26/06/2014

Les sternes en Seine-St-Denis

La Sterne pierregarin est un oiseau assez déroutant : son milieu naturel, pour la nidification, serait plutôt les îlots gravillonaires de la Loire sauvage... et on la retrouve en plein 93 !

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La première "alerte" fut la nidification sur un toit d'entrepôt aux Pavillons s/bois en 2001 et peut-être d'autres années. Original...:-)

En fait, on  a remarqué qu'elle appréciait beaucoup les radeaux artificiels qu'on pouvait mettre à sa disposition et qui ont l'avantage d'isoler les nids des prédateurs terrestres. On en a donc placé dans certains parcs de la proche banlieue et la plus jolie réussite est sans doute celle du parc des Chanteraines de Gennevilliers/ Villeneuve-la-Garenne ( oui, je sais, c'est dans les Hauts de Seine, mais si près du 93....) avec une dizaine de couples.

A l'autre extrémité de la Seine-St Denis, au parc de la Haute-Île ( Neuilly s/Marne), l'espèce a niché en 2010 et cette année sur un radeau.

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Voici ce qu'on appelle un "radeau à sternes" avec le papa, la maman et les 3 petits...

Au parc du Sausset (Villepinte) un autre radeau a été disposé et il a été occupé dès la première année : 3 poussins sont nés début juin.

La plus grosse surprise est venue lors d'un de mes passages au bassin de rétention de Tremblay en France, à la limite de l'a"roport Charles-de-Gaulle dimanche dernier : un couple de Sternes s'était établi sur la digue qui sépare deux des bassins. lune était en position de couveuse et l'autre surveillait et a attaqué très directement une corneille qui passait trop près ! Pas de doute : c'est un couple nicheur !

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La flèche indique la couveuse... qui peut donc passer totalement inaperçue !...

La surprise vient aussi du caractère impromptu de cette nidification : je n'avais pas de sternes sur ces bassins ce printemps et elles emblent couver à peine arrivées... un couple qui a été dérangé sur un autre site ? Olivier laporte me signale qu'à la Haute-Île aussi, la première fois, le couple s'était installé tard et brusquement.... Un bon présage !

22/06/2014

On voit mieux de là-haut !

Aujourd'hui les photos nous viennent d'Annie Hentzy que je remercie beaucoup, grâce à Jean Hénon, que je remercie tout autant de nous avoir mis en rapport :-)

J'ai déjà parlé souvent de la facilité avec laquelle le Héron cendré s'est accoutumé à nos villes et à leurs habitants. J'avais déjà cité l'exemple d'Amsterdam, qui fut pour moi la première ville où j'avais pu constaté ce caractère. Ces photos, prises en avril 2011, montre qu'il ne recule devant aucun type de perchoir...

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Jamais bien loin d'un canal ( on est à Amsterdam...), il s'est quand même un peu éloigné pour se poser sur le toit de cette voiture qui ne s'attendait certainement pas à cet honneur...

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Que peut-il surveiller du haut de ce perchoir ? Je n'en sais rien... mais il semble le faire sérieusement !

18/06/2014

La crècerelle et le téléphérique

 Nous continuons notre voyage à Madère en évoquant ce qu’il en est du Faucon crécerelle dans l’île… Il « bénéficie » du statut de sous-espèce sans que la différence avec le « nôtre » saute aux yeux et il est omniprésent dans l’île : à l’exception près d’un Epervier en parade entre le col de Portela et Porto da Cruz, c’est la seule espèce de rapaces que j’ai observée (il y a aussi la Buse variable mais je n’ai pas réussi à la voir). Il se pose facilement sur les fils électriques et n’est pas trop farouche, ce qui fait le bonheur du photographe amateur que je suis… Il fait aussi le Saint-Esprit comme nos crècerelles européennes.

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Le seul que j’ai vu avec une proie transportait un des nombreux lézards de l’île (Lacerta dugesii qui est vraiment très courant : j’ai compté 15 lézards sur un rebord de pierre de moins de 3 mètres, attirés par la présence des touristes…) et le reptile est effectivement donné dans la littérature comme sa proie favorite.

 

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Le Lézard de Madère Lacerta dugesii est un reptile endémique de Madère

Où niche ce joli petit rapace ? Je n’ai évidemment pas fait de recherches systématiques de nids, mais chaque fois que j’ai entendu les cris des jeunes (26/5-9/6, j’étais visiblement à une époque proche des envols) c’était dans des falaises.

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La plus jolie densité fut trouvée à Calheta (sur la côte sud-ouest) où j’ai entendu 3 familles de crècerelles en 2 kilomètres de falaises. Il faut préciser que ce sont évidemment des falaises volcaniques (toutes les roches sont volcaniques à Madère !) mais que les différences de consistance entre les coulées et les  couches de cendres permettent le creusement par l’érosion de différentes cavités et vires bien pratiques pour installer un nid !

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Au fait, c’est pas très urbain tout ça… J’y viens ! En empruntant le téléphérique pour monter au superbe Jardin Tropical de Monte, au-dessus de Funchal, j’avais pu repérer l’origine des cris de crècerelles dans une petite falaise qui domine une des vallées qui convergent vers le centre-ville. Comme il a fait un temps pourri à cette première visite, j’y suis retourné deux jours après et j’ai repéré le site du nid, mais trop tard pour le photographier. J’ai donc décidé de profiter de la descente à pied pour aller voir ça de plus près….

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C’est sans conteste un site urbain, la falaise n’est pas si haute que ça…   

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Sans parler du passage régulier des nacelles du téléphériques qui survolent le site toutes les minutes entre 9h et 18h !

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Et c’est sûrement le seul site à crécerelles que je connaisse qui soit situé SOUS une maison : l’oiseau utilise les poteaux qui dépassent comme perchoir et entre dans la cavité situé juste sous la maison ! Incontestablement, ce faucon est bien accoutumé à la présence humaine…

14/06/2014

Tous à Notre-Dame les 21 et 22 juin 2014 !

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Les communiqués de presse du Corif

 

Si ce communiqué ne s'affiche pas correctement, consultez la version en ligne.  

 

12/06/2014

 

Découvrez les faucons crécerelle de Paris
les samedi 21 et dimanche 22 juin 2014

Samedi 21 juin et dimanche 22 juin, le Centre ornithologique Île-de-France (Corif) invite tous les parisiens, les touristes et tous les passionnés d'oiseaux ou les simples curieux à découvrir que la cathédrale Notre-Dame abrite quelques hôtes inattendus : des faucons crécerelles.

Des faucons à Notre-Dame...

Pour la vingt-sixième année consécutive, le Corif, avec le soutien de la Mairie de Paris, animera cette rencontre insolite entre patrimoine et nature.

Face au chevet de la cathédrale, dans le square
Jean-XXIII, un stand attend les visiteurs de 9h à 19h30.
Des ornithologues passionnés seront à leur disposition pour observer, avec des longues-vues, les faucons au nid.

Des rapaces sur la cathédrale,
et dans Paris

Ils expliqueront également comment une cinquantaine de couples nichent intra muros, ce qui fait de Paris la capitale européenne du Faucon crécerelle !

Un second point d'observation sera installé près de l'église Saint-Étienne-du-Mont, dans le quartier latin, derrière le Panthéon.

 

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Photo © Jean hénon / Corif
Faucon crécerelle.

Pour en savoir plus sur l'animation et sur les faucons crécerelle, cliquez ici.

Pour voir des photos de faucons crécerelle dans la photothèque du Corif, cliquez ici.

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Contact
Dalila HACHEMI : 01 48 60 13 00, corif@corif.net
www.corif.net

10/06/2014

Les oiseaux urbains de Madère

Ceux qui connaissent cette petite île volcanique située 700 km au large du Maroc seront peut-être étonnés de me voir parler d’oiseaux urbains dans un endroit plus connu pour ses falaises maritimes et ses forêts tropicales tempérées à lauriers et bruyères arborescentes.

Et pourtant la capitale, Funchal, dépasse 100 000 hab et surtout l’habitat dispersé du pourtour de l’île confine parfois à une immense zone suburbaine « grâce » à une urbanisation incontrôlée qui lotit le moindre terrain plat situé près d’une route.

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L'urbanisme sauvage à l'assaut de la montagne (Funchal)

Cette interpénétration entre le milieu « naturel » et les constructions humaines explique peut-être la facilité avec laquelle les espèces rurales se sont adaptées à la présence humaine. En fait, à quelques exceptions près, il y a peu de différences entre la liste d’espèces de la laurisylve (forêt humide à lauriers typique de l’île) et celle du Jardin Botanique de Funchal, le Pigeon trocaz mis à part… Et lors de mon dernier soir sur l’île un Pipit de Berthelot se faisait entendre au-dessus du centre de Machico !

Il faut dire aussi que nous sommes sur une île, pas très grande : 727km² pour l’île principale, un peu plus de la moitié de l’Île de France, pour rester dans le domaine insulaire…. ;-) Et, comme sur toutes les îles, il y a peu d’espèces d’oiseaux : en 13 jours d’un séjour (26/5-8/6/14), certes pas consacré uniquement à l’ornitho mais où j’avais toujours mes jumelles au cou, je n’ai noté que 38 espèces d’oiseaux alors que n’importe quel WE de visite d’une moitié de l’Île de France permet facilement de dépasser la centaine d’espèces si on s’y met un peu… Du coup les espèces  ou sous-espèces insulaires  ont souvent une plasticité écologique plus grande que leurs correspondantes continentales…. Ce qui facilite aussi l’urbanisation !

Commençons par l’espèce qui est pour moi l’espèce-type des villes et villages madériennes : la Bergeronnette des ruisseaux, représentée par une sous-espèce endémique qui se reconnait à son capuchon plus sombre et son sourcil clair nettement plus réduit que chez la sous-espèce-type. Elle occupe toutes les zones  construites, qu’il y ait ou non un ruisseau (« ribeira » qui désigne plutôt un torrent endigué dans son parcours urbain )

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Un autre oiseau typique de l’île (et de l’archipel canarien) est évidemment le Serin des Canaries : mon premier soir sur l’île, dans le village de Machico, j’ai mis quelques secondes à réaliser que ce « Canari » qui chantait était en  fait un représentant de l’espèce sauvage dont est tiré l’oiseau de cage… Il y en a partout dans les jardins, sur les pelouses sèches et leurs jeunes, fraîchement envolés en cette fin mai, se faisant fortement entendre pour réclamer leur pitance !

Autre espèce endémique, limitée à Madère cette fois, le Roitelet de Madère, proche du Roitelet à triple bandeau. Il préfère évidemment les « vraies » forêts humides, mais l’une des plus jolies observations que j’ai faite de cette espèce assez fugitive et véloce, fut au Jardin Botanique, certes situé à la périphérie de la capitale, mais bel et bien inséré dans la zone urbaine de Funchal.

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Pour terminer avec les endémiques spectaculaires, le Pinson de Madère, sous-espèce de notre Pinson des arbres, est resté plus habitué des forêts humides que le nôtre (c’est le compagnon des marcheurs le long des « levadas » où il n’a pas peur de venir dans leurs pieds pour récolter les miettes de leur casse-croûte). Je l’ai cependant vu faire la même chose sur la terrasse de l’hôtel où je séjournais sur la côte Nord près de Sao Jorge. De plus il est aussi présent au Jardin Botanique, mais en plein centre de Funchal, ce n’est pas lui mais la Fauvette à tête noire et le Merle noir – omniprésents dans l’île - qui sonorisent les parcs magnifiquement fleuris de Santa Catarina et du Jardin municipal.

Je ne fais qu’évoquer les pigeons bisets féraux, souvent plus sombres qu’en France (la couleur des falaises volcaniques y est sans doute pour quelque chose….) mais je voudrais signaler que c’est une île quasiment sans Moineaux ! Je n’en ai pas entendu ou vu un seul en ville de tout mon séjour et les seuls que j’ai notés sont une famille de Moineaux soulcies sur la lande rase de la Ponta San Lourenço, au sud-est de l’île. En fait, j’ai eu l’explication dans un ouvrage feuilleté au magasin du Centre d’Histoire de Madère : dans le passé, le Moineau soulcie était répandu dans toute l’île, y  compris en ville à Funchal. Vers 1950 le Moineau espagnol s’est établi, sans doute en  provenance des Canaries, et a éliminé le Soulcie de presque partout et en particulier des villes. Mais, phénomène bien curieux, le Moineau espagnol a quasiment disparu depuis et le Moineau soulcie n’a pas (encore ?) repris sa place…

Restent des martinets (unicolores pour ceux que j’ai pu déterminer), mais moins qu’en dehors des villes, des Faucons crécerelles partout (mais j’y reviens dans un post suivant) et des oiseaux de mer, évidemment !...

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 Remarquez le manteau sombre, les pattes jaunâtres et l'absence de points blancs à l'extrémité des primaires (en vol on en découvre une grande et une petite)

Le goéland local est une sous-espèce du Goéland leucophée (L. m. atlantis aux pattes souvent jaunâtres et au manteau presque aussi sombre qu’un Goéland brun graellsii. Je ne sais pas s’il niche en ville mais il occupe bien les ports (390 posés au port de Funchal). La Sterne pierregarin est présente dans les ports et nichent même sur un îlot rocheux à la sortie du port de Paùl de Mar.

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A gauche la Sterne de Dougall, à droite la Sterne pierregarin (remarquez la différence de couleur du manteau et du bec)

Plus spectaculaire, la Sterne de Dougall fréquente le port de Funchal et j’en ai vu 4 en pêche dont une qui, après avoir capturé un poisson est partie l’apporter à l’extérieur du port : une nidification proche sans doute ! Le spectacle sonore le plus surprenant est venu de…. Puffins cendrés qui se faisaient entendre en début de nuit (22h30) devant le balcon de ma chambre à Jardim do Mar : heureusement qu’on m’en avait parlé le jour même, je ne sais pas comment j’aurais interprété ces cris nasillards et puissants (« tî-o tî-o tî-o ha » à prononcer en se pinçant le nez…) !

 

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Comme partout donc, la vie aviaire est surprenante dans les zones urbaines de Madère et je pense qu’il n’y a que dans les zones où il ‘y a pas d’oiseaux ou pas de ville qu’il en est différemment….

Pour terminer, une jolie Aigrette garzette prise en plein Machico, dans la ribeira qui traverse le village.

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Et je ne résiste pas au plaisir de montrer une photo de l'oiseau mythique de Madère, le Pigeon trocaz, pas du tout urbain mais bon j'en suis fier.....;-)

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03/06/2014

Les classements se font et se déont, ils sont faits pour se défaire...

Peu de choses à voir avec les oiseaux mais les habitués ont sans doute remarqué l'apparition il y a une quinzaine de jours, dans la colonne de droite du blog,  d'un globe qui tourne, sponsorisé par Revolver Maps. En fait il s'agit d'un compteur de fréquentation de 2 manières : sur le globe apparaissent les origines des personnes qui consultent le site à ce moment là (en général, il y en a très peu...). Plus intéressant, à mes yeux en tout cas, en cliquant sur l'icone en bas à droite du groupe de flèches dans tous les sens,

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vous voyez apparaître le classement des pays qui consultent mon blog, et en cliquant sur le nom du pays, l'origine régionale de ces appels.

C'est ainsi que l'on remarque qu'après la France, c'est la Belgique qui se classe 2ème (si je suis français, il ne faut pas oublier que mon blog est hébergé en Belgique...). Ensuite, presque à égalité, le Royaume-Uni et le Canada (où le Québec compte pour les 3/4 et l'Ontario, très francophone aussi pour presque tout le reste...). La Suisse surclasse de peu les USA (avec en tête l'état de Washington devant la Californie).

Je ne vais pas citer la trentaine de pays qui ont consulté (par erreur ?... ça compte aussi !) mais je voulais terminer en notant que l'Algérie devance le Maroc et la Tunisie, ce qui ne peut que me satisfaire, moi qui ai vécu plus de 6 ans dans ce pays... même si je suis très heureux de  voir les autres pays du Maghreb consulter mon site!

Amusez vous donc à suive l'évolution de cette répartition : les différences sont suffismment faibles pour pouvoir être remises en cause.

Dernière remarque : le Portugal est actuellement surévalué, et en particulier Madère (Funchal) car j'y séjourne actuellement et chaque consultation que je fais de mon site incrémente le  compte du Portugal.J'en profite pour saluer les portugais et en particulier les Madériens ! Je pense qu'il y aura bientôt un post sur cete belle île...;-)