30/11/2008

Bilan de l'automne 2008 à Paris

Cet automne a donné des résultats spectaculaires : 100 espèces (exactement !)observées entre le 1er septembre et le 30 novembre (contre 78 pour l’automne 2007….). Ce total impressionnant est dû à la conjonction de plusieurs phénomènes :

- un beau passage tardif des migrateurs précoces : encore un Gobemouche gris le 4/10, 5 observations de Rougequeue à front blanc, 3 de Tarier des prés, 1 de Traquet motteux, 1 de Rousserolle effarvatte, plusieurs de Fauvette grisette, 1 de Fauvette babillarde, 1 d’Hypolaïs polyglotte, 1 Bergeronnette printanière, 1 Bondrée apivore…..Il faut signaler la place irremplaçable que tiennent les quelques friches parisiennes dans ce tableau, la friche Poniatowski (12ème arrdt) ayant été spécialement productive cette année ! Cela rend encore plus triste les signes annonciateurs de sa « mise en valeur » prochaine…..

Cigognes PaM Domaine red

Depuis longtemps les Cigognes ont montré qu'elles savaient s'adapter à l'Homme !

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- une opération « comptage migratoire simultané » le 4/10/08 a sans doute motivé les gens pour lever la tête même le reste du temps…..toutes les espèces classiques ont été observées (alouettes des champs et lulu, farlouses, bergeronnettes grises, pinsons, etc.) plus quelques-unes moins classiques : Buse variable, Faucon hobereau, Busard des roseaux (1 le 14/9 aux Tuileries), Milan noir (1 le 12/9 Pte d’Orléans),Grue cendrée (4 le 15/10 à la Maison de la Radio), Grande aigrette (2 le 11/10 aux Tuileries), Cigogne blanche (9 le 6/9 Pte de Versailles et 2 le 14/10 rue de la Santé), Chevalier aboyeur (de passage au dessus des Buttes-Chaumont le 14/9, le Bruant des roseaux (12/10 Pte d’Orléans), le Vanneau huppé (une centaine au parc Monceau le 22/11)

- l’invasion d’oiseaux forestiers de cet automne n’a pas épargné Paris et a apporté de nombreuses Mésanges noires, y compris  dans des endroits inhabituels (Bd Richard-Lenoir par exemple) et surtout des Gros-bec : 5 observations de cette espèce pour cet automne alors qu’ »elle n’est pas vue tous les ans à Paris ! Est-ce la même cause qui explique les 4 observations de Bécasses des bois (pas toutes en bonne santé ….) dans des parcs ou dans la rue ?

 

Grue red

Parfois un petit groupe de grues s'écarte de la voie pincipale de migration...

 

- des observations plus difficiles à interpréter se sont multipliées cet automne, pour la plus grande joie des heureux observateurs : 2 observations de Hibou des marais au Père-Lachaise (28/9 et 2/11), 1 de Chouette effraie dans le 19è, 2 de Grèbe huppé (espèce très rare dans Paris !), 1 de Goéland cendré, la Perdrix rouge présente à Bercy depuis juillet était encore là le 14/9, un Pic mar se fait voir aux Buttes-Chaumont le 15/11

17:05 Écrit par Frédéric dans Les saisons à Paris | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/11/2008

Des oiseaux extraordinaires à Paris....

Samedi dernier, j’ai observé un Pic mar au parc des Buttes-Chaumont : c’était la première fois que cette espèce était observée dans Paris intra-muros (il niche sans doute au bois de Vincennes ). Cela m’a donné l’idée de faire le point sur une question qu’on nous pose souvent : combien y a-t-il d’espèces d’oiseaux à Paris ?

Si on peut être précis pour les espèces nicheuses ces dernières années (57 nicheuses certaines et 3 probables entre 2005 et 2008), pour les espèces hivernantes régulières ou résidentes non nicheuses (10) et les migrateurs réguliers ( 20 environ, même si la limite est un peu floue avec les irréguliers…), que faire de ces espèces qui ont été vues une ou deux fois depuis le XIXème s ?

Au total, on en est sans doute à un peu plus de 200 espèces (le Pic mar serait la 203ème….) dont 10 n’auraient pas été revues depuis 1950……, telle l’Aigle de Bonelli tué au jardin du Luxembourg en avril 1901…..et qui, de toute façon, était sans doute échappé d’une volière !

 

 On peut faire des observations fort surprenantes à Paris : imaginez la tête de l ’ornitho qui a vu un Pélican blanc sur la Seine le 4/12/87 ! Cette espèce niche en Grèce et plus à l’est….on peut se demander aussi s’il était vraiment d’origine sauvage !

 

Voici une sélection , parfaitement subjective, de quelques espèces spectaculaires qui ont été observées dans Paris intra-muros

- si l’Aigrette garzette que j’ai vue au Jardin des Plantes, sur la volière de la ménagerie était sans doute échappée de cette volière (malgré les dénégations des gens du Museum….), les Grandes Aigrettes vues au 21ème s. sont bien d’origine naturelle, illustrant l’évolution impressionnante des effectifs de cette espèce en France où elle était une rareté absolue quand j’étais gamin (29/11/04, Pte d’Orléans, M.Zucca ; 3/5/07, 19ème arrdt, ma pomme ; 11/10/08, Tuileries, G.Lesaffre…..bizarrement 2 ensemble à chaque fois !)

Aigrette Ré

xxxxxxxxxxCette Aigrette garzette a préféré rester dns l'île de Ré !

- 5 Spatules blanches passent en vol au-dessus du pont d’Austerlitz le 29/5/62, époque où l’espèce était beaucoup plus rare qu’actuellement…

- un mâle de Fuligule milouinan a voulu se protéger de la vague de froid de février 1956 en séjournant une semaine au pied de l’île St Louis du 20 au 26/2/56, où il a été rejoint une journée (le 22) seulement par une femelle. Cette espèce du nord de l’Europe n’est déjà pas très fréquente en hivernage sur les pièces d’eau du nord de la France.

- un Circaète Jean-le-Blanc, malgré la hauteur à laquelle il passait le 11/5/08 au-dessus de la Seine au niveau du pont Royal, a déclenché une belle panique chez les Goélands qui se reposaient sur les toits du quartier . Heureusement, d’ailleurs ! Cela a permis au groupe d’ornithologues qui pique-niquaient après une recherche fructueuse des Bergeronnettes des ruisseaux nicheuses de le repérer ! Autre rapace pas très fréquent, l’Autour des palombes est passé 2 fois récemment, mais j’en ai déjà parlé….allez-voir les post en cliquant ici !

 

- si le Circaète était sans doute en migration (un peu tardive….), que venait faire cette Perdrix rouge qui a séjourné quelques temps au parc de Bercy en juillet 2008 ? Un propriétaire qui s’en est débarrassé ?

Perdrix rouge Ré2002

 Même si elle est sur un toit, cette Perdrix rougé était à la campagne...

- les migrations apportent régulièrement leur lot de rareté : par exemple, ces 3 Courlis cendrés qui sont passés au-dessus de la tête de Guilhem Lesaffre à l’île aux Cygnes le 5/4/08 ou ce Hibou moyen-duc qui est venu se poser sur une gouttière du 9ème arrondissement le 2/4/08 (même si la date est un peu tardive…)

 

-  Paris n’est pas à l’abri des invasions d’oiseaux exceptionnels : l’invasion de Jaseurs boréaux de l’hiver 2004-2005 a quand même permis l’observation….d’un individu porte d’Ivry !

Jaseur Sausset 010305 red
 

Ce Jaseur s'est arrêté quelques jours au parc du Sausset (Aulnay s/bois-93)

- pour terminer dans l’exceptionnel, il arrive même que des oiseaux traversent l’Atlantique pour venir visiter Paris…. un Goéland à bec cerclé, oiseau banal sur les rives du Saint-Laurent, est venu passer l’hiver à Paris….à la Ménagerie du Jardin des Plantes ! Le même individu est sans doute revenu plusieurs hivers de suite dans la Région parisienne…

Dans la série exotique, un Goéland dominicain a été vu, lui aussi au Jardin des Plantes (l’enclos à Goéland a un fort pouvoir attractif….) en janvier 1995, ce qui était, je crois, une première paléarctique ! )

 

Comme quoi, il n’y a pas besoin d’aller à Ouessant….. ;-)

Remarque : les informations datant d'avant 2000 sont en général tirées de " Les Oiseaux d'Ile de France" de P.Le Maréchal et G.Lesaffre (Delachaux et Niestlé)

11/11/2008

Vous avez aimé son film sur les friches....

....vous adorerez le film de Laurent Wittmer sur la faune  du Bois de Vincennes !

Partie intégrante du 12ème arrondissement parisien, le bois de Vincennes est entièrement inclus dans le tissu urbain. Le film de 16' montre évidemment beaucoup d'oiseaux, mais aussi des insectes, poissons et même quelques mammifères, dont un renard qui rencontre 2 hérons !

Pour le voir, cliquez ICI

Film Vincennes

 

05/11/2008

Les oiseaux et les voies de chemin de fer

Quels rapports les oiseaux entretiennent-ils avec les voies de chemin de fer ? La question peut sembler curieuse et pourtant ils sont importants ….. que les voies soient en activité ou abandonnées !

Et d’abord une remarque purement comptable : la superficie qui est propriété de RFF (Réseau Ferré de France) est très importante à Paris (longez les voies de la gare de l’Est ou de la gare d’Austerlitz par exemple pour en avoir une idée ! ) ou en banlieue (si vous prenez le train vers l’est de la France, regardez le paysage entre Pantin et Noisy-le-Sec pour en être persuadé !)

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Les voies de la gare d'Austerlitz

En plus, le paysage offert, même s’il n’est pas très esthétique, est bien différent du paysage urbain moyen, riche surtout en constructions et en parcs plus ou moins arborés : c’est un milieu qu’on qualifie d’ouvert, c’est à dire avec une végétation souvent rare et basse coupée de buissons, ce qui peut plaire à des espèces d’oiseaux qui ne trouvent pas très facilement leur bonheur en ville.

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xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxFauvette grisette mâle en plein chant... (photo P.Dubois)

Les terrains ferroviaires permettent donc à des espèces originales de se maintenir en milieu urbain et d'y nicher : on y trouve des espèces qui nichent dans les buissons, linotte et fauvette grisette par exemple, hypolais polyglotte ou fauvette babillarde, mais aussi des espèces qui nichent sur les terrains découverts : le cochevis huppé, avant qu’il disparaisse de Paris et de sa proche banlieue, appréciait ce genre de terrain. Plus étonnant encore, le petit gravelot occupe ce genre de terrain même s’il est éloigné de l’eau : il a sans doute niché (et niche peut-être encore ) sur les terrains qui entourent les voies entre Pantin et Noisy-le-Sec.

C’est aussi une voie de pénétration des villes pour certains migrateurs : la rousserolle effarvatte, pourtant oiseau de roselières, apprécie  beaucoup de suivre les voies au cours de ses migrations, au moins quand elle les poursuit « à pied », en passant de buisson en buisson, ce qui lui permet aussi de se nourrir en même temps. Il est même arrivé qu’une d’entre elle se retrouve sur des voies en sous-sol de la gare de Lyon, sortant du tunnel qui l’amenait de la station Châtelet !….

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Les voies de la gare de l'Est au Blanc-Mesnil

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Parmi les migrateurs qu’on peut y voir à l’occasion d’une halte, on peut aussi citer les Tariers pâtre et des prés, le Traquet motteux. A noter que les voies, en dehors des oiseaux, sont des axes de pénétration pour certains mammifères : le renard en profite pour entrer dans Paris…

C’est aussi un milieu qui offre aux hivernants des sources de nourriture, spécialement des graines aux fringilles (pinson, verdier, serin, chardonneret, etc.) et moineaux. 

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La Petite Ceinture dans le 20ème arrondissement

A une époque où Réseau Ferré de France pense à monnayer certains de ses terrains, la question de la biodiversité doit entrer en ligne de compte…..