conditions météo de certaines observations et l’absence de prédateurs dans la plupart des cas, on ne peut que faire comme L.Bronne et garder l’hypothèse d’un traitement du plumage et/ou de ses parasites.

Ces histoires permettent peut-être de répondre aussi à unes question que j’avais posée plusieurs fois sur les listes : la relative fréquence d’observations de goélands (principalement Leucophée) en train de manger un pigeon mort dans l’eau m’avait fait demander si le prédateur ne poussait pas ses proies à se jeter à l’eau pour les capturer plus facilement….Il semble donc que la réalité soit plus simple : les pigeons seraient déjà dans l’eau, plus ou moins en train de se noyer ou en tout cas trop lourds pour échapper au Goéland….à suivre !

 

 

Louis Bronne  2010. À propos d’observations de Pigeons bisets Columba livia f. domestica posés sur un cours d’eau. Aves 47/3 189-192

 

 

 

 

 

 

27/08/2010

Les oiseaux nous étonneront toujours !....

Pour la rentrée, je me mets doucement au travail...... Je recopie un message envoyé par un correspondant, J-F. Mandelbaum, qui revient du Mexique. La prochaine fois j'écrirai un peu plus.....;-)

Voici une photo prise en pleine ville (Puerto Vallarta, côte pacifique du Mexique) d'une femelle de quisquale à longue queue, qui est allée se poser sur un robinet servant notamment à "brancher" des tuyaus d'arrosage pour arroser le gazon d'un jardin publique, et a dévissé (à peine, biensûr...) avec son bec le joint pour faire sortir l'eau du robinet. Elle s'est ensuite mise au bout du robinet (cf photo en PJ) pour boire le filet d'eau qui en sortait!!!!

 
Quisquale à longue queue JF Mandelbaum.jpg
Pas bête!
 
Bon, évidemment, elle n'a pas refermé le robinet non plus, faut pas déconner... :)

06/08/2010

Les éperviers s'éclatent à Paris

Pour ceux qui auraient raté des épisodes, les premiers éperviers connus comme nicheurs ont été découverts dans Paris intra-muros en 2008 : 3 couples d’un coup ! Un au parc Montsouris, un aux Buttes-Chaumont et un….à la BNF ! Pour plus de détails, vous n’avez qu’à acheter « Les oiseaux nicheurs de Paris » chez Delachaux et Niestlé…. ;-)

En 2009, un seul couple a été retrouvé (à Montsouris) avec un vrai suivi de pro de la famille Gestraud.

Epervier B-Chaumont 040810 Gestraud jeune.jpg
Quand les Gestraud viennent jusqu'aux Buttes-Chaumont, cela ne peut donner qu'une photo sympa !

Cette année on a très vite su (Gestraud obligent…) que les éperviers s’y étaient remis à Montsouris. Ensuite, un photographe animalier de passage aux Buttes-Chaumont est tombé sur un accouplement et des transports de branches d’un couple…mais ensuite on n’a presque jamais revu les éperviers !

Comme d’habitude le mois de juillet permet de lever les doutes et de faire des découvertes :

- on avait bien noté que les observations de l’espèce étaient spécialement nombreuses cette année autour du Père-Lachaise mais sans preuve de rien….jusqu’à ce que P.Suiro observe un couple et un juvénile ! Ca faisait donc le 2ème couple certain…

Epervier rue Lhomond 040810a.jpg

La spécialiste des photos d'éperviers très urbains, Jacqueline Lejeune, a encore frappé !

 

- en revenant de vacances, je vais faire un tour aux Buttes-Chaumont pour voir si l’accouplement a eu une suite : je trouve d’abord une plume d’épervier à l’endroit soupçonné pour le nid….je lève les yeux : je trouve le nid (décoré de plein de duvet blanc) ! Et pour conclure le tout, un cri plaintif me confirme la présence d’un jeune qu’en Geai fait s’envoler (merci !...). J’ai pu l’observer faire longuement sa toilette dans une trouée de soleil.  Revenant le lendemain, je trouve 3 jeunes et en cherchant par terre des plumes, je trouve 2 plumes usagées d’épervier (femelle adulte), une plumée de moineau et quelques plumes de verdiers….et des débris de pétards à la verticale du nid ! Le 14 juillet a dû être pénible pour les jeunes éperviers mais c’est vraiment une espèce qui résiste à tout !

Epervier rue Lhomond 040810 milieu.jpg
Qui aurait deviné la nidification d'un Epervier dans ce genre d'endroit ?.... (photo J.Lejeune)

 

- fin juillet une personne  contacte le Corif  car elle voit dans la cour de l’immeuble où elle travaille, dans le 5ème arrondissement, un rapace qu’elle prend pour un crécerelle. Elle joint une photo que je trouve suspecte….puis elle nous envoie un enregistrement qui ne laisse plus de doute : il s’agit d’un jeune épervier !  J.Lejeune a pu confirmer le 4 août qu’il y avait bien 2 jeunes qui étaient dans un nid situé dans une cour de 20m x 30m avec une dizaine d’arbres,  10 m  au-dessus d’un banc fréquenté quotidiennement ! Même pas peur…. ;-)

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Sans doute plus apeuré qu'énervé, le jeune pousse son cri caractéristique (photo J.Lejeune)

Rétrospectivement on se dit que, si l’espèce est capable de nicher dans ce genre d’endroit, on a bien pu en rater quelques-uns dans Paris !.... En tout cas cette année on en est à 4 couples nicheurs intra-muros , sans parler de ceux des bois autour : Thierry Bara en a trouvé 5 au bois de Boulogne !