31/03/2012

Apprendre les chants des pigeons et tourterelles

 

Cette quinzaine, les chants évoqués vont être moins mélodieux que la plupart de ceux évoqués jusqu'ici.... On va en effet parler des "chants" des Pigeons et Tourterelles.

 

Parce que ça chante ces oiseaux-là ? ... C'est le moment de rappeler ce que je disais au début de ce cycle sur les chants d'oiseaux : le chant est d'abord une manifestation de territorialité et un moyen d'attirer les femelles.... et dans ce domaine-là, tous les moyens sont bons !.....;-)

 

Il ne faut donc pas s'attendre à des vocalises riches et variées, mais plutôt à des suites de roucoulements plus ou moins sourds. Vous connaissez sans doute déjà le roucoulement du Pigeon de ville, version domestiquée puis retournée à l'état sauvage du Pigeon biset : "Rou-rou" … qui peut lasser quand on l’ entend au-dessus de sa fenêtre à longueur de journée.... Ceci dit, même le chant de Rossignol peut finir à énerver, quand on l'entend toute une nuit !

 

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Celui-ci est venu prendre le soleil devant ma fenêtre...

Le Pigeon ramier (la palombe du sud-ouest de la France ...) s'est maintenant établi dans la plupart des villes françaises, le plus souvent durant ces 30 dernières années. Pour le reconnaitre , sa taille, plus importante, sa poitrine rosée, sa tache blanche des deux côtés du cou et les barres blanches qui ornent ses ailes en vol. Il aime beaucoup la ville pour dormir et nicher mais va souvent se nourrir à la campagne, n'hésitant pas à faire des dizaines de kilomètres par jour. En ce moment, vous pouvez en voir faire leur vol nuptial : une montée avec des battements accélérés puis une bascule avec les ailes tendues qui a un petit côté "saut de l'ange" assez élégant ! Posé près de son nid dans un arbre, il chante souvent  ses 5 notes, avec une montée et une accentuation sur la 2ème "cou- coû'cou... coucou". Cliquez ici pour l'entendre !

 

Le Pigeon colombin est le pigeon clandestin des villes : même certains ornithos ignorent qu'il y a des Pigeons colombins dans certaines villes ( Paris, Lyon, Dijon par exemple) : à leur décharge, le Colombin est d’ordinaire un pigeon typiquement forestier qui niche dans les anciennes loges de pics ! En ville, il raffole des cavités qu'il peut trouver dans les troncs de vieux platanes mais il a aussi repéré les mitrons de cheminée qui lui offrent autant de possibilité de nicher, d'autant plus qu'il y a peu de cheminées qui fonctionnent encore dans Paris...

 

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Au parc des Buttes-Chaumont ce Colombin n'a pas eu de problème pour trouver un site de nidification !

On ne le voit quasiment jamais à terre (il va se nourrir aussi à la campagne) et il faut donc le chercher sur les antennes et cheminées, où les pigeons bisets ne vont quasiment jamais... Son chant est aussi difficile à repérer que l'espèce : c'est un cri très sourd, dissyllabique, avec une 1ère note bien appuyée et la seconde souvent étouffée " Hoû-hou, Hoû-hou " assez rapides, le tout étant couvert par le moindre chant de petit passereau... il faut donc bien tendre l'oreille pour entendre ça en ville ! La sonothèque du Corif ne disposant pas actuellement de son chant, je vous envoie pour l’entendre sur le site de Gérard OLIVIER, ornithologue bourguignon qui met en ligne de nombreux chants d'oiseaux

 

 

 

Pour Paris, on a fait quasiment le tour de tous les Colombidés locaux... mais dans la plupart des autres villes, il y a une espèce de plus : la Tourterelle turque, qui ne s’est jamais beaucoup plu à Paris!  C'est une espèce relativement nouvelle dans l'avifaune française puisque la première reproduction connue a eu lieu en 1955 à Mulhouse. 20 ans plus tard on la trouvait à peu près partout en France ! Elle s'établit principalement dans les villages et dans les zones pavillonnaires des grandes villes, mais n'apprécie pas tellement les centres villes, spécialement à Paris... Son chant est très caractéristique avec ses 3 notes avec la 2ème nettement accentuée. Ecoutez-la...

 

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Un des rares couples parisiens photographié par Y.Gestraud pour l'Atlas  des oiseaux nicheurs de Paris

Quand vous entendrez un roucoulement qui n’était pas dans cette énumération, c’est qu’on sera au mois de Mai et que vous aurai entendu la Tourterelle des bois à son retour d’Afrique : ce chant est pour moi synonyme de chaleur et d’été. Je dirai même qu’il pousse à la sieste…

 

22/03/2012

C'est le printemps !

Le soleil de ces derniers jours a levé les derniers doutes : malgré la fraîcheur matinale, c'est le printemps !

A Paris aussi....

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Ce billet sera surtout illustré par des photos de fleurs que j'ai prises ce matin à la Villette ou au pied de ma tour, mais les oiseaux signalent aussi l'arrivée du printemps : cela fait déjà plus de deux semaines que les premiers Rougequeues noirs sont de retour avec leur chant de papier froissé. La semaine dernière j'entendais ma première Fauvette à tête noire aux Buttes-Chaumont

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En même temps les hivernants nous quittent : les Mouettes rieuses disparaissent, comme d'habitude, pendant la première quinzaine de mars ( une seule la semaine dernière aux Buttes-Chaumont); les Grives mauvis et musiciennes remontent dare-dare ( encore entendues ce matin ) comme les derniers Tarins ( encore quelques-uns la semaine dernière.

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Même la messagère traditionnelle du printemps, l'Hirondelle rustique a fait sa réapparition dans Paris :  le 12 mars, Guilhem Lesaffre en a observé une dans le 16ème arrdt et, ce qui est plus étonnant, l'a revue (du moins a-t-il supposé que c'était la même) au même endroit plusieurs jours de suite... D'habitude les éclaireurs ne font que passer, ici il s'agirait donc d'une locale qui est revenue avant les autres

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J'ai évidemment gardé le meilleur pour la fin : les migrations, même au-dessus de Paris, apportent toujours leur lot de surprises (excusez ce cliché !). Ce début de printemps a commencé très fort ! Guilhem (encore lui !) a observé hier un Milan noir au-dessus de l'Arc de Triomphe, c'est une espèce rare à Paris ( et même dans le reste de l'Île de France, elle n'est pas courante !). Mais le plus spectaculaire a été découvert ( comme souvent...) par Yves Gestraud : rien moins qu'une première parisienne ( du moins en dehors des bois) ! En train de surveiller le couple de Faucon pèlerin du 15ème arrdt, il a vu passer une Cigogne noire.... L'observation conjointe de ces 2 espèces en plein coeur de Paris tient quand même du plus haut improbable... et pourtant la voici !

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Pour une fois, une photo d'Yves n'est pas éclatante.... mais c'est une première locale !

14:29 Écrit par Frédéric dans Les saisons à Paris | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/03/2012

Et où je le livre, maintenant, le bébé ?...

 

Drame en 3 actes… et en trois numéros de l’Est républicain !

 

Premier acte : en Une ( ! ) ce titre accompagné de la photo du forfait….

 

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On apprend que le nid des cigognes qui, après avoir niché à la Pépinière, jardin public principal de Nancy, s’étaient établies sur la cheminée d’un immeuble proche, avait été détruit par les services techniques de la Mairie à la demande du syndic de l’immeuble. Comme le nid était au-dessus de la voie publique, le syndic avait voulu épargner sa responsabilité en cas de chute de branches… Il avait juste oublié de demander aux co-propriétaires qui étaient fous furieux de son initiative ! Ils avaient en effet adoré la naissance au-dessus de leurs têtes de 3 cigogneaux l'année précédente.

 

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Le lendemain, pied de nez de la part des cigognes ( et une cigogne qui fait un pied de nez, c’est rare !.....). Au lieu de retourner nicher, comme on l’espérait, à la Pépinière… elles ont recommencé à construire sur une cheminée toute proche de la précédente….

 

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Après les flots d’insultes déversés la veille sur la Mairie de Nancy, ce furent les quolibets et sourires goguenards qui achevèrent de convaincre les services municipaux qu’ils avaient fait une boulette. Troisième article successif de « l’Est » pour annoncer que la Mairie avait compris et qu’elle ne recommencerait plus…. du moins plus comme ça !

 

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Faut dire qu’ils auraient pu y penser un peu plus tôt : dans toutes les régions où elle niche, on ne touche pas à un porte-bonheur comme un nid de cigogne ! Not’Dédé, le bon maire de Nancy, ne devrait pas titiller ainsi le mauvais sort s’il veut être réélu en 2014….

 

 

 

PS : merci à Frank qui m’a tenu au courant de ce feuilleton passionnant !

 

14/03/2012

Les chants du Serin et de la Fauvette à tête noire

Alors, les chants commencent à vous rentrer dans l’oreille ? Vous faîtes, j’espère, quelques séances de révision avant de passer à la suite ! Comment chante le Troglodyte ? De manière explosive bien sûr….  Vous êtes donc en forme pour apprendre deux nouveaux chants qu’on commence à entendre ou qu’on ne va pas tarder à entendre.

Le Serin ne nous a jamais complètement quittés en hiver : des troupes se sont réfugiées dans les friches riches en petites graines qui vont leur permettre de tenir tout l’hiver. Cette année, le froid a sûrement fait des ravages chez les hivernants mais comme il n’y a pas eu de neige - du moins autour de Paris - ils ont pu continuer à trouver leur nourriture : une neige durable leur pose plus de problèmes…

 

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Le mâle de Serin est assez facile à reconnaître à sa taille, sa couleur et... son chant ! ( photo O.Laporte)

Il lui suffit alors d’un peu de douceur et de soleil pour se mettre à chanter, même en plein hiver, ce qu’il n’a pas manqué de faire cette année dès le mois de janvier ! Mais c’était quand même un peu plus retenu et moins éclatant que le chant qu’il nous fait maintenant avec l’arrivée du printemps… En vous rendant sur le site de la sonothèque du Corif http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf10.htm , juste à côté du Verdier, vous pouvez entendre son chant : une cascade de sons aigus et un peu métalliques qui n’ont pas de raison de s’arrêter de couler ! Ce trille peut durer nettement plus longtemps que sur l’enregistrement, surtout quand il est produit au cours du vol nuptial : on voit alors le serin papillonner avec des battements d’ailes plus lents que pour son vol normal, ce qui lui donne une apparence fort surprenante pour quelqu’un qui le voit pour la première fois ! L’oiseau tourne en l’air, souvent pour revenir ensuite se poser à son point de départ, par exemple la plus haute branche  d’un arbuste, ce qui lui permet de marquer son territoire à l’ouïe des serins de passage !

La Fauvette à tête noire, l’oiseau au béret (noir pour les mâles, brun pour la femelle), a aussi laissé quelques représentants hivernants dans le nord de la France mais sans doute moins que de serins et son retour à la mi-mars est plus marqué et signe pour moi l’arrivée du printemps : les migrateurs en halte n’hésitent pas à joindre leurs chants à celui des locaux qui ont repris possession de leur territoire : on peut alors avoir quelques concerts bien énervés !

 

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L'attitude typique du mâle de Fauvette à tête noire en plein concert ! (photo Olivier Laporte)

La Fauvette à tête noire fait partie des meilleurs chanteurs de nos régions : http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf3.htm  Un son qui peut être presque aussi chaud que celui du merle, des variations à l’infini - certaines sont de très bonnes imitatrices… - plus calme que celui de la Fauvette des jardins (et beaucoup plus que celui de la grisette !). Attention, ce chant fort, flûté, varié est précédé par une séquence plus en sourdine, au rythme plus énervé, qui fait souvent hésiter l’ornithologue entre plusieurs fauvettes… Il faut attendre le forte pour reconnaître l’origine du chant ! Pour cette espèce, comme pour la grive musicienne, il est plus important de se mettre dans l’oreille son timbre et son rythme que d’essayer de retenir le motif de toutes ses phrases possibles… il y en a beaucoup trop !   

08/03/2012

Une fable qui reste à écrire...

On a déjà parlé dans ce blog de l'acclimatation progressive des hérons à la ville : chaque parc parisien ( et même certain bassin à poissons rouges...) a son héron attitré ! Le phénomène semble avoir débuté à Amsterdam où on pouvait voir dès les années 80 des hérons dans un parc très fréquenté du centre ville... Maintenant on en voit déambuler dans les rues qui longent les canaux ! Mais même en ville, la vie sauvage peut rappeler inopinément qu'elle ne s'est pas assagie pour autant, devant une caméra qui n'en demandait pas tant !...
Grâce à Benoit Mamoudy qui me l'a signalée et surtout à "Maître Miyagi" qui l'a filmée, vous aller voir la suite inattendue de cette image tranquille d'un héron arpentant un enclos du zoo d'Amsterdam : il suffit de cliquer sur la photo...

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03/03/2012

Apprendre les chants du Pouillot véloce et du Rougequeue noir

Le printemps pointe le bout de son nez, avec des à-coups mais on est dans la bonne direction ! Les premiers migrateurs sont déjà arrivés dans la moitié nord de la France : des Milans noirs tournaient fin février au-dessus de la décharge de Pont-à-Mousson (54) !

Il faut donc s’attendre à voir nos migrateurs arriver dans les parcs de Paris… d’autant plus que certains ne sont pas partis bien loin, voire pas partis du tout ! Certaines espèces, dites migratrices partielles, ne font que glisser un peu vers le sud tout en laissant quelques individus sur place, qui font le pari qu’ils réussiront à passer l’hiver… Cette année, il n’ y en a sans doute pas eu beaucoup qui ont réussi à traverser la vague de froid, mais il y a toujours eu quelques Pouillots véloces et Rougequeues noirs dans Paris !

Le Pouillot véloce est parfois surnommé le « compteur d’écus », car son chant peut se résumer très simplement par une succession de « tchip tchap »…. pas trop compliqué à reconnaître, non ? Ca peut aussi vous faire passer pour un polyglotte sans trop vous fatiguer : le Pouillot véloce se dit Chiffchaff en anglais, Zilpzalp en allemand et Tjiftjaf en néerlandais !

 

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Encore une fois, c'est grâce à Olivier Laporte que je peux vous montrer un Pouillot véloce

Si vous arrivez à l’observer pendant qu’il chante, vous verrez qu’il bat le rythme avec sa queue… A cette occasion, vous constaterez que son chant est un meilleur moyen pour le reconnaître que son plumage… c’est un petit oiseau beige qui passe facilement inaperçu ! De plus il y a une espèce qui lui ressemble beaucoup, le Pouillot fitis : heureusement, son chant est complètement différent !

 

Autre oiseau à rejoindre ses congénères sédentaires dès le début mars, le Rougequeue noir. Le mâle exhibe un superbe plumage gris et noir avec un balayage clair sur l’aile et une queue rousse qui reste rarement au repos : elle vibre dés que son propriétaire bouge, ne serait-ce que d’un mouvement de tête…  Il s’agit d’une espèce montagnarde qui  s’est répandue dans les plaines de France à la fin du 19ème siècle : elle trouve des substituts à ses montagnes d’origine dans les bâtiments dont elle occupe les fissures  pour nicher.

 

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Même dans un cimetière ( ici celui de la porte de Charenton) on peut chanter à plein poumons ! photo JB Alemanni

Son  chant est très caractéristique à défaut d’être très mélodieux : il comprend une partie traditionnellement décrite comme rappelant le bruit d’un papier froissé… C’est plus un moyen mnémotechnique pour en fixer le souvenir : faîtes-vous votre idée en allant encore une fois consulter la phonothèque du Corif http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf11.htm (attention à ne pas confondre les deux rougequeues : ici il ne s’agit pas du Rougequeue à front blanc, au chant un peu plus mélodieux… )

Le Rougequeue noir est un chanteur très matinal : en ne se levant qu’au lever du jour, il semble qu’on rate une bonne partie des chanteurs qui se sont déjà tus. Un ami belge me confiait que les meilleurs résultats des comptages urbains de Rougequeues noirs étaient ceux qu’ il obtenait « de retour de guindaille », vers 3-4h du matin… Reste à savoir si le nombre supérieur était dû à la réalité des chants ou … aux effets des excellentes bières consommées au cours des dites « guindailles » !

L’ornithologie urbaine doit parfois tenir compte de contingences fort peu scientifiques….