16/05/2010

Vos gueules les mouettes !

 

Pour ce billet, je vais innover : je vais utiliser le commentaire d’un lecteur du blog pour essayer d’y répondre et de généraliser le problème. En effet Julien pose une question importante, ou plutôt il répond - mal à mon avis - à une question qu’il n’a pas posée : «  les oiseaux (et de manière générale la faune sauvage) ont-t-ils une place en ville ? »

« J'habite au 7éme étage d'un immeuble haussmannien et j'ai l'impression qu'une colonie niche depuis deux ans au dessus de chez moi. J'ai découvert cela l'année dernière en Mai et je trouvais cela au début marrant. Mais j'ai vite été agacé par les cris incessants de bébés qui font un son particulièrement désagréable à tout moment de la journée et surtout de la nuit. Cette année, j'ai espéré en vain qu'elles ne reviendraient pas mais dès avril, les cris des adultes de la colonie sont revenus. Je suis alors monté sur le toit juste pour me montrer en pensant qu'en détectant la présence d'un homme, cela les inquièterait et qu'elle choisirait un autre endroit. Je n'ai pas vu de nids mais elles ont commencé à tourner autour de moi en criant. J'ai trouvé la situation dangereuse et j'ai vite déguerpi, mais depuis je ne sais pas quel moyen faire pour les chasser. Malgré toute la bienveillance que j'ai pour ces animaux, une mouette n'a pour moi pas sa place dans une ville si éloignée de la mer que Paris. Je n'ose imaginer ce qu'elles mangent. »

 

D’abord un détail, qui ne fera pas avancer le problème mais il faut rester précis : Julien parle ici de goélands, oiseaux marins qui nichent (i.e. qui font leurs jeunes) d’habitude en falaise, et non de mouettes, oiseaux en général d’eau douce, qui nichent sur des étangs et qu’on ne trouve à Paris qu’en dehors de la période de nidification.

Goélands arg et leuco réduit

>>>>>>>Les 2 espèces de Goélands "gris", le G.argenté et le G.leucophée, aux Buttes-Chaumont

Pour l’avoir vécu quelques jours en vacances, je suis le premier à reconnaître que le « chant » des goélands au lever du jour (5-6h du matin en ce moment) est très désagréable, surtout s’il est renforcé par le cri des jeunes ! Maintenant, que faire ?

Il faut rappeler que le Goéland est une espèce protégée, qui ne peut être détruite qu’en cas de nécessité constatée par les autorités préfectorales. Des mesures sont prises dans certaines villes (Brest, Lorient) où le nombre de couples nicheurs se mesure par centaines. A Paris, nous en sommes sans doute à une trentaine de couples. De toute façon, il est hors de question de détruire des jeunes oiseaux, on n’est pas des sauvages quand même !…..

Quant à essayer d’effrayer des goélands au moment où ils élèvent leurs jeunes, Julien en a fait l’expérience, cela risque de provoquer des réactions violentes des oiseaux et ne pourra qu’être inefficace. La seule chose possible est de les décourager de s’installer au début de la période de nidification, en février-mars. La pose d’un filet sur la cheminée où il compte nicher pourra aussi être efficace.

Goéland brun Tamise Londres tronqué red fev07

La 3ème espèce nicheuse à Paris : le G.brun (ici photographié à Londres)

Pourquoi les goélands se sont-ils établis à Paris (et dans d’autres villes) ? Après avoir découvert la ville en hiver depuis longtemps  ils ont vu qu’il y avait à manger ( ils pêchent sur la Seine et ils font les fins de marché….comme certains humains !) et les cheminées haussmanniennes leur servent de lieu de nidification tranquille en haut de « falaises » qui leur rappellent leur origine maritime !

Donc, ils sont venus naturellement et ont trouvé une place dans la ville : pour répondre à la question du début, oui, ils ont une place puisqu’ils en ont trouvé une !  La vraie question est : qu’est-on prêt à supporter de la part des êtres vivants qui vivent à côté de nous ? En général, les gens sont contents de voir des animaux mais ont du mal à en supporter les inconvénients : une hirondelle c’est joli, mais quand ça fait des crottes devant sa porte, on détruit le nid ! Le phénomène NIMBY appliqué à la biodiversité…

Je n’ai pas une position extrémiste sur la question : j’ai dit en commençant que je connaissais les inconvénients des goélands, c’est pourquoi je propose une solution moyenne : empêcher l’implantation là où elle gênante. De toute façon, il y a suffisamment de bâtiments publics ou de bureaux où personne n’ira déloger les goélands pour que je ne m’inquiète pas sur le sort des 3 espèces de goélands qui nichent à Paris…. ;-)

 De manière générale, comment déterminer qui « a sa place en ville » ? Les moineaux, ça fait du bruit, les pigeons ça transporte des maladies, les « mauvaises herbes » ça fait sale, quant aux cafards, ça fait peur !.....

 

15:17 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Bela fotografia Parabens

Écrit par : carmen Lucia | 19/05/2010

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Réponse pertinente, je suis bien d'accord avec vous.

Écrit par : Serge | 19/05/2010

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Mes grands-parents ont vus une mésange nonette mais elle est morte aujourd'hui.
Ils habitent au bourg de la Malhoure, en Bretagne, il y en a encore!!!

Écrit par : marine | 12/03/2013

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Je possède une vedette à moteur, qui est complètement, et sans cesse arrosé de fiantes de mouette , qui bien entendu détèriore tout, et en plus très difficile à faire partir. que dois je faire, sans quoi je vais craquer. existe t'il un moyen d'éloigner ces volatiles, (ultra son, ou similaire) de mon bateau, que je retrouve tout les dimanches dans un état lamentable. Merci

Écrit par : scanzetti maxime | 02/02/2014

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En cherchant sur Google je suis tombé sur GULLSWEEP, une sorte d'épouvantail à Goéland... Avez-vous essayé ? Je ne sais pas du tout si ça marche...

Écrit par : Frédéric Malher | 02/02/2014

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