28/03/2010

L'HIVER 2009-2010 A PARIS

Pendant l’hiver 2009-2010 ( 1/12-28/2 ), qui a été spécialement rude, surtout par la longueur des périodes froides, le nombre d’espèces observées a été à peu près équivalent (66) à celui de l’an dernier (70). C’est toujours la saison creuse à Paris… 

A noter malgré tout l’hivernage de plusieurs Rougequeues noirs, Pouillots véloces et Fauvettes à tête noire (dont un mâle qui chantait en plein mois de janvier aux Buttes-Chaumont ! )

La Seine a hébergé peu d’espèces chassées des lacs gelés : une femelle de Fuligule morillon et 3 Sarcelles d’hiver le 9/1, 2 observations de Grèbe castagneux, 2 Foulques le 16/1,  4 ou 5 observations de Goélands cendrés (pas plus de 2 à chaque fois) et 1 Mouette mélanocéphale H1.

Castagneux Der oct05

Ce Grèbe castagneux est bien mieux sur le lac du Der que sur la Seine....

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C’est sans doute aussi la cause des rassemblements de plusieurs dizaines de Grands cormorans sur la Seine (jusqu’à 40) et le canal St Martin (jusqu’à 100 !). Dans les parcs, le froid a poussé de jolies troupes de Grives mauvis (jusqu’à 200 à Montsouris) et même la dernière vague de froid a fait stationner quelques jours des troupes de quelques dizaines de Grives litornes du 13 au 16 février (Tuileries, Buttes-Chaumont et Réservoir des Lilas). La vague de froid dans l’Europe centrale explique sans doute les 4 observations de Bécasses en une semaine à la mi-décembre. En revanche la Bécassine des marais qui est passée le 6/12 sur la Seine devant la BNF où se tenait le Colloque francophone d’ornithologie cherchait clairement à être vue !.... Un jeune mâle de Canard siffleur a été observé depuis le 12/1 au parc des Batignolles (malgré son caractère très confiant, il semble être sauvage…puisqu’il est reparti en mars !)

Dans les espèces peu fréquentes, 1 observations de Chouette hulotte, 2 de Tourterelles turques et 4 de Choucas.

Pour les rapaces, l’épervier semble bien se porter avec 14 observations et la présence de 2 couples de Pèlerins tout près de Paris (à la Défense et à Ivry) explique les 2 observations de Pèlerins en lisière NE de Paris (pte de Bagnolet).

Parmi les absences, notons celles du Tarin des aulnes et du Pinson du Nord (comme l’an dernier) et celles du Gros-bec et de la Mésange noire, espèces qui avaient connu des invasions l’an dernier. L'absence de Martin-pêcheur est sans doute liée aux vagues de froid.

Des comportements reproducteurs précoces : un accouplement de Colverts le 19/1 et une Pie qui transporte une branche le 21/1.

Les premiers passages prénuptiaux ont permis de voir une Grue cendrée au-dessus de N-Dame le 19/2 et un vol de 20 Vanneaux huppés au parc Montsouris le 21/2

19:02 Écrit par Frédéric dans Les saisons à Paris | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/03/2010

Ben...c'est pas un oiseau !

Non, ce n'est pas un oiseau...faut changer de temps en temps !

Revenant d'une promenade mardi dernier 23 mars aux Buttes-Chaumont, je passe dans le mini-square qui est en bas de ma tour et je suis attiré par des fleurs que ne connais pas du tout (si quelqu'un peut m'aider d'ailleurs....) et je m'aperçois qu'il y a des "bourdons" qui butinent...

Osmieen vol red rognée

En fait je me suis renseigné auprès de quelqu'un qui s'y connaît (merci Serge....) qui m'apprend que ce sont des abeilles solitaires appelées Osmies cornues Osmia cornuta qui profitent des premières douceurs printanières.

Osmie red rognée

.........................et quand je dis que c'est au pied de ma tour, je ne mens pas : la voici en arrière-plan

Osmie pied d'ma tour red
 

14/03/2010

Du rififi...et du suspense à Ivry !

Il y a du nouveau à Ivry, mais on ne peut encore en mesurer les conséquences sur la réussite d’une éventuelle nidification….

Voici les faits :

- vendredi 12/3 après-midi, je suis allé prendre des nouvelles du couple et à peine arrivé en vue de la cheminée, je vois le mâle posé puis la femelle arriver en vol. Très rapidement les 2 s’envolent et se livrent à des joutes aériennes très spectaculaires : le mâle monte en hauteur et pique sur la femelle qui se retourne au moment où il pourrait la toucher. Le mâle remonte en chandelle et recommence son petit jeu...  Immédiatement la différence de taille entre les deux oiseaux me saute aux yeux, alors que jusqu’à présent, il était notable que les 2 individus du couple avaient des tailles assez peu différentes (chez les pèlerins, en moyenne, la femelle est assez nettement plus grosse que le mâle). Après un aller-retour sans doute à Vitry, le couple revient et la femelle me laisse l’examiner de plus près…  Elle est plus brune, plus marquée à la poitrine avec une moustache plus épaisse que la femelle adulte. Il s’agit d’une femelle immature…. Que s’est-il passé ?

Pèlerin Ivry P.Derennes joute1 140310

Quand je dis que c'était spectaculaire...cette superbe photo de Patrick Derennes le prouve !

 

- dimanche 14/3 au lever du jour, Patrick Derennes trouve le mâle en place qui va attaquer (voir les photos !) la femelle immature qui arrive un peu plus tard. Elle se pose, il essaie de la déloger. Elle décolle, il attaque encore….Ils finissent par disparaître tous les deux.

Entre-temps le mâle est allé visiter 2 fois le bas de la fenêtre sud, mais à aucun moment en 3 heures la femelle adulte n’est apparue …

Pèlerin Ivry P.Derennes joute3 140310

Les pèlerins étaient en forme, mais Patrick Derennes aussi !....

Alors….elle est partie ou elle couve ?

R-J Monneret, spécialiste français du Faucon pèlerin, a tenté de nous rassurer : il arrive assez classiquement qu’une femelle immature soit tolérée par un couple établi et que même elle puisse aider à l’élevage des jeunes. Dans un article qu’il a écrit dans Alauda en 1983, il montre même que le succès de la reproduction est supérieur en cas d’aide par une femelle immature….

Encore faudrait-il que la femelle adulte soit encore là … et ça on n’en sait rien !

06/03/2010

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Bande-titre

J'suis vachement fier : on m'a demandé d'écrire un texte pour un autre blog !....

C'est pour le blog "Un Week-end en famille" ouvert par Truffaut et ça cause d'oiseaux, de printemps et de ville, étonnant, non ?.....;-)

Pour le lire, cliquez ici

Dieppe et ses goélands

Goéland bienvenue Dieppe red

.........................................................Je reviens de passer les premiers jours de mars à Dieppe et une des choses qui frappent est l’omniprésence des goélands : sur la plage on voit les 3 espèces locales de grands goélands ( argenté, brun et marin) mais en ville je n’ai vu posé que des Goélands argentés. Je ne serais cependant pas étonné qu’il y ait aussi quelques couples de Goélands marins qui se soient installés en ville…

Goélands sur toit tronquée red

.................................Début mars est une bonne période pour repérer les couples qui s’installent sur les toits, on les entend « chanter » de leur « douce » voix, si possible en duo. Ils recherchent aussi bien les toits plats que les toits en pente où ils choisissent les cheminées pour y déposer leurs œufs…

Goéland au marché1 rognée red

...........Que cherchent-ils en ville, alors qu’il y a de la place dans lers falaises alentour ? La première réponse évidente est la nourriture…. On leur en fournit facilement : c’est la saison des coquilles St jacques et les goélands nettoient les coquilles après que le mareyeur en ait retiré la noix et le corail…il reste toujours quelque chose à « gratter »… A la fin du marché, il y a aussi des choses à récupérer…et celui-ci a même bon espoir de récupérer quelque chose dès le début !

Goéland au marché2 rogné red

.............................................................Il y en a qui ont trouvé une autre source de nourriture : comme les corneilles, ils ont appris à déchirer les sacs-poubelles ! Différence notable avec les « poubelles Vigipirate » parisienne, celles-ci sont opaques. Il ne savent donc pas ce qu’il y a dedans… 

Goéland sur poubelle red

Il y a aussi le fait que la ville est mieux abritée des vents que les falaises locales, exposées plein nord… et en ville il fait toujours quelques degrés de plus qu’autour.

Il y a toujours eu des goélands en bord de mer, Dieppe et son port existent depuis des siècles… pourquoi les goélands ont-ils attendu la fin du 20ème siècle pour s’y installer ? La population de goélands argentés a d’abord augmenté pendant le 20ème siècle, à cause du développement de la pêche industrielle (et de ses rebus…) ainsi que de la multiplication des décharges.

On admet en général qu’ à la suite de l’augmentation de la population, la place pour nicher a commencé à manquer, et que le Goéland s’est rapproché des villes et s’est aperçu que l’Homme n’était pas si méchant que ça ! En plus, il y avait d’autres avantages à nicher en ville… Depuis la réduction des stocks naturels de poissons, la population de goélands nichant en site naturel  baisse et la population urbaine augmente, un des rares cas de ce type avec la Pie.

Goéland et cormoran sur lampadaire rognée red

Verra-t-on le Grand Cormoran s’installer en ville comme les goélands ? Je me lance dans les pronostiques…. :  je ne crois pas . Le Grand Cormoran ne trouve pas plus de poissons vivants en ville qu’en mer (je ne crois pas qu’il se nourrisse de cadavres de poissons) . Mais l’avenir me démentira peut-être….. ;-)

 

Goéland imm red tronqué

16:10 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |