30/07/2016

Le chêne, le Geai et le pot de fleurs

Ca fait presque un an que j'ai négligé mon blog, quelques-uns ont eu la gentillesse de s'en plaindre...

Je reprends donc la rédaction de billets consacrés aux oiseaux en ville ! Pour me motiver, je crée une nouvelle catégorie de billets consacrés à des histoires d'oiseaux de Paris intra-muros.

Et pour commencer, je ne vais pas trop loin : sur le rebord de ma fenêtre.... Depuis 6 ans environ j'y laisse deux pots de fleurs accrochés au 8ème étage d'une tour située entre la porte de Pantin et les Buttes-Chaumont. Je n'y sème rien, je laisse les plantes pousser spontanément, me bornant à arroser quand c'est nécessaire (et que je suis là...) et à retirer des individus d'une espèce qui commencerait à envahir un pot (comme le plus grand fait à peine 25 cm de diamètre, c'est vite fait d'envahir...). J'y ai vu pousser diverses plantes dont les graines sont apportées par le vent, et en particulier par le courant d'air ascendant créé par l'échauffement de l'air contre les murs exposés au sud.

Mais cette année, j'ai eu la surprise de voir apparaître 3 Chênes verts ( 2 dans un pot, un dans l'autre ).

Chêne-vert_juil2016-red.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si on regarde bien, on voit en plus un gland qui n'a pas germé et un cotylédon qui bizarrement reste vert depuis un ou deux mois ( à droite, juste sous une herbe en train de pousser) .

Cela m'a tellement surpris que j'ai d'abord pris ça pour des Mahonias, buisson à fleurs jaune et à feuilles coriaces hérissées de piquants nettement plus acérés que ceux-ci ( j'ai pu le vérifier en allant cueillir une feuille de ce buisson près de chez moi !).

Cependant la simple présence d'un gland prouvait qu'il y avait apport extérieur par un autre mode de transport que le vent : j'ai dû me rendre à l'évidence, un Geai avait trouvé mes pots sympathiques et les avait choisis pour y "cacher" en automne les provisions qu'il préparait pour l'hiver. C'est une histoire effectivement bien connue : le Geai ....des chênes , le bien nommé, a un rôle très important dans la dissémination des fruits de cet arbre qui , sans son aide, ne donnerait de nouveaux petits chênes qu'à son pied, et donc sans aucune chance de se développer à cause de son ombre !

Geai_JdP9_recad-red.jpg

Cet oiseau est réputé pour sa mémoire étonnante car, après avoir caché ses glands, il faut pouvoir les retrouver... Heureusement pour les chênes qu'il en oublie quelques-uns !

Au fait, je n'ai pas trouvé où le Geai a trouvé des Chênes verts pour en récolter les glands, mais je vais chercher ! 

PS: deux jours plus tard, j'ai trouvé l'origine de mes glands : il s'agit d'arbres d'alignement dans les cités "briques rouges" de la porte Chaumont, à 210 mètres de ma fenêtre pour le plus proche. En visualisant un cercle de 210 mètres, je suis à peu près certain qu'il n'y en a pas de plus proche. 

16:46 Écrit par Frédéric dans Histoires parisiennes | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |