21/01/2008

Pas toujours facile de se loger en ville !

La vie en ville rend parfois difficile la construction de nids semblables à ceux qui se trouvent dans la Nature...Les arbres sont moins nombreux que le béton, les arbres sont rarement assez vieux pour avoir des cavités, les fleuves ont rarement des rives en terre , etc. Les oiseaux qui se sont adaptés à la ville ont souvent trouvé des solutions originales à ce problème nouveau.

Dans certains cas, les espèces se sont tellement adaptées à l'Homme, et depuis si longtemps, qu'on a du mal à imaginer leur nid en milieu naturel....Où nichait le Moineau avant qu'il ait rencontré l'Homme il y a quelques dizaines milliers d'années ? Sans doute dans un nid en boule dans un arbre comme le fait son cousin le Moineau espagnol....Qui a vu une Hirondelle rustique nicher ailleurs que dans une construction humaine ? On arrive en revanche encore à voir l'Hirondelle de fenêtre  construire sa coupe de terre sur une paroi rocheuse, que ce soit en falaise marine ou en altitude. Qui sait où nichait le Martinet noir quand il ne nichait pas encore dans les anfractuosités des bâtiments ? Eh bien, c'est dans des trous de vieux troncs d'arbres, comme on le voit encore faire en Corse ou en Finlande !

Ces adaptations se sont passées il y a bien longtemps, mais le phénomène s’est effectué il y a moins d’un siècle pour d'autres espèces : le Pigeon colombin, qui niche dans des trous d'arbres âgés, a découvert les pots de cheminée, qu'on le voit explorer consciencieusement un par un, suivi par la femelle, avant d'en choisir un pour construire son nid. Encore plus récemment, le Pigeon ramier, pourtant adapté depuis plus d'un siècle et demi à la vie parisienne, a mis du temps à trouver d'autres sites pour placer sa plate-forme de brindilles que les branches des arbres : il le construit parfois sur des corniches de bâtiments ou sur un balcon. Il y a aussi quelques cas de corneilles qui abandonnent leurs arbres habituels pour construire sur un toit ou une cheminée , comme sur la photo ci-dessous.

Nid corneille red
La Corneille noire a niché sur cette cheminée au bord du canal de l'Ourcq en 2005

Beaucoup d'oiseaux cavernicoles (= « nichant dans un trou ») ont facilement trouvé des substituts artificiels : les mésanges bleues et charbonnières apprécient les trous de murs ou les boîtes aux lettres. J'ai même vu une Mésange noire nichant dans un trou du mur d'une maison dans le centre d'une petite ville suisse ! Le Grimpereau a l'habitude de nicher sous une écorce décollée du tronc....un original a trouvé une fissure du mur de soutènement du.....Périphérique parisien pour s'y reproduire !

nid grimpereau (montage) red

Oui, c'est bien là qu'à niché le Grimpereau en 2006 ! 

L'hirondelle de rivage a l'habitude de creuser son tunnel dans les rives meubles des rivières (et aujourd'hui des gravières....), mais de plus en plus de rives sont bétonnées, voire recouvertes de palplanches métalliques.... Les hirondelles ont trouvé qu'il y avait des trous dans ces palplanches destinés à laisser s'échapper l'humidité du sol, trous qui permettent de creuser derrière.... C'est ainsi qu'on peut voir des petites colonies dans des sites aussi artificiels que la Seine face à Chinagora (Ivry s/Seine), le canal de l'Ourcq à Bobigny (93) ou l'Oise en centre ville de Soissons (pour plus de détails, cliquez ici pour voir le résumé de mon article sur le sujet).

nid Hriv colonie Ivry red

Les hirondelles de rivage nichent dans ces palplanches métalliques à Ivry s/Seine ! 

 

Le faucon crécerelle, qui niche soit en falaise, soit dans un ancien nid de corvidés quand il est à la campagne, se reporte presque systématiquement sur les bâtiments pour nicher. A Paris, il peut choisir des bâtiments historiques comme  N-Dame ou la Tour Eiffel mais aussi des bâtiments tout à fait banals (cliquez ici pour voir le post consacré au sujet).

Autre oiseau de falaise qui s'adapte aux bâtiments, les goélands ont déjà été traités dans un post précédent (cliquez ici pour le consulter).

Le record de l'originalité est sans doute atteint par certains oiseaux d'eau qui ont jeté leur dévolu sur les toits ! A Riga, ce ne sont pas moins de 7 espèces de rivage qui utilisent les toits gravillonnés traditionnels (Mouettes, Goélands, Sternes, Petit gravelot et Huitrier-pie), mais sans aller si loin, un couple de Sterne Pierre-Garin a niché sur le toit d'un entrepot en banlieue parisienne il y a quelques années et j’ai même entendu dire qu’un couple de Canard colvert avait niché il y a plusieurs années sur la terrasse sommitale du bâtiment de TF1 en bord de Seine !….les petits auraient pris l’ascenseur (dans les bras de leurs sauveurs) pour rejoindre le sol …….

15:20 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/12/2007

Les oiseaux communs de Paris

C'est vrai ça, qu'est ce qu'il y a comme oiseaux dans Paris, à part les moineaux et les pigeons ?

 

.......eh bien d'abord il y a 2 espèces de moineaux et 3 de pigeons ! Surprise, non ?

 

Le Moineau domestique que tout le monde connaît a un petit cousin, le Moineau friquet, dont le sort est assez inquiétant dans son milieu naturel , la campagne : il subit le sort de tous les petits granivores victimes de la disparition des semis de printemps et des haies. A Paris il en existe une colonie au bois de Vincennes et quelques-uns nichent à la Cité Internationale.

Ramier 2 Londres red

Sa tache blanche permet de reconnaître le Ramier de loin  

 

Pour les pigeons, certains touristes du sud de la France sont très surpris quand ils découvrent leur « Palombe » sur les pelouses parisiennes (et même dans  les caniveaux…) . Le Pigeon ramier s’est en effet adapté au milieu urbain avant le milieu du 19è s. à Paris, d’où le  phénomène s’est étendu en Europe du Nord et de l’Est. Mais il n’y a que quelques dizaines d’années qu’il a commencé à en faire de même au sud de Paris….

Beaucoup d’ornithologues sont eux aussi surpris quand ils apprennent que le Pigeon colombin est assez commun à Paris : c’est un oiseau qui niche dans des trous d’arbres en forêt, donc, en voir dans les vieux parcs parisiens, pourquoi pas ? Mais sur les toits ou les antennes (où ne viennent quasiment jamais les pigeons communs) , ça c’est impossible ! Et pourtant….. quand on en a pris l’habitude, on remarque assez facilement ce petit pigeon très élégant en train de faire des courbettes devant sa femelle et inspecter les pots de cheminée pour y nicher .

Parmi les oiseaux communs, les merles , corneilles (ce ne sont pas des corbeaux !) et pies sont connus de tous, les mésanges bleue et charbonnière sans doute aussi, surtout si on a mis un peu de graisse sur le rebord de sa fenêtre….mais qui a déjà remarqué l’accenteur ?

Accenteur chantant Londres red
 Le chant de l'Accenteur permet souvent de le repérer !

Et pourtant, il y a de bonne chance que vous l’ayez déjà vu se faufiler dans le buisson à côté de chez vous sans y faire attention ! A partir de février, vous pouvez surtout le remarquer en train de chanter de sa voix aigrelette, perché sur un buisson ou au sommet d’un immeuble. Il apprécie spécialement les jardins suspendus ou terrasses plantées qui se multiplient à Paris depuis quelques années .Autre oiseau des buissons, le Troglodyte, minuscule boule de plumes brunes avec une petite queue qui rebique mais dotée d’une voix explosive, est moins fréquent que l’accenteur, mais on le trouve dans tous les parcs ou espaces verts dotés d’une quantité suffisante de buissons.

Les bâtiments ont aussi leurs espèces attitrées : en plus des colombins, pigeons et moineaux déjà cités, les constructions sont nécessaires pour les nids de 4 espèces :

- le Martinet noir qui pose ses œufs dans un trou de mur, souvent sous un toit

- l’Hirondelle de fenêtre qui construit son nid en terre sous une avancée du toit, dans une moulure d’une façade ou sous un balcon (ou même un pont…..allez voir le Pont-Neuf à la bonne saison !)

- l’Etourneau sansonnet qui a besoin aussi d’un trou, d’arbre ou de construction, peu importe !

- le Rougequeue noir qui retrouve semble-t-il dans nos façades le souvenir de ses falaises d’origine…

Etourneaux  Londres red

Etourneaux se precipitant sur la nourriture... 

Dans les parcs, on peut trouver évidemment beaucoup plus d’oiseaux, certains moins fréquents (voir la page sur les pics…..), mais d’autres assez faciles à repérer : la Sittelle, seul oiseau à pouvoir descendre un tronc la tête en bas, se nourrit beaucoup de graines, qu’elle va parfois coincer dans les rainures d’une écorce pour pouvoir plus facilement taper dessus de son bec assez solide. Le grimpereau est beaucoup plus discret, couleur écorce, cri très fin, escaladant par à-coups  les troncs pour y chercher une araignée ou un collembole. Le Rougegorge ne niche à Paris que dans les parcs mais la ville reçoit aussi des hivernants qui s’installent aussi dans des squares beaucoup plus petits. Son « tic-tic » sonore le fait repérer assez facilement, alors que la couleur brune de son dos lui permet de passer facilement inaperçu. Et tant qu’à être dans les noms de couleurs : quand vous voyez un mâle de Verdier, vous ne vous demandez pas pourquoi on l’a appelé ainsi !

Profitez de l’hiver pour découvrir ces espèces (sauf les hirondelles et martinets !) : les arbres n’ont pas de feuilles et le nourrissage permet d’en voir certains de plus près !

15:04 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

16/10/2007

De drôles de pèlerins....

Dans les années 60, celui qui aurait annoncé qu'un jour le Faucon pèlerin nicherait en ville se serait sûrement fait traiter de fou !....L'espèce était sur le point de disparaître, non seulement à cause de la destruction systématique des rapaces exercée par les chasseurs  et de la capture des jeunes à l'aire par les fauconniers, mais aussi à cause de l'usage massif d'insecticides organochlorés (DDT par exemple) qui se concentraient tout le long des chaînes alimentaires pour atteindre une dose telle dans les oeufs de Pèlerin (et d'autres rapaces) qu'ils provoquaient leur stérilité. L'espèce a atteint en France un niveau catastrophique : il restait moins de 200 couples en 1970 (pour plus de détails, cliquez ici pour voir le site de R-J. Monneret, LE spécialiste français du Faucon pèlerin ou lire son livre , référence ci-dessous)

Les mesures de protection totale des rapaces et l'interdiction de l'usage des organochlorés au début des années 70 permirent une remontée de l'ensemble des espèces de rapaces et spécialement du Faucon pèlerin : on estime la population française actuelle à 1200-1300 couples (Thiollay et Bretagnolle 2004). Comme quoi l'évolution des espèces sauvages n'est pas obligatoirement négative si on se donne les moyens de réagir....

pelerin JY Barnagaud

Pèlerin hivernant sur la cathédrale de Chartres. aquarelle de JY Barnagaud 

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Ce rapace est un oiseau principalement rupestre : il niche dans les falaises que ce soit en montagne évidemment, mais aussi en bord de rivière (le cours de la Seine en aval de Paris) ou en bord de mer (le pays de Caux par exemple).

De la falaise à la façade d'un immeuble, il n'y a qu'un battement d'ailes....que les hirondelles, martinets et pigeons bisets ont effectué depuis longtemps ! La densité de pèlerins augmentant, les sites de nidification se faisaient de plus en plus difficiles à trouver dans la nature .....et le faucon a fini par découvrir (ou redécouvrir) les possibilités offertes par les immeubles urbains ! Actuellement, c'est devenu un phénomène généralisé, à défaut d'être banal... Avant de parler de la France, citons l'installation d'un Faucon pèlerin au centre de Varsovie depuis 98 (suite à une réintroduction), à Berlin dès 1986 ( suite à des lâchers aussi), à Londres et à Bruxelles en 2004-2005, mais aussi aux Etats-Unis et au Canada depuis bien plus longtemps.

Pèlerin Charlotte_Nancy

"Charlotte" s'envole de son clocher à Nancy photo P.Behr (cliquez pour voir son site) 

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En France, le phénomène est spécialement développé près de zones montagnardes qui ont retrouvé de belles densités : les Vosges et le Jura. Ce n'est sans doute pas un hasard si le Pèlerin niche à Strasbourg, Altkirch, Mulhouse (et Bâle en Suisse), Nancy, Lunéville, Metz, Belfort. On le trouve aussi à Albi et à Toulouse et sans doute dans d'autres villes. On ne compte plus les hivernages d'individus en centre ville (Tours, Troyes, Brest, Chartres, ...).

Les églises sont des sites privilégiés pour accueillir l'oiseau, pour nicher ou hiverner: on m'a raconté que le roi des Belges a échappé de peu à la chute d'une proie tombée du bec d'un pèlerin qui y niche en entrant dans la cathédrale St Michel-Ste Gudule de Bruxelles ! A Albi c'est aussi la cathédrale qui en accueille un couple alors qu'à Nancy c'est l'église N-Dame de Lourdes (consulter le site de P.Behr). A Belfort, c'est le château ....ce qui permet à l'occupant des lieux de profiter de l'éclairage de la façade pour se spécialiser à la saison dans le migrateur nocturne....cela lui permet de manger, entre autres, de la bécasse !

Pèlerin Seraing

Sur la centrale électrique de Seraing (Belgique) photo Gabriel Rasson 

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Mais le pèlerin n'est pas bégueule , ni passéiste : il a aussi adopté des bâtiments modernes comme les 2 immeubles occupés à Bâle, mais ce sont les centrales électriques (nucléaires ou thermiques) qui lui ont tapé dans l’œil ! En Belgique un programme de nichoirs mis en place par Electrabel a permis à une quinzaine de couples d'y nicher (exactement autant en Flandres qu'en Wallonie....). En France, il s'est mis à nicher à la centrale de Nogent s/Seine. A Londres, c'est aussi une centrale désaffectée qui a été le premier site de nidification dans le centre ville (Battersea)

Alors....et Paris ? Pour le moment, rien !....Les observations de pèlerin restent rarissimes dans Paris intra-muros même si les nids se rapprochent, avec un couple depuis 2005, le long de la Seine, à une quarantaine de kilomètres de la capitale. Aucun stationnement hivernal, qui prélude en général à l'installation d'un couple....Donc, pour le moment, il ne nous reste plus qu'à espérer que la nouvelle a circulé dans le milieu des faucons pèlerins que 2 nichoirs les attendaient au sommet de la BNF, ça les fera peut-être venir.....;-)

Lectures :

Rapaces nicheurs de France. J-M.Thiollay et V.Bretagnolle, 2004. Delachaux et Niestlé
Le Faucon pèlerin. R-J.Monneret, 2000. Delachaux et Niestlé

08:32 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

08/10/2007

Des pics à la pelle !

Dans l'image qu'on peut s'en faire, les pics ne sont pas a priori des oiseaux typiquement urbains, et pourtant..... On compte pas moins de 5 espèces de pics nicheuses sur le territoire de la ville de Paris ! D'accord, je triche un peu.....la ville de Paris comprend  Paris intra-muros (87km2) en gros limité par le périphérique et les bois de Vincennes et de Boulogne (15 km2).

Pic noir JJ Boujot red
Pic noir femelle à Vincennes photo J-J Boulot 

Pour arriver à 5 espèces, je suis obligé de compter les 2 espèces qui n'occupent que le bois de Vincennes : le Pic noir et le Pic mar. C'est quand même un fait assez remarquable de trouver ces deux pics dans une forêt encerclée par la ville et aussi fréquenté par les promeneurs ! Ceci dit, la ville de Sofia (Bulgarie) compte, elle, 7 espèces

de pics....

 

Pour les espèces qui nichent dans Paris intra-muros, chronologiquement, c'est le Pic épeichette qui est apparu le premier dans Paris (1ère mention en 1929).C'est la plus petite espèce de pics, qui exploite souvent les extrémités des branches que sa petite taille lui permet d'atteindre.

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 Pic épeichette mâle  photo P.Dubois

On le trouve actuellement dans presque tous les grands parcs parisiens, mais sa nidification reste difficile à prouver : l'oiseau est très discret et il lui arrive sans doute de nicher en dehors du parc qu'il fréquente principalement et de préférer un petit jardin tranquille pour creuser son trou.

Le Pic vert s'est établi très récemment : après quelques tentatives isolées, la preuve de sa nidification régulière date de 2005 où elle fut prouvée aux Buttes-chaumont, au parc Montsouris et près du Luxembourg (ce qui laisse penser qu'il nichait avant....).

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Pic vert mâle  photo J-J Boujot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a sans doute 5-6 couples dans Paris en 2007. C'est une espèce qui exploite plus le sol que les troncs : elle s'est spécialisée dans les fourmis et les recherche surtout sur les pelouses. A la différence des autres espèces de pics, il signale sa présence plus par son rire sonore que par un tambourinage.

 

Le Pic épeiche est le dernier arrivé : après avoir été observé de plus en plus en 2005 et 2006, il a niché pour la première fois aux Buttes-Chaumont en 2007. Heureusement que ses jeunes sont très bruyants, c'est plus pratique pour les trouver....

Pic épeiche JJ Boujot red

Pic épeiche photo J-J Boujot 

 

Pourquoi ces arrivées en ville ? Il y a au moins 2 causes possibles, qui ne sont pas

contradictoires :

                  - les parcs parisiens datent principalement de la fin du 19ème siècle,

leurs arbres vieillissent (même si 150 ans , c'est le bel âge pour un arbre !), ce qui les rend plus attractifs pour les pics

                  - une espèce comme le Pic vert profite d'une augmentation des surfaces de pelouses dans les grands parcs urbains et suburbains (voyez sa densité au parc départemental de la Courneuve , Seine St Denis, par exemple) et l'augmentation de la densité d'une espèce autour de la ville est considérée comme une cause déterminante de son urbanisation, par Tomialojc en particulier.

 A noter qu'à Londres, c'est le Pic épeiche qui est le pic le plus courant(comme à Bruxelles et à Berlin) et le Pic vert vient aussi de s'installer en centre ville.

 Dernière chose : comme toutes les familles, la famille des pics comporte un original : le Torcol, un pic migrateur !...Au passage, il lui est arrivé de se laisser admirer au square de la Butte du Chapeau-Rouge (grâce à Jean Barbe qui l'avait découvert, j'ai pu profiter de ce plaisir bien rare à Paris !)

19:47 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

03/10/2007

On l'appelle l'hirondelle des faubourgs.....

Les hirondelles disparaissent de Paris.....c'est considéré par beaucoup comme une évidence ! Et pourtant la réalité est plus nuancée...

D'abord de quelles hirondelles parle-t-on ? Il y a 2 espèces :

- l'Hirondelle rustique préfère la campagne et a effectivement presque disparu de Paris il y a plus de 50 ans. Il en reste cependant quelques couples dans le 16ème arrondissement et au Jardin des Plantes.

HCheminée et jeunes à Collioure red

Hirondelle rustique nourrissant ses jeunes à Collioure (66) 

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- l'Hirondelle de fenêtre se reconnaît à son croupion blanc et à son habitude de nicher sous les avant-toits des bâtiments, sous les balcons et au coin….des fenêtres !

Hirondelles Frise
 Jeunes hirondelles prenant la pose au soleil levant, toujours à Collioure !

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 Elle est même capable d’adaptations plus originales, comme ces nids à l’intérieur du réflecteur de lampadaires à Pont-à-Mousson (54)…..

HirFen PaM Match détail

Sur un parking de supermarché à Pont-à-Mousson (54) 

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A l'origine , l'hirondelle de fenêtre nichait (et niche encore) dans des falaises mais s'est adaptée à la société humaine depuis bien longtemps. Pour Paris, on a la trace de son installation à l'Arc de Triomphe du Carrousel dans un texte de Victor Hugo (Choses vues,1846) .....et elles y sont toujours plus de 160 ans après !

Les effectifs parisiens semblent avoir plutôt augmenté ces dernières années, les résultats des enquêtes successives, coordonnées par O.Sigaud (tous les détails sur son site), passent de 450 à 535 couples connus entre 2004 et 2006. Mais, en 2006, catastrophe météorologique : une canicule en juillet provoque la mort de beaucoup de couvées et un mois d'août "pourri" tue les couvées et beaucoup d'adultes sur les nids ! Les hirondelles ont déserté la Villette (Paris) au 15 août alors qu'on en trouve d'habitude jusqu'au début octobre...Résultat : un effondrement en 2007, -75% ! On peut espérer une remontée des effectifs dans les années à venir, mais cela ne pourra se faire que lentement.

Où sont-elles dans Paris ? Essentiellement dans l'ouest de Paris, plutôt pas très loin de la Seine (tous les détails sur le site d'Olivier....) Grosses exceptions : La Villette et une cité HLM dans le 19ème arrdt.

Hir Fen Colonie Cité centre pilier NE(est) red
  Quand vous sortez de la Géode pour aller à la Cité des Sciences....

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Gros problème : certaines copropriétés ne supportent pas les déjections sur le trottoir et détruisent les nids (ce qui est formellement interdit par la Loi) puis mettent des piques à Pigeons pour empêcher la construction de nouveaux nids ! Si vous constatez de tels faits, contactez le Corif (corif@corif.net) ou la LPO (lpo@lpo.fr).

Il est pourtant possible de limiter l'impact des travaux indispensables sur les hirondelles : la Grande Halle devait être refaite en 2005-06 et les travaux devaient déborder sur la période de nidification 2006 . Le Corif et la Grande Halle se sont mis d'accord pour empêcher les hirondelles de commencer à nicher là où les travaux devaient avoir lieu et de placer des nichoirs dans une zone exempte de rénovation. En 2006 tous ces nichoirs étaient occupés ! Comme quoi, quand on veut.....

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 Les premières jeunes hirondelles à naître dans les nichoirs de la Grande Halle de la Villette en 2006

16:00 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

26/09/2007

Les goélands des toits parisiens

On a souvent tendance à confondre les mouettes et les goélands : les mouettes ne viennent, parfois de loin, à Paris que de septembre à février (voir le post « Les mouettes en vacances d’hiver à Paris » ) alors que les Goélands se sont mis récemment à nicher sur les toits parisiens.

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Un Goéland argenté (devant) et un Goéland leucophée aux Buttes-Chaumont
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On peut croiser 3 espèces de Goélands à Paris (sans parler du très rare Goéland cendré) : le plus courant, le Goéland argenté, est une espèce principalement atlantique qu’on reconnaît à son « manteau » gris clair et ses pattes rose pâle (« chair »). Le Goéland leucophée lui ressemble beaucoup mais le manteau est un peu plus sombre et les pattes sont jaunes (plus éclatantes au printemps qu’en hiver). Il nous vient principalement de Méditerranée. La troisième espèce est le Goéland brun, espèce atlantique à manteau gris sombre et pattes jaunes, c’est le dernier arrivé.

Goéland brun Tamise Londres fev07 red

Un Goéland brun phtographié sur les bords de la Tamise à Londres 

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Les premières nidifications ont été notées en 1990-91 autour de la Ménagerie du Jardin des Plantes , un couple de Goéland argenté, un de G.leucophée et même un couple mixte argenté x leucophée . En 1993 (et quelques années après) un couple de G.leucophée a niché près de la Nation.

Le Goéland brun, mis à part un couple mixte leucophée x brun en 1994, est le dernier arrivée : la preuve de la nidification n’a été apportée qu’en 2005 par les travaux pour l’Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris actuellement en cours : nous en connaissons actuellement 3 couples plus un couple mixte.

L’espèce actuellement la plus nombreuse est le Goéland argenté (une trentaine de couples) alors que le Leucophée ne semble pas réussir à s’implanter solidement (quelques couples possibles seulement), mais il faut être prudent car les nids sont très difficiles à observer : les goélands nichent sur les toits , entre les cheminées, sans construire de vrais nids. Les poussins se cachent dans un recoin en attendant que les parents reviennent les nourrir.

Goéland site nidif T.Bara

Site de nidification d'un couple de Goéland argenté. photo T.Bara

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Paris n’est évidemment pas un cas isolé : à Londres, le Goéland argenté niche depuis 1964 et le Goéland brun depuis 1982. A Rome , le Goéland leucophée est nicheur depuis 1971 dans le centre historique . C’est à Riga (Lettonie) que la situation atteint une forme de paroxysme : on y trouve - sur des toits en terrasse – pas moins de 1000 couples de Goélands argentés, 650 couples de Sternes Pierre-Garin et 560 couples de Mouettes rieuses. On peut y rajouter : 25 couples de Sternes naines, 20 de Sternes arctiques et quelques couples de Goélands cendrés, sans oublier quelques couples de Petit gravelot et d’Huitrier-pie !

Goéland famille rue Rennes T.Bara

Un couple de Goéland et son jeune (à droite) sur le site de nidification  photo T.Bara 

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Que viennent chercher ces goélands en ville ? La réponse alimentaire n’est pas forcément la bonne. Pour ne parler que de Paris, on voit évidemment des Goélands se nourrir sur la Seine, mais ils pourraient le faire plus en amont ou en aval, et on en voit peu se nourrir au sol où ils pourraient profiter des poubelles par exemple. Ils fréquentent en revanche les dépotoirs de la région, mais ils sont assez éloignés du centre parisien. Il est plus probable qu’ils trouvent avec les bâtiments le substitut des falaises sur lesquelles ils nichent habituellement. En plus ils y  sont relativement tranquilles….du moins tant qu’on ne vient les dénicher à cause de leurs cris perçants !

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Quelques réflexions de Thierry Bara, qui a fréquenté les goélands parisiens nettement plus que moi :

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  •  Les bâtiments peuvent effectivement rappeler vaguement les falaises. C’est un argument valable pour les premières installations urbaines en bord de mer. Mais aujourd’hui, compte tenu de l’antériorité des données urbaines en bord de mer, on peut aussi penser que les bâtiments parisiens rappellent les bâtiments de Brest ou de Calais !
  •  Pourquoi les bâtiments parisiens seraient-ils plus attractifs que ceux d’autres villes d’Ile-de-France où les goélands ne se sont pas encore installés ? Je suppute que la structure des cheminées parisiennes convient particulièrement bien aux Goélands, avec les doubles alignements de pots en terre cuite. Les jeunes peuvent facilement s’y cacher du soleil (parfois ardent en été) et d’éventuels prédateurs ou « dérangeurs ».
  •  Peut-être aussi ne faut-il pas négliger qu’une implantation commence pas des pionniers ? La ménagerie du jardin des Plantes a pu jouer un rôle attractif déterminant pour le début de la colonisation.
  •  La question alimentaire ne doit pas être écartée trop vite. J’en ai vu faire la fermeture des marchés juste avant le passage des éboueurs. D’autres profitent des miettes laissées par les badauds dans les jardins publics.

16:09 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

15/09/2007

Un peu d'exotisme en ville...

La ville , de plus en plus accueillante aux espèces forestières qui s'y installent progressivement, s'ouvre aussi à une catégorie plus surprenante : les espèces exotiques. A Bruxelles, on compte 3 espèces de perruches nichant en liberté mais à Valence (Espagne), ce sont pas moins de 7 espèces de psittacidés qui se reproduisent... A Saint Jean-Cap Ferrat et Beaulieu s/Mer (Alpes maritimes), ce sont des Inséparables de Fischer qui forment des petites colonies bien bruyantes et à Nice des Capucins bec-de-plomb vivent à l'embouchure du Var !
On appelle "férale" une espèce d'origine exotique qui s'est échappée et qui se reproduit librement sans aide humaine. La région parisienne n'en est pas dépourvue....

La perruche à collier est une grande perruche verte à bec rouge, originaire d'Afrique tropicale et du continent asiatique. Les anglophones la surnomme parfois Houdini, du nom d'un spécialiste de l'évasion spectaculaire du début du 20ème siècle : c'est dire si elle est difficile à garder en cage !
Si la première colonie repérée officiellement est celle de Drancy (93) au début des années 90, il semble que la présence de ces oiseaux remonte aux années 70 dans le Val d'Oise. Les populations forment 2 noyaux principaux, un au nord et l'autre au sud de Paris, curieusement à proximité des 2 grands aéroports. Les effectifs, très mal connus, doivent se compter en quelques centaines d'oiseaux (200-300 ?). On peut en voir au parc de Sceaux, à L'Hay les roses,Sarcelles, Drancy,au parc de Sevran, etc. Elles ont même fait un passage remarqué dans le parc du chateau de Versailles il y a quelques années ! Pour Paris intra-muros, à part des visites isolées, on ne connait qu'un début d'installation - sans suite pour le moment - au parc Montsouris en février 2007. En France , on en trouve aussi à Marseille, Nancy, dans l'agglomération lilloise. A l'étranger, il y en a des milliers à Bruxelles, à Londres et dans bien d'autres villes...

Perruche à collier
                                    photo D.Behrens

Ce sont des oiseaux qui se nourrissent de fruits, de bourgeons, de graines qu'ils peuvent venir chercher sur les mangeoires que les amis des oiseaux placent en hiver. Pour se reproduire, elles utilisent en général des anciennes cavités de pics, qu'elles peuvent agrandir grâce à leur bec puissant. Si vous les voyez poursuivre un écureuil, ce n'est pas pour le manger (elles sont végétariennes... ), mais pour chasser un prédateur de leurs oeufs !

La Bernache du Canada est une très grosse oie qui déclare son origine dans son nom...Quand elle n'est pas appelée "Outarde" au Québec, elle est surnommée Cagoo (Canada Goose....) à Londres où elle anime les pelouses de Kensington Gardens, par exemple, qu'elle "enrichit" de ses excréments, assez abondants.....En plus,c'est une espèce assez agressive qui supporte mal la présence d'autres anatidés, ce qui ne manque pas de poser des problèmes quand elle se reproduit en milieu naturel !

Bernache Canada duo en vol red

                         A St James's Park (Londres)

En région parisienne, elle peut former des troupes de plusieurs dizaines d'individus, en particulier dans le Sud-ouest de la région (les Polytechniciens de Massy-Palaiseau connaissent bien l'espèce !) ainsi que dans le Nord-ouest vers Cergy-Pontoise. Plus près de Paris, on en voit au bois de Vincennes (lacs des Minimes, de Saint-Mandé et Daumesnil) d'où , de temps en temps, un groupe vient se promener jusqu'aux Buttes-Chaumont ou vers la Courneuve...

La troisième espèce exotique qu'on peut voir à Paris est un canard.... saharien ! Le Tadorne casarca est une espèce qu'on trouve en Afrique du Nord ainsi que dans les steppes d'Asie centrale : il niche en falaise, parfois loin de l'eau où il emmène ses petits juste après la naissance.....à pied au travers des cailloux !

Casarca Daumesnil couple red
                                        Au lac Daumesnil (bois de Vincennes)

Cette espèce est très souvent élevée pour agrémenter les parcs publics et de là elle a formé des populations férales en Allemagne, en Suisse , en Angleterre (évidemment....) et est en passe d'acquérir ce statut en région parisienne : il semble y avoir une bonne dizaine d'individus (dont les descendants d'un couple mixte T. casarca x T. du Paradis ) qui circulent entre le bois de Vincennes et les Buttes-chaumont et qui se reproduisent librement de temps en temps (avec de rares succès à cause de la prédation par les rats ou les goélands ).

On peut aussi trouver de nombreux individus échappés d'espèces exotiques, qui peuvent survivre longtemps (un Inséparable à face rose occupe les bords du canal St-Martin depuis au moins 3 ans...) mais sans se reproduire. Ce ne sont, pour le moment, que des curiosités ...à surveiller quand même du coin de l'oeil !

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De notre correspondant dans le 14ème (Nicolas Langlois 12 ans) 

Les oiseaux de parc Montsouris

Le lac du parc Montsouris abrite de nombreux oiseaux.                     
D'abord on voit les canards colvert et les mouettes rieuses puis, si on est plus
observateur, on voit deux bernaches nonnettes qui glissent tranquillement sur l'étang,
souvent en compagnie de tadornes casarca ainsi que la célèbre famille d'oie à tête
barrée qui chaque printenps fait ses petits .                                          
S'il n' y a pas trop de monde, vous pourrez peut-être voir le tadorne de Belon mâle
(il se distingue des femelles par sa caroncule) en compagnie de la superbe bernache
à cou roux.                                                                                                   
Les deux oiseaux uniques du parc sont l'oie empereur,c'est un oiseau splendide mais
extrêmement farouche, elle est la seule de Paris, l'autre oiseau est le cygne à cou
noir qui força l'admiration des passants pendant des années, mais celui-ci est mort
cet hiver. La bernache du Canada est très agressive, ce qui lui vaut une très mauvaise
 réputation chez les personnes âgées qui donnent du pain aux oiseaux.Dernièrement,
deux canards de Barbarie  ont été mis dans le lac. On voit aussi un couple de canard
mandarin.                                                                                                     
Le héron se promène et les poules d'eau recherchent des bouts de pain. L'hiver,
quelques goélands argentés viennent trouver la tranquillité et, lors des vagues de
grand froid, le fuligule milouin se fait observer.Les carpes et les tortues sont
très présentes dans le lac. 

15:54 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (167) |  Facebook |