09/08/2012

Ornithologie urbaine en plat pays

 

Je reviens d’une virée à vélo de Calais à Thionville, au travers de pays essentiellement plats (ma première côte est venue au bout de plus de 600 km, quand je commençais à m’approcher de l’Ardenne-Eifel….). Pour découvrir certains aspects non ornitho de ce voyage, voir http://vudemonportable.skynetblogs.be/

 

Ici, je me bornerai à évoquer certains aspects de la vie des oiseaux en ville à Calais, en Flandre et au sud des Pays-Bas. Les photos ont toutes été prises avec un smartphone (réduction du poids des bagages oblige), d’où leur rareté et leur mauvaise qualité !

 

Goélands-argentés_Calais.JPG

 

Je suis descendu du TGV à Calais et évidemment, dans un port, ce sont les goélands ( 3 espèces ) qui attirent le regard (et l’ouïe…). Leur familiarité peut étonner, mais cette scène (http://www.youtube.com/watch?v=f-yiXkqc_8E&feature=plcp , baissez le son de votre PC, le micro est très sensible au vent… et il y en avait un sacré !)  a été filmée devant les stands de poissonniers qui vendent directement du producteur au consommateur… même s’il y a des consommateurs qui ne payent pas !

 

Goéland-marin_Calais.JPG

 

 Celui qui m’a surpris, c’est le Goéland marin : je ne le  connaissais pas aussi urbain et confiant !

 

Goéland-marin_Calais_envol_retaillé.jpg

 

Il ne s’est effectivement envolé qu’à quelques mètres !

 

Autrement, dans le port, quelques Grèbes huppés, Foulques, Sternes pierregarin et même une Mouette mélanocéphale viennent se nourrir à l’abri de la tempête qui soufflait au large…

 

La ville suivante où je me suis promené fut Bruges : inutile de dire que je n’y ai pas fait que de l’ornitho ! J’y ai cependant vu une jolie liste d’espèces, la surprise est venue du passage d’un épervier en chasse en plein centre ville ! Les oiseaux d’eau sont évidemment nombreux dans la « Venise flamande », ce couple de cygnes présente une particularité : la femelle est immature… et pourtant elle s’est reproduite !

 

Cygnes_famille-à-Bruges.jpg

 

Comme dans beaucoup de villages ou petites villes que j’ai traversés dans le nord de la France et en Flandre, j’ai trouvé que le Gobe-mouche gris était assez fréquent (surtout comparé à Paris où il est très rare cette année !).

 

J’ai aussi trouvé que le Choucas était omniprésent, pas seulement à Bruges mais dans la campagne flamande ou zélandaise et dans les rues des villes et villages de ces régions : il vient au pain comme n’importe quel moineau ou pigeon parisien ! La photo suivante a été prise à Ziekerzee en Zélande (sud-ouest des Pays-Bas) : il s’agit de mon pied et d’une page du journal que j’étais en train de lire en terrasse d’un restaurant…

 

Choucas_Zierikzee.jpg

 

Le mystère pour moi est donc de savoir pourquoi le Choucas pullule en Flandre et Zélande (j’en ai compté plus de 600 dans un champ en Zélande et au moins 250 en pré-dortoir sur la cathédrale de Diest, Limbourg belge) alors qu’il disparaît à Paris et qu’il est rare dans de nombreux secteurs de l’Île de France. Pas d’explications simplistes : la Zélande est très agricole mais je pense qu’il y a autant de pesticides dans leurs champs que dans les nôtres. Peut-être une question d’élevage…

 

Autre aspect, pas exactement urbain, mais très anthropique quand même : l’utilisation des digues pour casser les coquillages avant de les manger. Ce n’est pas réservé à cette région, j’avais déjà vu la même chose sur les digues du lac du Der, par des corneilles et sur la plage du banc de l’Îlette ( baie de Somme) par des Goélands argentés et cendrés ainsi que des corneilles (même si je ne suis pas sûr que ce soit très efficace sur du sable, même mouillé… ). Ce qui m’a frappé ici, c’est la taille (et le nombre ) des huitres cassées sur la piste qui longe le littoral de Zélande : à certains endroits il faut zigzaguer entre les coquilles sur la piste cyclable ! La plus grande huitre que j’ai trouvée faisait presque 20 centimètres de long !

 

Coquilles-huitres.jpg

 

Qui en est responsable ? Je n’ai pas pu observer  en direct les coupables, mais les goélands me semblent tout désignés et j’ai vu plusieurs fois des Goélands marins posés sur les digues au ras de l’eau… mais il aurait fallu être là à la marée basse quand les casiers deviennent accessibles aux oiseaux gourmets !

 

Cas particulier : j’ai observé un Huitrier-pie en train de déguster une moule cassée sur une piste cyclable qui ne longeait pas exactement l’eau mais était quelques dizaines de mètres à l’intérieur… Là aussi, je n’ai pas vu le début de la scène, mais on peut s’interroger : se serait-il mis aussi au lancer de coquillage ou bien a-t-il seulement profité d’un goéland négligeant ?  

 

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