30/09/2007

Le cormoran et les corneilles

Samedi 29/9/07, je découvrais, perché au sommet d’un majestueux platane qui domine le lac des Buttes-Chaumont, un très joli Grand cormoran immature, au plumage très clair, surtout le ventre offert au soleil….L’observation est originale : à ma connaissance c’est la première fois qu’on en observe un posé dans ce parc et même, dans Paris, l’occasion est rare de le voir perché ou nageant, en dehors de la Seine : j’en ai observé un posé sur le canal St Martin il y a 4 ans et, à ma connaissance, ….c’est tout !

Gd Cormo B-Chaumont 300907général

Cherchez le cormoran !..... 

 

Dimanche matin, je le retrouve au même endroit…ce n’était donc pas un individu de passage, mais sans doute un jeune qui découvre le monde et essaie de s’implanter quelque part. Le problème, c’est qu’aux Buttes-Chaumont, il y a beaucoup de corneilles, dont un groupe de 45 jeunes et adultes non nicheurs ! Les Corneilles ne sont pas connues pour leur caractère accueillant, tous les éperviers qui viennent chasser dans Paris vous le diront ! On les voit le plus souvent « escortés » par une ou deux corneilles qui les « raccompagnent » aux limites de leur territoire….Ici, elles auraient bien envie de chasser aussi l’intrus mais…..il est beaucoup plus gros qu’elles et a un bec qui semble redoutable ! Une des plus intrépides l’apprend à ses dépends….

Gd Cormo B-Chaumont 300907 attrappe corneille red

Plus tard, elles se mettent à trois pour effrayer le cormoran… qui répond en adoptant une posture qui doit impressionner les agresseurs !

Gd Cormo B-Chaumont 300907 face à 3 Corneilles red
 

Finalement, les corneilles abandonnent la partie et laissent le cormoran sur son platane….peut-être le verra-t-on y prendre ses quartiers d’hiver ?

26/09/2007

Jeudi 27/9 à 6h20 sur France Inter....


 

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par Alexandre Boussageon
du lundi au vendredi de 6h20 à 6h25

jeudi 27 septembre 2007

Les oiseaux de Paris

Voici un enseignant qui ne se regarde pas le nombril. Il regarderait plutôt en l’air. Professeur de SVT, les bonnes vieilles sciences naturelles, c’est aussi, surtout un ornithologue à la passion communicative. Sur son blog, il nous parle de tout ce qui vole au dessus de la capitale et nous apprend au passage, si j’ose l’expression, que l’hivernage parisien des mouettes rieuses est un phénomène récent datant du milieu du XX° siècle. Et l’accoutumance de cette espèce à la ville se poursuit, précise-t-il. Mais d’où viennent-elles ces mouettes ? Principalement d’Europe centrale, mais pas exclusivement. On cite le cas, présenté en photo sur ce blog, d’une mouette danoise fidèle à Paris où elle revient chaque hiver depuis dix ans. Comment le sait-on ? Grâce au bagage des oiseaux et à leur observation bien sûr, activités auxquelles se livre la grande communauté des ornithologues de par le vaste monde. « Imaginez, écrit à ce sujet, notre blogueur, imaginez les trésors d’ingéniosité et de patience qu’il faut mettre en action pour approcher à quelques mètres de la mouette, lire deux chiffres gravés sur la bague, attendre qu’elle tourne un peu, lire deux autres chiffres et la moitié du nom de la capitale du pays d’origine ». C’est ainsi, et pas autrement, que l’on piste les oiseaux au XXI° siècle. A Paris, ai-je appris sur ce blog, on peut voir passer un nombre incroyable d’espèces : barges à queue noire, balbuzards pêcheurs, bondrées apivores, oies cendrées, cailles des blés, loriots d’Europe, et j’en oublie. Pour les observer, notre blogueur conseille la passerelle des Arts, près de Tuileries, un bon « spot », au même titre que celle qui enjambe le canal de l’Ourcq à la Villette. Et c’est le moment d’y penser : la migration d’automne, le mois d’octobre en particulier, est la plus riche. Alors à vos jumelles. Et à vos souris pour plus d’info à l’adresse du jour :http://lesoiseauxenville.skyblogs.be

POUR RE-ECOUTER L’EMISSION 

Les goélands des toits parisiens

On a souvent tendance à confondre les mouettes et les goélands : les mouettes ne viennent, parfois de loin, à Paris que de septembre à février (voir le post « Les mouettes en vacances d’hiver à Paris » ) alors que les Goélands se sont mis récemment à nicher sur les toits parisiens.

Goélands arg et leuco red
Un Goéland argenté (devant) et un Goéland leucophée aux Buttes-Chaumont
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On peut croiser 3 espèces de Goélands à Paris (sans parler du très rare Goéland cendré) : le plus courant, le Goéland argenté, est une espèce principalement atlantique qu’on reconnaît à son « manteau » gris clair et ses pattes rose pâle (« chair »). Le Goéland leucophée lui ressemble beaucoup mais le manteau est un peu plus sombre et les pattes sont jaunes (plus éclatantes au printemps qu’en hiver). Il nous vient principalement de Méditerranée. La troisième espèce est le Goéland brun, espèce atlantique à manteau gris sombre et pattes jaunes, c’est le dernier arrivé.

Goéland brun Tamise Londres fev07 red

Un Goéland brun phtographié sur les bords de la Tamise à Londres 

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Les premières nidifications ont été notées en 1990-91 autour de la Ménagerie du Jardin des Plantes , un couple de Goéland argenté, un de G.leucophée et même un couple mixte argenté x leucophée . En 1993 (et quelques années après) un couple de G.leucophée a niché près de la Nation.

Le Goéland brun, mis à part un couple mixte leucophée x brun en 1994, est le dernier arrivée : la preuve de la nidification n’a été apportée qu’en 2005 par les travaux pour l’Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris actuellement en cours : nous en connaissons actuellement 3 couples plus un couple mixte.

L’espèce actuellement la plus nombreuse est le Goéland argenté (une trentaine de couples) alors que le Leucophée ne semble pas réussir à s’implanter solidement (quelques couples possibles seulement), mais il faut être prudent car les nids sont très difficiles à observer : les goélands nichent sur les toits , entre les cheminées, sans construire de vrais nids. Les poussins se cachent dans un recoin en attendant que les parents reviennent les nourrir.

Goéland site nidif T.Bara

Site de nidification d'un couple de Goéland argenté. photo T.Bara

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Paris n’est évidemment pas un cas isolé : à Londres, le Goéland argenté niche depuis 1964 et le Goéland brun depuis 1982. A Rome , le Goéland leucophée est nicheur depuis 1971 dans le centre historique . C’est à Riga (Lettonie) que la situation atteint une forme de paroxysme : on y trouve - sur des toits en terrasse – pas moins de 1000 couples de Goélands argentés, 650 couples de Sternes Pierre-Garin et 560 couples de Mouettes rieuses. On peut y rajouter : 25 couples de Sternes naines, 20 de Sternes arctiques et quelques couples de Goélands cendrés, sans oublier quelques couples de Petit gravelot et d’Huitrier-pie !

Goéland famille rue Rennes T.Bara

Un couple de Goéland et son jeune (à droite) sur le site de nidification  photo T.Bara 

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Que viennent chercher ces goélands en ville ? La réponse alimentaire n’est pas forcément la bonne. Pour ne parler que de Paris, on voit évidemment des Goélands se nourrir sur la Seine, mais ils pourraient le faire plus en amont ou en aval, et on en voit peu se nourrir au sol où ils pourraient profiter des poubelles par exemple. Ils fréquentent en revanche les dépotoirs de la région, mais ils sont assez éloignés du centre parisien. Il est plus probable qu’ils trouvent avec les bâtiments le substitut des falaises sur lesquelles ils nichent habituellement. En plus ils y  sont relativement tranquilles….du moins tant qu’on ne vient les dénicher à cause de leurs cris perçants !

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Quelques réflexions de Thierry Bara, qui a fréquenté les goélands parisiens nettement plus que moi :

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  •  Les bâtiments peuvent effectivement rappeler vaguement les falaises. C’est un argument valable pour les premières installations urbaines en bord de mer. Mais aujourd’hui, compte tenu de l’antériorité des données urbaines en bord de mer, on peut aussi penser que les bâtiments parisiens rappellent les bâtiments de Brest ou de Calais !
  •  Pourquoi les bâtiments parisiens seraient-ils plus attractifs que ceux d’autres villes d’Ile-de-France où les goélands ne se sont pas encore installés ? Je suppute que la structure des cheminées parisiennes convient particulièrement bien aux Goélands, avec les doubles alignements de pots en terre cuite. Les jeunes peuvent facilement s’y cacher du soleil (parfois ardent en été) et d’éventuels prédateurs ou « dérangeurs ».
  •  Peut-être aussi ne faut-il pas négliger qu’une implantation commence pas des pionniers ? La ménagerie du jardin des Plantes a pu jouer un rôle attractif déterminant pour le début de la colonisation.
  •  La question alimentaire ne doit pas être écartée trop vite. J’en ai vu faire la fermeture des marchés juste avant le passage des éboueurs. D’autres profitent des miettes laissées par les badauds dans les jardins publics.

16:09 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

20/09/2007

Les moineaux ou les autos ?

Dans le débat sur le déclin du moineau domestique dans de nombreuses villes européennes, la voiture est souvent un des accusés majeurs, en particulier à cause des gaz d’échappement (Summersmith 2007). J’ai profité d’une « expérience naturelle » pour voir si je pouvais vérifier cette idée.

L’avenue Jean Jaurès (19ème arrdt) est une artère majeure qui permet d’entrer dans Paris en venant de la banlieue N-NE (Pantin, Bobigny, Noisy-le-Sec, etc.). La Mairie de Paris a décidé d’en réduire la largeur accessible aux voitures en passant de 4 à 2 voies, une partie de la place libérée étant utilisée pour faire des plates-bandes et une double piste cyclable. Les travaux ont eu lieu entre 2005 et 2006.


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L'avenue Jean Jaurès avant les travaux 

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Après les travaux, les plates-bandes et la piste cyclable 

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Il se trouve que, depuis janvier 2003, j’effectue régulièrement des relevés le WE le long de certaines rues parisiennes, en particulier dans le 19ème arrondissement, et plus particulièrement le long de l’av. J.Jaurès…Cela me donne donc des données conséquentes pour étudier l’impact des travaux sur les oiseaux en général et sur le moineau en particulier ! Pour en résumer les résultats jusqu’au printemps 2007, une seule espèce (pour le moment ?) a montré une réaction : le moineau domestique…

Si je compare les résultats du printemps (mars-avril-mai) 2007 aux printemps 2003, 2004 et 2005, je trouve une hausse globale de l’indice de présence du Moineau domestique de 43,9% pour l’ensemble de l’avenue (contre 9,9% pour le reste du 19ème arrdt). Si je sépare l’avenue en 3 secteurs, le secteur le plus proche de la porte de Pantin est celui qui connaît la hausse la plus spectaculaire avec +100,4%, le secteur le plus proche du métro Jaurès ne montrant qu’une hausse de 13,2 % pas très différente de celle du reste du 19ème arrdt alors que le secteur central accuse une hausse intermédiaire de 40,8%.


Jaurès porte de Pantin red

A la porte de Pantin, les buissons sont très appréciés des moineaux ! 

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L’effet est donc patent, mais à quoi est-il dû ? Il semble que la baisse de la circulation automobile ne soit pas en cause : elle est sans doute la même d’un bout à l’autre de l’avenue et n’explique donc pas de telles différences d’impact entre les deux extrémités de l’avenue. Je crois que c’est plutôt la mise en place de plates-bandes riches en buissons protecteurs qui a attiré les moineaux des colonies alentour (les colonies sont en général situées dans les rues adjacentes ). Il n’y aurait donc pas – pour le moment….- d’augmentation de densité des moineaux , mais de la fréquentation de l’avenue.   On peut donc expliquer pourquoi les autres espèces ne montrent pas de hausse spectaculaire : ce sont des espèces territoriales qui ne se déplacent pas aussi facilement d’un secteur à un autre. Mais il est possible que leur densité augmente progressivement… la suite nous le dira ! Référence :J.D.Summers-Smith 2007 . Is unleaded petrol a factor in urban House Sparrow decline?  British Birds 2007 100 (9): 558-559 

20:37 Écrit par Frédéric dans Le Moineau domestique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

15/09/2007

Un peu d'exotisme en ville...

La ville , de plus en plus accueillante aux espèces forestières qui s'y installent progressivement, s'ouvre aussi à une catégorie plus surprenante : les espèces exotiques. A Bruxelles, on compte 3 espèces de perruches nichant en liberté mais à Valence (Espagne), ce sont pas moins de 7 espèces de psittacidés qui se reproduisent... A Saint Jean-Cap Ferrat et Beaulieu s/Mer (Alpes maritimes), ce sont des Inséparables de Fischer qui forment des petites colonies bien bruyantes et à Nice des Capucins bec-de-plomb vivent à l'embouchure du Var !
On appelle "férale" une espèce d'origine exotique qui s'est échappée et qui se reproduit librement sans aide humaine. La région parisienne n'en est pas dépourvue....

La perruche à collier est une grande perruche verte à bec rouge, originaire d'Afrique tropicale et du continent asiatique. Les anglophones la surnomme parfois Houdini, du nom d'un spécialiste de l'évasion spectaculaire du début du 20ème siècle : c'est dire si elle est difficile à garder en cage !
Si la première colonie repérée officiellement est celle de Drancy (93) au début des années 90, il semble que la présence de ces oiseaux remonte aux années 70 dans le Val d'Oise. Les populations forment 2 noyaux principaux, un au nord et l'autre au sud de Paris, curieusement à proximité des 2 grands aéroports. Les effectifs, très mal connus, doivent se compter en quelques centaines d'oiseaux (200-300 ?). On peut en voir au parc de Sceaux, à L'Hay les roses,Sarcelles, Drancy,au parc de Sevran, etc. Elles ont même fait un passage remarqué dans le parc du chateau de Versailles il y a quelques années ! Pour Paris intra-muros, à part des visites isolées, on ne connait qu'un début d'installation - sans suite pour le moment - au parc Montsouris en février 2007. En France , on en trouve aussi à Marseille, Nancy, dans l'agglomération lilloise. A l'étranger, il y en a des milliers à Bruxelles, à Londres et dans bien d'autres villes...

Perruche à collier
                                    photo D.Behrens

Ce sont des oiseaux qui se nourrissent de fruits, de bourgeons, de graines qu'ils peuvent venir chercher sur les mangeoires que les amis des oiseaux placent en hiver. Pour se reproduire, elles utilisent en général des anciennes cavités de pics, qu'elles peuvent agrandir grâce à leur bec puissant. Si vous les voyez poursuivre un écureuil, ce n'est pas pour le manger (elles sont végétariennes... ), mais pour chasser un prédateur de leurs oeufs !

La Bernache du Canada est une très grosse oie qui déclare son origine dans son nom...Quand elle n'est pas appelée "Outarde" au Québec, elle est surnommée Cagoo (Canada Goose....) à Londres où elle anime les pelouses de Kensington Gardens, par exemple, qu'elle "enrichit" de ses excréments, assez abondants.....En plus,c'est une espèce assez agressive qui supporte mal la présence d'autres anatidés, ce qui ne manque pas de poser des problèmes quand elle se reproduit en milieu naturel !

Bernache Canada duo en vol red

                         A St James's Park (Londres)

En région parisienne, elle peut former des troupes de plusieurs dizaines d'individus, en particulier dans le Sud-ouest de la région (les Polytechniciens de Massy-Palaiseau connaissent bien l'espèce !) ainsi que dans le Nord-ouest vers Cergy-Pontoise. Plus près de Paris, on en voit au bois de Vincennes (lacs des Minimes, de Saint-Mandé et Daumesnil) d'où , de temps en temps, un groupe vient se promener jusqu'aux Buttes-Chaumont ou vers la Courneuve...

La troisième espèce exotique qu'on peut voir à Paris est un canard.... saharien ! Le Tadorne casarca est une espèce qu'on trouve en Afrique du Nord ainsi que dans les steppes d'Asie centrale : il niche en falaise, parfois loin de l'eau où il emmène ses petits juste après la naissance.....à pied au travers des cailloux !

Casarca Daumesnil couple red
                                        Au lac Daumesnil (bois de Vincennes)

Cette espèce est très souvent élevée pour agrémenter les parcs publics et de là elle a formé des populations férales en Allemagne, en Suisse , en Angleterre (évidemment....) et est en passe d'acquérir ce statut en région parisienne : il semble y avoir une bonne dizaine d'individus (dont les descendants d'un couple mixte T. casarca x T. du Paradis ) qui circulent entre le bois de Vincennes et les Buttes-chaumont et qui se reproduisent librement de temps en temps (avec de rares succès à cause de la prédation par les rats ou les goélands ).

On peut aussi trouver de nombreux individus échappés d'espèces exotiques, qui peuvent survivre longtemps (un Inséparable à face rose occupe les bords du canal St-Martin depuis au moins 3 ans...) mais sans se reproduire. Ce ne sont, pour le moment, que des curiosités ...à surveiller quand même du coin de l'oeil !

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De notre correspondant dans le 14ème (Nicolas Langlois 12 ans) 

Les oiseaux de parc Montsouris

Le lac du parc Montsouris abrite de nombreux oiseaux.                     
D'abord on voit les canards colvert et les mouettes rieuses puis, si on est plus
observateur, on voit deux bernaches nonnettes qui glissent tranquillement sur l'étang,
souvent en compagnie de tadornes casarca ainsi que la célèbre famille d'oie à tête
barrée qui chaque printenps fait ses petits .                                          
S'il n' y a pas trop de monde, vous pourrez peut-être voir le tadorne de Belon mâle
(il se distingue des femelles par sa caroncule) en compagnie de la superbe bernache
à cou roux.                                                                                                   
Les deux oiseaux uniques du parc sont l'oie empereur,c'est un oiseau splendide mais
extrêmement farouche, elle est la seule de Paris, l'autre oiseau est le cygne à cou
noir qui força l'admiration des passants pendant des années, mais celui-ci est mort
cet hiver. La bernache du Canada est très agressive, ce qui lui vaut une très mauvaise
 réputation chez les personnes âgées qui donnent du pain aux oiseaux.Dernièrement,
deux canards de Barbarie  ont été mis dans le lac. On voit aussi un couple de canard
mandarin.                                                                                                     
Le héron se promène et les poules d'eau recherchent des bouts de pain. L'hiver,
quelques goélands argentés viennent trouver la tranquillité et, lors des vagues de
grand froid, le fuligule milouin se fait observer.Les carpes et les tortues sont
très présentes dans le lac. 

15:54 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (167) |  Facebook |

12/09/2007

Les mouettes en vacances d'hiver à Paris

A la différence des goélands, dont certains restent à Paris pour nicher, les mouettes rieuses qu’on voit sur la Seine ou les canaux parisiens n’y sont que pour l’hivernage, même si certaines arrivent dès le mois de juillet !

Curieusement, ce phénomène n’existe pas depuis que Paris est Paris : au début du 20ème siècle, elles étaient très rares et elles ne se sont installées vraiment que vers le milieu du siècle. Leur accoutumance à la ville se poursuit actuellement : on voit de plus en plus de mouettes se nourrissant sur les trottoirs ou dans les caniveaux, loin de l’eau !

D’où viennent ces mouettes ? Les colonies les plus proches ne sont qu’à quelques dizaines de kilomètres de Paris et les juvéniles qu’on peut voir fin juin à Paris doivent en venir. Mais pour les centaines qu’on voit se chamailler pour un bout de nourriture en plein hiver ? Le travail effectué ces dernières années par 3 ornithologues (Thierry Bara, P-Yves Henry et Guilhem Lesaffre) permet de préciser leur origine.

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Mouette danoise G_Lesaffre

                 Mouette danoise habituée des Tuileries (photo G. Lesaffre) 

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Comment ont-ils fait ? C’est très simple…..au jardin du Luxembourg ou au Tuileries, ils ont lu des bagues aux jumelles ! Certaines mouettes portent des bagues avec des chiffres ou des lettres assez gros pour être assez facilement lus de loin (photo ci-dessus), mais les bagues normales en métal portent des caractères de quelques millimètres seulement (photo ci-dessous)…..Imaginez les trésors d’ingéniosité et de patience qu’il faut mettre en action pour approcher à quelques mètres (ou attirer !…) la mouette, lire 2 chiffres, attendre qu’elle tourne un peu, lire 2 autres chiffres et la moitié du nom de la capitale du pays d’origine, la voir s’envoler, la suivre des yeux pour pouvoir recommencer la manœuvre dès qu’elle s’est posée de nouveau ! Cela permet de mieux comprendre ce que signifie « lire » 330 bagues (pour 55 oiseaux différents) en 2 hivers (sans parler des lectures incomplètes qui touchent au moins 50 individus différents…..).

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Mouette lithuanienne Tuilerie G_Lesaffre red et retravaillée

                  Mouette lituanienne et sa bague (photo G.Lesaffre)

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Les résultats sont impressionnants : 20 pays, principalement d’Europe centrale et du Nord, envoient des mouettes à Paris : Pologne, Danemark, Finlande, Lituanie, Rep. tchèque, Biélorussie, etc. Ce qui est aussi intéressant est de noter la fidélité de certaines mouettes à leur séjour parisien : une mouette danoise (photo du haut) est ainsi connue depuis 10 ans ! Elle ne bat cependant pas le record d’une mouette qui est venue ( peut-être vient-elle encore….) à Liège pendant au moins 15 ans ! On ne la reconnaît pas par une bague mais parce qu’elle est presque toute blanche à cause d’une mutation génétique la rendant incapable de fabriquer l’eumélanine qui colore normalement ses ailes en gris (article de L.Bronne en 2002 dans Aves 39(2) , p 105-113)

Un travail du même ordre a été effectué au Mans (72) par Christian Kerihuel. En vous rendant sur son site http://christian.kerihuel.free.fr/present-mouet.htm , vous pourrez constater des résultats du même genre que ceux de Paris : 5 belges, 1 française, 1 hollandaise, 2 lituaniennes, 2 polonaises, 1 tchèque et une suédoise.Quand vous verrez voler les mouettes aux Tuileries, vous pourrez maintenant rêver à leur voyage de retour vers leur pays d’origine…..Prague, Vilnius ou Copenhague ?

09/09/2007

Suivre les migrations au-dessus de Paris ?

Les ornithologues connaissent quelques hauts-lieux de la migration : le Clipon à Dunkerque pour les oiseaux de mer, Organbidexka pour les cols pyrénéens, le défilé de Pierre-Aiguille sur le Rhône, Fort l’Ecluse à la frontière suisse. Peu imaginent sans doute qu’on puisse faire le même genre de décomptes au-dessus de Paris….

Le problème est de trouver un ciel suffisamment dégagé d’obstacles :si vous ne disposez pas d’une terrasse libérant un paysage à 360° (n’est ce pas Maxime….), il vous reste la passerelle des Arts sur la Seine près des Tuileries, le Belvédère des Buttes-Chaumont ou la passerelle sur le canal de l’Ourcq à la Villette et sûrement d’autres « spots »…

La migration de printemps est souvent assez discrète, c’est donc celle d’automne qui permet le plus d’observations, le mois d’octobre étant celui qui en concentre le plus, du moins pour les petits passereaux .

Mauvis St Maurice red

                 Une grive mauvis se reposant à St Maurice (94) 

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Il faut cependant ne pas se faire d’illusions : on ne va pas trouver des nuages d’oiseaux survolant la capitale à en cacher le soleil ! Il faut être attentif et tendre l’oreille pour repérer le « tsip tsip tsip » d’un Pipit farlouse vérifiant que ses copains ne sont pas trop loin, le « tsic » bref de la Grive musicienne qui permet de la distinguer de la Grive mauvis, même taille et même silhouette sur fond de ciel, mais qui fait un « tsiii » nettement plus long. Quand on en a repéré un , on s’aperçoit souvent qu’il y en a une dizaine voire plus autour qu’on n’avait pas vus ! En plus des 3 espèces déjà citées, on voit aussi souvent des alouettes des champs et des pinsons des arbres.

Plus gros et pas trop rares, les corbeaux freux, les grands cormorans et même les vanneaux huppés, mais on peut voir aussi….. n’importe quoi !

Oies collage red

          

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Des oies cendrées en vol (lac du Der) 

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En fait, peut passer au-dessus de Paris n’importe quelle espèce migratrice…. en voici une petite liste, vues ces dernières années : Barge à queue noire, Milan royal, Balbuzard pêcheur, Bondrée apivore, Grande Aigrette, Cigogne blanche, Oie cendrée, Grue cendrée, Caille des blés, Canard pilet, Loriot d’Europe ……

Une bonne dose de patience, un peu de chance…..et tous les espoirs sont permis !