23/11/2011

Un canard nordique près de l'hôtel du Nord !

L'ornithologie procure des petits plaisirs aux ornithologues qui ne peuvent silloner tous les jours les étendues sauvages. La rencontre avec une espèce exceptionnelle en ville en est un et des plus gratifiant...

Vendredi 18/11, B.Rogez découvre sur le canal st Martin un petit canard qui nous arrive du Nord européen ( même si quelques-uns nichent en France ) : un Garrot à oeil d'or ! Il vient tous les hivers sur les zones humides françaises mais dans Paris, c'est exceptionnel : le dernier remonte à 1987, et encore n'est-il pas certain qu'il était intra-muros...

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Je n'ai évidemment pas pu résister au plaisir d'aller voir la bête... en plus à vélo c'est à moins de 10 mn de chez moi !

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Il y a eu de grandes discussions pour préciser l'âge et le sexe de cet oiseau : même si la question n'est pas définitivement tranchée, la plupart des observateurs penchent pour une femelle immature

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Evidemment, la proximité de l'Hôtel du Nord a libéré la créativité de Guilhem Lesaffre, le célèbre écrivain ornithologique ( et président du Corif )

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17/11/2011

Apprendre les chants d'oiseaux en ville : introduction 2ème partie

 

Quand les oiseaux chantent-ils ?

 

 Pour apprendre à reconnaître les chants, il vaut mieux savoir quand les oiseaux chantent !….

On aura compris à la lecture du billet précédent que le chant est très lié à la reproduction. Il n’est donc pas étonnant que les oiseaux chantent principalement au printemps. Par contraste, l’été est la période du « Grand silence » chez les passereaux ! En effet, c’est juste après la reproduction  et durant la mue post-nuptiale qui consomme beaucoup d’énergie.

 Cependant ils n’ont pas tous la même définition du printemps et le démarrage des chants s’étale sur plusieurs mois entre espèces précoces et plus tardives, migrateurs proches ou migrateurs transsahariens… Nous nous proposons même de profiter de ce décalage pour apprendre progressivement les chants, au fur et à mesure que les chanteurs entreront en scène. Il est plus facile de reconnaître des chants quand il n’y en a que 3 ou 4 différents que quand toutes les espèces nicheuses sont là !

Les premiers recommencent à chanter dès le cœur de l’hiver : les plus précoces sont sans doute le Troglodyte, le Grimpereau (qui n’arrêtent quasiment pas de chanter), le Rougegorge (qui défend des territoires d’hivernage), la Grive draine et le Merle ainsi que les Mésanges charbonnière et bleue. Les Pinson, Verdier, Chardonneret, quoique sédentaires aussi, commencent un peu plus tard (février- mars), avant que n’arrivent les premiers migrateurs qui chantent dès leur arrivée (et parfois même en halte migratoire !).

 

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. (photo G.Lesaffre)

Le chant étant lié au développement des organes génitaux, il arrive que la remontée d’hormones, sensible à la fin de l’été, provoque des reprises de chants (chez le Rougequeue noir par exemple) comme elle déclenche la reprise des parades chez les Canards colverts.

 

 

Autre point important à noter : les oiseaux ne chantent pas toute la journée (il faut se nourrir et s’occuper de la reproduction !). C’est principalement le matin au lever du soleil qu’ils déploient le plus d’énergie musicale. L’activité musicale décroît dans la matinée et reprend légèrement en fin de journée. Il est donc conseillé de privilégier les matinées, de surcroît souvent plus calmes dans les parcs urbains que les milieux de journée. L’autre avantage de l’hiver pour commencer à apprendre les chants d’oiseaux, c’est que le lever du soleil n’est pas trop matinal….

Cependant, au lever du soleil, on assiste à un « chœur de l’aube » certes impressionnant, car tous les oiseaux chantent ensemble, mais où il est parfois difficile de s’y retrouver !

 

 

Le choix des espèces

Il ne s’agit évidemment pas de présenter ici tous les chants d’oiseaux qu’on peut entendre en ville, mais de permettre de débuter dans la jungle sonore que peuvent évoquer parfois les parcs urbains tant les chants sont variés, mêlés et déroutants. Nous nous contenterons donc d’une vingtaine d’espèces pour le programme du trimestre à venir, en les décrivant à peu près dans la période où ils commencent à chanter… Nous commencerons donc par des espèces qui chantent en plein hiver (voire en automne…), le Troglodyte et le Rougegorge, pour continuer avec les autres espèces dans l’ordre d’arrivée en scène…

 

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Un des rares chanteurs qui n'arrêntent quasiment pas de peupler notre monde sonore : le Rougegorge

Tout choix contient évidemment une part d’arbitraire, j’espère quand même qu’il semblera utile aux débutants qui voudront bien suivre ce « stage » virtuel d’initiation aux chants d’oiseaux...

 

 

Premiers entraînements…

Avant la première vraie séance de reconnaissance de chants d’oiseaux, vous pouvez commencer à vous entraîner à distinguer les oiseaux qui chantent autour de vous… Ce n’est pas si simple et je pense que c’est même la clé de la suite : être capable de pointer du doigt et dire «  Là, il y en a un qui chante et là , un autre de la même espèce qui lui répond . Là en revanche c’est un oiseau d’une autre espèce qui chante pendant qu’un autre passe en vol en criant…. »

A cette période, vous n’aurez pas trop de chanteurs, c’est mieux pour débuter !

Choisissez le parc le plus près de chez vous et allez y plusieurs matins (en ce moment, ce n’est pas trop tôt….)  pour vous habituer à séparer auditivement les sources sonores. Mettre un nom sur ces sources sonores n’en sera que plus facile !

 

12/11/2011

L'été 2011 à Paris

 

Voici le résumé des observations mises en ligne sur la page « Ornitho parisienne » ( cf. la colonne de gauche ) :

71 espèces (dont 3 oiseaux échappés de captivité) ont été observées du 1/6 au 31/8/11, cela fait 7 espèces de plus que l’an dernier : sans doute un « effet Faune IdF »…

 

L’évènement de l’été est sans doute l’installation d’un couple de Faucon pèlerin sur la cheminée de la CPCU depuis la fin juillet (encore présent au moment d’écrire ces lignes) : enfin un couple « vraiment » parisien ? La découverte de 2 couples supplémentaires d’éperviers ( BNF et Montmartre) est aussi importante ! L’Hypolaïs polyglotte voit sa nidification prouvée pour la première fois depuis longtemps (2000 à la friche du Millénaire) à Paris.

 

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Le couple de Pèlerin sur sa cheminée parisienne

 

L’été est caractérisé par le passage des premiers migrateurs ( Milan noir, Bondrée, Buse, Hobereau, Chevalier guignette, Rougequeue à front blanc, Tarier des prés, Gobemouche gris et noir, Fauvette grisette  pour cette année). On note même (comme d’habitude) le retour des premières mouettes hivernantes !

Les dispersions estivales apportent quelques observations « sympathiques » : Mésanges nonnettes, Pic épeiche, Mésange huppée.

A noter : un seul couple de Tourterelle turque, aucune observation de Choucas, de Grive draine ni de Friquet

 

 Grand cormoran : 2 le 21/6, 2 le 20/7

Héron cendré  x

Cygne tuberculé  2 le 4/6 porte Gare, 1c et 5j allée Cygnes le 5/8

Bernache du Canada couple mixte B.c. minima x OTB Montsouris (2 petits)

Oie à tête barrée : couple mixte x B Canada minima (2 petits) et couple mixte x B.nonnette avec des jeunes

Tadorne casarca : 3 ind (1c dont 1 jeune ou 1 ad et 2j ?) depuis le 17/7 à Montsouris

Canard colvert : x

Milan noir : 1 le 9/8 à St Paul

Buse variable : 1 le 27/8 Grange aux belles  

Bondrée apivore : 1 Grange aux Belles 20/8, 2 le 27/8, 1 Montsouris 31/8

Epervier d’Europe  6 couples au moins ( P-Lachaise, Montsouris, B-Chaumont - envol le 10/7, ENS, BNF, Montmartre ) et un autre possible dans le 7è arrdt.  Vu un peu partout Carnavalet , quai de la Tournelle, Roquette, friche du Sernam, Max Dormoy, M° Anvers, Chateaurouge, Barbès, Grange aux Belles, Louvre, Tuileries

 

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Encore une photo géniale d'Y.Gestraud (aux Buttes-Chaumont) ...

Faucon pèlerin : un couple fixé sur la tour CPCU depuis le 1/8. Vu aussi Pte de Bagnolet le 26/7 

Faucon hobereau : 7/8 Montmartre, 21/8 et 25/8 Grange aux Belles, 31/8 Tuileries

Faucon crécerelle x

Poule d’eau  x  

Chevalier guignette : 2 allée Cygnes 15/8, 1 Montsouris 22/8

Goéland argenté   des couples trouvés sur la Montagne Ste Geneviève, au MNHN (2jdans le Marais (dont un couple mixte x G.brun), autour de R-Diderot , desobs autour de Belleville,

Goéland brun  x (reg quai Conti) ; 1 couple + couple mixte x argenté (2j) dans le Marais ; des observations sur la Seine et 1 aux Buttes-Chaumont

Goéland leucophée : 1 couple mixte MNHN ; 1 ind aux Buttes-Chaumont le 3/7 et à la Villette le 24/7

Mouette rieuse retours des premiers « hivernants » : 2 le 4/6, 12 le 6/6,  une 40aine dortoir pont Tolbiac le 16/7, 60aine Ile St Louis le 21/7, 90 le 25/7

Sterne pierregarin : les dernières : 2 dont 1 juv le 3/7, 1 le 30/7, 1 juv baguée le 5/8 ; 1 le 10/8

Pigeon biset (= féral) x

Pigeon colombin  x

Pigeon ramier x

Tourterelle turque : chante rue Elzevir le 20/6 et 2 ind le 8/8

Tourterelle rieuse : 1 ind avec une bague au Jardin des Plantes le 1/7

Inséparable rosegorge : 1 au Jardin des Plantes le 16/8

Gris du Gabon : 1 au quai de Jemmapes le 14/7

Perruche à collier : se nourrissent de mûres à la Cité internationale le 1/6 ; 2 en vol (cimetière de Pantin à Buttes-Chaumont ?) à la Villette le 27/6 ; 30-50 le 22/8 Montsouris

Perruche de Pennant 1 au Jardin des Plantes le 1/6/11  

Pic épeiche :  au Jardin des Plantes 1 jeune le 22/6, 1ind ( le même ?) le 21/7,26/7, 15 et 16/8; 1 à Montsouris le 14/8, au Père-Lachaise le 24/8

Pic mar : 1 Buttes-Chaumont les 3/7 et 20/8

Pic épeichette: reproduction prouvée au Jardin des Plantes et au  sq Choisy , observé au parc Montsouris plusieurs fois et porte d‘Ivry le 22/8

Pic vert  observé au Jardin des Plantes , Montsouris, Musée Rodin, rue Grenelle, Buttes-Chaumont et Père-Lachaise, ce qui à cette période ne prouve rien…

Martinet noir : un faux-départ le 20/7 avec « retour » le 22/7 ; départ massif le 29/7 mais encore 50 le 5/8 aux Invalides, 5 le 15/8 au Jardin des Plantes, et encore 1 le 31/8

Bergeronnette des ruisseaux   x

Bergeronnette grise  x   

Hirondelle rustique  nicheurs probables : porte Maillot ; juv volants villa Montmorency, chante av Foch ; migrateur : 1 ind aux Invalides 5/8

Hirondelle de rivage : qq couples (2-3) nichent sous le pont du Périphérique à la pte de Bercy

Hirondelle de fenêtre  x

Accenteur mouchet x

Troglodyte mignon x

Rougegorge familier   x

Rougequeue noir  x

Rougequeue à front blanc : 1 chante parc Belleville 2/7 ; 1m au Jardin des Plantes le 10/8 ; 1 Montsouris 19/8, et 1 le  30/8 au Jardin des Plantes

Tarier des prés : 1 le 31/8 Montsouris

Merle noir x

Grive musicienne : x

Gobemouche gris  seulement au Buttes-Chaumont à part des migrateurs à Montsouris et au Père-Lachaise

Gobemouche noir  1 à Montsouris le 19/8

Pouillot véloce  x

Fauvette à tête noire x

Fauvette grisette    1 imm le 12/8 et 2 le 27/8 à la friche Poniatowski, 2 Montsouris le 25/8

Hypolais polyglotte : niche à la friche Ponia : des jeunes au nid le 16/7

 

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Paysage proche de celui de la friche Poniatowski, mais cette Hypolais a niché au port de Pantin

Roitelet huppé repro prouvée aux B-Chaumont et au Jardin des Plantes

Roitelet à triple bandeau   repro prouvée aux B-Chaumont, 1ers migrateurs ( ?) au Père-Lachaise le 24/8

Mésange à longue queue  x

Mésange charbonnière x

Mésange bleue x

Mésange nonnette : 1 av Foch le 4/6, 2 Montsouris 29/6

Mésange huppée : 1 le 2/6 à la Cité U, 1 le 4/6 pte Dauphine, 2 le 6/6 et le 23/6 sq de Choisy, 3 le 8/6 Montsouris, juv le 1/7 BC ; 2j JdP le 10/8

Sittelle torchepot    MNHN en juin

Grimpereau des jardins x

Etourneau sansonnet x

Corneille noire x

Pie bavarde x

Geai des chênes x

Moineau domestique x

Pinson des arbres x

Verdier d’Europe x

Serin cini : chante aux Buttes-Chaumont , vu à la friche Ponia

Bruant zizi : 1 chante stade L.Lagrange le 19/6

 

17:39 Écrit par Frédéric dans Les saisons à Paris | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

05/11/2011

Apprendre les chants d'oiseaux en ville : introduction 1ère partie

 

J’ai décidé de commencer une série sur l’apprentissage des chants (et des cris) d’oiseaux en ville avec comme exemple Paris…. quelle drôle d’idée ! Puisque vous lisez ce blog, vous savez déjà qu’il y a autre chose que des moineaux et des pigeons en ville….ça m’évite une explication devenue quand même, j’espère, un peu superflue !

 

Donc, pourquoi apprendre les chants d’oiseaux en ville, alors que la campagne semble quand même plus appropriée ?… D’abord, parce que la majorité d’entre nous habite en ville et que c’est plus simple de s’adonner à ce petit plaisir près de chez soi ! Ensuite, et plus sérieusement, la ville présente quelques avantages sur la campagne pour apprendre à reconnaître les oiseaux et en particulier leur chant :

- d’abord il y a moins d’espèces d’oiseaux en ville. Cela peut sembler paradoxal, mais quand il y a trop de variété, on a plus de difficultés à s’y retrouver ! A Paris, il y a une soixantaine d’espèces nicheuses alors qu’en milieu naturel, on trouvera aisément une centaine d’espèces différentes sur la même surface. C’est aussi la raison pour laquelle je vous conseillerai de commencer en hiver, quand il y a peu d’oiseaux qui chantent…

- ensuite, en ville, les oiseaux sont moins craintifs qu’à la campagne : essayer d’approcher un merle ou une corneille en bocage et vous les verrez s’enfuir à des distances qui n’ont rien à voir avec les quelques mètres qu’ils tolèrent en ville ! Vous pourrez donc mieux les voir et même mieux les entendre (malgré le bruit ambiant !).

 

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Le Rougequeue à front blanc en pleine action...

 

Je ne vais pas vous proposer des enregistrements, il y en a plein, et de très bonne qualité, sur le marché ! Le site du Corif http://www.corif.net/site/chantsidf/ vous propose même gratuitement un choix important d’enregistrements réalisés par F.Deroussen, grand professionnel du son et ornithologue de talent. J’y recourrai abondamment pendant ces chroniques… Mais il ne suffit pas d’avoir les enregistrements sous la main pour s’y retrouver, il faut réussir à les distinguer…  Je vais juste essayer de vous aider à les apprendre en vous donnant quelques explications ou quelques « trucs » que j’applique. Je me souviens heureusement que j’ai eu moi-même des difficultés à reconnaître les chants et j’essaierai d’utiliser ces souvenirs pour vous aider à les surmonter…

 

 

Pourquoi les oiseaux chantent ?

 

 Les mânes de J.Delamain, j’espère, ne m’en voudront pas de réutiliser le titre de l’œuvre la plus célèbre de ce grand ornithologue français de la première moitié du 20ème siècle (publiée en 1928, rééditée cette année par les  Éd. des Equateurs/coll. Parallèles ).

 

Pour apprendre plus facilement à reconnaître les chants d’oiseaux, il peut être utile de savoir ce qu’est un chant et quelle est son utilité pour l’oiseau qui le produit.

Même si le chant d’oiseau est associé à l’image d’harmonie et de beauté mélodique, la réalité est parfois beaucoup moins agréable que ce qu’on pourrait croire ! Les chants du Grand tétras ou de la Chouette hulotte ne sont pas des chefs-d’œuvre d’art musical !

Le chant a principalement deux fonctions, une territoriale et l’autre sexuelle.

Le chant fait partie des moyens déployés par le mâle pour trouver une femelle ou pour resserrer les liens du couple distendus après plusieurs mois de séparation. C’est aussi un moyen pour la femelle de juger la « qualité de reproducteur » du mâle qui se signale à ses oreilles, au même titre que certains détails de son plumage (la taille de la bavette noire du Moineau domestique ou l’intensité du bleu de la mésange du même nom) ou parfois de la richesse des mouvements déployés lors de la parade nuptiale.

 

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A la Grande Halle de la Villette, ce moineau "chante" aussi...

 

Le chant est aussi une manière de délimiter son territoire, signifiant en gros « Je suis ici chez moi et aucun autre mâle de la même espèce n’a le droit d’entrer !». Le chanteur se met bien en évidence pour se faire bien repérer par ses voisins qui d’ailleurs lui répondent pour lui signifier que « D’accord là-bas tu es chez toi, mais ici c’est moi !». Chez certaines espèces, le Rougegorge familier par exemple, on défend aussi un territoire en hiver.

 

Il apparaît donc que c’est le plus souvent le mâle qui chante, même si chez certaines espèces, la femelle peut aussi le faire ( les pics et la Linotte mélodieuse par exemple).

 

On appellera donc cris toute manifestation vocale qui n’est pas un chant («  tout ce qui n’est pas chant est cri et tout ce qui n’est pas cri est chant »… si M. Molière veut bien m’excuser de le plagier ! ). Il y a beaucoup de raisons pour un oiseau de crier, ce qui peut se traduire par des sons différents. On peut distinguer un cri de contact dans un groupe, du style « j’espère que vous êtes toujours là ! », un cri de panique signalant l’arrivée d’un prédateur (parfois différent suivant le type de danger, par exemple un cri pour les rapaces et un cri pour les mammifères carnivores…), un cri d’intimidation (le célèbre « Barre-toi d’ma zone ! » poussé par la Corneille quand elle voit un épervier ou tout autre oiseau dont la présence l’insupporte… ce qui peut faire beaucoup !), toute une série de cris permettant les échanges entre parents et jeunes au nid, des cris de parade, etc.

 

On voit donc que rien n’oblige en théorie un chant d’être mélodieux. Pour notre plus grand plaisir, cela arrive quand même assez souvent !