25/06/2012
Les mésaventures d'un jeune crécerelle
Aujourd'hui, je laisse la plume à Jacqueline Lejeune, grande spécialiste des crécerelles parisiens ( et des goélands....), c'est bien je n'ai plus de boulot ! Et en plus, elle a fait évidemment les photos...
Remarque : le square du Temple est en plein centre de Paris, juste à côté de la place de la République : c'est le seul (petit) espace vert de ce secteur très minéral.....
A l'heure du déjeuner le 18 juin, il souffla un vent de panique qui se communiqua à tous les habitués du square du Temple.
La présence d'un jeune crécerelle, né aux Arts et Métiers et volant depuis le 14/06, était à l'origine de toute cette agitation.
Ce qui lui a valu d'être houspillé et malmené de toutes parts.
Dans un premier temps, il a eu droit aux assauts de 2 pies et de 3 merles. Ni les cris d'alerte, ni les tentatives d'approche ne semblaient le perturber ; il resta un bon moment à observer leur manège. Puis, peut-être un peu agacé par tout ce tapage, il alla se poser sur la cime d'un autre arbre. Là une pie le suit et reprend ses assauts, il tente bien de la faire fuir, sans succès.
C'est alors que 2 corneilles arrivent à leur tour. Le jeune crécerelle prend conscience du danger et appelle. Il n'y avait pas de parent pour lui venir en aide. Les corneilles ne simulant pas les attaques, l'une d'elles le contourne et l'attrape par les plumes derrière la tête.
Par chance, le juvénile parvient à se libérer de l'emprise de la corneille, se retrouve suspendu par une patte à une branche, lâche prise, chute un peu plus bas dans l'arbre, retrouve son équilibre et s'envole.
C'est un miracle qu'il s'en soit sorti avec plus de peur que de mal. Car visiblement les corneilles n'avaient pas l'intention d'abandonner leur victime tant que celle-ci se trouvait dans l'arbre.
Après avoir décrit un large cercle au-dessus de la rue, le jeune crécerelle revient au square pour se poser sur la végétation basse, mais trop près d'un nid de merles, Et à nouveau un concert d'alertes retentit, exécuté par 3 merles et qui sont rejoints par le troglodyte, 1 accenteur et 2 moineaux. Je n'ai jamais vu autant d'oiseaux si proches d'un Faucon crécerelle !
Durant ce concert, le juvénile a pu se remettre de ses émotions. Il s'est déplacé plus à l'intérieur de l'arbuste, a fait un brin de toilette, a mordillé le feuillage tout en gardant un oeil sur un merle qui s'approchait constamment derrière lui.
A l'autre bout du square, c'est un geai qui inquiétait un couple de merles nicheurs. Ce jour l'ambiance était orageuse ! et le temps maussade pour les photos.
Etant obligée de partir, je suis repassée au square en fin d'après-midi et le lendemain matin. J'ai parlé avec quelques personnes et un jardinier sans entendre de mauvaises nouvelles du crécerelle qui a du retrouver sa famille après ses mésaventures.
Ce qui m'a étonnée : il y avait du monde au square, personne n'a rien vu, rien entendu. Pourtant trois merles qui alertent en même temps sans arrêt, ça fait du bruit !
Deux jours plus tard, j'observe une femelle crécerelle, la mère, capturer un moineau. Et bien sûr une corneille qui tente d'agresser un geai nicheur au square, mais la répartie du geai l'obligea à déguerpir.
18:37 Écrit par Frédéric dans histoires vraies d'oiseaux en ville | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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21/06/2012
Petit nid douillet avec vue sur le bois
La faculté de la mésange charbonnière ( de même que la bleue ) de nicher dans les endroits les plus originaux est bien connue... mais c'est chaque fois une surprise de découvrir d'où viennent ces cris de jeunes mésanges qu'on entend alors qu'aucun lieu a priori favorable ne soit apparent.
Exactement ce qui m'est arrivé ce matin , en allant me promener à Romainville pour explorer certains secteurs de la "Corniche des forts" entre Pantin et Romainville. Voici le paysage que j'avais devant les yeux quand j'ai entendu des cris de jeunes mésanges ( charbonnière si j'en crois l'adulte qui alarmait dans le secteur....). Où pensez-vous qu'elle avait fait son nid ?
Je vous laisse un peu chercher......
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La réponse arrive...
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Vous avez trouvé ?...... Bravo !
C'était bien dans ce portique d'entrée de parking, où il manque le bouchon ( j'ai vérifié de l'autre côté, normalement, il y en a un....) que se trouvaient les becs affamés dont les cris m'avaient attiré l'oreille depuis l'autre côté de la rue ! Il faut signaler que ce genre de site, quand le tube est vertical, est au contraire, un piège horrible pour oiseaux : des poteaux électriques creux ont ainsi piégé des dizaines de chouetts et de m'asanges ( entre autres) , avant EDF ne décide de placer des bouchons pour stopper le massacre....
23:44 Écrit par Frédéric dans histoires vraies d'oiseaux en ville | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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17/06/2012
Une Poule d'eau moderne...
Les brindilles et les herbes , c'est démodé ! C'est ce qu'ont dû se dire les Poules d'eau qui occupent le nid dont je vous ai déjà parlé, celui qui était occupé par 2 femelles à la fois....
Ces dames semblent préférer des objets colorés, en l'occurence des morceaux de plastique ou de paquets de bonbons !
Mais cela ne semble pas simple de mettre de l'ordre dans son appartement....
On ne sait pas par quel bout le prendre et on se retrouve avec un joli chapeau !
Finalement, on décide de revenir aux bonnes vieilles méthodes : on récupère des brindilles, mais sans perdre son morceau de plastique !
19:29 Écrit par Frédéric dans histoires vraies d'oiseaux en ville | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |
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12/06/2012
Le RQFB à Paris ( suite)
La publication du billet consacré à la nidification du Rougequeue à front blanc dans le 13è arrdt de Paris m'a valu un message fort sympathique d'O.Labbaye ( ornithologue parisien et ancien tenancier de la librairie du Muséum )qui m'apportait certaines précisions.
Voici le mâle du couple nicheur de cette année rue de Tolbiac ( photo L.Epelboin)
Dans les années 1980, les quelques ornithologues qui observaient les oiseaux parisiens ont cherché en vain le RQFB nicheur dans Paris.... ce qui ne signifie évidemment pas qu'il n'y a jamais niché mais qu'il était au mieux très rare ou occasionnel ( indépendamment des observations de migrateurs). C'est spécialement vrai pour le Jardin des Plantes qui était déjà bien fréquenté par les ornithos....mais pas par le RQFB ! Les nicheurs du Père-Lachaise dans les années 90 étaient donc déjà des exceptions !
Pour revenir sur le nicheur actuel, Loïc Epelboin m'a envoyé des photos intéressantes du site de nidification qui prouvent bien que l'espèce est capable de s'adapter à des conditions très urbaines...
Un trou dans la façade lui suffit.... (photo L.Epelboin)
.... dans une cour bien exiguë ! (photo L.Epelboin)
De même, l'image GoogleMaps montre qu'il se contente de bien peu de végétation dans son territoire, même s'il y a quelques jardins avec , semble-t-il, de beaux arbres.
14:03 Écrit par Frédéric dans histoires vraies d'oiseaux en ville | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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07/06/2012
Le Rougequeue à front blanc nicheur à Paris
Ce superbe oiseau a été très courant à Paris : à la fin du 19ème siècle Nérée Quépat ( de son vrai nom René Paquet, le verlan ne date pas d’aujourd’hui….) disait : « Cet oiseau abonde dans tous les grands cimetières de Paris » et il cite le Père-Lachaise où « on ne peut pas faire quarante pas sans en rencontrer ». Il cite aussi le cimetière de Passy, mais seulement avec un couple… on en entendra parlerde nouveau plus tard… L’espèce était encore commune jusqu’à la 2nde guerre mondiale et a continué à nicher après, de plus en plus rare pour disparaître sans doute dans les années 90 où un ou 2 couples nichaient assez régulièrement au Père-Lachaise….
Malgré des observations régulières aux passages, l’espoir était abandonné de le trouver nicheur pendant les travaux de l’Atlas de Paris ( 2005-08, toujours en vente à la FNAC, ed. Delachaux et Niestlé, voir à la fin du billet…). Une observation nous a cependant laissés rêveurs : un jeune Rougequeue à front blanc volant a été observé par E.Piéchaud au Jardin des Plantes en juillet 2007 : il était donc né pas très loin…. mais où ? Il y a peu de chance qu’un couple ait élevé ses jeunes au Jardin des Plantes en échappant à l’attention de la plus forte de densité quotidienne d’ornithologues en France ! Alors, dans Paris ? de l’autre côté du périf ?
Le RQFB de Pantin et son poste de chant favori
Des mâles séjournent de temps en temps dans Paris au printemps en chantant avec application : l’un d’eux l’a fait pendant 15 jours en 2006 à Belleville depuis la flèche d’une grue… mais le paysage environnant laissait peu d’espoir pour une nidification ! Cependant, la même espèce s’est établie plusieurs années à partir de 2008 à la sortie du port de Pantin (93) dans un site très urbanisé et s’est reproduit au moins une fois ( en 2009). Il a encore fréquenté l’endroit en 2010 et 2011, mais pas en 2012 ( on peut supposer que c’était le même mâle et qu’ il est mort….). Tous les espoirs d’une nidification parisienne étaient donc permis !
C’est de l’Ouest parisien qu’est venue ma bonne nouvelle : en juillet 2010, notre ami et grand artiste Tsunehiko Kuwabara (http://www.kuwabaratsunehiko.com/fr/ et http://kuwabaratsunehiko.over-blog.com/ ) a observé un mâle nourrissant de jeunes juste volants au cimetière de Passy ! 135 ans après, le même site (qui a dû un peu changer d’aspect entre-temps…) hébergeait donc cette espèce… Le Rougequeue à front blanc réintégrait donc la liste des espèces nicheuses certaines dans Paris intra-muros…
Je sais qu'elle est floue... mais c'est une preuve de nidification ! (toujours à Pantin)
Oui, mais celui du Jardin des Plantes, il venait d’où ? Une hypothèse est arrivée hier avec l’observation par Loïc Epelboin d’un couple de Rougequeue à front blanc dont la femelle ravitaillait dans un trou de mur pendant que le mâle chantait depuis une antenne de télévision… Evidemment, c’est 5 ans après et c’est à 2 km de là (mais c’est direct par les voies de chemin de fer….). cela proouve en tout cas qu’il est possible que ce bel oiseau niche dans Paris en dehors d’un parc ou d’un cimetière…..
Décidément l’ornithologie urbaine réserve toujours de jolies surprises !
15:50 Écrit par Frédéric dans histoires vraies d'oiseaux en ville | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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