19/02/2009

Cigognes aragonaises

Cet été je suis allé faire une virée vélornithologique dans le nord de l'Espagne et j'avais rapporté un extrait de journal (j'ai oublié lequel....) sur lequel je viens de remettre la main. La photo n'est pas de bonne qualité mais on comprend le plus important : la densité et la localisation des nids de Cigognes à Lanaja, petite ville d'Aragon (au sud d'Huesca)....

Aragon 12 - Alsace 1

Cigognes Lanaja_Aragon aout 08

08:51 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

07/02/2009

La vie mouvementée de la Pie parisienne

Voici encore un oiseau qui fait partie intégrante de l’avifaune parisienne et qui pourtant n’est pas à Paris « depuis toujours ». A la fin du 19ème siècle il n’y en avait pas et vers 1930 il y en avait tellement peu qu’un ornithologue parisien (Legendre) n’en cite qu’un ou deux couples et la place dans la catégorie « rencontrée de temps en temps dans Paris ». Un autre ornithologue (P.Barruel) ne la considère toujours pas comme commune dans les années 40 mais signale à la fin des années 50 qu’elle niche dans les grands arbres des parcs importants. On doit pouvoir donc dater son implantation de cette période.

Pie_Observatoire_Vincennes red

A l'observatoire ornithologique du bois de Vincennes....

Ensuite elle sort de ces parcs pour nicher dans les arbres du bord des rues. Il semble que ce soit une règle pour un certain nombre d’oiseaux qui s’installent en ville : au début on s’établit dans le milieu qui ressemble le plus à son milieu d’origine ( milieu rural ouvert entrecoupé de bosquets ou d’arbres isolés) puis on s’adapte vraiment, en utilisant des arbres isolés le long des rues et – pour certaines espèces – on va même jusqu’à nicher sur des bâtiments (comme le pigeon ramier par exemple). Parallèlement, le régime alimentaire peut changer : déjà que « dans la nature » la Pie est opportuniste, en ville on peut la voir manger n’importe quoi n’importe où….y compris dans les poubelles ou les caniveaux !

Quelques mots d’abord sur le comportement « dans la nature » de la Pie : comme la plupart des corvidés, c’est un omnivore à tendance carnivore . Au moment des nids, c’est un redoutable prédateur, mais elle peut se contenter de charogne (voir la photo) et en hiver de…ce qu’elle trouve !

Pies Courneuve red

Non, elles n'ont pas tué ce lapin....il a dû mourir de maladie

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On l’a beaucoup accusée de faire des dégâts dans les populations de petits oiseaux, voire sur les canetons des parcs suburbains : c’et vrai que sa densité dans un parc comme la Courneuve (93) peut faire se poser des questions…..auxquelles F. Chiron a répondu dans sa thèse (voir quelques éléments sur cette thèse en cliquant là) en montrant qu’il n’y avait pas moins de petits passereaux dans les coins où il y avait beaucoup de pies…

J’ai évoqué son nid qui est placé sur un arbre ( j’ai vu une photo d’une pie ayant niché sur une façade – à Berlin – mais c’est une exception…) . Quand il est complet, il a une forme caractéristique : grosse boule de branches apparemment sans grand ordre (en fait elles sont maintenues par une couche de boue à l’intérieur ), il est normalement surmonté d’un « toit », lui aussi fait de branches entrecroisées. Evidemment, cela ne protège pas contre la pluie, mais ça doit limiter les risques de prédation…..

Nid de pie red

En bas de chez moi, une Pie avait construit ce nid dans un Tulipier de taille modeste

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Et effectivement ….. risques de prédation il y a ! Son « meilleur ennemi » est la Corneille et , dès le début de la construction du nid (voire plus tôt !), on peut assister à la rivalité ancestrale qui oppose ces espèces….ce matin par exemple, dans le 19ème arrondissement , une corneille était posée sur un vieux nid de pie qu’elle s’employait à démonter, pendant que le couple légitime propriétaire de la construction criait haut et fort son mécontentement…Et quand le nid est construit et qu’il contient des œufs ou des jeunes, la Corneille n’hésitera pas à en faire son 4 heures !

Et pourtant, alors que la Corneille noire, qui s’est établie à Paris au début des années 60, a vu sa population « exploser » depuis les années 80, elle ne semble pas arriver à faire disparaître la Pie de notre capitale : le nombre de pies ne semblent pas avoir baissé en 20 ans (pour plus de détails, il faudra attendre la publication de l’Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris….) et quand j’étudie la densité des 2 espèces dans les rues parisiennes, je ne trouve aucune « corrélation négative » : le nombre de corneille ne semble pas faire baisser le nombre de pie (là, pour avoir plus de détails, il faudra attendre que j’écrive un article sur mes comptages parisiens….quelques détails en cliquant là ).

A noter qu’au niveau européen, on retrouve une implantation urbaine et un développement de la Pie en général avant  la Corneille et on signale toujours la rivalité entre les 2 espèces….mais personne ne note une diminution de la Pie !

Elle sait se défendre la bougresse !….

18:21 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

30/12/2008

Les éperviers entrent en ville !

L'évènement de l'ornithologie parisienne en 2008 a sans doute été (avec celle du Martin-pêcheur) la découverte de la nidification de l'épervier dans Paris...et en 3 endroits en plus ! Les parcs Montsouris et des Buttes-Chaumont et la BNF ont hébergé cette année chacun leur couple de rapaces.

Cet évènement avait été précédé par l'augmentation de la présence de l'espèce hors période de reproduction : j'ai déjà raconté 2 scènes de rencontres avec l'épervier dans Paris (pour les voir, cliquez là.....puis là !)
Je profite de la réception de 2 nouvelles séries de photos (merci aux photographes !....) pour faire le point sur cette espèce en ville.
Tout d'abord, sans épervier, Paris était plutôt une exception parmi les capitales européennes : on trouve l'épervier à Kensington Gardens à Londres, au parc du Cinquentenaire à Bruxelles et si on ne le trouve guère à Berlin, c'est que la place est prise par l'Autour des palombes !

Epervier Bercy JB Alemanni sur glace red

Qui a été le plus surpris, le photographe ou l'épervier ? ( photo prise au parc de Bercy par JB Alemanni)

Pourquoi s'établit-il maintenant ? Il faut rappeler aux petits jeunes l'histoire des rapaces en France depuis les années 70':en cette période, les insecticides, essentiellement les organochlorés (DDT et autres....), s'accumulaient le long des chaînes alimentaires et atteignaient leur concentration maximum dans les oeufs des rapaces, ce qui les rendaient fragiles, au point que leur coquille pouvait casser sous le poids de la couveuse. Le plus souvent, les pesticides tuaient l'embryon. Si onrajoute les tirs par les chasseurs qui mettaient un point d'honneur à détruire ces "animaux nuisibles", on comprend que les rapaces aient diminué de manière dramatique jusqu'aux années 70 : il n'y avait plus que quelques couples de faucons pèlerins dans les Vosges au point qu'aucun jeune ne s'est envolé dans ce massif certaines années. De même, sans atteindre la même extrême rareté,l'épervier était en situation très préoccupante et le jeune ornitho que j'étais a eu bien du mal à faire sa "coche" d'épervier !

Epervier Bercy JB Alemanni red

>>>>>>>>>Une fois sa surprise passée, l'épervier a été manger sa proie à l'abri (photo JB Alemanni)

Heureusement il y a quelques fois des mesures qui marchent : on a interdit les organochlorés et on a interdit de tirer les becs crochus" et progressivement les rapaces sont revenus....on retrouve des pèlerins et des balbuzards mais aussi des buses ...et des éperviers ! On avait oublié qu'au début du siècle l'espèce était donnée comme le rapace le plus commun !
Ensuite, l'espèce a fait comme beaucoup d'espèces communes poussées par la saturation des milieux naturels...elle s'est aventurée en ville et s'est aperçue que l'Homme actuel faisait plus de bruit que de mal ! Comme d'autres espèces, c'est en hiver que les éperviers ont commencé à fréquenter la ville : à Paris on avait pu noter son augmentation au début des années 2000.
Le côté surprenant de la situation actuelle vient d'une réputation usurpée d'oiseau farouche, conservée de l'époque où elle était simplement rare...En fait l'épervier n'a pas très peur de l'Homme : à Lublin (Pologne) où l'espèce s'est établie récemment, sur 4 nids, un était situé sur un alignement d'arbres entre 2 rues passantes et un autre sur le parking d'une boîte de nuit ! Au parc des Buttes-Chaumont, le nid est situé au sommet d'une butte où viennent tous les matins des habitués pour faire leur Taï-chi ! Quant au couple de la BNF, il faut signaler pour ceux qui ne connaissent pas le lieu qu'il s'agit d'un "bois" de pin d'un hectare engoncé entre les barres et les tours de la Bibliothèque Nationale de France ! Regardez la photo  prise en plein centre de Paris pour voir s'il est difficile dans le choix de ses postes de chasse.....

Epervier Luco Koonoo 1

>>>>Un épervier a pris ses habitudes dans cette cour près du jardin du Luxembourg (photo Laurent Masselet)

Que mange-t-il ? C'est une espèce qui se nourrit presque exclusivement d'oiseaux, passereaux en général. En hiver, il faut reconnaître qu'il a vite fait de repérer les mangeoires mises par les amis des oiseaux à la disposition des mésanges,verdiers et moineaux en peine de nourriture ! C'est parfois un cas de conscience : faut-il nourrir des oiseaux au risque qu'ils se fassent attraper par le "méchant" épervier ? Je propose de renverser le problème et de dire qu'en mettant une mangeoire vous nourrissez les oiseaux de 2 manières : directement avec les graines pour les passereaux et indirectement en proposant des proies plus faciles à l'épervier....après tout lui aussi à faim en hiver !

22:14 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

28/10/2008

Des nouvelles des poubelles anti-corneilles....

J’ai commencé un long feuilleton sur les corneilles en ville qui ont profité de l’application un peu irréfléchie du plan Vigipirate qui oblige à mettre des poubelles transparentes : en se contentant de plastique transparent, on fournit aux corneilles la possibilité de le déchirer très facilement pour atteindre la nourriture qu’elles voient au travers du plastique….

J’ai déjà évoqué la solution trouvée par le Jardin des Plantes (cliquez ici pour en voir l’image). Il faut reconnaître que, depuis, les troupes de corneilles ont disparu (il reste quelques individus), mais ….. n’y a-t-il vraiment eu que l’application de ce nouveau modèle de poubelle ? Je n’en suis pas sûr….

La même technique a été appliquée depuis mars 2008 au parc Montsouris : toutes les poubelles sont entourées d’une gaine de plastique dur (mais pas de couvercle…..les corneilles peuvent vider les poubelles si elles sont pleines !). Résultat : il existe encore des groupes importants de corneilles (un de 25 et un de 35 environ notés le 19/10 ), mais on ne voit presque plus de corneilles marquées de taches ou de barres alaires blanches comme avant….

Corneille leucique en vol red

N'est-elle pas jolie ma "corneille Gordini" ? (Londres fev 2007)

 

Je rappelle que l’idée que j’ai défendue dans un article d’Alauda ( résumé lisible en cliquant ici ) est que ces marques sont dues à un carence en lysine due à la trop forte consommation de pain….. Cela semble coller avec les observations actuelles : à la première mue qui a suivi leur retour à un régime alimentaire plus équilibré, elles auraient repris un plumage plus normal. Le nouveau modèle de poubelle serait bon au moins pour la santé des corneilles !….

J’en profite pour montrer un autre modèle de poubelle adaptée aux corneilles : la photo vient de Toulouse (son auteur se cache sous le pseudo de Clubescargot…..merci à lui !)

Poubelle Toulouse red

21/09/2008

Les oiseaux pendulaires

Les sociologues appellent "pendulaires" les habitants des banlieues qui font quotidiennement le trajet entre la banlieue et Paris pour travailler. Un certain nombre d'oiseaux font le trajet inverse : un bon nombre dorment dans Paris et partent le matin pour se nourrir dans les champs de lointaines banlieues.

 Commençons tout de suite par une exception : à Paris au moins, les hérons qui se nourrissent des poissons des pièces d'eau  (on doit pouvoir estimer à une dizaine au moins le nombre de hérons parisiens ) passent la nuit à l'extérieur de la ville : au bois de Vincennes, peut-être au parc de la Courneuve ou ailleurs ). A Istanbul la situation est bien différente puisqu'il y a une colonie en centre ville et les hérons changent parfois carrément de continent pour aller pêcher.... en Asie !

Le plus souvent, nous avons donc des oiseaux qui profitent de l'abri de la ville pour dormir et parfois pour nicher, ce qui donne donc des densités impressionnantes : 12 couples de Ramiers ont niché sur un hectare au square de la Roquette à Paris (S.Detalle), 70c de Pigeons colombins sur 25 ha du parc de la Colombière à Dijon dans les années 80 (Tomialojc)! De même de nombreuses villes hébergent (parfois à leur corps défendant ...) des corbeautières : les Corbeaux freux ( à ne pas confondre avec les Corneilles qui ne font pas de colonies) apprécient les grands arbres et la tranquillité du centre ville pour installer leurs nids. La journée, ils vont se nourrir d'insectes et de graines dans les champs environnants. Comme ils n'aiment pas faire trop de trajet, ils désertent les villes qui s'étendent trop : c'est ce qui s'est passé à Londres en 1916 et à Paris pendant les années 50 : la dernière colonie était  située sur le quai de la Mégisserie, au bord de la Seine !

Choucas A.Fossé red

***Un couple de Choucas angevins (photo A.Fossé)

 

Le Choucas des tours, petit corbeau qui fait des colonies bruyantes dans les clochers et les monuments, va souvent aussi se nourrir à l'extérieur des villes et c'est peut-être pour ça qu'il est en régression dans Paris alors que l'espèce se porte plutôt bien dans le  reste de la France...

Un cas célèbre est celui des étourneaux qui viennent profiter du microclimat urbain (plus chaud et moins de vent) pour constituer des dortoirs en ville. Ces dortoirs urbains peuvent compter des dizaines (voire des centaines) de milliers d'oiseaux dont les déjections posent évidemment un problème pour les carrosseries qui se trouveraient dessous ! "Et si on rajoute à ça le bruit et l'odeur"...... 

Dortoir BNF lumières red

******Une arrivée spectaculaire des étourneaux à la BNF

 Les mouettes viennent aussi dormir en dortoirs, parfois en ville, comme celui qui est sur la Seine en aval de la Tour Eiffel. Plus surprenant, les bergeronnettes grises viennent aussi dormir en hiver dans des dortoirs qui sont situés curieusement dans des endroits bruyants et éclairés, comme des rond-point routiers ou des places face à une gare !

Quoiqu'on en pense, cela permet d'observer des mouvements ou des rassemblements impressionnants : j'ai déjà raconté le spectacle de la BNF envahie d'étourneaux (cliquer ici pour lire). Les mouvements matinaux de dispersion sont moins spectaculaires mais quand même intéressants à suivre : pour les Ramiers, on peut voir le matin très tôt (le maximum est dans le quart d'heure qui suit le lever du soleil) des vols parfois importants (plusieurs dizaines) quittant Paris. C'est un moment intéressant pour les compter, d'autant plus qu'ils ne rayonnent pas tout autour de Paris : les principaux axes de départ sont vers le N-NE par la Villette, vers le S-SW le long de la Seine, vers le Sud  par la porte d'Orléans, vers le SE par la porte d'Ivry et vers le bois de Vincennes autour de la porte de St Mandé.

Region parisienne Google map

Principales directions des vols de Ramiers le matin à Paris 

Mis à part le bois de Vincennes, les autres axes de départ correspondent aux directions des champs les plus proches de Paris, situés à une dizaine de km quand même....

17:04 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

08/09/2008

Les oiseaux à la conquête de la Ville

 Contrairement à une idée reçue, il y a de plus en plus d’oiseaux à vivre en ville…. Ça surprend, hein ? Evidemment, si on construit une ville sur un milieu naturel, le nombre d’espèce diminue….mais une fois que la ville est établie, le nombre d’espèces  va ensuite réaugmenter. A Paris, le minimum a été atteint semble-t-il au début du 20ème siècle, avec une vingtaine d’espèces qui y nichaient. On en est à près de 60….. !

Il y a sans doute des explications à chercher du côté de l’histoire de la ville en question (vieillissement des arbres par exemple), mais il y a aussi un phénomène général, qu’on va retrouver parfois aux mêmes dates dans différentes villes d’Europe…C’est le phénomène d’urbanisation (le vrai terme est « synurbanisation », mais on va rester simple….). Deux exemples typiques :

- le Pigeon ramier ne nichait avant qu’en milieu rural, en général en forêt . Depuis le milieu du 19ème s. il niche dans Paris et Londres, il s’est ensuite établi dans les villes européennes du Nord et de l’Est au cours du 20ème s, mais il n’a occupé les villes méditerranéennes (Montpellier, Naples, Alger) que vers 1990-95  et il ne niche toujours pas dans le centre ville de Marseille.

Corneille mantelée sur poubelle Istanbul red

La Corneille mantelée s'est aussi bien adaptée à la vie à Istambul !

- on a du mal à imaginer Paris sans elle, mais la Corneille (noire dans l’ouest européen, mantelée pour l’est et l’Italie) a « conquis » les villes européennes essentiellement entre les années 60 et 80 et la Pie en général un peu avant.

Moineau Villette red

Version aviaire du HLM à la Villette !

Quel intérêt présente la ville pour les oiseaux ? La ville présente un certain nombre d’avantages : il fait moins froid en hiver (+3° en hiver entre ville et banlieue), il y a beaucoup de nourriture disponible….grâce à nos rebuts, il n’y a pas de chasseurs, jusqu’à peu il n’y avait pas beaucoup de prédateurs (quoique les chats ne se nourrissent pas que de Kitekat même en ville….) et, avec un peu d’imagination, il y a plein de sites de nidification potentiels. Même s’il y a des inconvénients ( pollution, bruit, lumière, etc.), la ville présente donc de nombreux avantages….

Comment ça se passe ? Ça commence souvent par l’hivernage : l’espèce profite des meilleures conditions offertes par la ville pour y rester l’hiver. C’est ce qu’on a vu, semble-t-il, à Paris pour la Bergeronnette des ruisseaux qu’on a notée de plus en plus dans les années 90, y compris en dehors des voies d’eau.

  Ramier balcon fleuri red

Un Ramier qui en plus choisit son cadre de vie.... 

Très souvent la nidification commence dans les zones périurbaines pour se rapprocher progressivement du centre ville. Le phénomène  été noté, par exemple pour la Corneille à Caen dans les années 70-80, pour le Pigeon ramier à Dijon entre 1980 et 1990 alors qu’à Marseille on le trouve actuellement seulement dans la zone périurbaine….il y a gros à parier qu’il sera en centre ville dans quelques années !

 

Cette urbanisation s’accompagne de nombreuses adaptations : je les ai déjà évoquées dans certains de mes posts : les oiseaux s’accoutument à la présence humaine (voir l’exemple du Héron cendré ici -et ), ils modifient leurs sources de nourritures (des exemples en cliquant ici ) et ils doivent souvent trouver de nouveaux lieux de nidification ( allez voir )..

Quels sont les mécanismes qui amènent une espèce à s’établir en ville ? Principalement deux schémas principaux, dont il est possible qu’ils s’appliquent tous les deux à des espèces différentes. D’abord, la conquête progressive des villes d’Europe centrale et de l’est à partir de l’Europe du Nord-ouest par le Merle et le Pigeon ramier a fait penser à l’intervention d’individus « pionniers » qui iraient d’une ville à l’autre pour implanter des populations urbaines nouvelles. C’est évidemment ce qui s’est passé pour la Tourterelle turque à partir de 1950 dans sa « conquête de l’Ouest » européen, et peut-être pour le Merle mais on ne pense pas que ce soit valable pour le Pigeon ramier. Pour lui, et un certain nombre d’autres espèces, on pense plutôt que c’est un problème de « crise du logement » en milieu rural autour des villes qui pousse l’espèce à chercher des sites de nidifications en ville. L’espèce s’urbanise donc seulement dans les régions où elle est nombreuse et pas dans les régions où elle est rare.

 Héron silhouette sur pont B_Chaumont red
Bientôt le Héron nicheur dans Paris ?

Finalement, la ville va-t-elle devenir une réserve pour protéger les espèces en difficulté ? Non, pas vraiment…..D’abord parce qu’on vient de voir qu’une espèce en « mauvaise santé » n’a aucune raison de s’urbaniser. Mais certaines espèces peuvent s’établir en ville quand elles sont en bonne santé puis s’y développer alors que les populations naturelles sont en difficulté. C’est ce qui se passe en France pour la Pie…mais c’est semble-t-il une exception.

Autre raison de ne pas trop compter sur les villes pour sauver la biodiversité : ce ne sont pas toutes les espèces qui s’installent en ville. Ce sont en général des espèces opportunistes d’origine forestière, omnivores et sédentaires. Les insectivores migrateurs sont sous-représentés ainsi que les nicheurs au ras du sol (sans doute un problème avec les chats….). Et c’est dans ces catégories qu’on trouve beaucoup d’espèces en difficulté, sans compter les espèces de milieux ouverts (prairies humides, champs de céréales, etc.) qui naturellement n’arriveront pas à s’adapter en ville. Il est donc important de continuer à s’occuper de la biodiversité aussi en milieu rural…..

 

 

 

 

 

09:23 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

02/07/2008

Contr'offensive dans le match Vigipirate - Corneilles !

Je vous ai déjà parlé plusieurs fois les rapports surprenants que les corneilles entretiennent avec le plan Vigipirate....Pour retrouver les épisodes précédents cliquer sur ce lien pour comprendre le problème, puis celui-ci pour trouver une solution adoptée au Jardin des Plantes etenfin celui-ci .
J'avais déjà signalé qu'au parc de la Villette, ils avaient (involontairement ?) évité le problème en disposant des sacs poubelle du plus beau rose ....peu transparent !

La Villette Poubelle red
 La Pelouse du Triangle à la Villette

De fait je n'ai jamais vu de corneilles s'attaquer à ce genre de sac. La semaine dernière, rupture de stock ?... les sacs roses étaient remplacés par des sacs transparents habituels. L'effet ne s'est pas fait attendre : les corneilles, qui pouvaient voir ce que contenaient ces sacs bien remplis par les nombreux parisiens venus profiter des pelouses pour pique-niquer au soleil , se sont très rapidement mises à déchirer le plastique pour s'emparer des emballages de Mac Do et autres reliefs de repas....
Hier, preuve que les responsables locaux sont intelligents et réagissent vite : les sacs transparents étaient remplacés par des sacs rouges plus transparents que les roses d'origine, mais qui masquent quand même un peu le contenu : pour le moment, je n'ai pas vu de corneilles s'y attaquer...
Le match Corneilles - Vigipirate continue avec une reprise de l'offensive par les humains.... à suivre !