05/11/2011

Apprendre les chants d'oiseaux en ville : introduction 1ère partie

 

J’ai décidé de commencer une série sur l’apprentissage des chants (et des cris) d’oiseaux en ville avec comme exemple Paris…. quelle drôle d’idée ! Puisque vous lisez ce blog, vous savez déjà qu’il y a autre chose que des moineaux et des pigeons en ville….ça m’évite une explication devenue quand même, j’espère, un peu superflue !

 

Donc, pourquoi apprendre les chants d’oiseaux en ville, alors que la campagne semble quand même plus appropriée ?… D’abord, parce que la majorité d’entre nous habite en ville et que c’est plus simple de s’adonner à ce petit plaisir près de chez soi ! Ensuite, et plus sérieusement, la ville présente quelques avantages sur la campagne pour apprendre à reconnaître les oiseaux et en particulier leur chant :

- d’abord il y a moins d’espèces d’oiseaux en ville. Cela peut sembler paradoxal, mais quand il y a trop de variété, on a plus de difficultés à s’y retrouver ! A Paris, il y a une soixantaine d’espèces nicheuses alors qu’en milieu naturel, on trouvera aisément une centaine d’espèces différentes sur la même surface. C’est aussi la raison pour laquelle je vous conseillerai de commencer en hiver, quand il y a peu d’oiseaux qui chantent…

- ensuite, en ville, les oiseaux sont moins craintifs qu’à la campagne : essayer d’approcher un merle ou une corneille en bocage et vous les verrez s’enfuir à des distances qui n’ont rien à voir avec les quelques mètres qu’ils tolèrent en ville ! Vous pourrez donc mieux les voir et même mieux les entendre (malgré le bruit ambiant !).

 

RQFB_Pantin-red-retaillée.jpg

Le Rougequeue à front blanc en pleine action...

 

Je ne vais pas vous proposer des enregistrements, il y en a plein, et de très bonne qualité, sur le marché ! Le site du Corif http://www.corif.net/site/chantsidf/ vous propose même gratuitement un choix important d’enregistrements réalisés par F.Deroussen, grand professionnel du son et ornithologue de talent. J’y recourrai abondamment pendant ces chroniques… Mais il ne suffit pas d’avoir les enregistrements sous la main pour s’y retrouver, il faut réussir à les distinguer…  Je vais juste essayer de vous aider à les apprendre en vous donnant quelques explications ou quelques « trucs » que j’applique. Je me souviens heureusement que j’ai eu moi-même des difficultés à reconnaître les chants et j’essaierai d’utiliser ces souvenirs pour vous aider à les surmonter…

 

 

Pourquoi les oiseaux chantent ?

 

 Les mânes de J.Delamain, j’espère, ne m’en voudront pas de réutiliser le titre de l’œuvre la plus célèbre de ce grand ornithologue français de la première moitié du 20ème siècle (publiée en 1928, rééditée cette année par les  Éd. des Equateurs/coll. Parallèles ).

 

Pour apprendre plus facilement à reconnaître les chants d’oiseaux, il peut être utile de savoir ce qu’est un chant et quelle est son utilité pour l’oiseau qui le produit.

Même si le chant d’oiseau est associé à l’image d’harmonie et de beauté mélodique, la réalité est parfois beaucoup moins agréable que ce qu’on pourrait croire ! Les chants du Grand tétras ou de la Chouette hulotte ne sont pas des chefs-d’œuvre d’art musical !

Le chant a principalement deux fonctions, une territoriale et l’autre sexuelle.

Le chant fait partie des moyens déployés par le mâle pour trouver une femelle ou pour resserrer les liens du couple distendus après plusieurs mois de séparation. C’est aussi un moyen pour la femelle de juger la « qualité de reproducteur » du mâle qui se signale à ses oreilles, au même titre que certains détails de son plumage (la taille de la bavette noire du Moineau domestique ou l’intensité du bleu de la mésange du même nom) ou parfois de la richesse des mouvements déployés lors de la parade nuptiale.

 

Moineau chantant Villette red.jpg

A la Grande Halle de la Villette, ce moineau "chante" aussi...

 

Le chant est aussi une manière de délimiter son territoire, signifiant en gros « Je suis ici chez moi et aucun autre mâle de la même espèce n’a le droit d’entrer !». Le chanteur se met bien en évidence pour se faire bien repérer par ses voisins qui d’ailleurs lui répondent pour lui signifier que « D’accord là-bas tu es chez toi, mais ici c’est moi !». Chez certaines espèces, le Rougegorge familier par exemple, on défend aussi un territoire en hiver.

 

Il apparaît donc que c’est le plus souvent le mâle qui chante, même si chez certaines espèces, la femelle peut aussi le faire ( les pics et la Linotte mélodieuse par exemple).

 

On appellera donc cris toute manifestation vocale qui n’est pas un chant («  tout ce qui n’est pas chant est cri et tout ce qui n’est pas cri est chant »… si M. Molière veut bien m’excuser de le plagier ! ). Il y a beaucoup de raisons pour un oiseau de crier, ce qui peut se traduire par des sons différents. On peut distinguer un cri de contact dans un groupe, du style « j’espère que vous êtes toujours là ! », un cri de panique signalant l’arrivée d’un prédateur (parfois différent suivant le type de danger, par exemple un cri pour les rapaces et un cri pour les mammifères carnivores…), un cri d’intimidation (le célèbre « Barre-toi d’ma zone ! » poussé par la Corneille quand elle voit un épervier ou tout autre oiseau dont la présence l’insupporte… ce qui peut faire beaucoup !), toute une série de cris permettant les échanges entre parents et jeunes au nid, des cris de parade, etc.

 

On voit donc que rien n’oblige en théorie un chant d’être mélodieux. Pour notre plus grand plaisir, cela arrive quand même assez souvent !

 

Commentaires

Ah, super idée ! et très utile, je me régale d'avance. Merci !

Écrit par : Martine | 10/11/2011

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