30/05/2009

La Pie, ange ou démon ?

Cet après-midi, alors que je travaillais fenêtre grande ouverte au-dessus du bosquet de Robinier de la cour de l’école maternelle qui sonorise mon appartement lors des récréations, un raffût assourdissant de pies « secouant leurs boîtes d’allumettes » me pousse à abandonner mon écran d’ordi !

Depuis qu’une couvée de pies s’est envolée dans le coin, il ne se passe pas de jour sans que ce cri fort peu harmonieux se fasse entendre, surtout si les corneilles viennent dans le coin …. Cette fois, c’est plus fort que d’habitude : les pies ont l’air d’être spécialement remontées !

Pie_Observatoire_Vincennes071204 red

C'est peut-être celle dont je parle plus bas..en tout cas c'est à l'Observatoire de Vincennes...

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J’essaie donc de trouver les furies, ce qui n’est pas trop difficile : elles sautent de branche en branche, se perchent sur un grillage, la plus audacieuse (on dirait un mâle adulte…) descendant même à terre et s’approchant de la petite haie de troène qui fait office de limite entre la résidence et l’école….La cause de ce tintamarre se révèle enfin, en la « personne » d’un greffier noir assez dodu qui….joue avec un pigeon qui se débat comme il peut dans les pattes du matou ! Je ne suis pas certain que le manège des pies détourne beaucoup le chat de son occupation du moment : il lâche un peu sa proie, la rattrape, l’emporte un peu plus à l’abri de la haie , le tout dans une sonorisation assurée par la famille de pies ! Et en plus , ça résonne bien entre les murs des immeubles : je ne suis pas sûr que ça rende les oiseaux très sympathiques aux oreilles des non-habitués !

Le chat s’est-il lassé ? Les pies ont-elles réussi à détourner son attention ? Toujours est-il que le pigeon a fini par s’envoler, péniblement mais il réussi à prendre un peu d’altitude et à disparaître !…..je n’aurais pourtant pas parié grand chose sur ses chances de survie !…

Biset rose Meaux1 mai09 red

>>>>>>>>>>Ce n'est pas le pigeon de l'histoire, mais celui-ci est plus joli que le "héros" du blog !

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Mais l’histoire n’était pas finie !… Une demi-heure plus tard, le même raffût recommence : les mêmes pies, le même chat et …..peut-être le même pigeon ! En tout cas il ressemblait fort à la première victime…. De nouveau, celui que je prends pour le papa pie est le plus aventureux, les jeunes ( reconnaissables à leur queue à peine poussée et à la zone de peau nue qui leur fait un superbe maquillage bleu vif à l’arrière de l’oeil ) restant prudemment dans les robiniers ! Cette fois-ci je n’ai pas pu voir la fin de l’histoire…le chat disparaissant avec son « jouet » et les pies se calmant progressivement…..

Il ne faudrait cependant pas croire que les pies soient intervenues pour « aider » le pigeon : elles voulaient principalement se débarrasser d’un prédateur dangereux, même pour elles !

En revanche cela m’a remis en mémoire une scène qui s’est déroulée dans une rue toute proche : une pie se précipite sur un ramier au sol et l’attrape par la queue….Le ramier, un peu pataud, se défend mollement, mais à ce moment-là arrive un Merle très énervé qui attaque la Pie : celle-ci « ouvre un large bec et laisse partir sa proie »….

Dans l’autre sens, à l’Observatoire de Vincennes, j’observais un renard qui faisait du ramping pour approcher de ramiers qui se faisaient sécher après un bain à la mare sans se douter de ce qui les attendait…..jusqu’à ce qu’une Pie vienne se percher en criant  sur le sommet de l’arbre qui cachait le Renard ! Les ramiers n’ont pas réfléchi plus d’une demi-seconde et le Renard s’est retrouvé « Gros-Jean comme devant »…..

Une fois pour toutes, il n’y a pas dans la Nature (campagnarde ou urbaine ) des bons et des méchants, il n’y a que des espèces qui essaient de survivre en mangeant et en sauvant leur peau….  

Dernière minute.... photos du 31/5/09

Voici les vrais protagonistes de l'histoire : le chat et l'une des pies

Pie et chat Maison 310509b red

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>c'était après la bagarre ! elle mange un morceau !

..............et le matou

Pie et chat Maison 310509a red

17/05/2009

Ornithologie urbaine sans frontières.....

 

A ceux qui pourraient avoir l’impression que l’ornithologie urbaine est un phénomène limité à l’Europe, je voudrais illustrer ce démenti par 2 photos venues de loin….elles ne sont pas de moi, hélas….

Nous sommes dans le sud de l’Inde, à Bangalore, à l’Hotel Royal Orchid….. Pour avoir une idée du paysage autour, tapez dans Google Earth « Bangalore Royal Orchid Hotel » et vous verrez qu’on est en pleine zone urbaine, même si l’hôtel est en bordure d’un golf qui procure donc une zone de verdure importante.

Au 7ème étage de l’hôtel une piscine…qui n’attire pas que les résidents de l’établissement ! Un rapace s’approche et se pose au bord de l’eau !

Milan des brahmanes Bengalore Frederic Bernardo red

Voici l'oiseau au bord de la piscine photo F.Bernardo

C’est un Milan des brahmanes……. Pour se rafraîchir ? pour boire ?…..L’eau doit avoir un goût assez chloré…..

Milan des brahmanes Bengalore Frederic Bernardo retaillé
...et après on prend un petit bain de soleil ! photo F.Bernardo

09/05/2009

L’hirondelle de fenêtre, du Moyen-Age à EuroDisney….

Un voyage de classe m’a fait passer la semaine dernière par 2 extrêmes architecturaux : la gare RER de Chessy s/Marne, plus connue comme gare d’EuroDisney…., et la cathédrale de Meaux, superbe édifice gothique. Cela m’a permis de constater l’éclectisme des goûts des Hirondelles de fenêtre en matière de support pour construire leurs nids…

Colonie Chessy général1 mai 09 très red

>>>En sortant du RER, pensez à lever la tête !....

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A Chessy, ce sont pas moins de 120 nids en bon état qui ornent diverses sorties de la gare RER , ce qui en fait une des plus grosses colonies d’Île de France (à supposer qu’ils soient tous occupés…..).

Colonie Chessy moyen1 mai 09 red et retaillée

Quand il n'y a plus de place à côté, on construit en dessous..... 

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On peut même y voir quelques nids regroupés en grappe, évidemment loin de ce qu’on peut trouver en Espagne, mais quand même un spectacle rare dans la région.

A Meaux, la façade de la cathédrale a subi au 16ème siècle les affres des guerres de religion qui ont provoqué la destruction des têtes de nombreuses statues qui ornent les portails.

Colonie Meaux cathédrale général mai 09 très red

 >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>Le splendide portail semble cacher ses nids d'hirondelles...

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 On a l’impression que les hirondelles ont profité des espaces ainsi libérés pour construire leurs nids qui parfois prennent la place des têtes arrachées à leur emplacement d’origine !…

Colonie Meaux cathédrale détail 2è portail mai 09 retaillée et red

Mais en cherchant bien on finit par trouver les nids qui sont accrochés aux statues des portails !

21:42 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

03/05/2009

L’effarvatte migre-t-elle par le chemin de fer ?

La Rousserolle effarvatte est une fauvette aquatique, de couleur assez terne (et c’est un doux euphémisme…) qui a besoin pour se reproduire d’une zone (même réduite) de roseaux. C’est ainsi qu’elle est commune au parc de La Courneuve le long de ses divers « lacs » mais qu’ elle s’est contentée de la « roselière » du parc de Bercy pour nicher l’an dernier !

rousserolle_effarvatte O_Laporte

Voici l'oiseau dans son milieu naturel (photo O.Laporte)

En migration, en revanche, c’est très surprenant …..on la trouve dans des endroits très inattendus : voici 2 photos de l’endroit où je l’ai trouvée hier !

Site effarvatte Bobigny 020509 général red

Cela ne ressemble que de loin à une roselière......

Elle chantait (heureusement !) en sourdine dans le bosquet de Cerisier du Portugal, au bord d’un rond-point, au pied d’un groupe d’immeubles de quelques étages, en limite d’un quartier pavillonnaire, à quelques dizaines de mètres de voies de chemin de fer …

Site effarvatte Bobigny 020509 détail red

..et voici ce qui tient lieu de roseaux !

Et cela me remet en mémoire d’autres observations de la même espèce en migration en milieu urbain : dans un Laurier-cerise au pied d’une cité dans Paris, dans un petit jardin au pied d’un immeuble (encore dans Paris) , dans un Platane près du port de Pantin, dans la bambouseraie du parc de la Villette, dans les Buddleyas de la friche SNCF située entre la porte de la Chapelle et d’Aubervilliers……peu de choses à voir avec les roseaux (à part peut-être la bambouseraie…).

 En revanche, un point commun entre ces observations : elles sont toutes situées à moins de 200m d’une voie ferrée (sauf pour la bambouseraie du Zénith). Il n’est pas impossible que la SNCF favorise involontairement l’entrée des effarvattes (et sans doute d’autres espèces comme la fauvette grisette) en milieu urbain… Cela peut s’expliquer par la « migration rampante » : beaucoup de passereaux migrateurs nocturnes se posent pour se reposer et se nourrir en cours de route….mais ils continuent à se déplacer au sol dans la même direction que leur vol ! Les voies de chemin de fer sont souvent bordées de buissons variés où les oiseaux peuvent trouver un peu de repos et de nourriture….ensuite il n’y a plus qu’à suivre la voie !….

 Voie SNCF retaillée et red

Voici de quoi traverser la banlieue sans quitter la verdure.....

Le cas extrême est atteint par cette observation assez incroyable….Je ne modifie pas une lettre du message passé il y a 7 ans sur une liste de diffusion ornithologique française et je précise que l’observateur est « honorablement connu » du monde ornithologue et qu’on n’était pas le 1er avril…. ;-)

De : Emmanuel Roy <roy.baty@f...>

Date : Mercredi 4, Septembre 2002 17:45

Objet : Les oiseaux dans leurs milieux

Salut,

Aujourd'hui, une Rousserolle effarvatte était en "migration active" le

long de la voie ferrée dans la partie souterraine de la gare de Lyon.

(…)

 

Dernier point original : cette espèce chante facilement en migration (c’est comme ça qu’on la repère…..) et stationne parfois longtemps dans des endroits inattendus : dans la friche SNCF citée ci-dessus, on a entendu des chanteurs pendant longtemps : en 2005 en particulier, il y a eu des chanteurs pendant 2 mois ! On était en droit de supposer que l’espèce cherchait à nicher…ce qui, pour l’Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris, nous emplissait d’aise ! Malheureusement aucun jeune ne s’est jamais fait entendre (alors qu’ils ne sont pas discrets !) et il semble bien qu’il n’y ait jamais eu de nidification….alors qu’à Bercy, où l’Effarvatte est entendue chaque année au moment des migrations, un nid occupé est découvert en juin 2008 alors qu’on n’avait jamais soupçonné sa présence, puisqu’ aucun chant n’avait été entendu après la migration. Cette double affaire  a donné naissance au proverbe ornitho-urbain :

« Rousserolle qui chante ne niche pas, rousserolle qui niche ne chante pas »…. ;-)

15:44 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |