21/09/2016

La Bondrée encore là !

Juste un petit billet avant de partir en vacances...

La Bondrée apivore qui a décidé de s'arrêter à Paris au cours de sa migration a prolongé son séjour ! Découverte le 26/8, elle a été revue plusieurs fois jusqu'au lundi 12/9 , après quoi elle a été revue... au parc de Belleville, à quelques centaines de mètres de là.

Bondrée-Belleville_ChMiYoshida-entière.jpg

L'oiseau n'était décidément pas trop farouche ! (photo Christian Michel-Yoshida)

Après avoir fait le spectacle dans ce petit parc elle a été vue pour la dernière fois le samedi 17/9 partant vers le nord, sans doute pour les Buttes-Chaumont !

L'arrivée d'une météo plus automnale l'aura-t-elle convaincue que sa place était plutôt en Afrique tropicale ?...

A suivre !

10/09/2016

Pourquoi il ne faut pas nourrir les pigeons !

Voici une étude intéressante qui donne "du grain à moudre" ( astuce !....) à ceux (dont moi) qui disent que la seule mesure efficace si on veut réduire le nombre de pigeons en ville est d'arrêter de les nourrir. Tout le reste n'est que baliverne et poudre aux yeux....

Voici donc le résumé d'une étude faite à Bâle qui montre les conséquences d'une réduction brutale d'une source de nourriture sur la reproduction des pigeons. Que tous les responsables chargés de cette question dans les diverses villes méditent ces conclusions avant de distribuer de pilules contraceptives ou de se lancer dans des campagnes massives de capture des pigeons...

Pigeons Zurich red.jpg

Ce n'est pas à Bâle mais à Zürich... c'est le même pays !

Food shortage affects reproduction of Feral Pigeons Columba livia at rearing of nestlings
BIRTE STOCK* & DANIEL HAAG-WACKERNAGEL
Ibis (2016), 158, 776–783

Introduction

- Problèmes causés par l'espèce : 4-11 kg feces/pigeon/an; 23,7-33,5 euros de dommages/pigeon/an

- Qq données biologiques :
-> le poids du poussin est multiplié par 22 durant les 3 premières semaines ( record absolu chez les espèces animales étudiées !) grâce au "lait" végétal produit par le jabot des parents.
-> un adulte pendant la phase de nourrissage consomme 2,43 fois plus qu'un adulte hors reproduction

But de l'étude

On étudie l'effet d'une réduction de source de nourriture sur le cycle de reproduction d'une population de pigeons vivant en conditions naturelles sur une durée de 8 ans.
On s'attend à :
-une réduction du nb de couples nicheurs et du nombre de couvées/couple
- l'augmentation de l'intervalle entre deux couvées
- une réduction du nb d'oeufs par couvée et du nb d'oeuf par an
- une réduction des taux d'éclosion et d'envol
- une réduction de la taille totale de la population de pigeons, résultant des points précédents.

On devrait pouvoir en tirer des enseignements pour mettre au point une stratégie durable de contrôle des populations de pigeons en ville

Méthodes

Etude d'un pigeonnier dans un quartier résidentiel de Bâle (Suisse) comportant 39 boîtes de nidification (même si qq couples nichent au sol ou dans des recoins). Tous les pigeons nés au pigeonnier sont bagués au nid et les immigrants au cours de séances de comptages nocturnes.

Pigeonnier_RDebré red.JPG

Un "Pigeonnier pédagogique" à Paris


La colonie compte entre 75 et 100 pigeons. Les oiseaux doivent chercher seuls leur nourriture et leur eau. Ils se déplacent dans un rayon de 300 à 2000 mètres et surtout vers le port fluvial sur le Rhin situé à 1km de là.
L'administration du port a estimé à 60 tonnes/an la quantité de grains perdus, surtout consommés par les pigeons. A 29g/pigeon/jour, cela permet de nourrir environ 5700 pigeons.
En décembre 2009 le port ferma et fut démoli.
Cette étude a été faite pour essayer de suivre les conséquences de cette fermeture.
Une visite au pigeonnier tous les 15 jours pour mesurer les paramètres de reproduction plus 8 visites nocturnes pour marquer les immigrants et suivre les individus présents.
ARS ( Annuel Reproductive Success) = nb de jeunes envolés/nb de couples nicheurs

Biset rose Meaux-red-retrav.jpg

Un pigeon de couleur original (Meaux)

Résultats


831 couvées relevées en 8ans. Sur 1429 oeufs 535 éclosions ( 37,4%) et 353 envols ( 66,0%). ARS global de 1,03 envol/couple/an.
111 pigeons présents en moyenne aux décomptes nocturnes avant et 82 après la fermeture du port.
Intervalle moyen entre 2 couvées : avant 67 jours, après 92 jours ( +37%)
Nb de couples nicheurs/an - 24% après la fermeture du port
Nb de tentatives de nidification /couple/an -28,5% après la fermeture du port
Taille de ponte : pas de changement significatif
Nb total d'oeufs pondus/an : -45% après la fermeture du port
Succès à l'éclosion : pas de changement significatif
Succès à l'envol : - 19,2% après la fermeture du port
Bilan : l'ARS a chuté de 43,9% et le nombre total de jeunes envolés de 54,6% après la fermeture du port

Pigeon-beige_rose-red.JPG

Une couleur plus naturelle mais jolie quand même....

DISCUSSION


La perte d'une source importante de nourriture s'est donc traduite à plusieurs étapes du cycle de reproduction, particulièrement sur le nb de tentatives de reproduction et sur le succès de l'élevage des jeunes.
Les pigeons ont en général une très longue période de reproduction (presque toute l'année) et pondent presque toujours deux oeufs. Les pontes d'un oeuf ont à Bâle un succès 10 fois inférieure aux pontes de deux, sans doute à cause de l'absence de réchauffement réciproque des 2 poussins.
La mortalité au nid est importante à cause de l'importance de l'apport de nourriture nécessaire due au taux de croissance exceptionnel des poussins.
En cas de réduction de nourriture, le nombre de couvées diminue et l'intervalle inter-couvée augmente à cause de l'investissement énergétique nécessaire à une reproduction mais pas le nb d'oeufs ni le taux d'éclosion, sans doute car c'est peu couteux en énergie. Le succès à l'envol diminue sans doute parce que c'est la phase la plus énergivore du cycle pour les adultes.
La réduction de nourriture s'est donc traduite par une réduction de la taille de la population. Il est cependant concevable qu'au bout de qq années, les pigeons réussissent à compenser cette perte en trouvant de la nourriture ailleurs.
La manière la plus efficace pour limiter la population de pigeons urbains est donc d'éviter les apports, volontaires ou non, de nourriture d'origine humaine.

 

 

09/09/2016

Une Bondrée en villégiature aux Buttes-Chaumont !

Une observation assez surprenante a été faite vendredi 26 aout 2016 par des jardiniers du parc des Buttes-Chaumont (75019) : un rapace de taille assez imposante semblait boire dans le caniveau du parc ! Le temps de prendre 2 photos, l’oiseau s’est envolé pour disparaître dans le feuillage des nombreux arbres de ce très beau parc.

Ces photos ont permis de découvrir qu’il s’agissait d’une jeune Bondrée apivore !

Bondrée_BChaumont-T.Bouderlique2.jpg

(photo Thomas Bouderlique) 

Ce rapace qui ressemble à la Buse variable et qui se nourrit principalement d’abeilles et de guêpes est un migrateur précoce qui survole à cette période toute la France pour aller rejoindre ses quartiers d’hiver en Afrique subsaharienne. Sa présence au-dessus de Paris n’a donc rien d’étonnant…. (à cette même date la pointe sud de la Suède voyait passer presque 1000 bondrées en un jour !). C’est son arrêt dans la capitale qui est plus surprenant !

On s’est donc dit que ce jeune avait sans doute été pris d’un gros coup de fatigue (et de soif !) et qu’il a profité du survol de ce parc pour faire une petite pause avant de repartir pour l’Afrique.

Mais le plus étonnant restait à venir, sous la forme d’un mail d’une personne qui me signalait avoir photographié un rapace dans ce même parc…. 10 jours plus tard !

Bondrée-Buttes-Ch_ClémenceBrunet.jpg

( photo Clémence Brunet)

La photo prouva évidemment qu’il s’agissait de la même Bondrée qui était en train de déterrer un nid de guêpes…. à moins de 3m des passants qui n’en croyaient pas leurs yeux !

Bondrée-nid-guepe_BChaumont_détail-red.JPG 

(ça, c'est ce qui reste du nid de guêpes ! Photo perso)

 

Cela signifiait donc qu’elle était restée (sur place ou à proximité) et qu’elle avait suffisamment de forces pour creuser énergiquement le sol pour trouver sa nourriture !

L’oiseau a été aussi revu, posé sur une branche, mardi O9/9 par un jardinier, soit au moins 12 jours de séjour !

Un séjour en milieu urbain d’une telle durée est tout à fait exceptionnel, peut-être sans précédent, mais son comportement, fort surprenant, pose quand même la question de son origine sauvage …

18/08/2016

Le chêne vert et le geai (suite)

J'ai raconté dans un post récent l'arrivée de 3 Chênes verts dans mes pots de fleurs, au 8ème étage en plein Paris. Voici la même histoire, mais dans un endroit plus habituel pour cet arbre...

Nous ne sommes donc plus du tout en milieu urbain : c'est au cours d'une balade à vélo dans le massif des Maures (83) que j'ai vu ça au bord de la route...

Chene-vert_sur_Pin-red.JPG

...hé oui, il s'agit bien d'un jeune Chêne vert qui pousse dans l'embranchement d'un superbe Pin parasol, à 2 mètres du sol ! Là aussi, le responsable est sans aucun doute un des nombreux geais que l'on entendait dans le coin, traversant parfois la route en vol : visiblement, les opérations de ramassage des glands avait bien commencé !

06/08/2016

Les hérons n'ont plus peur de nous...

Ceux qui suivent ce blog depuis le début (y en a-t-il encore ?.... 9 ans déjà !) se souviennent peut-être que j'ai déjà fait plusieurs billets sur l'adaptation du Héron cendré à la ville, en particulier à Paris. Comme le sujet est spectaculaire et intéresse, j'en remets une couche !...

Hier, je faisais visiter le jardin Martin-Luther-King ( jardin créé récemment dans le nord du 17ème arrondissement) à des amis ornithologues algériens et nous avons eu le plaisir (et la surprise pour eux) d'admirer à quelques mètres ( 4m-4,5m...) un magnifique héron qui lissait son plumage sans aucun égard pour les humains qui venaient le photographier derrière le grillage qui isolait sa partie de roselière.

Grues passerelle et eau-red-retrav.JPG

Il n'est pas bien gros sur la photo ? Oui, mais il faut savoir qu'elle est faite avec mon smartphone !

Roselière et grues-red-retrav.JPG

Quand j'étais gamin (il y a... un certain temps !), il était impensable d'assister à ce genre de spectacle : le héron était rare et très farouche ! Depuis son statut d'espèce protégée, les effectifs ont puissamment augmenté et il a fini par s'apercevoir qu'en ville il y avait des poissons et qu'on le laissait tranquille.

Les premiers hérons urbains, à ma connaissance, étaient amsteldamois : les canaux d'Amsterdam les ont sans doute très vite attirés. Progressivement, ils ont adopté d'autres villes européennes, par exemple Londres (Regent's Park)....

Héron cendré Regent's Park 1 Londres fev07-red.jpg

... Istanbul ( colonie à côté de Topkapi),

Héron colonie et remparts Istanbul-red.JPG

A Paris, le premier parc connu pour l'héberger fut Bercy,

Héron Bercy 071104c.JPG

C'est un endroit qui permet de faire des gros plans intéressants !

Bercy-portrait recadré-net.jpg

Aux Buttes-Chaumont, il apprécie le pont suspendu, ce qui donne l'occasion de saisir quelques effets graphiques intéressants ....

15sept 07 037-red.jpg

.... ou de saisir des aspects en vol sympathiques ! 

BChaumont_27mars14 red3.jpg

On en trouve même dans des ports fluviaux au décor assez minéral ( ici Bonneuil-94)

Héron cendré l'ai_je_bien_descendu-red.JPG

D'où viennent les hérons parisiens ? Ils ne nichent pas dans Paris ( même s'il y a eu au moins un cas de reproduction au bois de Boulogne il y a quelques années). J'ai pu en voir en vol au-dessus de la Villette : ils arrivaient du NNE. Ils viennent donc du parc de la Courneuve où se trouve une jolie colonie de presque 20 couples, visibles - surtout avant la pousse des feuilles - à quelques mètres aussi !

Juv-nid.jpg

L'ornithologie urbaine est décidément pleine de ressources insoupçonnées....

30/07/2016

Le chêne, le Geai et le pot de fleurs

Ca fait presque un an que j'ai négligé mon blog, quelques-uns ont eu la gentillesse de s'en plaindre...

Je reprends donc la rédaction de billets consacrés aux oiseaux en ville ! Pour me motiver, je crée une nouvelle catégorie de billets consacrés à des histoires d'oiseaux de Paris intra-muros.

Et pour commencer, je ne vais pas trop loin : sur le rebord de ma fenêtre.... Depuis 6 ans environ j'y laisse deux pots de fleurs accrochés au 8ème étage d'une tour située entre la porte de Pantin et les Buttes-Chaumont. Je n'y sème rien, je laisse les plantes pousser spontanément, me bornant à arroser quand c'est nécessaire (et que je suis là...) et à retirer des individus d'une espèce qui commencerait à envahir un pot (comme le plus grand fait à peine 25 cm de diamètre, c'est vite fait d'envahir...). J'y ai vu pousser diverses plantes dont les graines sont apportées par le vent, et en particulier par le courant d'air ascendant créé par l'échauffement de l'air contre les murs exposés au sud.

Mais cette année, j'ai eu la surprise de voir apparaître 3 Chênes verts ( 2 dans un pot, un dans l'autre ).

Chêne-vert_juil2016-red.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si on regarde bien, on voit en plus un gland qui n'a pas germé et un cotylédon qui bizarrement reste vert depuis un ou deux mois ( à droite, juste sous une herbe en train de pousser) .

Cela m'a tellement surpris que j'ai d'abord pris ça pour des Mahonias, buisson à fleurs jaune et à feuilles coriaces hérissées de piquants nettement plus acérés que ceux-ci ( j'ai pu le vérifier en allant cueillir une feuille de ce buisson près de chez moi !).

Cependant la simple présence d'un gland prouvait qu'il y avait apport extérieur par un autre mode de transport que le vent : j'ai dû me rendre à l'évidence, un Geai avait trouvé mes pots sympathiques et les avait choisis pour y "cacher" en automne les provisions qu'il préparait pour l'hiver. C'est une histoire effectivement bien connue : le Geai ....des chênes , le bien nommé, a un rôle très important dans la dissémination des fruits de cet arbre qui , sans son aide, ne donnerait de nouveaux petits chênes qu'à son pied, et donc sans aucune chance de se développer à cause de son ombre !

Geai_JdP9_recad-red.jpg

Cet oiseau est réputé pour sa mémoire étonnante car, après avoir caché ses glands, il faut pouvoir les retrouver... Heureusement pour les chênes qu'il en oublie quelques-uns !

Au fait, je n'ai pas trouvé où le Geai a trouvé des Chênes verts pour en récolter les glands, mais je vais chercher ! 

PS: deux jours plus tard, j'ai trouvé l'origine de mes glands : il s'agit d'arbres d'alignement dans les cités "briques rouges" de la porte Chaumont, à 210 mètres de ma fenêtre pour le plus proche. En visualisant un cercle de 210 mètres, je suis à peu près certain qu'il n'y en a pas de plus proche. 

16:46 Écrit par Frédéric dans Histoires parisiennes | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

11/10/2015

Les oiseaux urbains de l'autre bout du Monde

J’ai la chance d’avoir visité La Réunion fin septembre-début octobre. Cela correspond au début du printemps austral (et accessoirement à la période la plus sèche…. enfin théoriquement, parce qu’il semble qu’El Niño ait décidé de déjouer mes pronostics météo !).

Je vais donc vous présenter la plupart des espèces que j’ai rencontrées en ville ou dans les villages de La Réunion…. La liste n’est pas très longue : les îles abritent toujours un nombre plus faible d’espèces qu’une zone continentale de même superficie.

Et tout d’abord, la première espèce que j’ai photographiée à St Denis…

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Eh oui ! Le Moineau domestique s’est aussi établi à La Réunion et est tout aussi anthropophile qu’à Paris ! A signaler qu’il était évidemment en pleine période de reproduction (comme quasiment toutes les espèces rencontrées) : il y avait des jeunes au nid au gîte que j’habitais à St André.

Dans les rues de St Denis, l’oiseau le plus visible (et audible….) est sans doute le Martin triste, espèce introduite à partir de l’Inde et qu’on retrouve dans de nombreuses régions chaudes du Monde, souvent introduit pour lutter contre les orthoptères… ils se sont adaptés à d’autres formes de nourriture !

 

bO_Martins et moineaux-recad-red.JPG

 

 Le sourcil jaune très seyant qu’il montre n’est qu’une zone sans plume, la peau de sa tête étant jaune vif !

 

bO_Martin-Tisserin_fontaine-recad-red.JPG

 

Dans les parcs, une petite tourterelle, la Géopélie  (ou Tourterelle) zébrée ( = Tourterelle péi), vient quasiment dans vos pieds pour se nourrir sans aucune crainte. On entend très souvent son chant formé de quelques notes assez répétitives et un peu plaintives. Elle fut introduite à partir de Maurice où elle est arrivée des îles de La Sonde au 17ème siècle.

 

bO_Tourt.zébrées_StDenis-recad-red.JPG

 

Un oiseau très spectaculaire se fait remarquer par ses cris aigus et très fréquents mais surtout par le plumage rouge vif du mâle : c’est le Foudi rouge de Madagascar (= Cardinal) qui, comme son nom l’indique, a probablement été introduit au début du 19ème siècle. On le trouve à la campagne mais aussi en pleine rue.

 

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Une autre espèce très spectaculaire, autant par sa silhouette caractéristique que par son chant qui rappelle le chant du Loriot, c’est le Bulbul orphée (= Merle Maurice). Originaire d’Asie, de l’Inde à la Chine, il a été introduit (sans doute par évasion d’oiseaux de cage) en 1972 à La Réunion. En 40 ans, il est devenu très fréquent presque partout à basse altitude et pose des problèmes aux vergers et peut-être au Bulbul de Bourbon (=Merle péi).

 

bO_1Bulbul-CapMéchant-recad-retrav-red.JPG

 

Dans la série des espèces qui ne passent pas inaperçues, le Tisserin gendarme ( = Bellier) attire l’attention par les couleurs du mâle, ses cris stridents et ses colonies spectaculaires .

 

bO_Tisserins-troupe_SteRose-recad-red.JPG

 

J’y étais en pleine période de construction des nids et des parades des mâles qui essaient de faire remarquer leur construction aux femelles du secteur.  

 

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La dernière espèce à s’être établie à La Réunion, c’est le Travailleur à bec rouge ( = Quéléa) qui est sans doute l’espèce la plus abondante au monde et qui vit en groupe assez bruyant. Espèce africaine, elle n’est arrivée sur l’île que depuis 2000 environ.

 

bO_Quéléas-recad-red.JPG

 

N’y aurait-il donc que des espèces introduites dans les villes réunionnaises ? Presque…. mais pas tout à fait ! J’ai pu noter l’Oiseau-lunettes gris ( = Zoizo blanc) dans St Denis et la Salangane des Mascareignes (= Petite hirondelle) à St Gilles. Il y a même une espèce lopcale qui semble s’être installée récemment en ville, puisque le site de la SEOR ne la donne que de milieux naturels, c’est la Tourterelle de Madagascar ( = Ramier) que j’ai pu voir à St Denis dans le jardin de l’Etat et au Barachois.

 

bO_TourtMada-recad-red.JPG

 

La proportion énorme d’espèces exotiques a de quoi surprendre et même inquiéter : est-ce à dire que ces espèces ont fait disparaître les espèces autochtones ? En effet de nombreuses espèces d’oiseaux ont disparu depuis l’arrivée de l’Homme sur l’île au 16ème siècle… y aurait-il un lien de cause à effet ? Et bien, sans doute pas ou de manière limitée. Il faut remarquer que le milieu anthropisé n’existait pas avant le 17ème siècle et donc la niche écologique correspondant n’existait pas.. Les espèces introduites n’ont donc pas pris la place d’espèces locales. L’Homme les avait chassées avant en détruisant leur milieu (ou carrément en les chassant…). Le cas du Bulbul orphée est un cas à part et, en plus des problèmes qu’il cause aux fruitiers, on peut s’interroger sur la concurrence avec le Bulbul de Bourbon local…