27/05/2012

Souvent l'Effarvatte varie...

Dans tous les manuels d'ornithologie on décrit le milieu où vit l'espèce dont on parle : c'est important pour éliminer des espèces qui ne risque pas d'être présentes dans le milieu où vous vous trouvez.... C'est parfois à l'origine de drôles de surprises....

Effarvatte_Bercy_OL-red.jpg

La célèbre photo de JB Alemanni, prise au parc de Bercy !....

Exemple :la Rousserolle effarvatte est une fauvette typique des roselières, même réduites. Cette adaptabilité aux micro-milieux lui a permis de nicher en plein centre de Paris, au parc de Bercy, comme notre Atlas des Oiseaux de Paris l'a déjà raconté. Pour ceux qui ne l'ont pas lu (ils ont tort....) voici la photo de la "roselière" de Bercy...

Roselière Bercy red.jpg

Ca , c'est en période nidification..... Là où ça devient drôle ( et surprenant....) c'est quand on s'intéresse aux milieux où elle peut s'arrêter en cours de migration....

Comme elle a la bonne idée de chanter en migration, elle donne parfois de drôles de surprises à l'ornitho qui a l'ouïe fine, car il entend son chant sortir des endroits les plus saugrenus, surtout en ville !

En voici quelques exemples dont j'ai gardé des souvenirs photographiques, car un mauvais dessin vaut toujours mieux qu'un long discours.... alors que dire quand il y a 6 photos !

1_Bambouseraie Villette-red.jpg

 Ici, on n'est étonné qu'à moitié.... les bambous ressemblent un peu aux roseaux ! La preuve, je l'ai entendue 2 années différentes à la Bambouseraie de la Villette !

2_Site effarvatte Bobigny 020509 red.jpg

Là c'est déjà plus surprenant : il s'agit d'un pied d'immeubles (à Bobigny). Il s'agit néanmoins de buissons bas et touffus (ici des Cerisiers du Portugal)

3_Friche Sernam-red.jpg

Cette fois-ci il s'agit de Buddleyas, sur une friche qui subsiste sur la Petite Ceinture où certains individus ont stationné si longtemps qu'on a même pensé qu'elles allaient y nicher....

4_Milieu Effarvatte migr Pantin-red.jpg

Là on abandonne les arbustes touffus et on passe aux arbres à feuilles larges : des platanes à Pantin....

5_Nangis_190512-red.jpg

... ou des tilleuls place de la gare de Nangis (77). En revanche je ne me souviens plus quels étaient ces arbres à Bussy St George ( 77) où une Effarvatte chantait encore une fois en pleine ville !

6_Effarvatte Bussy St George 230509-red.jpg

Soyons honnête : l'eau n'est jamais très loin.....à part la friche à Buddleyas et la place de la gare de Nangis : j'ai déjà eu l'occasion de dire que je pensais aussi que les voies de chemin de fer pouvaient aussi servir de voies de migration rampante .

20/05/2012

Paris côté sauvage sur la chaîne Animaux

 

La Chaîne Animaux diffuse un film documentaire de 52’ intitulé « Paris côté sauvage », sur les animaux qui vivent à l’état sauvage dans Paris…. et qui croyez-vous qu’ils ont trouvé pour parler d’oiseaux ?...;-)

logo Animaux.png

Si vous voulez voir ma bouille, voici les redif que j’ai pu repérer sur les programmes de la chaîne  (c’est au début du docu qu’on peut me voir, vous ne serez même pas obligés de vous fader le reste…. même si je suis sûr que c’est très bien aussi !)

 

lundi 21/5 : 18h25

mercredi 23/5 : 22h10

vendredi 25/5 : 21h15

dimanche 27/5 : 12h15

jeudi 31/5 : 16h05

 

14/05/2012

Le chat qui n'avait pas de chance avec les Corvidés...

Tout à l’heure, alors que je travaillais à l’ordinateur, des cris énervés de corneille ont détourné mon attention de l’écran… Il y a un nid de corneilles dans un des robiniers sous mes fenêtres, cela ne m’a donc pas trop étonné ! Mais quand même je les ai trouvées bien insistantes !

Je vais voir et je découvre  qu’une corneille s’en prend à un gros matou noir ! Ce pauvre chat n’a décidément pas de chance avec les corvidés : c’est sûrement le même qui, il y a 3 ans, a eu maille à partir avec les pies qui nichaient à peu près au même endroit ! Le billet est consultable à cette adel : http://lesoiseauxenville.skynetblogs.be/archive/2009/05/30/la-pie-ange-ou-demon.html

 

Voici en ombre chinoise quelques scènes de l’affrontement…. je vous laisse prendre les paris sur le vainqueur (ne trichez pas en allant voir tout de suite la fin !)

 

Corneille_Chat_maison_a_red.jpg

Les deux protagonistes

 

Corneille_Chat_maison_b_red.jpg

Recul stratégique de la corneille

 

Corneille_Chat_maison_c_red.jpg

La manœuvre a fonctionné : la corneille repart à l’attaque…

 

Corneille_Chat_maison_d_red.jpg

…. et pousse son avantage !

 

Corneille_Chat_maison_e_red.jpg

L’autre vient au secours de la victoire !

 

Corneille_Chat_maison_f_red.jpg

Le chat, honteux et confus, jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus…..

 

PS : la scène n’avait pas échappé aux enfants de l’école maternelle ombragée par ces robiniers et ils ont suivi passionnément la rivalité. Je me permets quand même de regretter l’attitude de l’enseignant qui leur a fait crier « Allez, le chat ! » sur l’air des lampions au lieu de leur expliquer que les corneilles défendaient leurs petits...

 

08/05/2012

Un nid pour deux...

C’est le 1er mai que J-Luc Saint-Marc découvre une scène surprenante au parc des Buttes-Chaumont ( Paris 19è) : 2 Poules d’eau couvent sur le même nid ! J’assiste à la même scène samedi 5 mais le lendemain je ne peux voir qu’un relais des 2 couveuses sans les voir ensemble sur les œufs. Un habitué du parc me dit qu’il y a 10 œufs, ce qui est important pour une seule ponte, mais pas impossible. Géroudet cite des pontes de plus de 20 œufs en précisant que, dans ce cas, ce sont sans doute 2 pontes effectuées dans le même nid… Ici nous avons la preuve que cette situation arrive !

 

poule d'eau double couvaison_JLSM_BChaumont_retaillée.jpg

Les deux couveuses sur le nid (photo J-L Saint-Marc)

Remarque : il est impossible de distinguer dans la nature le mâle de la femelle dans cette espèce….

 

Quand j’ai pu apporter mon appareil photo, je n’ai pas pu voir les 2 couveuses en même temps : la (supposée) couveuse étalait bien son plumage pour recouvrir ses œufs et le (supposé) mâle apportait régulièrement des feuilles, jaunes ou vertes,

Poule-deau_apport-male_red.jpg

que la femelle disposait aussitôt pour décorer son nid, comme elle l’avait déjà fait avec un bel emballage de bonbons ! 

Poule-deau_apport-male2_red.jpg

Le mâle est très actif : 14 voyages en 19 minutes !….

Puis la (supposée) seconde couveuse est venue prendre le relais. Mais ce n’est pas simple de se relayer sans laisser les œufs à l’air une seule seconde….

Elle se pose sur le dos de sa collègue….

Poule-deau_2couveuses_red.jpg

 Elle trouve une position qui semble lui aller….. ;-)

Poule-deau_2couveuses-bis_red.jpg

 Le mâle arrive comme si de rien n’était….

Poule-deau_2couveuses-ter_red.jpg

Puis la première couveuse s’en va se dégourdir les pattes !

Poule-deau_2couveuses-quatro_red.jpg

Il ne semble pas que d’autres cas de double couvée simultanée ait déjà été observée chez cette espèce, mais j’attends les démentis avec gourmandise…. ;-)

 

06/05/2012

Creuser un nid au lieu de la construire....

Aujourd'hui je commence une (courte) série de billets sur des nids originaux observés à Paris... Je donne d'avance la moralité de ces histoires : les oiseaux ont une faculté d'adaptation étonnante.... mais les lecteurs réguliers de ce blog en sont déjà bien conscients !

Je commence donc par un nid de Merle construit dans le quartier Belleville, dans une jardinière accrochée au rebord d'une fenêtre.... ce qui est déjà assez original, même si le merle parisien en est assez coutumier !

Mais ce n'est pas ça l'extrême originalité de ce nid : regardez bien la photo qui suit ( merci à Elise Lesaffre de m'avoir donné ces photos... par l'intermédiaire d'un autre Lesaffre que certains connaissent peut-être....)

nid_jardinière_filleGuilhem-red-rognee.jpg

Je me suis permis de la retailler et d'augmenter les constrastes pour que vous puissiez mieux vous rendre compte : hormis les premiers centimètres d'herbes sèches qui constituent le bord du nid, le reste de la coupe est formée directement par la terre de la jardinière ! 

Dans un 2ème temps les merles ont tapissé la coupe de brins d'herbes avant de pondre, ce qui fait que maintenant, le nid a un aspect normal.... sauf qu'il est en partie enterré !

nid_jardinière_filleGuilhem2red.jpg

Le père de la photographe n'avait jamais rencontré un tel cas, c'est vous dire si c'est rare....;-) 

05/05/2012

Les oiseaux ont-ils peur du bruit ?

 

Je vais me faire un peu mousser : je viens d’être interviewé par une équipe d’ARTE qui prépare un sujet sur les conséquences  du bruit urbain sur les oiseaux. En fait, c’était au Corif qu’ils avaient demandé cette interview… mais bon, j’aime encore bien quand on me place un micro-cravate, j’ai l’impression d’être important… ;-)

 

Ca m’a obligé de rassembler quelques idées sur la question, grâce à des études dont j’ai lu les comptes-rendus dans des revues scientifiques ( pour plus de détails, suivre les URL en fin du texte ). Plusieurs points à retenir :

 

- tout d’abord, ce n’est pas surprenant mais encore fallait-il le prouver : le bruit dérange les oiseaux ! Sauf pour les espèces spécialistes de la ville qui ne sont pas affectées  , la proximité d’une route diminue la densité d’oiseaux. Pas étonnant : cela doit les effrayer, même s’ils s’habituent facilement à des bruits réguliers. Un niveau sonore trop élevé perturbe leur communication (les oiseaux utilisent beaucoup le son - cris ou chants - pour communiquer). La route peut aussi intervenir par d’autres facteurs que le bruit (pollution, accidents) [1]

 

rossignol_OLaporte.jpg

Je vous déconseille d'essayer de dormir à quelques mètres d'un rossignol au mois de mai ! (photo O.Laporte)

- certaines espèces s’adaptent à ce problème du niveau sonore. Sans surprise, certains chantent plus fort : la Mésange charbonnière passe de 42dB à 63 dB, le Rossignol, qui chante encore plus fort, passe de 80 à 90 dB ! [2]

 

- la Mésange charbonnière ne se contente pas de chanter plus fort : elle élève la fréquence minimale de son chant. Ce chant est facile à retenir «  ti-pû ti-pû » «titi-pû titi-pû » : c’est ce « pû » plus grave qui devient un peu plus aigu en milieu urbain, sans doute car les sons aigus passent mieux le brouhaha. [3]

 

Rougegorge_Marquenterre_red_colorée.jpg

Celui-ci vit à la campagne et a donc des horaires "normaux", pas comme son collègue urbain

- d’autres enfin ont compris qu’on pouvait aussi contourner le problème en chantant quand… il n’y a pas de bruit ! C’est ce qui explique que le Merle et le Rougegorge (entre autres) chantent dès 4h du matin ( et parfois plus tôt) en ville. Signalons qu’on a longtemps cru que c’était à cause de l’éclairage urbain qu’ils chantaient si tôt. [3]

 

Voici les réponses que les oiseaux ont pu trouver aux problèmes posés par le bruit mais je suis resté sec quand le journaliste d’Arte m’a demandé si les oiseaux pouvaient profiter du bruit…. En revenant de cet enregistrement j’ai réalisé qu’il y avait un exemple où le bruit semblait recherché par les oiseaux : les bergeronnettes grises ont l’habitude de former des dortoirs de plusieurs centaines voire milliers d’oiseaux sur leurs terrains d’hivernage. Or quelle ne fut pas ma surprise quand je réalisai que les lieux choisis étaient tout sauf tranquilles : il s’agissait souvent de places violemment éclairées et bruyantes, souvent face à la gare du lieu ! Pourquoi ? On peut supposer que c’est une manière de dissuader les prédateurs de venir les inquiéter… Pure hypothèse, mais si vous avez une autre idée, je suis preneur ! [4]

 

Dortoir Berg_grise.jpg

Je n'ai pas retrouvé dans quelle ville a été prise cette photo de dortoir de Bergeronnetttes grises par Ph. Pulce...

 

 

[1] http://lesoiseauxenville-biblio.skynetblogs.be/archive/2007/11/06/influence-de-la-proximite-des-routes-et-des-villes-sur-l-avi.html

 

{2] http://lesoiseauxenville-biblio.skynetblogs.be/archive/2007/06/18/les-oiseaux-urbains-chantent-plus-haut-et-plus-fort.html

 

[3] http://www.certu.fr/fr/_Ville_et_environnement-n29/Bruit-n138/IMG/pdf/Bruit_urbain_et_faune_sauvage.pdf

 

  [4]http://f1.grp.yahoofs.com/v1/gKuiT9xMQW598GZzo_ckBJoA1KvwSPq_A78OpshSX3lcYv57I6T7Ge6Vu-Ki8X9DrCabe3akzVY0kFnNw_ix/%27Etudes%20urbaines/Dortoir%20bergeronnette.doc (inscription préalable nécessaire à la liste « Ornithologie urbaine », mais c’est gratuit et vous pouvez vous désabonner aussitôt après !)