28/11/2013

Tu viens jouer avec moi ?...

En plein coeur de Toulouse, la Garonne se paie le luxe d'avoir des rapides : la Chaussée de Bazacle

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( photo  "serydicule" Wikimedia Commons )

La Chaussée de Bazacle est située sur un seuil rocheux qui a permis de tous temps aux humains de franchir la Garonne à cet endroit qui est maintenaint au coeur de Toulouse. Au Moyen-Âge, il y a été construit un barrage qui a permis l'implantation de moulins et au XIXème d'une centrale hydro-électrique. Bazacle produit toujours de l'électricité et est aussi un lieu d'observation des oiseaux d'eau toulousains.
J-François Bousquet y a ses habitudes et il a remarqué un comportement qui se reproduit à chaque période de hautes eaux de la Garonne : les Goélands leucophées (espèce qui remplace le Goéland argenté en zone méditerranéenne) du secteur viennent y faire.... du toboggan !

 

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Ils viennent se poser juste en amont du rouleau...
 

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et vogue la galère !
 

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Et quand c'est fini, ça recommence : les oiseaux s'envolent, remontent en amont et repartent pour un tour !

Est-ce du jeu ou y a-t-il un but concret à ce comportement ? On peut penser éventuellement à la capture de proie que les rouleaux feraient remonter vers la surface... Les oiseaux sont effectivement vus parfois en train de picorer la surface de l'eau, mais ce n'est pas systématique. Le fait qu'il y ait presque uniquement des jeunes ferait pencher la balance vers le jeu.

Cette histoire m'a rappelé un comportement que j'avais remarqué il y a quelques années sur la Seine à Paris et que je viens de revoir le mois dernier : quand une péniche passe à côté de l'île de la Cité, les pigeons posés sur le quai proche du Mémorial de la Déportation s'envolent pour se poser sur le pont du bateau. Ils n'y font rien de particulier et en particulier n'y picorent pas. Au bout d'un certain temps, ils s'envolent pour revenir à leur point de départ et.... attendent une nouvelle péniche ! Dans ce cas, le jeu semble être la seule hypothèse qui tienne... sauf si quelqu'un m'en suggère une autre !

Merci à J-François Bousquet pour ses photos et ses commentaires et à Michel Réglade pour m'avoir signalé les photos de J-François...

24/11/2013

Les perruches de Meudon sur Inumaginfo... avec ma bouille !

La Perruche à collier s'étend de plus en plus en Région parisienne ( et à marseille, à nancy, en région lilloise...) et elle a croisé le chemin de Gaëlle Laboeuf et d'eric Fongarnan, qui ont monté un site d'info sur le Web ("le premier magazine d'information du Web"). Ils ont cherché à se renseigner sur cette espèce et... c'est moi qui ai répondu ;-)

Voici le résultat : je le trouve pas mal !...;-)

 

 

07/11/2013

Humains-corvidés : des rapports ambigus.... depuis longtemps !

Ce billet aurait plutôt dû figurer dans le chapitre « Articles scientifiques résumés», mais le sujet déborde le strict domaine scientifique et, j’espère, pourra intéresser tout le monde…

Il s’agit d’une traduction un peu résumée d’un article qui vient de paraître dans une revue ornithologique suisse de langue allemande. Donc le « je » de ce texte désigne Christoph Vogel et non moi-même…

 

Humain et Corvidés, un antique sentiment d'amour-haine

C.Vogel-Baumann (2013)   Der Ornithologische Beobachter 110 (sept 2013):335-344

 

Résumé : La relation ambivalente des hommes avec les corvidés se reflète dans les descriptions picturales et littéraires. Depuis les temps anciens, les Corvidés ont joué un rôle spécial dans l'observation par l'homme de la nature et influencé ses pensées, sa manière de pratiquer les arts et la littérature ainsi que le langage de tous les jours, jusqu'à aujourd'hui. Dans une sorte de "revue de presse", les interprétations des auteurs et artistes anciens sont confrontées aux connaissances actuelles pour étayer cette discussion.

Depuis les temps anciens, le Grand Corbeau a été l’objet de respect et d’un culte religieux. Il fut un des commensaux des nomades anciens et n'était pas alors considéré comme un concurrent mais fut élevé à la dignité de mythe. Les Indiens de la côté Pacifique lui attribuaient des qualités divines et les Germains le considéraient comme un emblème des dieux. Une fois sédentarisé, l’homme néolithique vit dans les corvidés des profiteurs de son agriculture et de son élevage. Ensuite, la foi judéo-chrétienne a rompu avec les croyances païennes et modifié profondément l'échelle des valeurs.

 

Les corvidés sont entrés ces derniers siècles dans le domaine de la recherche sur le comportement et l'intelligence, ce qui leur donna une image positive dans le grand public, même si elle n'est pas partagée par tous. Le genre Corvus est mal accepté à cause de sa couleur, de ses cris rauques, de son grégarisme et son caractère charognard.

 

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« Ballade des pendus » Emile Bernard. Corneilles ou Grands corbeaux ? Les deux sont possibles dans le Paris de François Villon.

 

C'est surtout l'image du Grand Corbeau qui est marquée par sa présence sur les lieux de supplices et, avec le loup, sur les champs de batailles. On peut penser que ces peurs ancestrales viennent aussi du fait que les Corvidés sont très proches de l'Homme : nous aussi nous sommes intelligents, sociaux et omnivores.

 

Tour d'horizon d'une famille à la mauvaise réputation :

A partir de textes de toutes origines, voici un résumé des diverses visions des corvidés par l’Homme et leur confrontation à leurs explications scientifiques actuelles :

-dans l'Ancien Testament, le corbeau est considéré comme impur. Une mosaïque du 13ème s. dans l'entrée de San Marco à Venise représente un corbeau noir en train de dévorer un bœuf noyé tandis qu'une colombe blanche tient un rameau d'olivier dans le bec. C'est l'illustration de Noé lâchant un corbeau qui ne revient pas et une colombe qui revient avec le rameau d'olivier.

 

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Le « corbeau » de Noé devait être un Grand Corbeau car, au Moyen-Orient, le corneilles ne sont pas noires, mais « mantelées » de gris

Le prophète Elie a annoncé une grande sécheresse et a dû fuir pour avoir annoncé une mauvaise nouvelle. Ce sont les corbeaux qui lui apportent matin et soir du pain et de la viande ( 1. Rois 17,2-6). Ici les corbeaux sont des envoyés de Dieu. On voit ici l'ancien testament mentionner un comportement inné des corvidés : transporter dans son bec de la nourriture pour constituer des provisions

 

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-Hugin et Munin envoyés d'Odin : Odin (ou Donar) était le chef de l'Humanité comme du Panthéon germanique. Le Corbeau et le Loup, comme accompagnateurs des batailles, étaient désignés comme emblèmes d'Odin, dieu de la guerre et du tonnerre. Hugin et Munin, symboles de l'intelligence et de la mémoire, accompagnaient toujours Odin. Les deux corbeaux volaient à travers le Monde, observaient avec soin et revenaient se poser le soir sur les épaules d'Odin pour lui faire un compte-rendu de la journée. On peut plus sobrement y voir la traduction de leur capacité d’apprendre et de leur intelligence.

 

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Ce Grand Corbeau letton évoque bien Hugin partant explorer le vaste monde…

 

- Le fabuliste Esope

Ses fables ont été sans cesse reprises jusqu'à Gotthold Ephraim Lessing ( 1729 -1781) [ et en France La Fontaine N.D.T.]et réinterprétées à la lumières des connaissances actuelles. Il vivait en 550 av JC, esclave grec à la cour du roi Crésus de Lydie (Asie mineure). Il semble qu'il était laid, petit et à la langue acérée. Il faisait parler des animaux pour ne pas être puni pour ses critiques sociales. Il fit preuve d'une étonnante faculté d'observation des caractéres des espèces animales. Dans "Le corbeau et le renard", il s'est cependant bien trompé : le corbeau y est décrit comme un idiot, ce qui est contraire aux études actuelles.

Dans la fable « La corneille et la cruche", il s'en sort mieux :

"Une corneille altérée trouva une cruche qui contenait un peu d'eau, mais si peu que, malgré tous ses efforts, elle ne parvenait pas à l'atteindre du bec. Il semblait qu'elle fût condamnée à mourir de soif à côté de cette eau qui pouvait la sauver. Finalement, la corneille imagina un plan ingénieux. Elle se mit à faire tomber un à un des cailloux dans la cruche: à chaque caillou, le niveau de l'eau s'élevait un peu, tant et si bien qu'il finit pas atteindre le bord de la cruche. Et l'oiseau malin put assouvir sa soif.

Nécessité est mère de l'invention"

(traduction trouvée sur http://circo89-auxerre1.ac-dijon.fr/IMG/pdf/esope.pdf)

En 2009, Bird et Hemery firent l'expérience avec 4 Corbeaux freux :

 

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A la différence de la corneille, le corbeau freux a de la peau nue à la base du bec, ce qui la fait apparaitre blanche

on leur présenta un cylindre dans lequel un ver flottait sur une rondelle de liège, hors de portée des corbeaux... Les freux réagirent comme la corneille 2000 ans plus tôt et firent monter le niveau de l'eau avec des pierres....

 

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Autre différence avec la Corneille, le Corbeau freux niche en colonie appelée « corbeautière »

 

-Conrad Gessner

Le médecin et naturaliste suisse (1516-1565) publia de 1551 à 1558 les 4 tomes de" Historia animalium". En plus des descriptions, il y donne les utilisations culinaires et pharmacologiques des diverses espèces.  

 

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Le Choucas est un petit corbeau très attachant ( les ornithos auront reconnu la sous-espèce d’Europe de l’Est…)

A propos des choucas, il écrit que, si on en mange, cela provoque des démangeaisons, ce qui peut s'expliquer par le comportement des couples de choucas qui s'épouillent mutuellement le cou, ce qui était compris à l'époque comme s'ils souffraient de démangeaisons. Ce « grooming » réciproque existe aussi en dehors de la reproduction  et permet d’atteindre des zones hors de portée de leur propre bec. Avec d’autres comportements, cela participe à  renforcer les liens du couple et à maintenir la monogamie.

les proverbes

Sur une collection de 7000 proverbes, 148 mettaient en scène des oiseaux dont 17 des corvidés." Un choucas se pose souvent à côté d'autres choucas", ce qui correspond à peu près à "Qui se ressemble s'assemble". C'est sans doute fondé sur l'observation de l'attachement permanent des couples et de leurs comportements si souvent parallèles ou réciproques lors de l'épouillage. Cette imitation du congénère se retrouve aussi chez l’Homme et a été expliqué par la découverte des neurones-miroir.

- Wilhelm Busch (1832-1908)

Ce dessinateur écrit entre autres "Hans Huckebein, le corbeau malchanceux" qui commence par : 

"Ici on voit Fritz, l'enfant espiègle,/ Près de Huckebein, le jeune corbeau. /Et ce Fritz, comme tous les enfants, /Aimerait bien avoir un corbeau. /Déjà il s'éloigne sur la branche, /L'oiseau qui s'en méfie beaucoup."  De nombreux jeunes gens ont grimpé aux arbustes et élevé de jeunes corvidés, avant que des lois strictes soient instituées. La connaissance se développa principalement sur la phase d’imprégnation pendant le séjour au nid, c’est à dire un processus d’apprentissage précoce et rapide au résultat irréversible. S’il s’agit d’un jeune élevé à la main, cela donnera une imprégnation par l’Homme. Busch décrit de manière abrupte dans son histoire quelle suite cela peut avoir :

Entre ces deux scènes, Hans Huckerbein a embêté la tante par ses amusements et plaisanteries, mais bientôt aussi en mettant le désordre et en l’énervant.

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Que fait cette corneille accrochée la tête en bas avant de se lâcher dans le vide et de recommencer ? Elle joue, tout simplement…

 

Ce faisant, Busch a décrit et exagéré la curiosité et la facétie, deux des caractéristiques des corvidés. Et ce sont précisément ces qualités qui mèneront le sympathique Hans Hukebein à son destin.

- Alfred Hitchcock

Alfred Hitchcock a su utiliser de main de maître la peur ancestrale que suscite ces oiseaux noirs à la voix rauque et aimant s’assembler en troupe.

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 Les corneilles peuvent effectivement former des groupes plus ou moins importants, mais tout le monde n’en a pas peur…

Au début, dans "Les Oiseaux", le maitre s'en tient à des faits scientifiques : les corneilles et les corbeaux forment des troupes d'individus non nicheurs qui parcourent ensemble les cultures. Quand il les fait s'attaquer à l'homme, il profite sans compter de la liberté créative de l'artiste.

 

- Wolf-Rüdiger Marunde

Dans les quotidiens et les colonnes du courrier des lecteurs du 20ème siècle, les corbeaux sont toujours sournois, gloutons et méchants. Dans les dessins animés et bandes dessinées pour enfants, les corbeaux jouent le rôle de farceurs et de finauds : Abraxas , le compagnon de "La petite sorcière"; (Otfiel Preussler); "Quand les corbeaux étaient colorés" ( Edith Schreiber-Wicke) , "le Corbeau de neige" (B.Hächler)... pour n'en citer que quelques-uns. Le dessinateur et cartoonist W-R. Marunde est un représentant de la BD particulièrement marquant. Dans sa série "Marunde Landleben", il utilise des expériences et observations faites dans sa région natale. Deux corneilles observent et commentent une affiche de cinéma :

Lui : " C'est une parade nuptiale. Comme marque de sympathie, le mâle donne à son élue des vers et des larves mâchouillés. Ils appellent ça des baisers."

Elle :"Beurk !"

Les scientifiques sont tentés d'expliquer rationnellement tous les phénomènes, ce qui est facile dans l'exemple précédent. L’offrande de nourriture est comprise comme une représentation de la nourriture de la future couvée, ce qui amène à des becquées ritualisées, sans apport de nourriture. L’offrande affermit les liens du couple chez beaucoup d'espèces d'oiseaux et procure de la nourriture supplémentaire pour la période très énergivore de la ponte. Chez les humains, de nourriture, le baiser devient l'expression d'une tendresse, elle aussi sans échange de nourriture, comme sur l'affiche de cinéma.

Konrad Lorenz a raconté avec ses expériences sur des choucas élevés à la main et imprégnés à quel point la frontière entre humains et oiseaux n'était pas infranchissable : " Ce  Choucas mâle devenait lassant à vouloir de toute force me nourrir de la friandise à son goût la plus délicieuse. Il avait ainsi compris de manière remarquable que la bouche humaine était un orifice; je le rendais très heureux quand j’ouvrais les lèvres en poussant des cris de quémandage. C'était déjà beaucoup de dévouement de ma part, car, moi non plus, je n'aime pas beaucoup le ver de farine dilacéré et mélangé à la salive de choucas. Si je n'allais pas ainsi à la rencontre de l'oiseau, je pouvais faire attention à mes oreilles, sinon j'avais en un clin d'œil un conduit auditif rempli d'une bouillie chaude de vers de farine et jusqu'au tympan, puisque le choucas pousse profondément la nourriture avec sa langue dans le gosier des jeunes ou des femelles."

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 Ces jeunes oies suivaient Conrad Lorenz comme s’il était leur mère… pour elles, il était d’ailleurs leur mère : c’était le résultat de leur imprégnation précoce par les soins prodigués par le chercheur.

 

(…)

 

- Dans la presse de l'Aargau

Tirés des journaux cantonaux, 3 exemples:

- "Une corneille agressive blesse une femme à coup de bec jusqu'au sang.

Aarau : tout est allé très vite. En passant en vol, une corneille a blessé une femme à la tête.(Aargauer Zeitung 16 Mai 1997)

Le titre de ce premier exemple montre la Corneille, au moins correctement nommée, comme une brute sanguinaire. Dans l'article, on mentionne l'explication que la corneille voulait protéger sa famille. Cette explication n'a en rien servi à la corneille et à deux autres, immédiatement tuées. Nous supposons qu'un jeune était perché dans un buisson et que, le voyant en danger, la corneille, surmontant sa peur, a voulu le protéger. Un comportement qui mérite carrément notre respect.

 

- "60 Choucas tués par empoisonnement. Château de Hallwyl : la population décimée d'un tiers- l’opération se poursuit. (Mittelland Zeitung 30 Juin 2006)

A proximité du célèbre château au bord de l'eau, un paysan combattait les corneilles avec des grains de blé empoisonnés. Ils furent consommés aussi par des choucas de ce qui était à l'époque la plus grosse colonie de Suisse. Une centaine furent victimes de l'opération. Pour le nidificateur en colonie, son goût pour la vie en groupe le poussa vers le malheur. Même en dehors de la période de reproduction, les choucas préfèrent se déplacer en groupe. Autour des zones de nourrissage et des dortoirs, le Choucas aime se mêler aux autres corvidés. Le "cas Hallwyl" fut assez déprimant, car lors de l'assainissement de la maçonnerie terminé peu avant, le plus grand soin avait été pris des choucas, ce qui avait permis de maintenir l'effectif nicheur.

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Le Choucas apprécie les vieilles cheminées pour y faire son nid

 

Mais il ne faudrait pas se cantonner aux exemples négatifs :

- "Histoire vécue : un oiseau étonnant.

Fridolin vient se poser sur Nathalie : quand le choucas apprivoisé d'Aarau voit l'étudiante en sociologie, il ne demande qu'à être gratté dans la nuque" (Schweizer Familie n°20/ 2008)

Un choucas visiblement élevé par des soins humains a tissé des liens d'amitié avec une étudiante en sociologie et l'attend tous les dimanches à Aarau, se laisse gratter le plumage et se blottit affectueusement contre sa "partenaire". Cette histoire inspira pendant plusieurs semaines le monde des média. La trace de Fridolin le bien-aimé s'est ensuite perdue.

Pendant l'automne de la même année, on a apporté au centre suisse de protection des oiseaux un choucas apprivoisé, qui, à Gontenschwil (15km au SW d'Aarau),était entré dans une pièce et s'y était ensuite comporté comme s'il était chez lui. Dans la station de soins, l'oiseau s'est posé sur mon épaule avec un "tschock" d’encouragement (cri de quémandage de nourriture) et s'inclina en faisant vibrer sa queue. C'est par ce comportement que la femelle salue son partenaire. Le choucas s'était donc épris de moi en une fraction de seconde. L'oiseau avait visiblement été élevé par un homme grisonnant aux yeux bleus et "souffrait" d'une imprégnation fautive envers les humains de ce type. Des recherches parmi les collègues partageant ces caractéristiques se révélèrent cependant négatives. Je devais accepter cette sympathie comme complètement personnelle et j'ai nourri mon amoureuse selon la méthode Lorenz, mais en inversant les rôles. S'agissait de Fridolin ? Nous n'en aurons jamais la preuve.

Conclusion

Les conflits avec les corvidés sont le plus souvent la suite d'une incompréhension et jamais l'expression d'une sournoiserie, méchanceté ou voracité. Les corvidés prennent leur place dans les cultures humaines ou se rapprochent de nous, suite à leur arrivée dans les villes et villages observée ces dernières décennies. Là, ils nous montrent encore plus leurs traits comportementaux innés directement devant nos fenêtres et effraient les âmes sensibles par leurs simulacres, leur chasse aux petits oiseaux, leurs attaques des animaux domestiques et leur voix bien peu euphonique.

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C’est vrai que les corneilles et les chats ne font pas bon ménage, mais… la faute à qui ?

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 Dans les discussions sur les mesures à prendre contre les dérangements et les harcèlements, la peur, la haine et les préjugés sont de mauvais conseillers : ici on demande un raisonnement pragmatique et une technique objective, ce pourquoi les connaissances sur la biologie et l'éthologie des corvidés sont indispensables. Cet article vise à y contribuer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

01/11/2013

Ou ki va le kiki ?

Un de mes "fournisseurs" habituels de photos, JB Alemanni, m'en envoie une qui montre qu'éthologie et étymologie peuvent se rejoindre ( heureusement d'ailleurs....). Je m'explique :

J-Bernard fréquente assidûment le parc de Bercy ( Paris 12è) et il a pris cette photo 

Troglodyte - Bercy - 3 ocotobre 2013k1.jpg

C'est quoi ? Qu'est-ce qu'il fait ?

C'est un Troglodyte qui entre dans la grille d'évacuation d'eau.... Que va-t-il faire ? C'est J-Bernard qui donne lui-même la réponse et pose une question:

"  A Bercy, les troglodytes ont l’habitude de se glisser entre les barreaux des grilles d’évacuation d’eau et de se balader dans les conduits (j’en ai vu entrer par une grille puis ressortir par une autre, 3 m plus loin) ; est-ce ce type de comportement qui leur a valu leur nom ? "

Qu'est ce qu'il va y faire ? On peut penser qu'il y a des insectes qui apprécient la température (relativement) constante et l'humidité de l'endroit et que le Troglodyte les a repérés !

Quant à son nom, qui signifie "qui habite dans les trous", il fait plutôt référence à son nid qui est souvent placé dans des cavités de mur, d'arbres, etc. (cf. "L'etymologie des noms d'oiseaux." P.Cabard et B.Chauvet - Belin)

 

Cela m'a rappelé une observation que j'avais racontée sur la liste "Ornitho urbaine" en 2006...

" Les moineaux de la rue Buffon (5è), celle qui dessert les bureaux du CRBPO au Muséum, ont compris depuis qq temps que les bouches d'égout sont, à la bonne époque, des zones productrices d'insectes (chironomes ? ) et n'hésitent pas à y pénétrer pour se rapprocher de la source de nourriture........" 

Mais là, je ne les avais pas vus sortir plus loin, ils se contentaient d'entrer et de sortir !

Vous avez dit "adaptation à la vie urbaine" ?...Rigolant