15.02.2012

Apprendre les chants du Pinson et du Verdier

La vague de froid de la première décade de février a calmé les ardeurs cantatrices de certaines espèces qui croyaient s’affranchir de notre bon vieux calendrier de la nature pour chanter à n’importe quelle date ! Le radoucissement de cette semaine risque fort de faire redémarrer un peu tout le monde en même temps.

En tout cas, le Pinson a montré qu’il était plus sensible à  la longueur du jour qu’à la température car nous sommes trois au moins dans le secteur à l’avoir entendu pour la première fois de la saison entre le 10 et le 11/2, malgré les températures encore fortement négatives de ce WE…

 

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Un mâle en train de chanter ( photo O.Laporte - ref en bas)

 

Tous les ans, j’attends avec une certaine impatience les premiers chants du Pinson… non pas parce que ça marque le retour du printemps (la preuve cette année !...) mais parce que le Pinson est sans doute, dans les espèces communes, celle qui oublie le plus son chant pendant l’hiver et a le plus de mal à le réapprendre chaque année lors de ses premières tentatives !

Le chant habituel du Pinson démarre généralement par une série de « Tchip, tchip, tchip, tchip, tchip» suivis d’une ritournelle un peu variable (on a même décrit des dialectes régionaux !) mais souvent décrite comme « assez enjouée » d’où l’expression « gai comme un pinson »… dont Prévert a dit ce qu’on pouvait en penser ! (1)

Le problème pour le chanteur qui recommence à chanter vers la fin de l’hiver est qu’il se souvient bien du début mais qu’il a plus de mal pour la suite…. Et ça donne quelque chose du style « Tchip tchip tchip tchip trilou…zut ch’suis sûr qu’y avait aut’chos’après mais j’l’ai oublié ! » et il recommence « Tchip tchip tchip tchip trilou…hé zut, encore raté ! ». Rassurez-vous, au bout de quelques jours, il a retrouvé sa dextérité de l’année précédente et il peut chanter à tue-tête du haut d’un arbuste en exposant sa superbe poitrine lie de vin sous un manteau gris bleu et un front noir du plus bel effet ( et encore je ne parle pas des bandes blanches qui apparaissent quand il s’envole …. ;-)

Pour avoir une meilleure idée du chant du Pinson, allez l’écouter à l’adresse http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf10.htm

Pour le Verdier, c’est beaucoup plus simple… et moins enjoué ! Le chant le plus caractéristique est une sorte de « Bjiiiiiiii…. », un peu comme une vis de bois qui couine.

 

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Le Verdier mâle est plus coloré qu'on pourrait le croire (photo P.Dubois - ref en bas)

 

Il se met en général au sommet d’un arbre moyen pour produire son chant mais il lui arrive de faire un vol nuptial papillonnant, un peu comme celui du Serin cini (on en reparle dans  quelques temps…). Dans ce cas le chant est plus varié et mélodieux mais pas suffisant pour en faire un virtuose ! Son chant se trouve à la même adresse que celui du Pinson.

 

(1)« Il faut être bête comme l’homme l’est souvent
        Pour dire des choses aussi bêtes
        Que bête comme ses pieds, gai comme un pinson
        Le pinson n’est pas gai
        Il est seulement gai quand il est gai
        Et triste quand il est triste ou ni gai ni triste »

 Dans ma maison - J.Prévert - Paroles

 

photo Pinson http://digiscopies.free.fr/

photo Verdier http://moineaudeparis.com/

01.02.2012

Apprendre les chants : Grive musicienne et étourneau

 

Cette fois encore, le calendrier de cette année m’a pris de vitesse et vous avez pu déjà entendre nos deux vedettes du jour produire leurs premiers chants : cette année, la Grive musicienne a été notée en train de chanter dans Paris dès le 8 janvier !

 

Voici deux oiseaux qu’on peut confondre parfois avec un merle : avec la femelle pour la grive et avec le mâle pour l’étourneau ! …. et pourtant si on regarde un peu il y a de nettes différences.

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Cette grive animait de son chant le bois de Vincennes

De la merlette, la grive a le dos brun, même s’il est un peu plus clair ; mais surtout, elle est plus petite et a la poitrine marquée de taches brunes sur un fond blanc (alors que la merlette ou le jeune merle ont une poitrine brune , avec éventuellement des taches brun sombre ). Comme le merle elle se nourrit souvent au sol, dans les pelouses par exemple, et chante sur une branche assez élevée. Son chant correspond à un de mes plus vieux souvenirs d’ornithologue débutant : c’est mon grand-père qui, sur un chemin de la Sarthe, m’a appris à reconnaître son chant : « Philipp’ Philipp’… didouît- didouît ». Evidemment la transcription est celle de mon grand-père et vous avez le droit d’entendre autre chose…  mais la répétition de deux notes claires et sonores suivies de la répétition de deux motifs plus  confus et souvent plus graves  est assez caractéristique de l’espèce (sa cousine la Grive draine ne répète pas son motif). Vous pouvez vous faire votre idée par vous-même ! http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf11.htm

 

 

 

Il arrive assez souvent à la Grive musicienne de faire des improvisations, mais que dire de l’Etourneau sansonnet, un imitateur né !

 

Son plumage au printemps est suffisamment sombre avec un bec vaguement jaune pour faire penser au merle mais regardez mieux : son plumage est irisé de reflets multicolores et tacheté de blanc. Son bec est plus long et fin et surtout, il marche (ou court) sur les pelouses, il ne sautille pas ! Décidément non, on ne doit pas le confondre avec le merle !

 

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Les trous d'aération sont parfois bien utiles pour nicher...

Comment décrire le chant d’un imitateur ? On peut tout trouver dans son chant : Loriot ou Martinet (effet garanti en plein hiver !), grincement de porte, parfois même aboiement ou sonneries diverses, le tout intégré à une suite ininterrompue de gazouillis plus ou moins grinçants, accompagné par des mouvements spasmodiques des ailes qui scandent son chant. Dire que c’est très beau serait un peu exagéré !....

 

Vous pouvez l’entendre en cliquant sur le même lien, c’est l’image juste en dessous de la Grive musicienne… profitez-en pour réviser le merle, il est juste à côté !

 

12.01.2012

Les chants de la Mésange charbonnière et de la Mésange bleue

 

Alors que j’essaie de vous décrire les chants d’oiseaux juste avant que les chanteurs n’entrent en scène, pour les 2 espèces d’aujourd’hui j’ai été devancé par les oiseaux ! Avec le début d’hiver anormalement doux que nous connaissons, cela fait une quinzaine de jours que les mésanges charbonnières et bleues ont commencé à chanter !

Ces deux espèces sont parmi les plus communes de nos villes et ne nécessitent qu’un minimum d’arbres et de buissons pour y élever leurs nichées elles profitent d’une cavité d’arbre ou d’un trou de mur pour y  pondre un nombre souvent surprenant d’œufs, ce qui permettra une douzaine de jours plus tard de faire retentir des pépiements dans des endroits surprenants…

 

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Cette Mésange bleue a choisi un immeuble du Marais pour y faire son nid !

La Mésange charbonnière, la plus grande de nos mésanges, se reconnait aisément à sa capuche noire (d’où son nom) sur des joues blanches et son ventre jaune barré d’une cravate noire. Son dos est verdâtre.

 

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photo Olivier Laporte

 

On l’appelle parfois « le petit serrurier » à cause de son chant qui évoque le bruit d’une lime qui va et qui vient sur une clé en cours de préparation : « tî-pû , tî-pû, tî-pû…. ».

http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf7.htm

Mais ce n’est qu’une des versions possibles du chant de cet oiseau : on entend aussi souvent des séries de 3 notes  «  tî-tî-pû, tî-tî-pû, tî-tî-pû …. »

En tout cas, c’est  facile à retenir ! Mais attention, la Charbonnière est taquine… elle est capable de faire des imitations ou des chants « personnels », bien difficiles à reconnaître : en cas de « n’importe quoi », pensez à la possibilité d’une Mésange charbonnière (mais il y a d’autres candidats !....)

 

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Cette Mésange bleue apprécie les miettes tombées à côté de cette poubelle du jardin des Tuileries !

Le chant de la Mésange bleue présente moins de variations : après une ou 2 notes aiguës, un trille (eh oui, c’est masculin !) descendant…  son chant est donc plus stéréotypé ! C’est au même endroit que le chant précédent… mais essayer de résister à la curiosité d’écouter les autres chants : vous allez vous emmêler les neurones !

http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf7.htm

Cette note aiguë, quand elle ne sert pas d’intro au chant, sert aussi d’alarme au passage d’un épervier ( ou d’un crécerelle qui présente moins de danger pour elle, mais elle n’est peut-être pas bonne ornithologue !).

 

05.01.2012

Une carte pour apprendre les chants d'oiseaux

Voici une technique qui pourra vous aider à repérer les oiseaux qui chantent autour de vous lors de vos séances d'écoute . Il s'agit de la technique utilisée  par les ornithologues quand ils font des comptages statiques d'oiseaux en période de reproduction (IPA = indice ponstuel d'abondance).

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C'est un plan ultra-simplifié de ce qu'il y a autour de vous : vous êtes au centre de la croix et vous choisissez un point de repère devant vous qui correspondra à l'extrémité du trait vertical. Vous vous faîtes une échelle de distance tout à fait pifométrique, qui dépend entre autre de la distance d'espace libre qui vous entoure.
Quand vous repérez un oiseau qui chante, vous indiquez l'endroit approximatif où vous l'avez vu par un code que vous vous inventez : sur l'exemple que j'ai pris, j'ai représenté les merles par la lettre M, les rougegorges par Rg, le Troglodyte par TT ( initiales de son nom latin) et 1 pour désigner une espèce dont vous ne reconnaissez pas encore le chant ( mais vous êtes sûr qu'il y a bien 2 chanteurs de la même espèce...). Le cercle qui entoure le repère signale que l'oiseau chante. La flèche en trait plein signale que le merle s'est envolé après avoir chanté une première fois puis a chanté de nouveau à son 2ème poste. Les tirets indiquent qu'il s'agit de 2 individus différents qui se répondent. C'est une indication très intéressante car elle signale qu'il y a 2 territoires différents, et donc très probablement 2 couples différents.
En fait c'est très simple.... il suffit d'essayer !
Dernier détail, prenez une feuille A4 ( 21 x 29,7) une feuille de carnet est trop petite...

29.12.2011

Apprendre les chants d'oiseaux en ville : l'Accenteur et le Merle

 

Alors ? On commence à comprendre qu’il est possible de reconnaitre des chants d’oiseaux ?....

 

Vous avez pu exercer votre oreille sur des chants qui se différencient par plusieurs critères, en particulier la richesse du motif ( ceux du Troglodyte et du Rougegorge étant les plus riches, celui de la Sittelle le plus pauvre, le Grimpereau ayant un chant très stéréotypé ). On peut aussi distinguer les chants par leur rythme : le Troglodyte a un chant explosif, le Rougegorge, lui, est plus alangui, plus romantique …. chacun pourra remplacer ces adjectifs par ceux qu’il jugera adéquats : c’est , je crois, l’un des  secrets de la mémoire auditive …

 

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Cet accenteur londonien chantait sans accent marqué....;-)

 

Les chants que nous allons apprendre à reconnaitre cette fois-ci se distinguent par leur timbre …

 

L’Accenteur mouchet est un petit oiseau très discret par son plumage (il passe souvent pour un moineau qui aurait un bec fin d’insectivore) et son comportement ( il fréquente les buissons et fourrés et s’y faufile près du sol, évoquant parfois une souris plutôt qu’un oiseau ). De plus son cri passe souvent inaperçu et se fond dans le brouhaha urbain. Il fréquente en effet, en plus des parcs à la végétation riche et diversifiée, beaucoup de tous petits espaces verts, jardins entre les tours d’une résidence, square d’à peine 500 m² pour peu qu’il ait des buissons, voire terrasse plantée au 10ème étage d’un immeuble moderne. J’ai ainsi pu voir deux accenteurs se répondre à 15 m de distance….l’un en haut, l’autre en bas !

 

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L'accenteur des sommets chantait sur la rambarde de cette terrasse et son concurrent sur un buisson le long de la rue...

 

Son chant le fait repérer facilement…  quand on l’a dans l’oreille ! Le qualificatif que je lui associe est « aigrelet » : assez aigu, comme le Rougegorge, mais plus « triste », comme en mineur…  Il est aussi plus stéréotypé que celui du Rougegorge. Il est donc aussi plus facile à retenir !

 

La preuve : http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf12.htm

 

 

 

Le Merle noir au contraire a un chant au timbre chaud…. Il est impossible de décrire le chant du merle qui vous réveille à 4h du matin…. mais si, c’est très joli, même à cette heure-là !…. ;-)  Chaque individu a son chant propre : un ami m’a confié qu’il reconnaissait « son » merle à son chant et qu’il a compris qu’il avait dû mourir le jour où il avait entendu à sa place un chant de merle  différent !

 

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Voici le merle qui m'a longtemps réveillé à 4h du matin, je crois aussi qu'il a disparu ...

Le Merle est l’oiseau le plus répandu dans tous les milieux en France (sur les atlas ornithologiques, c’est presque toujours la première espèce en nombre de carrés occupés). Sa manie de chanter très tôt en ville (ou tard… , à cette heure-là on ne sait plus ce qu’il faut dire !) s’explique d’abord par son habitude « naturelle » de chanter à l’aube, comme le Rougegorge. En ville les chanteurs ont un problème avec le bruit ambiant : certains s’en tirent en chantant plus fort (le Rossignol), d’autre plus aigu (la Mésange charbonnière). Le Merle, lui, préfère chanter à une heure où il y a moins de bruit ! Et c’est vrai qu’en pleine nuit, entendre un Merle chanter dans le silence de la ville endormie prend un caractère souvent émouvant quand son chant se répercute de mur en mur au travers des rues !

 

Ecoutez le vocaliser http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf11.htm (et ne vous laisser pas tenter par les autres chants de cette page !). Profitez des variations de ce virtuose des notes flutées et graves… vous verrez que ce timbre est le meilleure moyen de le distinguer d’autres bons chanteurs ! Je n’ai pas prévu dans ce « cours » de parler de la Grive draine, dont la structure de chant rappelle celui du merle : son timbre est cependant nettement moins « chaud » que celui du merle.

 

 

Vous avez maintenant 6 chants dans l’oreille… c’est le moment de ne pas oublier les premiers : je vous rappelle que le meilleur moyen de s’entrainer est de s’asseoir sur un banc dans un parc et de noter sur une feuille de papier la localisation des chanteurs. Essayez et donnez-en moi des nouvelles  ;-)

 

14.12.2011

Apprendre les chants d'oiseaux en ville : le Grimpereau et la Sittelle

Alors, comment ça s’est passé avec les 2 premières espèces ? Les chants commencent à rentrer dans l’oreille ? Avez-vous trouvé un « truc » pour vous les remémorer ?  Associer un adjectif ou une onomatopée à un chant est un bon moyen pour le retenir et surtout le distinguer d’un autre… le Troglodyte peut être explosif, pressé, surprenant…. le Rougegorge cristallin, aigu, pur…. à vous de vous trouver votre propre qualificatif !

Aujourd’hui nous abordons 2 espèces qui passent la majeure parie de leur temps à escalader ( et parfois à descendre…) les troncs d’arbre.

En vous promenant dans un parc boisé de vieux arbres, vous pouvez entendre en ce moment un oiseau qui semble faire du Morse ! Twuît- Twuît - Twuitwuit- Twuît….

 

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Cette Sittelle arpentait les troncs au parc de la Poudrerie à Vaujours (93)

Cherchez un peu sur les branches et les troncs, vous finirez par trouver un oiseau un peu plus gros qu’une mésange, avec un bec de pic, qui bouge un peu dans tous les sens, qui frappe énergiquement sur le tronc ( en fait, le plus souvent sur une noisette ou une faîne qu’elle a coincée dans une fissure de l’écorce ). Avec un peu de chance vous la verrez descendre la tête en bas, elle est même le seul oiseau capable de faire ça… C’est la Sittelle torchepot. En fait ce Morse n’est pas son chant mais sa production sonore la plus fréquente. A cette saison, on commence à entendre aussi son « chant » : de puissants « huî », le plus souvent enchaînés en série ascendante « huî- huî - huî - huî  » qui résonnent dans les sous-bois.

 

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Cette jeune Sittelle a été photographiée au parc de Bercy par JB Alemanni

Ce n’est cependant qu’en mars que la Sittelle construira son nid dans une cavité, creusée en général par un pic, qu’elle va rétrécir à sa taille en mastiquant de boue l’entrée : cela évitera que des intrus viennent inquiéter la couveuse ou les jeunes qui s’envoleront au mois de mai. L’enregistrement proposé http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf8.htm nous fait entendre d’abord les cris ( le « morse ») puis le chant sifflé.

Un autre oiseau apprécie aussi beaucoup les troncs d’arbre, mais c’est un petit oiseau brun beaucoup plus discret qui grimpe par petits sauts en s’appuyant sur sa queue assez résistante, un peu comme un pic. Il ne pourra cependant pas descendre la tête en bas, ou même à reculons, et il préfère descendre en vol pour recommencer sur l’arbre voisin. Son cri est très discret et passe souvent inaperçu mais son chant est assez facile à retenir car c’est une ritournelle assez fixe,  aiguë et terminant par une note qui reste comme en suspens dans l’air : Géroudet le transcrit par « titiluti loïti » avec une note plus basse en milieu et une finale élevée. Classiquement, il niche entre le tronc et l’écorce mais il peut le faire dans la fissure d’un mur (le mur de soutènement du périphérique à la Villette par exemple…) ou entre une descente de gouttière et le mur d’un pavillon !

 

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J'ai croisé ce Grimpereau au jardin des Tuileries où il est fréquent

Au mois de mai le nourrissage de la petite famille se fait de manière bien bruyante, ce qui est bien pratique pour repérer les nids ! Ici aussi l’enregistrement http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf8.htm commence par les cris (que je vous conseille de ne pas essayer de retenir maintenant, il y a pas mal d’autres espèces qui ont des cris proches ) avant de vous faire entendre, à partir de la 10è seconde, la ritournelle caractéristique de l’espèce.

Révision des 4 premiers chants : le Rougegorge fait un chant très harmonieux commençant souvent par une note très aiguë, le Troglodyte a un chant très explosif, la Sittelle fait du morse et le Grimpereau fait « titiluti loïti »…. Asseyez-vous dans une partie boisée des Buttes-Chaumont ou de Montsouris (ou du parc Ste Marie à Nancy par exemple….) et essayez de repérer les chanteurs autour de vous. Une fois que vous les avez bien localisés, essayez de reconnaitre ceux qui font partie des 4 espèces déjà apprises mis n’oubliez pas qu’il peut y avoir d’autres espèces qui ont déjà commencé à chanter un peu… Renouvelez plusieurs fois l’exercice pendant les 15 jours qui viennent…avant d’y ajouter 2 nouvelles espèces !

01.12.2011

Apprendre les chants d'oiseaux en ville : le Troglodyte et le Rougegorge

 

Remarque : les liens renvoient à des pages du site du Corif où figurent plusieurs chants. Pour vous éviter de tout mélanger, je vous conseille de vous limiter à écouter l’espèce dont on parle et de ne pas écouter les autres qui figurent sur la même page…

 

Comment peut-on conseiller aux gens de commencer à reconnaître les chants d’oiseaux en plein mois de décembre ? Les oiseaux,  ça chante au printemps, non ?...Ben, pas tous !..... Il y en a qui commencent très tôt dans la saison : en fait ils n’ont quasiment pas arrêté !

 

Le Troglodyte mignon est un des très rares oiseaux que l’on peut entendre chanter même en plein mois d’août , quand tous les autres oiseaux consacrent toute leur énergie à changer leur plumage après la reproduction : c’est le grand silence de l’été, juste entrecoupé des strophes énervées de cette petite boule de plumes brunes, que l’on prendrait facilement pour une souris se faufilant sous un buisson, s’il n’y avait cette petite queue à la rebique qui lui donne sa silhouette caractéristique quand il se perche sur une branche.

 

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                                 La boule qui chante, la queue à la rebique... le Troglo ! (photo O.Laporte)

La puissance de ce chant est étonnante quand on voit la taille de l’émetteur ! On a mesuré 96 dB à 1 mètre et j’ai souvenir d’un enregistrement de Grand Tétras (de la taille d’un Dindon…) dont le « chant » était couvert par celui d’un Troglodyte !

 

http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf12.htm

 

C’est même cette puissance et cette précipitation qui sont les deux caractères les plus faciles à retenir pour reconnaître son chant : on a l’impression que tout veut sortir en même temps et que ça finit par s’emmêler dans un trille ( eh oui, on dit « un » trille…) où il se prendrait les pattes dans le fil de son chant…

 

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et voici le parc de Bercy sonorisé par 10g de muscles et de plumes ! (photo JB Alemanni)

 

Le Rougegorge familier quant à lui s’est arrêté un peu de chanter en été mais la poussée d’hormones automnale l’a fait recommencer vers la mi-septembre et, à la différence des autres qui avaient repris aussi, il n’a pas arrêté pendant l’hiver : en effet il défend un territoire hivernal et donc utilise son chant pour le marquer… ce qui peut provoquer en octobre des conflits de bornage entre voisins !

 

Son chant est vraiment très pur et cristallin, impression renforcée quand il est seul à chanter avant le lever du jour (et parfois en pleine nuit !) et que l’air est glacial….. Après tout, glace et cristal vont bien ensemble ! Le chant commence souvent par des notes très aiguës qui servent de prélude à une phrase plus grave et descendante…

 

http://www.corif.net/site/chantsidf/chantsidf11.htm

 

Si vous avez été attentif, vous avez pu remarquer dans l’enregistrement qu’un Troglodyte chante dans le fond…

 

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                        Un oeil noir te regarde....et une gorge orangée fait retentir sa note cristalline !

Je sais que certaines personnes ont du mal à distinguer les 2 chants (et je me souviens que quand je débutais dans les chants, j’avais aussi ce problème….). Pour moi, ce sont les notes aiguës du Rougegorge qui m’ont permis au début de les distinguer…. et, plus tard, de me demander comment j’avais pu confondre deux chants aussi différents ! Mais ne vous inquiétez pas, ce n’est que de l’entraînement : tout le monde peut y arriver ! Réécoutez les 2 chants à la suite et ensuite allez aux Buttes-Chaumont ou au parc Montsouris (ou dans n’importe quel parc de n’importe quelle ville !) pour vous entraîner à les retrouver…. et surtout recommencez plusieurs fois avant la prochaine « leçon », dans 15 jours !

 

N’hésitez pas à me dire si ça marche…. ;-)

 

17.11.2011

Apprendre les chants d'oiseaux en ville : introduction 2ème partie

 

Quand les oiseaux chantent-ils ?

 

 Pour apprendre à reconnaître les chants, il vaut mieux savoir quand les oiseaux chantent !….

On aura compris à la lecture du billet précédent que le chant est très lié à la reproduction. Il n’est donc pas étonnant que les oiseaux chantent principalement au printemps. Par contraste, l’été est la période du « Grand silence » chez les passereaux ! En effet, c’est juste après la reproduction  et durant la mue post-nuptiale qui consomme beaucoup d’énergie.

 Cependant ils n’ont pas tous la même définition du printemps et le démarrage des chants s’étale sur plusieurs mois entre espèces précoces et plus tardives, migrateurs proches ou migrateurs transsahariens… Nous nous proposons même de profiter de ce décalage pour apprendre progressivement les chants, au fur et à mesure que les chanteurs entreront en scène. Il est plus facile de reconnaître des chants quand il n’y en a que 3 ou 4 différents que quand toutes les espèces nicheuses sont là !

Les premiers recommencent à chanter dès le cœur de l’hiver : les plus précoces sont sans doute le Troglodyte, le Grimpereau (qui n’arrêtent quasiment pas de chanter), le Rougegorge (qui défend des territoires d’hivernage), la Grive draine et le Merle ainsi que les Mésanges charbonnière et bleue. Les Pinson, Verdier, Chardonneret, quoique sédentaires aussi, commencent un peu plus tard (février- mars), avant que n’arrivent les premiers migrateurs qui chantent dès leur arrivée (et parfois même en halte migratoire !).

 

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. (photo G.Lesaffre)

Le chant étant lié au développement des organes génitaux, il arrive que la remontée d’hormones, sensible à la fin de l’été, provoque des reprises de chants (chez le Rougequeue noir par exemple) comme elle déclenche la reprise des parades chez les Canards colverts.

 

 

Autre point important à noter : les oiseaux ne chantent pas toute la journée (il faut se nourrir et s’occuper de la reproduction !). C’est principalement le matin au lever du soleil qu’ils déploient le plus d’énergie musicale. L’activité musicale décroît dans la matinée et reprend légèrement en fin de journée. Il est donc conseillé de privilégier les matinées, de surcroît souvent plus calmes dans les parcs urbains que les milieux de journée. L’autre avantage de l’hiver pour commencer à apprendre les chants d’oiseaux, c’est que le lever du soleil n’est pas trop matinal….

Cependant, au lever du soleil, on assiste à un « chœur de l’aube » certes impressionnant, car tous les oiseaux chantent ensemble, mais où il est parfois difficile de s’y retrouver !

 

 

Le choix des espèces

Il ne s’agit évidemment pas de présenter ici tous les chants d’oiseaux qu’on peut entendre en ville, mais de permettre de débuter dans la jungle sonore que peuvent évoquer parfois les parcs urbains tant les chants sont variés, mêlés et déroutants. Nous nous contenterons donc d’une vingtaine d’espèces pour le programme du trimestre à venir, en les décrivant à peu près dans la période où ils commencent à chanter… Nous commencerons donc par des espèces qui chantent en plein hiver (voire en automne…), le Troglodyte et le Rougegorge, pour continuer avec les autres espèces dans l’ordre d’arrivée en scène…

 

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Un des rares chanteurs qui n'arrêntent quasiment pas de peupler notre monde sonore : le Rougegorge

Tout choix contient évidemment une part d’arbitraire, j’espère quand même qu’il semblera utile aux débutants qui voudront bien suivre ce « stage » virtuel d’initiation aux chants d’oiseaux...

 

 

Premiers entraînements…

Avant la première vraie séance de reconnaissance de chants d’oiseaux, vous pouvez commencer à vous entraîner à distinguer les oiseaux qui chantent autour de vous… Ce n’est pas si simple et je pense que c’est même la clé de la suite : être capable de pointer du doigt et dire «  Là, il y en a un qui chante et là , un autre de la même espèce qui lui répond . Là en revanche c’est un oiseau d’une autre espèce qui chante pendant qu’un autre passe en vol en criant…. »

A cette période, vous n’aurez pas trop de chanteurs, c’est mieux pour débuter !

Choisissez le parc le plus près de chez vous et allez y plusieurs matins (en ce moment, ce n’est pas trop tôt….)  pour vous habituer à séparer auditivement les sources sonores. Mettre un nom sur ces sources sonores n’en sera que plus facile !

 

05.11.2011

Apprendre les chants d'oiseaux en ville : introduction 1ère partie

 

J’ai décidé de commencer une série sur l’apprentissage des chants (et des cris) d’oiseaux en ville avec comme exemple Paris…. quelle drôle d’idée ! Puisque vous lisez ce blog, vous savez déjà qu’il y a autre chose que des moineaux et des pigeons en ville….ça m’évite une explication devenue quand même, j’espère, un peu superflue !

 

Donc, pourquoi apprendre les chants d’oiseaux en ville, alors que la campagne semble quand même plus appropriée ?… D’abord, parce que la majorité d’entre nous habite en ville et que c’est plus simple de s’adonner à ce petit plaisir près de chez soi ! Ensuite, et plus sérieusement, la ville présente quelques avantages sur la campagne pour apprendre à reconnaître les oiseaux et en particulier leur chant :

- d’abord il y a moins d’espèces d’oiseaux en ville. Cela peut sembler paradoxal, mais quand il y a trop de variété, on a plus de difficultés à s’y retrouver ! A Paris, il y a une soixantaine d’espèces nicheuses alors qu’en milieu naturel, on trouvera aisément une centaine d’espèces différentes sur la même surface. C’est aussi la raison pour laquelle je vous conseillerai de commencer en hiver, quand il y a peu d’oiseaux qui chantent…

- ensuite, en ville, les oiseaux sont moins craintifs qu’à la campagne : essayer d’approcher un merle ou une corneille en bocage et vous les verrez s’enfuir à des distances qui n’ont rien à voir avec les quelques mètres qu’ils tolèrent en ville ! Vous pourrez donc mieux les voir et même mieux les entendre (malgré le bruit ambiant !).

 

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Le Rougequeue à front blanc en pleine action...

 

Je ne vais pas vous proposer des enregistrements, il y en a plein, et de très bonne qualité, sur le marché ! Le site du Corif http://www.corif.net/site/chantsidf/ vous propose même gratuitement un choix important d’enregistrements réalisés par F.Deroussen, grand professionnel du son et ornithologue de talent. J’y recourrai abondamment pendant ces chroniques… Mais il ne suffit pas d’avoir les enregistrements sous la main pour s’y retrouver, il faut réussir à les distinguer…  Je vais juste essayer de vous aider à les apprendre en vous donnant quelques explications ou quelques « trucs » que j’applique. Je me souviens heureusement que j’ai eu moi-même des difficultés à reconnaître les chants et j’essaierai d’utiliser ces souvenirs pour vous aider à les surmonter…

 

 

Pourquoi les oiseaux chantent ?

 

 Les mânes de J.Delamain, j’espère, ne m’en voudront pas de réutiliser le titre de l’œuvre la plus célèbre de ce grand ornithologue français de la première moitié du 20ème siècle (publiée en 1928, rééditée cette année par les  Éd. des Equateurs/coll. Parallèles ).

 

Pour apprendre plus facilement à reconnaître les chants d’oiseaux, il peut être utile de savoir ce qu’est un chant et quelle est son utilité pour l’oiseau qui le produit.

Même si le chant d’oiseau est associé à l’image d’harmonie et de beauté mélodique, la réalité est parfois beaucoup moins agréable que ce qu’on pourrait croire ! Les chants du Grand tétras ou de la Chouette hulotte ne sont pas des chefs-d’œuvre d’art musical !

Le chant a principalement deux fonctions, une territoriale et l’autre sexuelle.

Le chant fait partie des moyens déployés par le mâle pour trouver une femelle ou pour resserrer les liens du couple distendus après plusieurs mois de séparation. C’est aussi un moyen pour la femelle de juger la « qualité de reproducteur » du mâle qui se signale à ses oreilles, au même titre que certains détails de son plumage (la taille de la bavette noire du Moineau domestique ou l’intensité du bleu de la mésange du même nom) ou parfois de la richesse des mouvements déployés lors de la parade nuptiale.

 

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A la Grande Halle de la Villette, ce moineau "chante" aussi...

 

Le chant est aussi une manière de délimiter son territoire, signifiant en gros « Je suis ici chez moi et aucun autre mâle de la même espèce n’a le droit d’entrer !». Le chanteur se met bien en évidence pour se faire bien repérer par ses voisins qui d’ailleurs lui répondent pour lui signifier que « D’accord là-bas tu es chez toi, mais ici c’est moi !». Chez certaines espèces, le Rougegorge familier par exemple, on défend aussi un territoire en hiver.

 

Il apparaît donc que c’est le plus souvent le mâle qui chante, même si chez certaines espèces, la femelle peut aussi le faire ( les pics et la Linotte mélodieuse par exemple).

 

On appellera donc cris toute manifestation vocale qui n’est pas un chant («  tout ce qui n’est pas chant est cri et tout ce qui n’est pas cri est chant »… si M. Molière veut bien m’excuser de le plagier ! ). Il y a beaucoup de raisons pour un oiseau de crier, ce qui peut se traduire par des sons différents. On peut distinguer un cri de contact dans un groupe, du style « j’espère que vous êtes toujours là ! », un cri de panique signalant l’arrivée d’un prédateur (parfois différent suivant le type de danger, par exemple un cri pour les rapaces et un cri pour les mammifères carnivores…), un cri d’intimidation (le célèbre « Barre-toi d’ma zone ! » poussé par la Corneille quand elle voit un épervier ou tout autre oiseau dont la présence l’insupporte… ce qui peut faire beaucoup !), toute une série de cris permettant les échanges entre parents et jeunes au nid, des cris de parade, etc.

 

On voit donc que rien n’oblige en théorie un chant d’être mélodieux. Pour notre plus grand plaisir, cela arrive quand même assez souvent !