30/06/2007

Le mystère des sternes d'Ile de France

Qu'est ce que vient faire cette espèce très élégante dans un blog consacré aux oiseaux des villes ?

SPG Olivier_L Jablines 250607a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(photos Olivier Laporte)

http://digiscopies.free.fr/digiscopies/2007/2007_06_23/jablines_23_06.htm

Les observations de l'espèce se multiplient depuis qq années sur la Seine et les canaux dans Paris et la proche banlieue, et pas seulement en période de migration ! D'où venait par exemple cette sterne qui volait mercredi dernier entre Tour Eiffel et Trocadéro,entre Arts premiers et Arts modernes ?
Il faut savoir que, si la sterne pierregarin niche habituellement sur des îlots gravillonnés des rivières (ou sur les radeaux mis à leur disposition par les protecteurs de la nature), elle est capable de se contenter des toits en terrasse des villes, même importantes ! A Riga, capitale de la Lettonie, ce sont des centaines de couples qui occupent les toits recouverts de gravillons...
Quel est le mystère ?
J'ai déjà dit que les observations de sternes s'étaient multipliées dans Paris depuis quelques années. Si vous sortez de Paris, vous aurez la surprise d'en observer de plus en plus en remontant la Marne de Chinagora (confluent avec la Seine) jusqu'à Bonneuil(94). Vous en verrez aussi beaucoup en continuant de Bonneuil à Champigny(94). Vous pouvez en voir aussi régulièrement sur le canal de l'Ourcq depuis la Villette jusqu'à Sevran (93). Et, enfin, à l'ouest, il y en a aussi au port de Gennevilliers (92).
Les effectifs se comptent en dizaines, en particulier au port de Bonneuil. Ailleurs, les observations se font à quelques individus à la fois... En juillet des juvéniles apparaissent sur les principaux sites cités.
Il y a donc une reproduction pas très loin....mais où ? Voilà le mystère de sternes !

SPG Olivier_L Jablines 250607b red

Que connait-on de la reproduction des sternes en Ile de France ? Une colonie (40-50c d'habitude, qq couples cette année) à côté de la Marne, à Jablines (77, près de Meaux), une autre sur les bords de la Seine, à Grigny (91) avec 9 couples en 2007. Jablines est à 25km de Bonneuil, Grigny à une dizaine seulement. Mais il n'y a que qq couples cette année à Jablines, alors que j'ai observé un total de 30 ind en mai dernier sur la boucle de la Marne. A Grigny, il y a 9 couples en 2007...Cela ne correspond donc pas !
En juillet 2005, j'avais vu une quarantaine d'adultes et 19 juvéniles à Bonneuil. Plus intéressant, j'avais assisté à des transports de poissons par des adultes jusqu'au toit d'un entrepot au bord du canal de l'Ourcq, à Pavillon s/Bois(93). Je n'avais pas pu observer le nid, mais j'avais pu voir un jeune volant en juillet. On peut donc considérer que la sterne a bien niché à cet endroit en 2005....mais un seul couple ! Au port de Gennevilliers, à la même époque, 3 adultes et un juvénile. Je me fais intimider par des attaques (un peu molles....) d'un adulte. Une nidification a donc eu lieu pas loin, mais où ?.....
Voilà donc les données du problème.....à quand la solution ? Ca fait plusieurs années que plusieurs ornithos s'y cassent les ....jumelles, et ça risque de durer un certain temps !

26/06/2007

Faire un nichoir ou l'acheter ?

Je n'avais pas prévu de parler de ce sujet mais, alors que je faisais une formation sur les oiseaux des villes aujourd'hui à Pantin - bonjour aux stagiaires....;-) - on m'a posé des questions sur les nichoirs en général et sur la peinture pour nichoir en particulier.
Avant de répondre, pourquoi mettre des nichoirs ?
Ils sont utiles principalement pour les oiseaux cavernicoles (qui nichent dans des cavités). La facilité à trouver des sites de nids est souvent le facteur limitant pour le nombre d'oiseaux : il suffit de mettre des nichoirs pour augmenter la densité des oiseaux nicheurs.
Donc si vous avez un jardin avec peu d'arbres ou des arbres trop jeunes (sans trous dans le tronc), fixez donc quelques nichoirs et vous verrez arriver de nouvelles mésanges ou autres espèces...
Si vous aimez bricoler, faîtes les vous mêmes, ce n'est pas bien compliqué (du moins pour le modèle de base ).
Pour les plans de base, voyez cette adresse canadienne (espèces et unités de mesure exotiques...) :
http://www.sloe.net/Nichoir_facile.pdf
ou celle-ci:
http://www.lpo.fr/refugeslpo/conseils/fiches/doc/nichoir-...

Vous vous doutez peut-être que les dimensions dépendent des espèces qu'on souhaite inviter. POur plus de détails lire la rubrique de Wikipedia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nichoir

La question précise était : "Faut-il peindre le bois ou non ?" J'avais tendance à répondre que "Pourquoi pas ? en tout cas, pas en couleurs vives". certains participants disaient qu'on leur avait déconseillé la peinture dont l'odeur ferait fuir les oiseaux..
Après qq recherches sur Google, il semblerait que les peintures au plomb soient fortement déconseillées car toxiques, mais que les peintures à bois ne sont pas gênantes. Certains préfèrent cependant les lasures, d'autres l'huile de lin (mais prévoir un séchage de plusieurs mois ).

Nichoirs_premiers jeunes red red

Pour ceux qui ne veulent pas en fabriquer ou qui veulent des modèles durables, on peut trouver des nichoirs en béton de bois
   + pour les mésanges :
http://www.vivara.fr/product/id=76/nichoir_trou_d%E2%80%9...
http://fr.vivara.be/product/id=254/nichoir_trou_d%E2%80%9...

   + pour les hirondelles de fenêtre (22 euro pour un duo de nichoirs)
http://www.lpo-boutique.com/

   + pour toutes les espèces, les Rolls des nichoirs :

http://www.monjardin.lu/nichoir_2006/nichoirs_schwegler_2...

Un site vient de se créer (fev 2008) entièrement consacré aux nichoirs :

http://nichoirs.net/index.html

24/06/2007

Les oiseaux du caniveau

L’urbanisation ne se produit pas en une seule étape : l’espèce commence à occuper quelques grands parcs, d’aspect souvent proche de leur milieu d’origine, puis devient plus nombreuse et peut occuper des jardins plus petits. En même temps, elle devient moins méfiante vis à vis de l’Homme. Elle peut aussi vivre des changements importants de site de nidification (certaines occupent des constructions humaines)ou de source de nourriture, ce qui peut lui permettre d’atteindre des densités inenvisageables en zone rurale ou naturelle. Certaines espèces qui étaient migratrices peuvent même devenir sédentaires.

Ce phénomène s’étale donc sur des décennies et n’atteint pas le même stade au même moment dans toutes les villes : le Pigeon ramier qui a commencé à s’urbaniser à Paris vers 1840, n’a commencé à le faire qu’en 1980 à Dijon…

Merle caniveau R-Lenoir fev05 red

On peut considérer que la dernière étape de cette adaptation à la ville est la fréquentation régulière des rues et des caniveaux pour se nourrir . Cela a longtemps été l’exclusivité du Pigeon domestique et du Moineau domestique, mais la situation a beaucoup évolué.

Le Merle a  sans doute été, à Paris, la troisième espèce à descendre sur le trottoir et à se nourrir de déchets trouvés dans le caniveau. Evidemment, il le fait plus volontiers le matin assez tôt, quand la rue est encore un peu tranquille et moins dangereuse pour lui, mais on peut le voir même passer sous les voitures garées le long du trottoir…

Malgré leur relativement récente arrivée en ville, la Pie et surtout la Corneille ont vite compris l’intérêt de ces endroits, en particulier si un pigeon s’est fait écraser par une voiture !

Quand je suis allé aux Pays-Bas en 1989, j’avais été frappé par l’habitude des Mouettes rieuses de fréquenter les trottoirs et leurs poubelles : on ne voyait pas ça à Paris. Les Mouettes y étaient alors cantonnées à la Seine et aux canaux….Ca a bien changé aujourd’hui ! Les Mouettes s’éloignent de l’eau (même si dans Paris, elle n’est jamais très loin) et n’hésitent pas à se poser sur l’asphalte pour disputer aux Pigeons leur quignon de pain !

Bastille avec pigeons2 red red

Curieusement, le Pigeon ramier a mis semble-t-il du temps à « découvrir » ce genre de lieu, sans doute en partie car il va le plus souvent se nourrir en banlieue. Cela ne fait que quelques années que j’ai remarqué qu’il n’hésitait pas à disputer les miettes de pain aux pigeons domestiques. Maintenant, ce spectacle est devenu assez banal.

Si on ajoute la liste l’Etourneau sansonnet, on a fait le tour des « espèces de caniveau », du moins pour Paris. Peut-être d’autres espèces s’y sont-elles adaptées dans d’autres villes ?

On peut remarquer que certaines espèces semblent s’en rapprocher : il arrive que des accenteurs, rougegorges ou troglodytes se déplacent sur les trottoirs qui longent un jardin et s’ils croisent un insecte ou une miette, il m’étonnerait qu’ils ne s’en saisissent pas. Cependant, cela me semble plus une prolongation accidentelle de leur fréquentation des buissons bas qu’une vraie utilisation régulière de ce nouveau milieu. Peut-être cela évoluera-t-il dans les années à venir…

Je voudrais signaler 2 cas plus étonnants : une Mésange charbonnière nourrissait ses jeunes de miettes de chips récoltées sur le sol goudronné d’un cheminement du parc de la Villette (75019)

Colombin et moineau Zénith 050606 bis red
(cliquez pour agrandir)
et, surtout, un Pigeon colombin vint se nourrir de la même chose au même endroit ! Quand on connaît la rareté des observations de Colombins se nourrissant dans Paris, on reste tout étonné de cette scène : un pionnier ou un égaré ?

17:52 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

20/06/2007

Les Corneilles et le plan Vigipirate....

Si vous passez un dimanche matin vers 8 heures dans le Jardin des Halles, vous trouvez que, quand même, les jeunes qui viennent s'y rassembler le samedi soir sont des sacrés malpropres ! Il y a des détritus partout et en particulier autour des poubelles.....

Pourtant, si vous y êtiez passés vers 6h du matin, vous auriez vu que les poubelles étaient pleines et qu'il y avait peu de papiers par terre....les jeunes n'y sont pour rien ! La solution à ce mystère est contenue dans cette photo prise ce matin (ça marche aussi en semaine, mais c'est moins spectaculaire !)

Corneille Paris 20 juin 07 007 red

Corneille et poubelle bis

ou , encore mieux, par celle-ci prise par P.Nicolau-Guillaumet au Jardin des Plantes....

 

Le plan Vigipirate interdit les poubelles rigides et opaques : les corneilles n'ont pas été longues à comprendre l'intérêt pour elles de ces règles de sécurité publique !

Si on regarde bien, on voit que les corneilles inspectent soigneusement les poubelles pour voir s'il y a quelque chose d'intéressant avant d'attaquer le plastique !

Je raconterai un jour le rapport possible entre cette habitude et la couleur bizarre de certaines corneilles (dites "corneilles gordini" pour ceux qui se souviennent des voitures du même nom il y a quelques décennies....).

Corneille leucique en vol 1 Londres fev07

(cliquez pour agrandir)

voir Les corneilles "bigarrées" en Europe sur "Mes articles et communications " dans la colonne de gauche !

 

 

Les étourneaux, qui sont aussi des oiseaux aux fortes capacités d'adaptation, ont l'air de commencer à comprendre le truc : ce WE, nous en avons vu un faire la même chose au square Jean XXIII, près de N-Dame... Heureusement qu' ils sont trop petits pour la plupart de sacs !

Au fait, pour le Jardin des Halles, il suffirait de ramasser les poubelles à 6h au lieu de le faire à 8h....cela ne doit pas être difficile, les éboueurs sont déjà dans la rue à cette heure-là, mais on les envoie nettoyer d'autres secteurs !

18/06/2007

Les friches parisiennes

 Ce matin, petit tour dans mon carré (des explications un de ces jours sur ce que j'appelle "mon carré"....patience !) situé dans le nord du 19ème arrondissement et surprise....au pied d’un HLM tout ce qu'il y a de plus banal ( tour des années 70 sans doute), dans une friche de moins d'un hectare avec quelques buissons de Buddleyas, un chant....d'Hypolaïs polyglotte ! En fait, pour être honnête, ce n'était qu'une demi-surprise : l'an dernier, j’y avais entendu une Rousserolle effarvatte et j’avais une idée derrière la tête en passant par là….

Un peu plus loin, près de la porte d’Aubervilliers, une friche SNCF beaucoup plus grande, pleine de Buddleyas……..Quand j’arrive, des Serins poussent leurs trilles, un Rougequeue noir fait entendre son bruit de papier froissé en guise de chant. Mais je suis là pour autre chose : je me place près d’un Buddleya et je « piche » (faire « psch-psch-psch » dents serrées) :un oiseau arrive discrètement au milieu du buisson, c’est une Rousserolle effarvatte qui vient inspecter l’intrus….. Cela fait 3 ans qu’on (des précisions sur le « on » en même temps que celles sur « mon carré »….) suit cette friche avec le bon espoir de prouver la reproduction de cette espèce….espoir déçu pour le moment !

Friche SNCF Aubervilliers red bis

D’autres friches, sur la Petite Ceinture principalement, mais aussi à l’occasion de grands chantiers qui traînent un peu, accueillent une grande variété d’oiseaux , surtout pour une ville ! Le Petit gravelot niche près de la porte de la Villette, la Linotte et la Fauvette grisette près de la Porte de la Chapelle, la Bergeronnette printanière et le Traquet tarier s’arrêtent au moment des migrations et même une Caille a chanté pendant 2 semaines sur une de ces friches !

Les friches urbaines sont une source d’observations assez surprenantes en ville : ce sont des îlots de nature vraiment « sauvage », c’est à dire que ce qui pousse là est vraiment venu tout seul et souvent ce sont des endroits assez tranquilles (parfois même des vigiles empêchent les ornithos d’y entrer….).

PC Charonne réduite red

Je me doute bien qu’au prix du mètre carré à Paris, on ne va pas garder des terrains « inutiles » pour le plaisir de quelques farfelus qui se baladent jumelles au cou, mais il faudrait trouver un moyen de garder quelques zones de « liberté » pour la Nature en ville...

17/06/2007

Les faucons crécerelles de Paris

Ce week-end, le Corif organisait sa traditionnelle " Opération crécerelle" à N-Dame et, pour la première fois, à la chapelle St Louis de la Salpétrière (75013).

La présence de faucons dans Paris surprend toujours les non ornithologues, au point que certains veulent y voir le résultat d'une "introduction" volontaire, parfois même en pensant qu'on veut ainsi limiter le nombre de pigeons des rues !...

Il faut rétablir la vérité : les crécerelles parisiens sont là de la manière la plus naturelle du monde.....ils y sont connus depuis au moins les années 1950 (ils étaient aussi présents dans Paris au XIXème s. mais ont sans doute disparu avant 1870 pour réapparaître ensuite). Ils nichent dans des endroits souvent prestigieux : N-Dame donc (jusqu'à 5  couples en même temps !), Arc de Triomphe de l'Etoile, Tour Eiffel, Montmartre, etc. mais aussi dans des endroits beaucoup moins huppés ! La photo ci-dessous représente un site du 19ème arrdt, disparu par destruction du mur en 2006, qui a produit 6 jeunes en 2005 !

Crécerelle Bd Villette site nid red

 

Cette autre photo, dans le même arrondissement, montre que l'orifice du trou n'est pas nécessairement bien gros, ce qui peut expliquer la difficulté qu'il y a à trouver les nids...
Crécerelle Thill-Hainaut mâle

Combien y en a-t-il ?

Le Corif fait un suivi de la population parisienne depuis 1986. 70 sites différents ont été repérés au cours des 20 ans de l'enquête, au maximum 30 couples repérés la même année. On en tire habituellement une extrapolation à 40-50 couples, sans tendance à l'augmentation ni à la diminution.

Que mange-t-il ?

Il va souvent se nourrir en banlieue où il capture comme partout des micromammifères, souvent sur les bords des autoroutes. Comme dans d'autres villes (cf. "Publications scientifiques" ), il se nourrit aussi d'oiseaux, surtout au moment de l'envol des jeunes moineaux. Il participe donc à l'équilibre écologique du milieu urbain, comme il le fait à la campagne....

15/06/2007

Les Hérons de Paris .......et d'ailleurs !

Héron Bercy 071104d red bis
Ce matin, alors que j'observais une bergeronnette des ruisseaux qui chantait au pied de l'écluse de Flandre, sur le canal St Denis près de la Cité des Sciences (Paris 19è), un jeune couple qui passait par là m'interrogea sur ce que j'observais et très vite me fit remarquer un héron qui était posé sur le bord du canal....ils furent très étonnés quand je leur signalai qu'il était régulier à cet endroit  et ailleurs dans Paris !
Il y a en effet 2 hérons régulièrement observés au parc des Buttes-Chaumont (75019), au moins 2 au parc de Bercy (75012), tout près de la cour du Beaujolais, un qui vient régulièrement aux Tuileries (75001), un autre au parc Montsouris(75014) et un autre qui vient de temps en temps au jardin du Luxembourg (75006). L'espèce niche aussi depuis 2006 au bois de Boulogne [oir le site: http://www.sylviescope.com/oisx06/00.html] et fréquente abondamment le bois de Vincennes (jusqu'à une vingtaine au lac des Minimes en hiver). Ce qui frappe est la perte de défiance vis à vis de l'homme (photo prise à Bercy) !

Héron Bercy2
(cliquer pour agrandir)

 

 

Le phénomène n'est ni unique ni même nouveau : à Amsterdam, une colonie occupe un bouquet d'arbres du zoo et les oiseaux fréquentent les quais malgré les parkings !

Héron Amsterdam

 

(photo L.Mahuet).

(cliquer pour agrandir)

 

 

 

 

 

 

 

En plus d'Amsterdam, on trouve des hérons urbains nichant à Londres (Battersea et Regent's Park)

Heronnière Regent's Park Londres fev07 red

 

(cliquer pour agrandir)

 

et je n'ai pas compté moins de 154 nids (occupés ou non) à Istambul aux jardins de Gulhané, en dessous de Topkapi !

Héron colonie et remparts Istanbul red

(cliquer pour agrandir)

23:08 Écrit par Frédéric dans des espèces très urbaines | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : londres, istambul, heron, paris |  Facebook |