01/12/2011

Apprendre les chants d'oiseaux en ville : le Troglodyte et le Rougegorge

 

Remarque : les liens renvoient à des pages du site du Corif où figurent plusieurs chants. Pour vous éviter de tout mélanger, je vous conseille de vous limiter à écouter l’espèce dont on parle et de ne pas écouter les autres qui figurent sur la même page…

 

Comment peut-on conseiller aux gens de commencer à reconnaître les chants d’oiseaux en plein mois de décembre ? Les oiseaux,  ça chante au printemps, non ?...Ben, pas tous !..... Il y en a qui commencent très tôt dans la saison : en fait ils n’ont quasiment pas arrêté !

 

Le Troglodyte mignon est un des très rares oiseaux que l’on peut entendre chanter même en plein mois d’août , quand tous les autres oiseaux consacrent toute leur énergie à changer leur plumage après la reproduction : c’est le grand silence de l’été, juste entrecoupé des strophes énervées de cette petite boule de plumes brunes, que l’on prendrait facilement pour une souris se faufilant sous un buisson, s’il n’y avait cette petite queue à la rebique qui lui donne sa silhouette caractéristique quand il se perche sur une branche.

 

troglo_chante_OL.jpg

                                 La boule qui chante, la queue à la rebique... le Troglo ! (photo O.Laporte)

La puissance de ce chant est étonnante quand on voit la taille de l’émetteur ! On a mesuré 96 dB à 1 mètre et j’ai souvenir d’un enregistrement de Grand Tétras (de la taille d’un Dindon…) dont le « chant » était couvert par celui d’un Troglodyte !

 

http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf12.htm

 

C’est même cette puissance et cette précipitation qui sont les deux caractères les plus faciles à retenir pour reconnaître son chant : on a l’impression que tout veut sortir en même temps et que ça finit par s’emmêler dans un trille ( eh oui, on dit « un » trille…) où il se prendrait les pattes dans le fil de son chant…

 

Troglodyte mignon JB Alemanni B-Chaumont mar09.jpg

et voici le parc de Bercy sonorisé par 10g de muscles et de plumes ! (photo JB Alemanni)

 

Le Rougegorge familier quant à lui s’est arrêté un peu de chanter en été mais la poussée d’hormones automnale l’a fait recommencer vers la mi-septembre et, à la différence des autres qui avaient repris aussi, il n’a pas arrêté pendant l’hiver : en effet il défend un territoire hivernal et donc utilise son chant pour le marquer… ce qui peut provoquer en octobre des conflits de bornage entre voisins !

 

Son chant est vraiment très pur et cristallin, impression renforcée quand il est seul à chanter avant le lever du jour (et parfois en pleine nuit !) et que l’air est glacial….. Après tout, glace et cristal vont bien ensemble ! Le chant commence souvent par des notes très aiguës qui servent de prélude à une phrase plus grave et descendante…

 

http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf11.htm

 

Si vous avez été attentif, vous avez pu remarquer dans l’enregistrement qu’un Troglodyte chante dans le fond…

 

Rougegorge_Marquenterre_red_tronquée.jpg

                        Un oeil noir te regarde....et une gorge orangée fait retentir sa note cristalline !

Je sais que certaines personnes ont du mal à distinguer les 2 chants (et je me souviens que quand je débutais dans les chants, j’avais aussi ce problème….). Pour moi, ce sont les notes aiguës du Rougegorge qui m’ont permis au début de les distinguer…. et, plus tard, de me demander comment j’avais pu confondre deux chants aussi différents ! Mais ne vous inquiétez pas, ce n’est que de l’entraînement : tout le monde peut y arriver ! Réécoutez les 2 chants à la suite et ensuite allez aux Buttes-Chaumont ou au parc Montsouris (ou dans n’importe quel parc de n’importe quelle ville !) pour vous entraîner à les retrouver…. et surtout recommencez plusieurs fois avant la prochaine « leçon », dans 15 jours !

 

N’hésitez pas à me dire si ça marche…. ;-)

 

Commentaires

Ma voisine est soprano. Comme elle est concertiste de par le monde, elle n'est pas souvent là. Mais lors de ses séjours, quand elle vocalise, tous les oiseaux aux alentours l'accompagnent ! Véridique... Elle est spécialiste de Gustav Malher. Lors de son prochain passage, je vais lui parler de votre blog et j'enregistrerai ses vocalises. Je vous recontacterai pour vous faire parvenir l'enregistrement à ce moment là.
Une petite précision, sur nos terrains respectifs, nous avons beaucoup d'arbres centenaires, chênes, hêtres, châtaigniers, noisetiers, charmes, etc... habités par de de nombreux oiseaux.

Écrit par : Marie Paule Barco | 04/12/2011

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La coïncidence est trop jolie...;-)
Même s'il y a une légère différence d'orthographe entre G. Mahler et F.Malher, différence qui me vaut en général des fautes dans mon nom....
Miracle d'Internet : c'est à son tour d'avoir des fautes dans le sien, je prends ma revanche !

Écrit par : Frédéric Malher | 04/12/2011

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