21/05/2011

Les surprises de la banlieue

Il m'arrive le matin, en allant à vélo au collège où je travaille, en Seine St Denis, de voir sur mon trajet Rougequeue à front blanc, Fauvette grisette, Hypolais polyglotte, Petit gravelot, Sterne pierregarin, Hirondelle de rivage.... pas le même jour, d'accord mais ces espèces n'y sont pas rares en ce moment !

C'est la preuve de la grande adaptabilité de certaines epèces à des milieux fortement modifiés par l'Homme...

Voici 2 exemples : l'Hypolais polyglotte qui a jeté son dévolu sur les Buddleyas de.....attendons un peu avant de préciser l'endroit ! Il avait déjà chanté au même endroit pendant un mois et demi en 2009.

Voici l'oiseau qui chantait ce matin 21/5

Hypolais_Pantin21mai2011 retaillée2.jpg

La physionomie de la végétation correspond bien au milieu occupé habituellement par cette espèce ( buissons dans un milieu ouvert ) : pour cette raison, on ne peut pas vraiment parler d'adaptation au milieu urbain...... mais quand on voit le paysage, on se dit quand même qu'il a dû faire un effort pour s'installer là !

Hypolais_Pantin21mai2011 milieu red.jpg

 C'est dans le port de Pantin ....

Passons maintenat au Rougequeue à front blanc qui s'est fixé dans le même secteur depuis 2 ans aussi. Mais lui, j'ai pu prouver sa reproductiion en 2009 !

RQFB_Pantin21mai2011 retaillée4.jpg

Il a même son antenne attitrée ! Tous les matins, quand je l'entends chanter, il me suffit de jeter un coup d'oeil à cette antenne pour vérifier qu'il est bien là... Cela a pu faire croire à un copain que j'avais une sacrée bonne vue pour reconnaitre un Rougequeue à front blanc à cette distance !.....;-)

RQFB_Pantin21mai2011 retaillée5.jpg

19:59 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

13/05/2011

La bergeronnette des....ruisseaux, dîtes-vous ? ch.2

J'ai déjà signalé dans un post il y a 3 ans ( pour le lire cliquez ici) la plasticité de la Bergeronnette des ruisseaux qui affectionne les petits cours d'eau sautillant dans la campagne, mais qui est capable de trouver son bonheur en ville aussi !

J'en remets une couche cette année à la suite de l'envoi de 2 photos par Jacques Margas et la découverte que j'ai faite d'un nid à la Cité des Sciences.

Sur cette photo, prise à l'embarcadère du pont de l'Alma, se cache un nid de Bergeronnette des ruisseaux....cherchez un peu !

Berg ruis Alma JMargas avril 2011 general.jpg

photo J.Margas

Vous ne voyez vraiment pas ?....

Regardez mieux la bouée.....

Ca y est ?
Voilà le nid !

Berg ruis Alma JMargas avril 2011 detail.jpg

photo J.Margas

et voici 2 des 3 petits.....

Berg ruis Alma JMargas avril 2011 jeunes rognée2.jpg

.....surprenant, non ?

 

 

Et "la mienne" alors ? Voilà l'endroit où elle a niché cette année

Berg ruisseaux CitéSciences 25avr2011general_red.jpg

Là, c'est plus facile à trouver....

Berg ruis CitéSciences25avr2011_ nid_red.jpg

Mais c'est bien parce qu'elle me l'a montré en allant nourrir ses petits !....;-)

Berg ruis CitéSciences25avr2011 rognée red.jpg

18:04 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

15/03/2011

Noctambules ailés en ville

A part pour signaler telle ou telle observation, je n’ai pas consacré de billet aux rapaces nocturnes en ville…. Et pourtant il y en a !

La découverte récente d’une jeune Chouette hulotte nous a rassurés sur la reproduction de l’espèce au parc des Buttes-Chaumont : en effet, nous manquons cruellement de telles preuves pour Paris ! Depuis le début des prospections pour l’atlas, en 2005, ce n’est que le 3ème jeune trouvé à Paris ( les autres au Père-Lachaise et au Jardin des Plantes)…

Hulotte JLSM B-Chaumont_11mar2011red.jpg

Le petit était sous la menace de corneilles - photo JL Saint-Marc

Vers 1975, la population parisienne était estimée, un peu à la louche, à une trentaine de couples et effectivement nous avons de nombreux témoignages de lieux qui ont été abandonnés depuis cette époque.

Pourquoi ? C’est un des mystères de l’ornithologie parisienne car l’espèce habite préférentiellement  des milieux qui ont échappé largement aux modifications importantes depuis longtemps : grands parcs publics, espaces verts privés des ministères, ambassades, etc. On a suggéré que la cause soit à rechercher en dehors de Paris : si la population parisienne n’est pas auto-subsistante et a besoin d’immigration régulière d’individus périurbains, le tarissement de cet apport peut provoquer cette baisse….mais c’est purement hypothétique !

La Chouette effraie est aussi une espèce qui ne craint pas la proximité de l’homme : elle niche souvent dans un clocher d’église ou le grenier d’une maison quelconque…si elle peut y entrer ! Mais comme elle chasse principalement en espace ouvert (champs, prairies) elle a du mal à habiter dans les « vraies villes » et préfèrera les villages ou limites d’agglomération. Il y a eu cependant des observations dans Paris que nous avons bien du mal à interpréter…on a quand même du mal à imaginer l’Effraie nichant dans quartier Saint-Sulpice ! Mais les oiseaux parisiens nous ont déjà offert des surprises aussi ébouriffantes…

Le Hibou moyen-duc est un oiseau typiquement forestier, mais….il n’a pas peur des grands parcs urbains, que ce soit pour nicher ou pour y établir des dortoirs hivernaux. On  trouve ainsi un dortoir au parc G.Valbon à La Courneuve (93) et un autre au parc de Parilly, en pleine agglomération lyonnaise. Il lui arrive même de passer en ville puisqu’il a été observé au moins 3 fois dans Paris depuis l’an 2000 : un est venu dans la cour du 55 rue Buffon au Muséum National d’Histoire Naturelle en 2006, un s’est posé sur un balcon dans le 9ème arrdt, quartier minéral s’il en est, en 2008 et un autre est resté quelques temps planté sur un piquet du Jardin des Tuileries en octobre 2010 !

Moyen-duc MNHN FJiguet red.jpg

Le Hibou du Museum - photo F.Jiguet

 

La Chouette chevêche, symbole d’Athéna dont le temple était au centre d’Athènes, s’adapte facilement aux villes méridionales : elle est considérée comme commune en Italie dans des villes comme Rome, Florence ou Cremone. Dans les villes centre ou ouest-européennes, elle est beaucoup plus rare, se contentant le plus souvent des milieux périurbains ou des parcs spécialement grands. Il est probable que cette différence tienne au « centre de gravité » de ses populations : c’est une espèce qui semble se porter nettement mieux vers la Méditerranée…

Autre espèce méditerranéenne qui habite facilement les villes méditerranéennes : le Hibou petit-duc. Dès qu’il y a un parc avec de vieux arbres riches en cavités, on peut entendre le sifflet doux et mélancolique du Petit-duc. J’ai souvenir de parties de boules dans les rues d’un village gardois sous un lampadaire sous lequel venait se percher le petit rapace…

J’ai gardé pour la fin, l’espèce la plus surprenante : le Grand-duc qu’on imagine souvent cantonné aux falaises des montagnes sauvages… Il a niché pourtant dans un cimetière de l’agglomération hambourgeoise et dans la falaise qui sépare la ville de Luxembourg en 2 parties bien  tranchées… surtout pour les cyclistes ! Un jeune s’est retrouvé sur le comptoir d’un bar dont les habitués ont replacé l’oiseau dans le jardin à côté !...   

Gd-Duc_Falaise-Luxembourg flèche.jpg

La falaise de Luxembourg et le site de nidification - photo P.Lorgé

Une forme originale de faire la tournée des grands-ducs, surtout au Luxembourg… ;-)

  

La femelle sur le nid - photo P.Lorgé

 

GdDuc luxembourg.jpg

 

19:08 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/02/2011

Un héron cinéphile...

L'avantage de tenir un blog depuis un certain temps, c'est qu'on reçoit des infos ou des photos d'un peu partout et que ça permet de ne pas trop se creuser la cervelle pour écrire un billet...
Aujourd'hui, ce sont des photos qui viennent d'un endroit dont je vous ai parlé récemment, le bassin de la Villette qui joint le canal St Martin au carrefour des canaux de l'Ourcq et St Denis. Elles m'ont été envoyées par Richard Tassard qui habite le secteur.

Héron cendré_Villette_R.jpg


Elles ont été prises très précisément quai de la Seine, à 50 mètres des cinéma MK2, vers 19 heures le 31/12/2010, c'est à dire qu'il faisait nuit noire ! En fait c'est quelque chose qui ne gêne pas le héron pour se déplacer : on entend parfois son cri rauque ( qu'on peut transcrire par "frank !" ) en pleine nuit au-dessus de Paris ou ailleurs . En revanche, je ne sais pas comment il pêche...attend-il qu'un poisson vienne à la surface et le repère-t-il au bruit ?
En revanche le fait de se laisser approcher à 2 mètres et photographier au flash ( 4 fois, en plus....) est une belle illustration de la perte de méfiance de cet oiseau vis à vis de l'Homme ! Quand je pense à la difficulté pour voir cette espèce quand j'étais gamin....

Héron cendré_Villette_bis.jpg


C'est une évolution qui a pris une bonne trentaine d'années et qui a commencé sans doute aux Pays-Bas : j'ai souvenir de hérons déambulant entre les voitures garées sur les quais des canaux ou postés entre 2 pêcheurs sur le bord du lac d'un grand jardin public à Amsterdam dans les années 80...
A Paris, c'est semble-t-il dans la fin des années 90 que cette habitude a démarré au parc de Bercy pour se répandre dans tous les parcs parisiens ou de banlieue ( l'espèce niche au parc de la Courneuve -93- à quelques mètres du passage de centaines de personnes chaque WE....)
Merci encore à Richard pour m'avoir fait parvenir ces photos et m'avoir autorisé à les utiliser !

11:25 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

18/12/2010

Les dortoirs urbains d’oiseaux

 

 

 

Si vous avez eu le malheur de laisser votre voiture sous des arbres occupés par un dortoir d’étourneaux, vous avez sûrement pesté le lendemain contre ces sales bêtes qui font leur besoins au lit au lieu d’aller aux toilettes avant d’aller se coucher…. 

 

 

Dortoir BNF rogné.jpg

 

 L'arrivée d'une partie du dortoir d'étourneaux à la BNF en janvier 2008

 

 

 

Il y a finalement un nombre assez important d’espèces d’oiseaux qui forment ce genre de dortoirs, au moins en dehors de la période reproduction. En plus il semble que la ville soit particulièrement recherchée pour installer ce type de dortoirs. La raison est assez simple à deviner : il fait plus chaud en ville qu’à la campagne et il y a moins de chasseurs ! Jusqu’à peu on disait aussi qu’il y avait moins de prédateurs en ville : cette situation est en train de changer mais que peut faire un faucon pèlerin face à des dizaines de milliers d’étourneaux ? …. c’est même l’un des avantages des dortoirs : limiter les risques de prédation !

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J’ai déjà parlé du dortoir d’étourneaux qui s’établit certaines années dans le petit bois de la BNF

.(pour lire le post, cliquez ici).  Intéressons nous aux autres espèces….

Bambouseraie Villette red.jpg

Chez les passereaux, les moineaux se regroupent parfois en dortoir de plusieurs dizaines d’oiseaux dans des buissons ou un lierre (important : le lierre garde ses feuilles en hiver et peut donc protéger les moineaux contre le vent…. pensez-y avant de demander à votre copropriété de détruire le lierre de votre façade !). Je connais à Paris plusieurs dortoirs de verdiers dont un qui a dépassé le millier d’individus au parc de la Villette. Le parc Montsouris abrite aussi un dortoir de pinsons des arbres.

 

 

Plus inattendu : les bergeronnettes grises forment des dortoirs qui sont souvent situés dans des endroits éclairés et bruyants, tels des ronds-points souvent devant les gares, sans doute car le bruit de la circulation et la lumière de l’éclairage public sont les meilleurs garants contre les prédateurs (mais pourquoi spécialement les gares ?.....) .

Les corvidés peuvent aussi former des dortoirs en ville, souvent plusieurs espèces ensemble, dans les grands parcs : je connais à Pont-à-Mousson un dortoir de 2 à 3000 corvidés (corneille, freux et choucas) dans le parc d’une propriété à moitié abandonnée qui héberge à la belle saison une colonie de corbeaux freux. Les pies forment aussi des dortoirs, en général de quelques dizaines d’individus mais E.Chabot a suivi un dortoir d’environ 200 oiseaux à Rennes.eux ramioers prèsRamiers maison dec2010 red.jpg

Deux ramiers près à un gros dodo...

 

 

En dehors des passereaux, on peut aussi trouver des dortoirs de pigeons ramiers (jusqu’à 1400 à la BNF en 2002-03), de mouettes rieuses (sur des barges accostées en aval de la Maison de la radio et à Ivry en amont de Paris), même de Hérons garde-bœufs(5000 à Cordoue et 2000 à Prahia (capitale du Cap-Vert)

 

G-Boeufs 1.JPG

L'arrivée de quelques-uns des occupoants du dortoir de Prahia (Cap-Vert)

 

 et je n’oublierai pas les perruches à collier qui , pour la région parisienne, se concentrent en 2 dortoirs qui signent leur origine : un à Orly , l‘autre à Roissy ! A Bruxelles leur dortoir comptait 8000 individus en 2006 !

 

 

 

 

 

 

 

La Bambouseraie de la Villette, lieu d'un dortoir de Verdiers

18:52 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/06/2010

Les cornes d'abondance du 21ème siècle

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer sur ce blog les relations « déchirantes » entre les corneilles et les poubelles « Vigipirate »…

Une anecdote citée plus bas m’a donné l’idée de rassembler les observations dont j’ai eu connaissance qui mettent en scène des poubelles attaquées ou visitées par des oiseaux…

Corneille poubelle red 27sept 07

......................................................Il est plus que probable que son régime alimentaire explique sa coloration anormale...

J’en remets évidemment une couche à propos de la Corneille noire qui est responsable de la plupart des dégâts sur les poubelles parisiennes , spécialement impressionnants un dimanche matin d’été, quand les soirées ont attirés de nombreux pique-niqueurs qui avaient consciencieusement mis leurs déchets là où il fallait…..

Corneille mantelée sur poubelle Istanbul red

Il y a peut-être des restes de loukoums...nous sommes à Istambul !

Il est bien évident que leurs cousines mantelées sont capables de faire pareil…. On ne sera pas non plus étonné d’apprendre que la Pie est capable de déchirer une poubelle comme j’ai pu l’observer près de la Cité des Sciences (La Villette) en juin 2006, pour une frite ! En même temps, c’est la seule fois où une telle observation a été signalée : l’espèce n’y semble donc pas accoutumée.

Goéland sur poubelle red

.................................Le Goéland argenté n'hésite pas à courir les risques de la rue pour trouver sa nourriture !

On ne sera pas surpris de trouver les goélands dans la liste des oiseaux « perceurs de poubelles » : celui-ci est Dieppois (je n’ai pas  souvenir d’observations de ce genre à Paris mais il serait intéressant de surveiller les mouettes rieuses qui viennent y passer l’hiver…)

L’étourneau est aussi assez débrouillard et donc il est assez logique qu’il ait trouvé lui aussi le truc : une observation au Champ de Mars en mai 2006 par JM Bellec et une photo de Jean Hénon lors de l’opération « Comptage des moineaux » de mai 2010 place Léon Blum ( 12ème arrdt)

Etourneau poubelles_JeanHénon_080510 rognée

Plus étonnante l’observation d’un pigeon biset que j’ai pu voir aux Buttes-Chaumont (19è) faire un trou dans une poubelle plastique et… défendre vigoureusement « son » trou contre les congénères qui voulaient en profiter !

Encore plus étonnant, le cas de cette famille de mésange charbonnière du parc de Bercy (12è) qui a fait halte sur une poubelle : le mâle adulte est descendu dedans et s’y est nourri de reste de ….taboulé ! Malgré les sollicitations de ses descendants, il ne leur a rien donné de son repas (obs de P.Dubois 9/6/06).

J’ai gardé pour la fin le cas qui est à l’origine de ce message : Yves Gestraud a pu voir une ….. Poule d’eau entrer dans une poubelle au parc Montsouris !  

Poule_d'eau_poubelle_Gestraud_mai2009a

Regardez bien dans la poubelle de gauche.... vous avez du mal à en croire vos yeux ? (photo Y.Gestraud)

Poule_d'eau_poubelle_Gestraudb

Maintenant qu'elle est sortie, vous y croyez ?........ (photo Y.Gestraud)

Si on veut faire la liste des oiseaux amateurs de « junk-food », en plus des classiques pigeons bisets et ramiers, moineaux, merles, corneilles, pies et, depuis quelques années, mouettes rieuses qu’on peut voir se nourrir dans les caniveaux, on peut ajouter quelques cas plus surprenants :

J’ai ou observer un Pigeon colombin récolter des chips au parc de la Villette : il est déjà tellement rare d’observer un colombin se nourrir dans Paris qu’en voir un se nourrir de chips est carrément exceptionnel ! Au même endroit une mésange charbonnière nourrissait ses jeunes volants avec les mêmes chips…..

Colombin Zénith 050606 rogné

......La photo n'est pas très jolie mais c'est un document ! Les débris de chips sont au premier plan !

Jacqueline Lejeune a pu voir un Geai nourrir un jeune avec des débris de…saucisson près de N-Dame

Olivier Laporte a vu une Bergeronnette grise qui se nourrrissait aux Tuileries de miettes de pain alors que Pierre Delbove a vu sur l'Ile St Louis une Bergeronnette des ruisseaux qui enfournait dans le gosier de ses jeunes des restes de sandwich jambon-crudités….

30/05/2010

Le Geai fait le trottoir à Paris !

La question est souvent posée de savoir comment une espèce s’installe en ville…. En gros est-ce que ce sont des individus urbanisés originaires d’une autre ville qui émigrent et conquièrent une nouvelle ville ou bien est-ce la population locale qui s’habitue progressivement au milieu urbain ?

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Belle scène de la Nature : un couple de Geai nourrit ses petits dans un Chêne vert (photo J.Lejeune)

Un des arguments qui fait pencher la balance vers la 2ème hypothèse est le caractère progressif de la conquête d’une ville par une espèce d’oiseau : d’abord les parcs et les quartiers périurbains, puis les grands parcs urbains, puis les parcs et squares plus petits et enfin, parfois, la nidification sur les arbres d’alignement des rues et même sur des bâtiments.

Cette progression, théorisée à propos du Pigeon ramier par Tomialojc en 1976, se retrouve bien chez les Corvidés. A Caen, la Pie, apparue entre 1970 et 1981 dans quelques parcs, s’est installée dans les arbres d’alignement à partir des années 1990. La Corneille s’y est aussi installée en 2 temps. A Naples, la Corneille (mantelée) est apparue dans les années 1990 en périphérie de la ville et nichait déjà en centre ville autour de l’an 2000. On pourrait multiplier les exemples…..

Sur le Geai, on a beaucoup moins de données, sans doute parce que c’est un oiseau beaucoup plus discret que ses cousines susnommées : on a du mal à savoir quand il est apparu dans Paris ! Sans doute vers les années 1960-70…

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Les jeunes ont grandi : le bon climat du Midi ? (photo J.Lejeune)

Evidemment il fréquente les grands parcs, mais on savait depuis plusieurs années qu’il était capable de nicher dans une cour tranquille, un lierre et quelques arbres lui suffisant pour cacher son nid. Pour rejoindre ses lieux de nourrissage, il n’hésite pas à passer de toit en toit, en se perchant fugitivement sur une antenne de télé….

Une nouvelle étape semble franchie si l’on en croit les photos prises par Jacqueline Lejeune (oui, la même que la magnifique photo d’épervier sur un rebord de fenêtre dans le Marais !) : une nichée a été menée à l’envol il y a quelques jours sur un chêne vert de 4m de haut, sur un trottoir, en face d’un bureau de Poste très fréquenté du même quartier du Marais (centre historique de Paris, entre République et Beaubourg ) !

geai site nidif rue_Temple

Hé non ! il s'agit d'un trottoir du Marais, en plein Paris ! (photo J.Lejeune)

Si on y ajoute que dans le même quartier, la même Jacqueline avait déjà surpris la consommation d’une rondelle de saucisson par  la même espèce, et que le contenu d’une boule de graisse peut servir d’offrande nuptiale, on comprend pourquoi on  n’aurait pas dû être  surpris quand on a trouvé lors de l'atlas des oiseaux nicheurs parisiens que l’espèce nichait probablement dans la moitié des carrés parisiens avec une centaine de couples !

Geais_ la-friandise_15avril2010 JaquelineLejeune red

Quand une boule de graisse permet de faire des avances à une belle demoiselle....(photo J.Lejeune)

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