29/01/2009

Une visite inattendue !

 Les oiseaux nous étonneront toujours !......et ce n'est pas Daniel Chevalier qui va me démentir: il habite une résidence en plein centre de Livry-Gargan où il possède un petit jardin (25m²) au 2ème étage, où il nourrit les oiseaux en hiver. Hier 28 janvier il entr'aperçoit au travers du carreau une silhouette qui lui fait penser à un chat venu se nourrir sur le dos des oiseaux attirés par la nourriture. Il s'apprête à le chasser quand il s'aperçoit que c'est....un Faisan ! Un superbe mâle venu profiter lui aussi des graines pour oiseaux.....Méfiant mais pas vraiment farouche, il arpentait le jardin, ce qui a laissé le temps à D.Chevalier de remettre un paquet de graines de tournesol....bien appréciées par le visiteur qui n'en a pas laissé beaucoup !

Faisan Livry red2
>>>>>>>L'oiseau fait le tour du propriétaire... photo D.Chevalier

Ensuite le faisan s'est envolé pour se poser sur le muret et, après une longue pose, a disparu sans que son hôte ait pu voir dans quelle direction...
Exceptionnelle cette présence d'un faisan en ville ? Sûrement pas fréquente, mais il faut savoir que ce n'est pas la première fois qu'on en entend parler : le 23 mai 2003 une femelle a été vue dans le 14ème arrondissement parisien.

Faisan Livry red1

D'ici, on voit mieux le paysage....  photo D.Chevalier

Cette espèce, de toute façon, est toujours venue de lâchers (les premiers vers le 16ème s. si je ne me trompe)  et la reproduction naturelle est très loin de permettre le maintien de populations sauvages sans lâchers réguliers....Il y a donc de bonne chance que ce Faisan vienne d'un élevage (son comportement semble le laisser supposer). Mais on peut remarquer que la forêt la plus proche (la forêt de Bondy) est à 2 km environ. Sans doute chassé par le froid, cet oiseau montre en tout cas qu'il n'a pas peur de s'aventurer en ville pour trouver sa nourriture ....

Remarque : sur la queue, ce n'est pas une balise Argos qu'on aperçoit, mais une plume "en tuyau" : une plume commence à pousser dans une gaine qu'elle perce pour continuer à grandir . Ce faisan est donc en train de terminer sa mue

22/01/2009

Tsunehiko expose....

Un ornitho japonais s'installe à Paris, qui fournit aux ornithos locaux une kyrielle d'observations urbaines......et on finit par apprendre que c'est un artiste...un vrai !

Si vous êtes à Paris cette quinzaine, ne ratez pas son expo....

Sinon, pour avoir une idée de la variété de ses centres d'intérêt, un petit tour sur son blog bilingue....en cliquant ici

Annonce Tsunehiko

17/01/2009

Amour, amour , tu fais faire des folies....

Aujourd’hui, je fais dans le style « Nouvelle insolite ». L’histoire a fait le tour des blogs il y a un an mais ne semble pas avoir atteint le milieu ornitho….alors j’en profite !

Je reconnais donc que j’ai entièrement piqué ce qui suit sur divers blogs, français et allemands, qui de toute façon reposent presque tous sur une dépêche de Reuters….

Et pour une fois, les photos sans crédit qui suivent ne sont pas de l’auteur mais des photographes d'agence qui sont restés anonymes….

Cygne noir...et blanc
C’est donc l’histoire assez incroyable d’une cygnette noire qui est tombée amoureuse (apparemment en 2006 ) d’un cygne tuberculé…Bon d’accord, ce n’est pas l’habitude mais on connaît plein de cas dans la Nature de ce genre de mésalliance, encore plus avec des oiseaux plus ou moins issus de cage…

Oui mais là, il s’agit d’un cygne tuberculé de 2,5m de haut environ….et en plastique ! En fait c’est un pédalo qui promène les estivants sur l' Aasee près de Munster (Allemagne). Elle le suit fidèlement partout où il va …. Qu’est ce qu’elle peut lui trouver ? D’abord , pour moi qui me suis intéressé aux oiseaux leuciques, j’y vois une belle illustration de plus du fait que cela ne gêne pas les oiseaux de se mettre en couple avec un oiseau blanc…..Autre point, il n’est pas impossible que, lors de la constitution du couple, le taille du mâle soit un bon critère de choix pour la femelle cygne….auquel cas elle est effectivement servie ! 

Cygne noir et pedalo 2

Le problème c’est l’hiver : comme son « mâle » ne s’est pas envolé pour fuir le froid, la cygnette est restée sur le lac et il a fallu la mettre à l’abri au zoo de Munster. Pour l’emmener il a fallu remorquer aussi le « mâle » et amarrer le cygne-pédalo quelques temps sur la mare du zoo. Mais il a fallu ensuite séparer les « amoureux »….Cygne noir et pedalo 3

D’après les employés du zoo, malgré la présence d’un vrai cygne tuberculé, le moral de la cygnette s’est dégradé tout au long de l’hiver.

En mars 2008, la cygnette a pu retrouver son cygne-pédalo sur le lac et depuis ils vécurent heureux…mais ils n’ont pas eu de  petits vélos !

03/01/2009

Le pèlerin arrive enfin à Paris !

J’ai raconté dans un post précédent (lisible en cliquant ici) l’histoire en cours de la conquête de la ville par le faucon pèlerin, espèce autrefois réputée pour son caractère rare et farouche. Je terminais mon texte par cette conclusion :

« Alors....et Paris ? Pour le moment, rien !....Les observations de pèlerin restent rarissimes dans Paris intra-muros même si les nids se rapprochent, avec un couple en boucle de Moisson depuis 2005, le long de la Seine, à une quarantaine de kilomètres de la capitale. Aucun stationnement hivernal, qui prélude en général à l'installation d'un couple....Donc, pour le moment, il ne nous reste plus qu'à espérer que la nouvelle a circulé dans le milieu des faucons pèlerins que 2 nichoirs les attendaient au sommet de la BNF, ça les fera peut-être venir.....;-) »

Mon appel a-t-il été entendu ? On pourrait le croire en entendant Allain Bougrain-Dubourg , à l’ouverture du 32ème Colloque Francophone d’Ornithologie qui s’est tenu les 13 et 14 décembre 2008 à la BNF : il annonçait qu’un couple de faucon pèlerin était fixé autour de la tour…..Total ( !!!!) de la Défense (quartier d’affaire ultra-moderne quelques kilomètres à l’ouest de Paris). Le stationnement, gardé secret depuis la mi-octobre, durait depuis 2 mois au moins, ce qui veut dire que l’affaire peut devenir sérieuse.

Depuis cette date, je n’avais pas eu le temps d’y aller mais Guilhem Lesaffre a pu y passer au début des vacances de Noël et a retrouvé le couple qui avait changé d’enseigne : pas plus écologiquement correct, il s’était établi sur la tour Areva !

Pèlerins La Défense Guilhem red

Pas évident à trouver, à une centaine de mètres de hauteur ! (photo G.Lesaffre)

Pour inaugurer en beauté l’année 2009, j’y suis allé avec C.Kirchhoff , dans une atmosphère brouillardeuse et désertique (un quartier d’affaire l’après-midi du premier janvier ….)…l’ambiance était spéciale et très post-moderne : si ça , ce n’est pas de l’ornithologie urbaine, je ne sais plus ce que c’est ! Déjà un pèlerin sur une cathédrale gothique ou baroque, ça fait bizarre, mais sur un immeuble de verre…. !

Toujours est-il que la femelle est arrivée en vol et s’est posée sur un des « A » de l’enseigne Areva.

Pèlerins La Défense P.Behr red

Toujours du côté à l'abri du vent, le pélerin surveille le quartier... (photo P.Behr)

Le lendemain, Patrick Behr, grand péregrinologue nancéen, de passage dans la capitale l’a retrouvée au même endroit alors que le mâle passait au-dessus en vol . Voici le résumé de ses observations, tel qu’il l’a publié sur la liste de diffusion « Ornithologie urbaine » :

 

Vendredi 02/01/2009 vers 15h00, Courbevoie La Défense (92): RAS du côté de l'avenue Gambetta. C'est au NE de la tour Total, sous le vent dominant. Une magnifique chevelure de fiente macule la façade en partant de l'enseigne. Total souillé, la nature se venge ! Chacun son tour. Je décide d'aller voir du côté du CNIT à l'entrée du métro. Un pèlerin passe haut au moment ou je me bouge puis il disparait derrière un bâtiment. C'est donc encore à l'abri du vent de NE qu'une femelle adulte, jabot plein, trône sur l'enseigne Areva. De même que sur la tour Total, la façade s'embellit de longues estafilades blanches. Ça casse bien les lignes épurées des buildings. La tour Adria (?) est tout aussi bassement souillée par le pèlerin, notamment au niveau du "souligné" de l'enseigne "Technip". Un peu de matière organique dans cette ambiance minérale. Le mâle adulte passe en vol battu, au dessus de sa femelle qui va en profiter pour se repositionner plus haut sur l'enseigne. Il s'éloigne non sans amorcer un piqué oblique, puis reprend son vol d'observation en direction de Neuilly et disparaît.

 

Sachant que les accouplements peuvent commencer en janvier, voilà de l’actualité à suivre…..