29/11/2007

Paris en automne.....

Voici le premier bilan trimestriel (1/9/07-30/11/07) des observations dans Paris intra-muros. Le détail des observations est visible dans le chapitre « Observations parisiennes »

Pour un début, les ornithos parisiens se sont pas mal défoncés ! 80 espèces ont été notées et les plus spectaculaires le furent grâce aux migrations automnales.

Le beau temps des WE du mois d’octobre ont permis aux passereaux migrateurs de passer assez haut et donc il y a eu peu de comptages intéressants en hauteur. C’est près du sol qu’on a pu faire les observations les plus intéressantes : des Hirondelles de rivage passent plusieurs fois au parc Montsouris en septembre ainsi que les derniers Gobemouches noirs (14 et 21/9), une Fauvette babillarde aux Tuileries le 16/9, une Bergeronnette printanière à la Villette le 17/9 et le 25/9, une Phragmite des joncs à la friche du Sernam le 20/9, une jeune Rousserolle verderolle dans la même friche le 28/9 avec le dernier Gobemouche gris qui ratent de peu les premières Grives mauvis (29/9 Pte d’Orléans) en même temps qu’un Merle à plastron ! Moins d’obs en octobre : un Pipit des arbres fait une pause le 3/10 au parc Montsouris où passent 2 Alouettes lulu le 5/10, un Traquet pâtre se pose à la friche du Sernam le 11/10  et les dernières Hirondelles rustiques passent aux Buttes-Chaumont le 15/10.Une Bergeronnette de Yarrell (avec 5 grises) le 13/10 et un Moineau friquet le 14/10 aux Tuileries étaient-ils en migration ou en début d’hivernage ? Le Pinson du Nord au même endroit le 21/10, en revanche, était vraiment en migration…

C’est dans la famille des rapaces que les obs les plus sympas ont été réalisées : Sandy Barbéris détient sans doute le record d’éperviers (15 dans Paris en 2 mois !), mais surtout il a pu aussi noter un Faucon émerillon (17/9), un Faucon hobereau (le 11/9 à Gentilly, mais il avait forcément survolé Paris…..) , une Bondrée apivore (14/9), un Balbuzard (21/9) et une Buse variable le 6/10….excusez du peu ! Un autre Faucon hobereau, en plein Paris cette fois, a été vu par Serge Detalle dans le 11ème le 24/9, un Milan royal à la friche du Sernam le 1/11 et une Buse aux Tuileries le 4/11.

Pour les autres gros oiseaux de passage, à noter plusieurs vols de Grands cormorans dont un de 40 ind porte d’Orléans le 6/10, un vol de Vanneaux huppés au-dessus des Tuileries le  13/10 et une Cigogne blanche qui cercle au-dessus du même jardin le 18/10. Le vol de 16 Bernache du Canada qui passait sur la Seine le 6/10 était il en migration ou en simple déplacement régional ? Plusieurs Martin-pêcheurs en septembre et octobre sur les bords de la Seine et au parc Montsouris et un qui fait une pause prolongée aux Buttes-Chaumont , peut-être un début d’hivernage….depuis le début septembre.

La tempête en Mer du Nord autour du 11/11 a apporté à Paris son observations sans doute la plus spectaculaire : une Mouette pygmée sur la Seine le 14/11 passe devant les yeux de J.Birard !

 

Les hivernants se sont installés progressivement , avec un nombre assez notable de Mésanges noires dès septembre (Buttes-Chaumont, Montsouris, Cité universitaire, parc G.Brassens), des Roitelets à triple bandeau, des Grives mauvis et des Tarins des aulnes dès octobre, une Grive litorne aux Buttes-Chaumont le 27/11. Les Bergeronnettes des ruisseaux se sont établies partout , y compris loin de l’eau : gare du Nord, Opéra, musée Picasso…… C’est l’installation des Mouettes rieuses hivernantes qui est la mieux suivie par les « lecteurs de bague » : ont été ainsi notés les retours d’habituées, une allemande (baguée en 1996) au jardin du Luxembourg le 16/10, et aux Tuileries une finlandaise (3ème retour) le 4/11, une tchèque (3ème retour, mais au moins 16 ans !) le 12/11 et une danoise (déjà notée à Paris en 1996 !) le 15/11.

 

Les sédentaires, fidèles au poste, se sont aussi montrés : les hérons cendrés des Buttes-Chaumont et de Montsouris, les perruches de Montsouris (21 le 4/11 !), la Chouette hulotte des Buttes-Chaumont  le 8/10, les pics des 3 espèces (vert, épeiche et épeichette), les derniers Choucas parisiens dans le 11è le 22/9, aux Tuileries (sédentaires ?) le 13/10, au Père-Lachaise le 21/10,près du Luxembourg le 8/11 et 14 ensemble cours de Vincennes le 27/11 !….

11:59 Écrit par Frédéric dans Les saisons à Paris | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/11/2007

Des oiseaux au collège !

Comme signalé dans ma bio, j’enseigne les SVT ( Sciences de la Vie et de la Terre….) au collège Marcel Cachin du Blanc-Mesnil (93). Collège sureau

Un sureau en pleine floraison dans le collège

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Par chance c’est – paraît-il – le collège le plus arboré du département et, depuis le temps que j’y suis (24 ans…..), j’ai eu l’occasion de voir pas mal d’espèces d’oiseaux (une cinquantaine…).Cette richesse est due à la variété de la végétation qu’on y trouve : à côté des arbres (platane, érable, bouleau, peuplier, conifères,….), on trouve de nombreux buissons et arbustes porteurs de baies et d’autres fruits appréciés des merles et des fauvettes (Viorne, Sureau, Pommier de l’Himalaya,….). En plus, j’ai obtenu de sauver de la tondeuse un petit coin de pelouse qui n’a pas perdu de temps pour croître, ce qui permet d’abriter de nombreux insectes et autres invertébrés (coccinelles, araignées, bourdon, abeilles solitaires….).

Collège parking

Notre "Réserve de biodiversité".....

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Résultat : l’avifaune banale comporte une dizaine d’espèces : mésanges charbonnière et bleue, merle, pinson, verdier, moineau domestique, étourneau, pie, corneille qui n’attendent que la rentrée des élèves en cours pour venir se nourrir des miettes qu’ils ont laissées par terre ou des insectes et des fruits des buissons.

Collège mangeoire
 Une mangeoire, une longue-vue...le spectacle est assuré !

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Mésange bleue mangeoire

 Bien gourmante, la Mésange bleue !

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En hiver, le rougegorge se joint à ce groupe, en se signalant par ses cris secs « tsic ! tsic ! » ou par son chant très aigu mais très varié. Plus difficile à voir, une bergeronnette des ruisseaux vient souvent se nourrir sur la flaque d’eau qui se forme souvent sur le toit de la passerelle qui relie 2 bâtiments. Dans les conifères , il arrive qu’une mésange noire ou une mésange huppée vienne passer l’hiver.

Rougegorge Musée Rodin ter 111205

Notre Rougegorge, malgré son nom, a la gorge orange...

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En été, les hirondelles de fenêtre qui nichent av. P.Vaillant-Couturier viennent chasser au-dessus de la cour et les fauvettes à tête noire poussent leur chant puissant, flûté et enrichi de nombreuses imitations.

Hir Fen Géode
 C'est avec de la boue collée par sa salive que l'Hirondelle de fenêtre construit son nid

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Un pic épeichette, qui ressemble à un pic épeiche qui serait de la taille d’un moineau, a récemment pris ses habitudes dans le quartier et a découvert qu’en tambourinant sur l’antenne de télévision du bâtiment de l’administration, ça faisait plus de bruit que sur une branche….certains humains n’ont pas apprécié le réveil en fanfare !

Pour les oiseaux accidentels, je me contenterai de 3 exemples : un épervier passe de temps en temps dans le secteur et j’ai pu montrer à des élèves de 6ème, en plein cours, une scène de chasse sur un groupe d’étourneaux qui s’est défendu en formant une boule compacte à chaque approche du rapace ! Une autre fois, allant chercher ma classe dans la cour, des élèves me signalent un groupe d’oiseaux en vol….j’avais mes jumelles dans mon sac et heureusement !…. : c’était un groupe de Grands cormorans, qui devaient faire le trajet entre le parc de Sausset (Aulnay s/bois) et le canal de l’Ourcq.  Héron Bercy 071104d
Du haut du toit, le Héron cendré est tranquille....

Pour terminer, le plus spectaculaire : en novembre 2006, un Héron cendré, profitant du calme des vacances de la Toussaint, a découvert l’existence de notre bassin (qui ne doit pas faire plus de 2m sur 4 !) et de ses poissons rouges : il s’est installé à table….A la fin des vacances, il allait se percher sur le toit de la cantine pendant les heures de cours et descendait pêcher après le départ des élèves. Certains élèves inattentifs ont ainsi trouvé une occasion de plus de regarder dehors…..

20/11/2007

Bruxelles : un tour du Monde en 6 espèces d'oiseaux !

J’étais à Bruxelles le WE dernier, à l’occasion de la sortie du deuxième « Atlas des oiseaux de Bruxelles », publié par Aves , sous la direction de JP Jacob et d’A. Weiserbs. J’en ai évidemment profité pour me faire une idée concrète de l’avifaune bruxelloise et des milieux que la capitale belge offre aux oiseaux.

Comme diverses lectures me l’avaient déjà appris, il n’y a rien de comparable entre « Bruxelles-Capitale » et Paris intra-muros !

Sans aller bien loin, j’ai pu apprécier le bois de la Cambre, prolongement nord de la forêt de Soigne, dont les beaux peuplements de chênes et de hêtres viennent jusqu’à 3km de la Grand-Place (la distance N-Dame – gare de l’Est !). En plus, le parc de Woluwe et ses étangs n’ont pas d ‘équivalents parisiens, pas plus que la forêt de Soigne, les vergers du sud-est de l’agglomération ou les rares restes de champs cultivés….

Pour l’avifaune des rues des quartiers vraiment urbanisés, ce qui m’a frappé, c’est la rareté du Pigeon biset et la fréquence des mésanges charbonnières, ainsi que la quasi absence du Moineau domestique : 3 groupes de 5 à 8 individus en 6h de marche…..même s’il faut admettre que le petit vent froid, malgré le soleil, ne devait pas les encourager à se montrer ! C’est peut-être aussi pourquoi le Pèlerin de la cathédrale St Michel et Ste Gudule (malgré 3 visites !) n’a pas daigné se laisser admirer ! En revanche, les pies et les corneilles sont bien représentées dans les rues arborées.

Goéland cendré Bxl

Goéland cendré sur son jet d'eau préféré (parc Léopold) 

Mise à part les exotiques, peu de choses à signaler en oiseaux d’eau : quelques Goélands cendrés isolés sur plusieurs étangs, une troupe de 35 Morillons et 45 Milouins (avec une Nette rousse mâle)à Woluwe ainsi que quelques Souchets (6 au bois de la Cambre et 2 à Woluwe).

Mais les exotiques…..aïe, aïe , aïe ! Si les foulques n’avaient pas été là, je crois bien que la majorité des oiseaux observés aurait été exotique !

Décollons pour un tour du Monde en quelques espèces ….

Commençons par le plus banal : la Bernache du Canada, finalement peu nombreuse, et la Perruche à collier (omniprésente et omni….gueularde ! ) et c’est déjà l’Amérique du Nord et l’Asie du Sud-est à portée de main ….

Nid conure

Nid collectif de Conure - place d'Arezzo


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les nids spectaculaires (place d’Arezzo) et les cris roulés de la Conure veuve (que nos amis belges nomment Perriche jeune-veuve) nous viennent du centre de l’Amérique du Sud.

Conures

Les conures animent le quartier d'Uccle !

La troupe de 16 Canards mandarins (dont 10 mâles, superbes….) du bois de la Cambre nous font passer (à pied…..) par la Chine et les 2 Bernaches de Magellan annoncent leur origine sud-américaine (très sud : les Falkland !) dans leur nom.

Il manque l’Afrique ? L’ Ouette d’Egypte porte bien son nom, sa répartition couvre le sud du Sahara et la zone sahélienne, et dire qu’elle est présente à Bruxelles est un euphémisme qui frise la malhonnêteté ! Il y en a sur toutes les pièces d’eau, sur les pelouses à côtés des pièces d’eau et parfois même dans les arbres qui dominent les pelouses à côté des pièces d’eau !

Ouette red

 Une Ouette (baguée) au parc Léopold

 

L’impression qu’on retire de ce spectacle cosmopolite est assez mitigée : ces oiseaux sont beaux et spectaculaires….mais on a un peu l’impression d’être dans un zoo !

De toute façon, je crains que, pour la plupart des espèces, il soit trop tard pour agir et qu’il faille s’apprêter à s’habituer à des scènes du même ordre à Paris et dans d’autres villes : à Valence - Espagne – ils en sont à 7 espèces de psittacidés qui se reproduisent en liberté !

           

14/11/2007

Le Moineau de Buffon et le Moineau de Quépat

Tout le monde a au moins entendu parler de Buffon ( 1707-1788), mais qui connaît Néré Quépat ? De son vrai nom René Paquet, ce magistrat messin a séjourné à Paris pendant la 2ème moitié du 19ème siècle et a observé les oiseaux de Paris. Il en a tiré une publication (Ornithologie parisienne, ou catalogue des oiseaux sédentaires et de passage qui vivent à l'état sauvage dans l'enceinte de la ville de Paris - 1874 ) qui nous donne une idée très précise de l’avifaune parisienne à cette date  et permet des comparaisons intéressantes (voir dans la colonne de gauche « Mes articles et communications » le résumé de « Histoire des oiseaux nicheurs de Paris »).

Ils ont tous les deux écrit sur le Moineau domestique, mais en des termes bien différents…… Il est facile de deviner quelle description me plait le plus !

 

BUFFON (Histoire Naturelle – tome VIII, ed. 1822):

 

« Ils suivent la société pour vivre à ses dépens : comme ils sont paresseux et gourmands, c’est sur des provisions toutes faites, c’est-à-dire sur le bien d’autrui, qu’ils prennent leur substance ; nos granges et nos greniers, nos basses-cours, nos colombiers, tous les lieux , en un mot, où nous rassemblons ou distribuons des grains, sont les lieux qu’ils fréquentent de préférence ; et comme ils sont aussi voraces que nombreux, ils ne laissent pas de faire plus de tort que leur espèce ne vaut ; car leur plume ne sert à rien, leur chair n’est pas bonne à manger, leur voix blesse l’oreille, leur familiarité est incommode, leur pétulance grossière est à charge ; ce sont de ces gens que l’on trouve partout et dont on n’a que faire, si propres à donner de l’humeur, que dans certains endroits on les a frappés de proscription en mettant à prix leur vie. »

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N-Dame Paris 17 juin 07 recadrée

 

QUEPAT ( Ornithologie parisienne – 1874)

 

« Les moineaux qui vivent à Paris sont au moins trois fois aussi nombreux que ses habitants.

Le moineau de Paris a toutes les qualités et tous les défauts des Parisiens.

….Nous connaissons de vieux moineaux qui ont lu Voltaire, puis applaudi à la réaction cléricale du règne de Charles X ; qui ont mangé sur le parapluie de Louis-Philippe sans dédaigner plus tard les miettes des banquets réformistes.

Les mêmes moineaux ont soutenu le coup d’Etat du 2 décembre(a) et ensuite ont coopéré au 4 septembre (b). Ils ont excusé le 18 mars (c) et la Commune, ce qui ne les a pas empêchés deux mois après d’applaudir M.Thiers. Survient le 24 mai(d) ; M.Thiers est renversé….Que firent nos moineaux ? Ils se réunirent en masse sur les toits de l’Académie Française et piaillèrent plusieurs jours en l’honneur du duc de Broglie(e). »

 

(a) qui a donné au futur Napoléon III tous les pouvoirs

(b) fondation de la 3ème République

(c) début de la Commune

(d) Mac Mahon devient Président à la place de Thiers

(e) probablement Albert de Broglie , ennemi de Thiers, qui  devînt président du Conseil à la chute du Versaillais….

16:32 Écrit par Frédéric dans Le Moineau domestique | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

06/11/2007

Un peu de pub....

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Jacques Coatmeur

(c'est un copain qui participe aussi à la coordination de l'Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris)

expose ses photos du 8 novembre au 12 décembre


"Oiseaux des villes des villages et des bords de routes"
à la MJC de Colombes,

96-98 rue Saint Denis

 tél 01 56 83 81 81
vernissage le lundi 12 novembre à partir de 18h30