31/08/2015

Comment gérer le problème des corneilles à Paris.... s'il y en a un !

Ces derniers temps, quelques cas d’attaques d’humains par des corneilles ont été mis en avant par une certaine presse et certains élus d’arrondissement parisiens. Il est donc intéressant de faire le point sur les cas de conflits entre les oiseaux et les humains en ville.

Cela ne concerne que peu d’espèces. On peut citer les pigeons urbains pour leurs déjections et la crainte de maladies, les étourneaux pour le bruit et les déjections au dortoir, les goélands(en Angleterre et Allemagne) et les milans noirs (au Japon) pour des vols de nourriture parfois assez spectaculaires, ainsi que parfois les perruches à collier pour le bruit ou les arbres fruitiers.

Nous nous intéresserons ici de plus près aux corvidés avec les exemples de la Pie australienne (Gymnorhina tibicen, Cassican flûteur de son  nom officiel en français….) pour des cas d’attaques d’humains et le Corbeau à gros bec (Corvus macrorhynchos, Jungle crow en anglais) au Japon pour des cas d’attaques, d’épandage d’ordures et de dégâts divers.

Corneille_pigeon-red.JPG

Cela permet de signaler qu'il est possible que la Corneille participe activement à la limitation du nombre de pigeons à Paris...

Pour les corneilles parisiennes, il faut rappeler que l’espèce s’est installée dans Paris intra-muros pendant les années 70 et s’est développée de manière importante entre 1990 et 2005 environ (Malher et al. 2010). Il n’y a en revanche pas de signes probants d’augmentation importante depuis 2005. On peut faire un lien entre l’augmentation récente des effectifs avec le plan Vigipirate qui oblige à utiliser des sacs plastique transparents qui permettent aussi aux corneilles de voir ce qu’il y a dedans et de les déchirer facilement pour y prendre ce qui les intéresse. Les problèmes soulevés sont essentiellement des problèmes de propreté (les ordures sont dispersées) et quelques cas d’attaques de personnes, principalement des vols d’intimidation pouvant aller jusqu’aux coups de becs, ce qui a pu provoquer (au moins une fois…) la chute de la personne effrayée. Ces attaques semblent avoir lieu essentiellement entre fin mai et début juillet, période d’élevage des jeunes. (voir la catégorie « Histoires de corneille » dans la colonne de droite)

Les Pies australiennes sont des oiseaux originaires de la savane qui se sont multipliés en ville à la suite de la construction de banlieues résidentielles à l’européenne depuis le début du 20ème siècle. Elles ne semblent pas en augmentation particulière à l’heure actuelle. Elles posent des problèmes d‘attaques, d’intimidation seulement ou avec des  coups de bec appuyés pouvant avoir, assez rarement, des conséquences graves (yeux crevés, accidents de bicyclettes). Ces attaques très spectaculaires ont lieu presque uniquement en période d’élevage des jeunes et ont été analysées comme un comportement de défense de la nichée qui disparaît avec l’envol des jeunes. Elles concernent les mâles de moins de 10% des couples. Signalons que, par ailleurs, la Pie australienne est un des oiseaux préférés des australiens urbains ( Jones 2008).

 

Pie austalienne en attaque.jpg

 photo chipée sans scrupule sur Internet....

Le Corbeau à gros bec a connu à Tokyo, après une première augmentation dans les années 70, une explosion au début des années 90 quand les autorités ont introduit le tri sélectif des déchets qui a nécessité l’utilisation de sacs en plastique transparents, pour en contrôler le contenu. Cela a permis aux Corbeaux aussi de voir la nourriture et de les déchirer pour se nourrir (Ueta et al. 2003).

Les problèmes posés sont des cas d’attaques d’humains, qui ne semblent pas avoir des conséquences graves -ce sont plutôt des vols d’intimidation (très largement en période de reproduction), des problèmes de propreté- le contenu des poubelles est souvent répandu sur la chaussée - et même des problèmes de vols de câbles électriques ou de fibres optiques (voire de cintres !) et l’occurrence  de courts-circuits à cause des nids sur les poteaux électriques.

En 2001, le gouverneur de Tokyo, après s’être fait attaquer par un corbeau au cours d’une partie de golf, a décidé de prendre des mesures contre cette espèce (véridique !...). Des milliers de corbeaux ont été capturés et tués : en 2002, 12 000 corbeaux ont été capturés et le nombre estimé d’oiseaux sur les dortoirs est passé de 36 500 à 35 200, baisse non significative et en tout cas sans rapport avec le nombre d’oiseaux capturés ( Okuyama M. 2003). Après quelques années de baisse des effectifs grâce à la capture de plus de 100 000 corbeaux, les campagnes d’éradication se sont relâchées et le nombre de corbeaux est reparti à la hausse (+ 16% en 2009).

 

Jungle crow Tokyo.jpg

  photo chipée sans scrupule sur Internet....

Parallèlement à cela, des enquêtes ont montré que le problème principal de la population était plutôt l’épandage des ordures  par les corbeaux : après des consultations publiques, des mesures de gestion des déchets (horaires de ramassage, protection des sacs poubelles et politique de réduction des déchets)  dans certains secteurs de la capitale ont montré leur efficacité sur le problème de la dispersion des ordures ( Kurosawa et al. 2003).

Pour les Pies australiennes, le problème semble avoir été géré de manière plus réfléchie. A Brisbane, il a été montré (Jones et Nealson 2003) que certaines pies étaient agressives et d’autres non et que les pies agressives s’attaquaient, pour défendre leurs jeunes, chacune à un type d’intrus en particulier, piéton, cycliste ou postier à moto. Dans le cas des piétons, elles n’attaquent pas tous les piétons et on pense qu’elles s’attaquent chacune à un type de piéton, mais ce n’est pas encore bien précisé. Des études ont démontré que la capture avec libération à distance (plus de 30 km) des mâles agressifs était efficace sans porter préjudice à la nichée (le mâle est vite remplacé par un autre qui s’occupe aussitôt des jeunes). Le sort des mâles transplantés est plus mal connu. Pourquoi certaines pies deviennent agressives reste mal compris, mais il semble possible que cela ait un rapport avec le fait d’avoir vu un jeune tombé du nid recueilli par un humain, scène assimilée par les pies à de la prédation. Il est  préconisé, dans les cas de pies très agressives, d’utiliser la méthode de transplantation. En cas de pies qui se contentent de piqués d’intimidation, un panneau d’avertissement peut suffire.

 

Panneau-pie.png

 

Dans tous les cas, et cela devrait concerner le cas de Paris, qui semble de très loin moins grave que ceux de Brisbane et Tokyo, il faut insister sur la nécessité de prendre le temps de la réflexion, d’enquêter scientifiquement sur les causes écologiques des problèmes et de consulter les habitants pour éviter de prendre des mesures inefficaces ou inacceptables pour les gens ou qui ne répondraient pas à leur problème prioritaire.

Le premier travail confié par la Ville de Paris au Muséum sur la dispersion des corneilles dans les parcs parisiens ( voir billet précédent) permet d’espérer qu’on est parti dans cette voie…

Bibliographie

Jones  D.N. (2008) Wildlife management in the extreme : managing Magpies and mothers in a suburban environment. in « Too close for comfort : contentious issues in human-wildlife encounters » D.Lunney, A. Munn and W.Meikle eds. Royal society of New South Wales, Mosman, Australia, 2008.

Jones D.N. et T. Nealson  (2003) Management of aggressive Australian Magpies by translocation. Wildlife Research, 2003, 30, 167-177

Kurosawa R. , Kanai Y., Matsuda M. et M. Okuyama (2003).Conflict between Humans and Crows in Greater Tokyo- Garbage managementr as a possible solution    Global Environ Research 8: 139147

Malher F., Lesaffre G., Zucca M. et J. Coatmeur (2010). Les oiseaux nicheurs de Paris. Un atlas urbain. Corif/ Delachaux et Niestlé, Paris.

Okuyama M. (2003). Administrative measures against crows. Global Environmental research  72  199-205

Ueta M., Kurosawa R., Hamao S., Kawachi H. et Higuchi H. (2003) Population change of Jungle Crows in Tokyo    Mutsuyuki Ueta et al. Global Environmental Research, 2003 72: 131-137

 Certains papiers australiens sont résumés sur la partie biblio de mon blog ( cf. colomme de gauche du blog principal ou directement à

http://lesoiseauxenville-biblio.skynetblogs.be/archive/2015/08/24/d-autres-papiers-sur-la-pie-australienne-et-les-problemes-qu-8489166.html

http://lesoiseauxenville-biblio.skynetblogs.be/archive/2015/08/05/pourquoi-les-pies-d-australie-attaquent-elles-des-humains-8480662.html

  

16:32 Écrit par Frédéric dans histoires de corneilles | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Le printemps 2015 à Paris

Joli total (96 espèces entre le 1/3 et le 31/5) pour ce printemps ( record : 103 en 2013), grâce à l'observation de nombreux migrateurs peu fréquents : Torcol, Fauvette babillarde, Rossignol, etc. Un gag avec l'observation le 1er avril d'une Gorgebleue Bd Richard-Lenoir, dans un milieu atypique... et ce n'était pas un Poisson d'Avril ! Mais le "gag" absolu a été cette Avocette qui a passé une journée sur le pavé de la pointe de l'île St Louis ! Une première parisienne...

Quelques espèces autrefois communes ont confirmé leur rareté actuelle ( Sittelle, Pic épeichette, Serin,...) et quelques espèces ont laissé espérer des nidifications en séjournant assez longtemps ( Rousserolle effarvatte, Rougequeue à front blanc...), espoir déçu !...

 Et certaines observations laissent perplexes : comme d'habitude l'observation d'une Effraie à Paris est difficile à interpréter ! Et ce martinet observé le 11/3… A cette date le Martinet pâle est plus probable que le Martinet noir !...

 

Cygne tuberculé (Cygnus olor): éclosion le 28/5 le 5 poussins à la Villette; 6 observations sur la Seine ( 4 ind le 12/5)

( Cygne noir (Cygnus atratus): Montsouris)

( Oie cendrée (Anser anser): sq des Batignolles)

( Oie à tête barrée (Anser indicus) Montsouris)

Bernache du Canada (Branta canadensis): 4 couvaisons avortées aux Buttes-Chaumont. 4 obs en vol dont un groupe de 13 de passage à Montsouris

Bernache nonnette (Branta leucopsis): une baladeuse à Montsouris et celles des Batignolles

Tadorne casarca (Tadorna ferruginea): 2 visites aux B-Chaumont

(Tadorne de Belon (Tadorna tadorna): Batignolles)

Canard colvert (Anas platyrhynchos)

Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo)

Héron cendré (Ardea cinerea) Bercy, Choisy, Kellermann, B-Chaumont, Villette, Montsouris, Gds-Moulins,J. des Plantes

Épervier d'Europe (Accipiter nisus): les couples s'installent aux B-Chaumont, J. des Plantes, BNF, Montsouris et P-Lachaise. 11 individus observés ailleurs, sans doute en migration.

Buse variable (Buteo buteo): 9 observations de 12 individus en migration.

Faucon crécerelle (Falco tinnunculus)

Faucon hobereau (Falco subbuteo) : 2 observations fin mai

Faucon pèlerin (Falco peregrinus): le couple du Front de Seine a donné 3 jeunes; 3 oiseaux (femelle et mâle ad et mâle 2A) séjournent aux Olympiades  

Rale-d-eau_Damrémont-bis (3)inv-recad.jpg

Lui aussi voulait voir Montmartre ( photo Fabian « fab33w7 »)

Râle d'eau (Rallus aquaticus): un individu apparemment épuisé passe la journée sur un balcon au pied N de la butte Montmartre

Gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus)

Foulque macroule (Fulica atra): un ind passe au moins 2 jours au parc Montsouris

Avocette élégante (Recurvirostra avosetta) : un individu passe la journée à la pointe de l'île St-Louis le 19/3/15. Première parisienne !

 

Avocette_Paris-red1.jpg

 

C'est vrai que le cadre est moins glamour qu'en Camargue ou au Marquenterre !...

Chevalier guignette (Actitis hypoleucos): 3 obs sur la Seine

Mouette mélanocéphale (Larus melanocephalus): 5 obs surtout fin mars

Mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus):à l'unité ou presque après le 15/3

Goéland cendré (Larus canus) : un immature les 22-23/3

Goéland brun (Larus fuscus) : à l'unité ou en couple (jusqu'à 6 ensemble) sauf un groupe de 22 le 9/4

Goéland argenté (Larus argentatus)

Goéland leucophée (Larus michahellis) : à l'unité sauf un groupe de 30 immatures fin mai

Goéland pontique (Larus cachinnans): le séjour de quelques individus ( jusqu'à 2 ensemble) se poursuit jusqu'au 21 mars

Sterne pierregarin (Sterna hirundo): 4 obs à partir du 5 mai, toutes autour de la Villette.

Pigeon biset domestique (Columba livia f. domestica)

Pigeon colombin (Columba oenas)

Pigeon ramier (Columba palumbus)

Tourterelle turque (Streptopelia decaocto) : 2 observations dans les 5ème et 13ème arrdt

Perruche à collier (Psittacula krameri)

Effraie des clochers (Tyto alba): trouvée blessée au parc de la Villette. Baguée aux P-Bas

Chouette hulotte (Strix aluco) : une trouvée morte aux Batignolles le 10/3

Martinet indéterminé (Apus sp.) :1 ind observé le 11/3 !

Martinet noir (Apus apus): les premiers le 16/4 (à part une observation surprenante le 29/3 et celle du 11/3)

Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis): 2 observations sur la Seine mi-mars

Torcol fourmilier (Jynx torquilla): une observation le 23/4

Pic vert (Picus viridis) B-Chaumont, Bercy, P-Lachaise, J. des Plantes, Montsouris, Cité U, Butte du Chapeau-Rouge, Musée Rodin, Couvent St-Augustin ( 13ème)

Pic épeiche (Dendrocopos major) : P-Lachaise (couple),un mâle à Montsouris et un de passage à la Villette.

Pic épeichette (Dendrocopos minor):plusieurs obs Luxembourg, P-Lachaise, obs isolées Petite Cité U,Pitié-Salpétrière, B-Chaumont

Hirondelle de rivage (Riparia riparia): 3 ind début mai

Hirondelle rustique (Hirundo rustica): en migration à partir du 18/3 et observée sur ses fiefs du 16ème arrdt

Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum): au Louvre et à la Villette

Pipit des arbres (Anthus trivialis): 1 le 28/5

Pipit farlouse (Anthus pratensis):1 le 5/4

Pipit spioncelle (Anthus spinoletta): 1 le 14/4

Bergeronnette printanière (Motacilla flava) :1 le 23/4

Bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea)

Bergeronnette grise (Motacilla alba)

Bergeronnette de Yarrell (Motacilla alba yarrellii): 1 le 19/3, à côté de l'Avocette !

Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes)

Accenteur mouchet (Prunella modularis)

Rougegorge familier (Erithacus rubecula)

Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos): 3 chanteurs entendu après le 16/4

 

Gorgebleue_RLenoir_Regine-Le-Courtois1.jpg

 

Un arbre d'alignement n'est pas tout à fait le milieu typique de la Gorgebleue ! ( photo Régine Lecourtois-Nivart)

Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica): 1 le 1er avril !

Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros)

Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus): un séjourne qq jours à l'hop. St Anne, du 27/4 au 3/5 à la Villette,à partir du 22/5 sur le point culminant de Paris ( Télégraphe...)

Merle noir (Turdus merula)

Grive litorne (Turdus pilaris): 1 le 4/4

Grive musicienne (Turdus philomelos)

Grive mauvis (Turdus iliacus) : 5 obs jusqu'au 11/4

Grive draine (Turdus viscivorus): 2 obs (Cité U et parc G.Brassens

Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus): notée à 3 endroits à partir du 29/4 dont un séjour prolongé au jardin Rachmaninoff

Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta): 1 le 30/4

Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla)

Fauvette des jardins (Sylvia borin): notée en 8 endroits dont un séjour du 25/4 au 12/5 au moins

Fauvette babillarde (Sylvia curruca): 2 obs les 3 et 4/5

Fauvette grisette (Sylvia communis): notée en 8 endroits à partir du 17/4

Pouillot siffleur (Phylloscopus sibilatrix)

Pouillot véloce (Phylloscopus collybita)

Pouillot fitis (Phylloscopus trochilus) : 19 obsercations à partir du 7/4

Roitelet huppé (Regulus regulus)

Roitelet à triple bandeau (Regulus ignicapilla)

Gobemouche gris (Muscicapa striata): noté au Trocadéro, Jardin des Plantes et du Luxembourg

Gobemouche noir (Ficedula hypoleuca): 7 obs du 17/4 au 11/5

Mésange à longue queue (Aegithalos caudatus)

Mésange nonnette (Poecile palustris): Ranelagh, Trocadéro et cimetière de Charenton

Mésange huppée (Lophophanes cristatus)

Mésange bleue (Cyanistes caeruleus)

Mésange charbonnière (Parus major)

Sittelle torchepot (Sitta europaea): régulière au Trocadéro, Luxembourg et B-Chaumont; 2 obs isolées à Montsouris et P-Lachaise

Grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla)

Geai des chênes (Garrulus glandarius)

Pie bavarde (Pica pica)

Choucas des tours (Corvus monedula): 1 obs près du J. des Plantes

Corbeau freux (Corvus frugilegus) : 2 obs en migration le 7/3

Corneille noire (Corvus corone)

Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris)

Moineau domestique (Passer domesticus)

Tisserin gendarme  (Ploceus cucullatus) : découvert en janvier à la Tour St Jacques, revu en mars et en mai

 

Tisserin_Rambuteau-Beaubourg.jpg

 

Le Tisserin avait été aussi vu près du centre Pompidou (photo JB Alemanni)

Pinson des arbres (Fringilla coelebs)

Serin cini (Serinus serinus): presque uniquement présent entre portes d'Aubervilliers et de la Villette

Verdier d'Europe (Carduelis chloris)

Chardonneret élégant (Carduelis carduelis)

Tarin des aulnes (Carduelis spinus): un petit groupe le 11/3

Linotte mélodieuse (Carduelis cannabina): 3 obs à la Villette

Grosbec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes): 1 obs le 11/4

Bruant zizi (Emberiza cirlus): 1 obs au cimetière de Charenton

96 esp

 

10:49 Écrit par Frédéric dans Les saisons à Paris | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/08/2015

A Paris, zyeutez les corneilles !

Ces dernières années, quelques cas d'attaques de personnes par des corneilles ont eu lieu à Paris. Ils ont été montés en épingle par la presse et ont provoqué parfois quelques réactions d'élus d'arrondissement. Je reviendrai dans un prochain billet sur ce problème mais disons que cela a eu comme conséquence que le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris (en la personne de Frédéric Jiguet) a été chargé par la Ville de Paris d'un travail préparatoire pour vérifier qu'on pouvait étudier le comportement de ces oiseaux grâce à la pose de bagues colorées.

Corneilles baguées Tuileries'recad-red.JPG

L'avantage du système est de permettre de reconnaître les individus sans avoir besoin de les capturer

On peut lire facilement le numéro aux jumelles mais aussi en photographiant les oiseaux, même avec un petit APN avec un zoom optique (ce qui est le cas des photos de ce billet). Si vous en croisez, n'hésitez donc pas à les photographier, vous serez étonné par la lisibilité des bagues sur votre ordi, surtout si les photos ont été prises en HD (ici 8 mégapixels).

Corneilles baguées Tuileries 031.JPG

Juste pour donner une idée, la bague est lisible sur l'original HD de cette photo... qui permet aussi de prouver que, baguées au Jardin des Plantes, certaines ont atteint le Jardin des Tuileries ( 5 oiseaux différents notés en 2 visites...)

Corneilles baguées Tuileries-red.JPG

Toute lecture de bague (avec photo si possible) est à transmettre à F. Jiguet fjiguet@mnhn.fr

12:07 Écrit par Frédéric dans histoires de corneilles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/08/2015

Ouh, qu'ils sont pas beaux !

Cette fois, je vous ouvre un peu de mon musée des horreurs...
Récemment, un ami photographe bien connu des lecteurs de ce blog, Thierry Josse, m'envoie le cliché ci-dessous, pris à Vincennes, pour me demander ce qui a pu arriver à cette corneille...

20150726_Vincennes_Corneille-noire.TJosse.jpg

photo T.Josse


La perte totale des plumes de la tête et du cou lui donne en effet un aspect impressionnant ! Cela permet de voir en particulier que le "volume" des oiseaux est dû plus aux plumes qu'au corps proprement dit.... Au passage, on peut aussi en profiter pour noter l'orifice des oreilles, un peu en-dessous et en arrière de l'oeil. A noter aussi que le plumage est assez nettement décoloré, sans doute à cause d'une carence alimentaire.
Ce n'est pas un cas unique : Julien Birard m'en avait signalé une autre du même genre aux Tuileries (Paris-01) en aout 2012, une jeune de l'année elle aussi.
Mais ce n'est pas réservé aux Corneilles...

Merle déplumé bis-recad.JPG


J'ai photographié ce merle (mâle adulte) près de la porte de Pantin ( Paris-19)fin janvier 2007. Cela peut atteindre aussi d'autres espèces ( en particulier des passereaux nord-américains).
 Cela concerne souvent ( mais pas uniquement ) des juvéniles en train d'effectuer leur mue post-juvénile.Les adultes touchés seraient aussi en mue.

 

Merle noir à la tête plumée_18 août 2013recad.jpg

Ce "merle chauve" a été photographié par Jacqueline Lejeune

 

Il semble que le problème soit qu'au lieu d'un remplacement progressif des anciennes plumes par les nouvelles, on ait une chute brutale des anciennes avant l'apparition des nouvelles.
En tout cas, c'est vrai qu'en attendant un peu, on voit réapparaître un plumage tout neuf...

 


Attention, cela n'a rien à voir avec les cas de plumes mitées par des acariens comme on peut le voir sur ce Pouillot véloce photographié cet été au bois de Vincennes ( Paris 12).

P.véloce_mité.jpg

photo Thierry Josse

Le "sourcil" jaunâtre au-dessus de l'œil n'est que le crâne devenu visible et les marques sombres de la gorge ou au-dessus du bec sont les bases sombres des plumes découvertes par l'absence des plumes voisines... Dans ce cas aussi, un peu de patience permettra de voir réapparaître un plumage normal.

20/08/2015

Du Quercy aux Pyrénées, les hirondelles des cités du sud-ouest...

Je reviens d'un périple vélornithologique de Brive à Pau, en passant par le cl de l'Aubisque et la vallée d'Aspe. Même si je ne fais pas que de l'ornitho quand je pédale, je garde un oeil sur nos amis ailés...

Un premier billet donc, à propos des hirondelles de 3 espèces ( je ne parlerai pas d'hirondelle de rivage, même si j'en ai vu aux confins 32-64-65, à... Cahuzac !

Restent les espèces que j'ai le plus rencontrées, à commencer par l'Hirondelle de fenêtre :

- à Souillac, une magnifique église attire mon regard et me fait faire un petit détour... bonne pioche ! au moins une cinquantaine de nids ( et je n'ai pas fait un décompte précis et complet...)

Souillac-général-red.JPG

Y en avait partout, et en plus ça voletait de tous les côtés !

Souillac-det-red.JPG

Evidemment les premières nichées étaient déjà envolées et les jeunes s'apprêtaient déjà à partir vers le sud... en tout cas, ils commençaient à se rassembler sur les antennes et attendaient le beau temps pour partir....

HirFen_Frayssinet-le-Gélat-red.JPG

Là, nous sommes à Frayssinet sur Gélat, entre Gourdon et Fumel

Les Hirondelles rustiques ne sont pas en reste : à Osse en Aspe, le jour de mon départ pour rejoindre la gare de Pau, j'ai assisté au même spectacle, mais en changeant d'espèce...

Hrus_Osse-en-Aspe-red.JPG

Mais, toutes sympathiques que fussent ces rencontres, cela n'a pas valu les rencontres avec l'Hirondelle de rochers ! La première de ce voyage se déroula à Brive-la-Gaillarde : en sortant du resto, à la pénombre débutante, des cris "électriques" attirèrent mon attention devant la collégiale ( superbe au demeurant...) : de l'intérieur du narthex des jeuens Hirondelles de rochers signalaient vertement qu'elles avaient le ventre creux !

J'ai retrouvé en plusieurs endroits des hirondelles de rochers, en particulier nicheuses à Ferrières ( 65, au pied du Soulor...). C'est en vallée d 'Aspe que j'ai le plus apprécié leur rencontre : il s'agissait de jeunes : il semble qu'à peine prêts à voler, ils quittent le nid pour aller se percher en évidence, sur le coin d'une fenêtre...

Borce_Hrochers_juv-red-rec1.JPG

C'était dans un superbe village, Borce ( où le bistrot a un choix étonnant de bières... même de l'Achouffe !), et c'est encore sous le narthex que j'ai trouvé le duo le plus mignon de jeunes attendant la becquée...

Borce_Hrochers_juv-rec-red1.JPG

Sont-elles pas mignonnes, ces deux-là ?....;-)

22:37 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

05/08/2015

Quand la Pie austalienne se prend pour une Corneille parisienne...

En me documentant sur les attaques de corvidés sur les humains, je suis tombé sur un article à propos des Pies australiennes (aussi apopelée Cassican flûteur.....!). Voici la traduction du résumé de cet article....

Bien que les attaques sur les humains de la part des Pies australiennes soient un type de conflit significatif entre humains et faune sauvage en Australie, spécialement en environnement suburbain, on connait remarquablement peu de choses sur ce phénomène. Dans cette étude nous explorons trois hypothèses courantes - territorialité, protection des nichées et testostérone- comme explication de l’agressivité dirigée contre les gens par les pies vivant dans la zone suburbaine de Brisbane, dans le SE du Queensland.

 

Australian_magpie2.jpg

On voit bien que ce n'est pas vraiment une pie, mais on se dit qu'un coup de bec.... ( photo Peter Strauss)

 

La réponse de 10 couples de pies agressives à des niveaux normaux d’intrusion humaine a été comparée à celle de 10 couples de pies non agressives. Les observations comportementales sont nettement en faveur de l’opinion que les attaques ressemblent à de la défense des nichées et  pas en faveur d’un lien avec la territorialité. De plus l’étude n’a trouvé aucun élément pour étayer un lien entre le niveau de testostérone et l’agressivité envers les humains : la testostérone des mâles connait un pic juste avant la ponte et était significativement plus faible pendant la période maximale des attaques contre les gens. De plus, il n’y avait aucune différence entre le taux de testostérone des mâles agressifs et non-agressifs. Le déroulement de la production de testostérone pendant le cycle reproducteur ressemblait à celui de beaucoup d’autres passereaux et ne parait pas influer sur les attaques de pies contre les humains.

 

Pour lire la traduction, libre mais presque complète, aller voir mon blog d'articles scientifiques à l'adresse http://lesoiseauxenville-biblio.skynetblogs.be/archive/2015/08/05/pourquoi-les-pies-d-australie-attaquent-elles-des-humains-8480662.html

 

Et pour savoir ce que signifie "swoopping magpie" regardez cette vidéo...

   
   

 

17:33 Écrit par Frédéric dans histoires de corneilles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |