01/01/2011

Les nordiques débarquent à Paris !

Avec les diverses vagues de froid, les oiseaux du Nord et de l’Est de l’Europe fuient vers le sud-ouest : on a noté des jaseurs en Ile de France, plusieurs Buses pattues se trouvent aussi en région parisienne. Même Paris et la proche banlieue accueillent des hivernants peu fréquents ou même exceptionels…

Comme souvent ce sont les oiseaux d’eau qui sont le plus sensibles au froid : en cas de gel ils sont obligés de trouver de l’eau libre, ils se rabattent souvent sur les rivières et les pièces d’eau urbaines, un peu plus protégées du froid. En proche banlieue le lac de Créteil est typiquement un étang urbain comme le montre cette photo (avec une troupe de 150 fuligules environ, surtout milouins avec quelques morillons).

Fuligules et immeubles redressé red.jpg

Il accueille régulièrement des hivernants plus ou moins spectaculaires : cette année, il y a eu un Butor étoilé qui a séjourné au moins 2 semaines , un Fuligule nyroca et 2 Garrots à œil d’or . En y passant vendredi 31/12, nous n’avons trouvé qu’une femelle adulte.

Garrot femelle_Creteil311210.jpg

A Paris, l’occasion fait le larron : le jour de Noël, aux Tuileries, Y.Gestraud cherchait les mésanges à longue queue nordiques (voir plus loin) et il a aperçu un vol de canards …Photo réflexe, avant même de savoir ce que c’était : c’est en regardant la photo qu’il a constaté qu’il venait de fixer le passage de 10 Harles bièvres femelles/immatures !

Harles bievres Tuileries 251210.jpg

Mais l’évènement ornitho de la fin décembre est sans conteste la présence de Mésange à longue queue à tête blanche, originaires sans doute du Nord de l’Europe. Une invasion est notée un peu partout dans le nord de la France. Il s’agit de la sous-espèce nominale « Aegithalos c. caudatus              alors que la sous-espèce d’Europe de l’Ouest s’appelle Aegithalos c. europaeus : il faut dire qu’elle a été décrite par Linné au 18ème siècle et le scientifique suédois a évidemment décrit la variété qu’il avait sous les yeux…. C'est pourquoi la sous-espèce ouest-européenne ne sert pas de référence à l’espèce, ce qui n’est pas aussi fréquent que ça….

MLQ_nordique_Tuileries251210.jpg

                                                                       Photo Y. Gestraud

Mais attention, une tête blanche ne suffit pas à être considérée comme « caudatus » : il faut une absence de traces grises sur le cou et un petit bec un peu plus court que les nôtres !... Le moyen le plus simple d’être sûr de soi, c’est d’en trouver plusieurs ensemble : on est sûr qu’il ne s’agit pas d’une variation individuelle… ;-)

Le groupe est d’environ une quinzaine d’individus dont 5 « caudatus » ….mais elles ne sont pas simples à compter car elles bougent tout le temps ! Elles se déplacent beaucoup et ne restent pas toujours aux Tuileries : un ornitho les a suivies jusqu’au pont Alexandre III avant de les perdre : avec les espaces verts qui sont dans le bas des Champs-Elysées, elles n’ont que l’embarras du choix !

Mlq caudatus Tuileries 281210 JB Alemanni red.jpg

                                                                           Photo JB Alemanni

Commentaires

Si ça se trouve, elles rendent visite à Sarkozy de temps en temps...

Écrit par : Brice | 03/01/2011

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C'est vrai qu'entre les Tuileries et l'Elysée, il y a une suite de parcs privés ( d'ambassades en particulier...) qui doivent leur fournir nourriture et tranquillité ;-)

Écrit par : Frédéric Malher | 03/01/2011

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Le coup des harles bièvres, est fameux, d'autant plus quand on peut profiter du spectacle des bacantes du photographe, quand il narre cette capture ! Excellent !!

Meilleurs voeux

Écrit par : jean-luc saint-marc | 05/01/2011

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