18/08/2016

Le chêne vert et le geai (suite)

J'ai raconté dans un post récent l'arrivée de 3 Chênes verts dans mes pots de fleurs, au 8ème étage en plein Paris. Voici la même histoire, mais dans un endroit plus habituel pour cet arbre...

Nous ne sommes donc plus du tout en milieu urbain : c'est au cours d'une balade à vélo dans le massif des Maures (83) que j'ai vu ça au bord de la route...

Chene-vert_sur_Pin-red.JPG

...hé oui, il s'agit bien d'un jeune Chêne vert qui pousse dans l'embranchement d'un superbe Pin parasol, à 2 mètres du sol ! Là aussi, le responsable est sans aucun doute un des nombreux geais que l'on entendait dans le coin, traversant parfois la route en vol : visiblement, les opérations de ramassage des glands avait bien commencé !

06/08/2016

Les hérons n'ont plus peur de nous...

Ceux qui suivent ce blog depuis le début (y en a-t-il encore ?.... 9 ans déjà !) se souviennent peut-être que j'ai déjà fait plusieurs billets sur l'adaptation du Héron cendré à la ville, en particulier à Paris. Comme le sujet est spectaculaire et intéresse, j'en remets une couche !...

Hier, je faisais visiter le jardin Martin-Luther-King ( jardin créé récemment dans le nord du 17ème arrondissement) à des amis ornithologues algériens et nous avons eu le plaisir (et la surprise pour eux) d'admirer à quelques mètres ( 4m-4,5m...) un magnifique héron qui lissait son plumage sans aucun égard pour les humains qui venaient le photographier derrière le grillage qui isolait sa partie de roselière.

Grues passerelle et eau-red-retrav.JPG

Il n'est pas bien gros sur la photo ? Oui, mais il faut savoir qu'elle est faite avec mon smartphone !

Roselière et grues-red-retrav.JPG

Quand j'étais gamin (il y a... un certain temps !), il était impensable d'assister à ce genre de spectacle : le héron était rare et très farouche ! Depuis son statut d'espèce protégée, les effectifs ont puissamment augmenté et il a fini par s'apercevoir qu'en ville il y avait des poissons et qu'on le laissait tranquille.

Les premiers hérons urbains, à ma connaissance, étaient amsteldamois : les canaux d'Amsterdam les ont sans doute très vite attirés. Progressivement, ils ont adopté d'autres villes européennes, par exemple Londres (Regent's Park)....

Héron cendré Regent's Park 1 Londres fev07-red.jpg

... Istanbul ( colonie à côté de Topkapi),

Héron colonie et remparts Istanbul-red.JPG

A Paris, le premier parc connu pour l'héberger fut Bercy,

Héron Bercy 071104c.JPG

C'est un endroit qui permet de faire des gros plans intéressants !

Bercy-portrait recadré-net.jpg

Aux Buttes-Chaumont, il apprécie le pont suspendu, ce qui donne l'occasion de saisir quelques effets graphiques intéressants ....

15sept 07 037-red.jpg

.... ou de saisir des aspects en vol sympathiques ! 

BChaumont_27mars14 red3.jpg

On en trouve même dans des ports fluviaux au décor assez minéral ( ici Bonneuil-94)

Héron cendré l'ai_je_bien_descendu-red.JPG

D'où viennent les hérons parisiens ? Ils ne nichent pas dans Paris ( même s'il y a eu au moins un cas de reproduction au bois de Boulogne il y a quelques années). J'ai pu en voir en vol au-dessus de la Villette : ils arrivaient du NNE. Ils viennent donc du parc de la Courneuve où se trouve une jolie colonie de presque 20 couples, visibles - surtout avant la pousse des feuilles - à quelques mètres aussi !

Juv-nid.jpg

L'ornithologie urbaine est décidément pleine de ressources insoupçonnées....

30/07/2016

Le chêne, le Geai et le pot de fleurs

Ca fait presque un an que j'ai négligé mon blog, quelques-uns ont eu la gentillesse de s'en plaindre...

Je reprends donc la rédaction de billets consacrés aux oiseaux en ville ! Pour me motiver, je crée une nouvelle catégorie de billets consacrés à des histoires d'oiseaux de Paris intra-muros.

Et pour commencer, je ne vais pas trop loin : sur le rebord de ma fenêtre.... Depuis 6 ans environ j'y laisse deux pots de fleurs accrochés au 8ème étage d'une tour située entre la porte de Pantin et les Buttes-Chaumont. Je n'y sème rien, je laisse les plantes pousser spontanément, me bornant à arroser quand c'est nécessaire (et que je suis là...) et à retirer des individus d'une espèce qui commencerait à envahir un pot (comme le plus grand fait à peine 25 cm de diamètre, c'est vite fait d'envahir...). J'y ai vu pousser diverses plantes dont les graines sont apportées par le vent, et en particulier par le courant d'air ascendant créé par l'échauffement de l'air contre les murs exposés au sud.

Mais cette année, j'ai eu la surprise de voir apparaître 3 Chênes verts ( 2 dans un pot, un dans l'autre ).

Chêne-vert_juil2016-red.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si on regarde bien, on voit en plus un gland qui n'a pas germé et un cotylédon qui bizarrement reste vert depuis un ou deux mois ( à droite, juste sous une herbe en train de pousser) .

Cela m'a tellement surpris que j'ai d'abord pris ça pour des Mahonias, buisson à fleurs jaune et à feuilles coriaces hérissées de piquants nettement plus acérés que ceux-ci ( j'ai pu le vérifier en allant cueillir une feuille de ce buisson près de chez moi !).

Cependant la simple présence d'un gland prouvait qu'il y avait apport extérieur par un autre mode de transport que le vent : j'ai dû me rendre à l'évidence, un Geai avait trouvé mes pots sympathiques et les avait choisis pour y "cacher" en automne les provisions qu'il préparait pour l'hiver. C'est une histoire effectivement bien connue : le Geai ....des chênes , le bien nommé, a un rôle très important dans la dissémination des fruits de cet arbre qui , sans son aide, ne donnerait de nouveaux petits chênes qu'à son pied, et donc sans aucune chance de se développer à cause de son ombre !

Geai_JdP9_recad-red.jpg

Cet oiseau est réputé pour sa mémoire étonnante car, après avoir caché ses glands, il faut pouvoir les retrouver... Heureusement pour les chênes qu'il en oublie quelques-uns !

Au fait, je n'ai pas trouvé où le Geai a trouvé des Chênes verts pour en récolter les glands, mais je vais chercher ! 

PS: deux jours plus tard, j'ai trouvé l'origine de mes glands : il s'agit d'arbres d'alignement dans les cités "briques rouges" de la porte Chaumont, à 210 mètres de ma fenêtre pour le plus proche. En visualisant un cercle de 210 mètres, je suis à peu près certain qu'il n'y en a pas de plus proche. 

16:46 Écrit par Frédéric dans Histoires parisiennes | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

11/10/2015

Les oiseaux urbains de l'autre bout du Monde

J’ai la chance d’avoir visité La Réunion fin septembre-début octobre. Cela correspond au début du printemps austral (et accessoirement à la période la plus sèche…. enfin théoriquement, parce qu’il semble qu’El Niño ait décidé de déjouer mes pronostics météo !).

Je vais donc vous présenter la plupart des espèces que j’ai rencontrées en ville ou dans les villages de La Réunion…. La liste n’est pas très longue : les îles abritent toujours un nombre plus faible d’espèces qu’une zone continentale de même superficie.

Et tout d’abord, la première espèce que j’ai photographiée à St Denis…

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Eh oui ! Le Moineau domestique s’est aussi établi à La Réunion et est tout aussi anthropophile qu’à Paris ! A signaler qu’il était évidemment en pleine période de reproduction (comme quasiment toutes les espèces rencontrées) : il y avait des jeunes au nid au gîte que j’habitais à St André.

Dans les rues de St Denis, l’oiseau le plus visible (et audible….) est sans doute le Martin triste, espèce introduite à partir de l’Inde et qu’on retrouve dans de nombreuses régions chaudes du Monde, souvent introduit pour lutter contre les orthoptères… ils se sont adaptés à d’autres formes de nourriture !

 

bO_Martins et moineaux-recad-red.JPG

 

 Le sourcil jaune très seyant qu’il montre n’est qu’une zone sans plume, la peau de sa tête étant jaune vif !

 

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Dans les parcs, une petite tourterelle, la Géopélie  (ou Tourterelle) zébrée ( = Tourterelle péi), vient quasiment dans vos pieds pour se nourrir sans aucune crainte. On entend très souvent son chant formé de quelques notes assez répétitives et un peu plaintives. Elle fut introduite à partir de Maurice où elle est arrivée des îles de La Sonde au 17ème siècle.

 

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Un oiseau très spectaculaire se fait remarquer par ses cris aigus et très fréquents mais surtout par le plumage rouge vif du mâle : c’est le Foudi rouge de Madagascar (= Cardinal) qui, comme son nom l’indique, a probablement été introduit au début du 19ème siècle. On le trouve à la campagne mais aussi en pleine rue.

 

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Une autre espèce très spectaculaire, autant par sa silhouette caractéristique que par son chant qui rappelle le chant du Loriot, c’est le Bulbul orphée (= Merle Maurice). Originaire d’Asie, de l’Inde à la Chine, il a été introduit (sans doute par évasion d’oiseaux de cage) en 1972 à La Réunion. En 40 ans, il est devenu très fréquent presque partout à basse altitude et pose des problèmes aux vergers et peut-être au Bulbul de Bourbon (=Merle péi).

 

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Dans la série des espèces qui ne passent pas inaperçues, le Tisserin gendarme ( = Bellier) attire l’attention par les couleurs du mâle, ses cris stridents et ses colonies spectaculaires .

 

bO_Tisserins-troupe_SteRose-recad-red.JPG

 

J’y étais en pleine période de construction des nids et des parades des mâles qui essaient de faire remarquer leur construction aux femelles du secteur.  

 

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La dernière espèce à s’être établie à La Réunion, c’est le Travailleur à bec rouge ( = Quéléa) qui est sans doute l’espèce la plus abondante au monde et qui vit en groupe assez bruyant. Espèce africaine, elle n’est arrivée sur l’île que depuis 2000 environ.

 

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N’y aurait-il donc que des espèces introduites dans les villes réunionnaises ? Presque…. mais pas tout à fait ! J’ai pu noter l’Oiseau-lunettes gris ( = Zoizo blanc) dans St Denis et la Salangane des Mascareignes (= Petite hirondelle) à St Gilles. Il y a même une espèce lopcale qui semble s’être installée récemment en ville, puisque le site de la SEOR ne la donne que de milieux naturels, c’est la Tourterelle de Madagascar ( = Ramier) que j’ai pu voir à St Denis dans le jardin de l’Etat et au Barachois.

 

bO_TourtMada-recad-red.JPG

 

La proportion énorme d’espèces exotiques a de quoi surprendre et même inquiéter : est-ce à dire que ces espèces ont fait disparaître les espèces autochtones ? En effet de nombreuses espèces d’oiseaux ont disparu depuis l’arrivée de l’Homme sur l’île au 16ème siècle… y aurait-il un lien de cause à effet ? Et bien, sans doute pas ou de manière limitée. Il faut remarquer que le milieu anthropisé n’existait pas avant le 17ème siècle et donc la niche écologique correspondant n’existait pas.. Les espèces introduites n’ont donc pas pris la place d’espèces locales. L’Homme les avait chassées avant en détruisant leur milieu (ou carrément en les chassant…). Le cas du Bulbul orphée est un cas à part et, en plus des problèmes qu’il cause aux fruitiers, on peut s’interroger sur la concurrence avec le Bulbul de Bourbon local…

31/08/2015

Comment gérer le problème des corneilles à Paris.... s'il y en a un !

Ces derniers temps, quelques cas d’attaques d’humains par des corneilles ont été mis en avant par une certaine presse et certains élus d’arrondissement parisiens. Il est donc intéressant de faire le point sur les cas de conflits entre les oiseaux et les humains en ville.

Cela ne concerne que peu d’espèces. On peut citer les pigeons urbains pour leurs déjections et la crainte de maladies, les étourneaux pour le bruit et les déjections au dortoir, les goélands(en Angleterre et Allemagne) et les milans noirs (au Japon) pour des vols de nourriture parfois assez spectaculaires, ainsi que parfois les perruches à collier pour le bruit ou les arbres fruitiers.

Nous nous intéresserons ici de plus près aux corvidés avec les exemples de la Pie australienne (Gymnorhina tibicen, Cassican flûteur de son  nom officiel en français….) pour des cas d’attaques d’humains et le Corbeau à gros bec (Corvus macrorhynchos, Jungle crow en anglais) au Japon pour des cas d’attaques, d’épandage d’ordures et de dégâts divers.

Corneille_pigeon-red.JPG

Cela permet de signaler qu'il est possible que la Corneille participe activement à la limitation du nombre de pigeons à Paris...

Pour les corneilles parisiennes, il faut rappeler que l’espèce s’est installée dans Paris intra-muros pendant les années 70 et s’est développée de manière importante entre 1990 et 2005 environ (Malher et al. 2010). Il n’y a en revanche pas de signes probants d’augmentation importante depuis 2005. On peut faire un lien entre l’augmentation récente des effectifs avec le plan Vigipirate qui oblige à utiliser des sacs plastique transparents qui permettent aussi aux corneilles de voir ce qu’il y a dedans et de les déchirer facilement pour y prendre ce qui les intéresse. Les problèmes soulevés sont essentiellement des problèmes de propreté (les ordures sont dispersées) et quelques cas d’attaques de personnes, principalement des vols d’intimidation pouvant aller jusqu’aux coups de becs, ce qui a pu provoquer (au moins une fois…) la chute de la personne effrayée. Ces attaques semblent avoir lieu essentiellement entre fin mai et début juillet, période d’élevage des jeunes. (voir la catégorie « Histoires de corneille » dans la colonne de droite)

Les Pies australiennes sont des oiseaux originaires de la savane qui se sont multipliés en ville à la suite de la construction de banlieues résidentielles à l’européenne depuis le début du 20ème siècle. Elles ne semblent pas en augmentation particulière à l’heure actuelle. Elles posent des problèmes d‘attaques, d’intimidation seulement ou avec des  coups de bec appuyés pouvant avoir, assez rarement, des conséquences graves (yeux crevés, accidents de bicyclettes). Ces attaques très spectaculaires ont lieu presque uniquement en période d’élevage des jeunes et ont été analysées comme un comportement de défense de la nichée qui disparaît avec l’envol des jeunes. Elles concernent les mâles de moins de 10% des couples. Signalons que, par ailleurs, la Pie australienne est un des oiseaux préférés des australiens urbains ( Jones 2008).

 

Pie austalienne en attaque.jpg

 photo chipée sans scrupule sur Internet....

Le Corbeau à gros bec a connu à Tokyo, après une première augmentation dans les années 70, une explosion au début des années 90 quand les autorités ont introduit le tri sélectif des déchets qui a nécessité l’utilisation de sacs en plastique transparents, pour en contrôler le contenu. Cela a permis aux Corbeaux aussi de voir la nourriture et de les déchirer pour se nourrir (Ueta et al. 2003).

Les problèmes posés sont des cas d’attaques d’humains, qui ne semblent pas avoir des conséquences graves -ce sont plutôt des vols d’intimidation (très largement en période de reproduction), des problèmes de propreté- le contenu des poubelles est souvent répandu sur la chaussée - et même des problèmes de vols de câbles électriques ou de fibres optiques (voire de cintres !) et l’occurrence  de courts-circuits à cause des nids sur les poteaux électriques.

En 2001, le gouverneur de Tokyo, après s’être fait attaquer par un corbeau au cours d’une partie de golf, a décidé de prendre des mesures contre cette espèce (véridique !...). Des milliers de corbeaux ont été capturés et tués : en 2002, 12 000 corbeaux ont été capturés et le nombre estimé d’oiseaux sur les dortoirs est passé de 36 500 à 35 200, baisse non significative et en tout cas sans rapport avec le nombre d’oiseaux capturés ( Okuyama M. 2003). Après quelques années de baisse des effectifs grâce à la capture de plus de 100 000 corbeaux, les campagnes d’éradication se sont relâchées et le nombre de corbeaux est reparti à la hausse (+ 16% en 2009).

 

Jungle crow Tokyo.jpg

  photo chipée sans scrupule sur Internet....

Parallèlement à cela, des enquêtes ont montré que le problème principal de la population était plutôt l’épandage des ordures  par les corbeaux : après des consultations publiques, des mesures de gestion des déchets (horaires de ramassage, protection des sacs poubelles et politique de réduction des déchets)  dans certains secteurs de la capitale ont montré leur efficacité sur le problème de la dispersion des ordures ( Kurosawa et al. 2003).

Pour les Pies australiennes, le problème semble avoir été géré de manière plus réfléchie. A Brisbane, il a été montré (Jones et Nealson 2003) que certaines pies étaient agressives et d’autres non et que les pies agressives s’attaquaient, pour défendre leurs jeunes, chacune à un type d’intrus en particulier, piéton, cycliste ou postier à moto. Dans le cas des piétons, elles n’attaquent pas tous les piétons et on pense qu’elles s’attaquent chacune à un type de piéton, mais ce n’est pas encore bien précisé. Des études ont démontré que la capture avec libération à distance (plus de 30 km) des mâles agressifs était efficace sans porter préjudice à la nichée (le mâle est vite remplacé par un autre qui s’occupe aussitôt des jeunes). Le sort des mâles transplantés est plus mal connu. Pourquoi certaines pies deviennent agressives reste mal compris, mais il semble possible que cela ait un rapport avec le fait d’avoir vu un jeune tombé du nid recueilli par un humain, scène assimilée par les pies à de la prédation. Il est  préconisé, dans les cas de pies très agressives, d’utiliser la méthode de transplantation. En cas de pies qui se contentent de piqués d’intimidation, un panneau d’avertissement peut suffire.

 

Panneau-pie.png

 

Dans tous les cas, et cela devrait concerner le cas de Paris, qui semble de très loin moins grave que ceux de Brisbane et Tokyo, il faut insister sur la nécessité de prendre le temps de la réflexion, d’enquêter scientifiquement sur les causes écologiques des problèmes et de consulter les habitants pour éviter de prendre des mesures inefficaces ou inacceptables pour les gens ou qui ne répondraient pas à leur problème prioritaire.

Le premier travail confié par la Ville de Paris au Muséum sur la dispersion des corneilles dans les parcs parisiens ( voir billet précédent) permet d’espérer qu’on est parti dans cette voie…

Bibliographie

Jones  D.N. (2008) Wildlife management in the extreme : managing Magpies and mothers in a suburban environment. in « Too close for comfort : contentious issues in human-wildlife encounters » D.Lunney, A. Munn and W.Meikle eds. Royal society of New South Wales, Mosman, Australia, 2008.

Jones D.N. et T. Nealson  (2003) Management of aggressive Australian Magpies by translocation. Wildlife Research, 2003, 30, 167-177

Kurosawa R. , Kanai Y., Matsuda M. et M. Okuyama (2003).Conflict between Humans and Crows in Greater Tokyo- Garbage managementr as a possible solution    Global Environ Research 8: 139147

Malher F., Lesaffre G., Zucca M. et J. Coatmeur (2010). Les oiseaux nicheurs de Paris. Un atlas urbain. Corif/ Delachaux et Niestlé, Paris.

Okuyama M. (2003). Administrative measures against crows. Global Environmental research  72  199-205

Ueta M., Kurosawa R., Hamao S., Kawachi H. et Higuchi H. (2003) Population change of Jungle Crows in Tokyo    Mutsuyuki Ueta et al. Global Environmental Research, 2003 72: 131-137

 Certains papiers australiens sont résumés sur la partie biblio de mon blog ( cf. colomme de gauche du blog principal ou directement à

http://lesoiseauxenville-biblio.skynetblogs.be/archive/2015/08/24/d-autres-papiers-sur-la-pie-australienne-et-les-problemes-qu-8489166.html

http://lesoiseauxenville-biblio.skynetblogs.be/archive/2015/08/05/pourquoi-les-pies-d-australie-attaquent-elles-des-humains-8480662.html

  

16:32 Écrit par Frédéric dans histoires de corneilles | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Le printemps 2015 à Paris

Joli total (96 espèces entre le 1/3 et le 31/5) pour ce printemps ( record : 103 en 2013), grâce à l'observation de nombreux migrateurs peu fréquents : Torcol, Fauvette babillarde, Rossignol, etc. Un gag avec l'observation le 1er avril d'une Gorgebleue Bd Richard-Lenoir, dans un milieu atypique... et ce n'était pas un Poisson d'Avril ! Mais le "gag" absolu a été cette Avocette qui a passé une journée sur le pavé de la pointe de l'île St Louis ! Une première parisienne...

Quelques espèces autrefois communes ont confirmé leur rareté actuelle ( Sittelle, Pic épeichette, Serin,...) et quelques espèces ont laissé espérer des nidifications en séjournant assez longtemps ( Rousserolle effarvatte, Rougequeue à front blanc...), espoir déçu !...

 Et certaines observations laissent perplexes : comme d'habitude l'observation d'une Effraie à Paris est difficile à interpréter ! Et ce martinet observé le 11/3… A cette date le Martinet pâle est plus probable que le Martinet noir !...

 

Cygne tuberculé (Cygnus olor): éclosion le 28/5 le 5 poussins à la Villette; 6 observations sur la Seine ( 4 ind le 12/5)

( Cygne noir (Cygnus atratus): Montsouris)

( Oie cendrée (Anser anser): sq des Batignolles)

( Oie à tête barrée (Anser indicus) Montsouris)

Bernache du Canada (Branta canadensis): 4 couvaisons avortées aux Buttes-Chaumont. 4 obs en vol dont un groupe de 13 de passage à Montsouris

Bernache nonnette (Branta leucopsis): une baladeuse à Montsouris et celles des Batignolles

Tadorne casarca (Tadorna ferruginea): 2 visites aux B-Chaumont

(Tadorne de Belon (Tadorna tadorna): Batignolles)

Canard colvert (Anas platyrhynchos)

Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo)

Héron cendré (Ardea cinerea) Bercy, Choisy, Kellermann, B-Chaumont, Villette, Montsouris, Gds-Moulins,J. des Plantes

Épervier d'Europe (Accipiter nisus): les couples s'installent aux B-Chaumont, J. des Plantes, BNF, Montsouris et P-Lachaise. 11 individus observés ailleurs, sans doute en migration.

Buse variable (Buteo buteo): 9 observations de 12 individus en migration.

Faucon crécerelle (Falco tinnunculus)

Faucon hobereau (Falco subbuteo) : 2 observations fin mai

Faucon pèlerin (Falco peregrinus): le couple du Front de Seine a donné 3 jeunes; 3 oiseaux (femelle et mâle ad et mâle 2A) séjournent aux Olympiades  

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Lui aussi voulait voir Montmartre ( photo Fabian « fab33w7 »)

Râle d'eau (Rallus aquaticus): un individu apparemment épuisé passe la journée sur un balcon au pied N de la butte Montmartre

Gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus)

Foulque macroule (Fulica atra): un ind passe au moins 2 jours au parc Montsouris

Avocette élégante (Recurvirostra avosetta) : un individu passe la journée à la pointe de l'île St-Louis le 19/3/15. Première parisienne !

 

Avocette_Paris-red1.jpg

 

C'est vrai que le cadre est moins glamour qu'en Camargue ou au Marquenterre !...

Chevalier guignette (Actitis hypoleucos): 3 obs sur la Seine

Mouette mélanocéphale (Larus melanocephalus): 5 obs surtout fin mars

Mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus):à l'unité ou presque après le 15/3

Goéland cendré (Larus canus) : un immature les 22-23/3

Goéland brun (Larus fuscus) : à l'unité ou en couple (jusqu'à 6 ensemble) sauf un groupe de 22 le 9/4

Goéland argenté (Larus argentatus)

Goéland leucophée (Larus michahellis) : à l'unité sauf un groupe de 30 immatures fin mai

Goéland pontique (Larus cachinnans): le séjour de quelques individus ( jusqu'à 2 ensemble) se poursuit jusqu'au 21 mars

Sterne pierregarin (Sterna hirundo): 4 obs à partir du 5 mai, toutes autour de la Villette.

Pigeon biset domestique (Columba livia f. domestica)

Pigeon colombin (Columba oenas)

Pigeon ramier (Columba palumbus)

Tourterelle turque (Streptopelia decaocto) : 2 observations dans les 5ème et 13ème arrdt

Perruche à collier (Psittacula krameri)

Effraie des clochers (Tyto alba): trouvée blessée au parc de la Villette. Baguée aux P-Bas

Chouette hulotte (Strix aluco) : une trouvée morte aux Batignolles le 10/3

Martinet indéterminé (Apus sp.) :1 ind observé le 11/3 !

Martinet noir (Apus apus): les premiers le 16/4 (à part une observation surprenante le 29/3 et celle du 11/3)

Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis): 2 observations sur la Seine mi-mars

Torcol fourmilier (Jynx torquilla): une observation le 23/4

Pic vert (Picus viridis) B-Chaumont, Bercy, P-Lachaise, J. des Plantes, Montsouris, Cité U, Butte du Chapeau-Rouge, Musée Rodin, Couvent St-Augustin ( 13ème)

Pic épeiche (Dendrocopos major) : P-Lachaise (couple),un mâle à Montsouris et un de passage à la Villette.

Pic épeichette (Dendrocopos minor):plusieurs obs Luxembourg, P-Lachaise, obs isolées Petite Cité U,Pitié-Salpétrière, B-Chaumont

Hirondelle de rivage (Riparia riparia): 3 ind début mai

Hirondelle rustique (Hirundo rustica): en migration à partir du 18/3 et observée sur ses fiefs du 16ème arrdt

Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum): au Louvre et à la Villette

Pipit des arbres (Anthus trivialis): 1 le 28/5

Pipit farlouse (Anthus pratensis):1 le 5/4

Pipit spioncelle (Anthus spinoletta): 1 le 14/4

Bergeronnette printanière (Motacilla flava) :1 le 23/4

Bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea)

Bergeronnette grise (Motacilla alba)

Bergeronnette de Yarrell (Motacilla alba yarrellii): 1 le 19/3, à côté de l'Avocette !

Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes)

Accenteur mouchet (Prunella modularis)

Rougegorge familier (Erithacus rubecula)

Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos): 3 chanteurs entendu après le 16/4

 

Gorgebleue_RLenoir_Regine-Le-Courtois1.jpg

 

Un arbre d'alignement n'est pas tout à fait le milieu typique de la Gorgebleue ! ( photo Régine Lecourtois-Nivart)

Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica): 1 le 1er avril !

Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros)

Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus): un séjourne qq jours à l'hop. St Anne, du 27/4 au 3/5 à la Villette,à partir du 22/5 sur le point culminant de Paris ( Télégraphe...)

Merle noir (Turdus merula)

Grive litorne (Turdus pilaris): 1 le 4/4

Grive musicienne (Turdus philomelos)

Grive mauvis (Turdus iliacus) : 5 obs jusqu'au 11/4

Grive draine (Turdus viscivorus): 2 obs (Cité U et parc G.Brassens

Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus): notée à 3 endroits à partir du 29/4 dont un séjour prolongé au jardin Rachmaninoff

Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta): 1 le 30/4

Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla)

Fauvette des jardins (Sylvia borin): notée en 8 endroits dont un séjour du 25/4 au 12/5 au moins

Fauvette babillarde (Sylvia curruca): 2 obs les 3 et 4/5

Fauvette grisette (Sylvia communis): notée en 8 endroits à partir du 17/4

Pouillot siffleur (Phylloscopus sibilatrix)

Pouillot véloce (Phylloscopus collybita)

Pouillot fitis (Phylloscopus trochilus) : 19 obsercations à partir du 7/4

Roitelet huppé (Regulus regulus)

Roitelet à triple bandeau (Regulus ignicapilla)

Gobemouche gris (Muscicapa striata): noté au Trocadéro, Jardin des Plantes et du Luxembourg

Gobemouche noir (Ficedula hypoleuca): 7 obs du 17/4 au 11/5

Mésange à longue queue (Aegithalos caudatus)

Mésange nonnette (Poecile palustris): Ranelagh, Trocadéro et cimetière de Charenton

Mésange huppée (Lophophanes cristatus)

Mésange bleue (Cyanistes caeruleus)

Mésange charbonnière (Parus major)

Sittelle torchepot (Sitta europaea): régulière au Trocadéro, Luxembourg et B-Chaumont; 2 obs isolées à Montsouris et P-Lachaise

Grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla)

Geai des chênes (Garrulus glandarius)

Pie bavarde (Pica pica)

Choucas des tours (Corvus monedula): 1 obs près du J. des Plantes

Corbeau freux (Corvus frugilegus) : 2 obs en migration le 7/3

Corneille noire (Corvus corone)

Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris)

Moineau domestique (Passer domesticus)

Tisserin gendarme  (Ploceus cucullatus) : découvert en janvier à la Tour St Jacques, revu en mars et en mai

 

Tisserin_Rambuteau-Beaubourg.jpg

 

Le Tisserin avait été aussi vu près du centre Pompidou (photo JB Alemanni)

Pinson des arbres (Fringilla coelebs)

Serin cini (Serinus serinus): presque uniquement présent entre portes d'Aubervilliers et de la Villette

Verdier d'Europe (Carduelis chloris)

Chardonneret élégant (Carduelis carduelis)

Tarin des aulnes (Carduelis spinus): un petit groupe le 11/3

Linotte mélodieuse (Carduelis cannabina): 3 obs à la Villette

Grosbec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes): 1 obs le 11/4

Bruant zizi (Emberiza cirlus): 1 obs au cimetière de Charenton

96 esp

 

10:49 Écrit par Frédéric dans Les saisons à Paris | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/08/2015

A Paris, zyeutez les corneilles !

Ces dernières années, quelques cas d'attaques de personnes par des corneilles ont eu lieu à Paris. Ils ont été montés en épingle par la presse et ont provoqué parfois quelques réactions d'élus d'arrondissement. Je reviendrai dans un prochain billet sur ce problème mais disons que cela a eu comme conséquence que le Muséum d'Histoire Naturelle de Paris (en la personne de Frédéric Jiguet) a été chargé par la Ville de Paris d'un travail préparatoire pour vérifier qu'on pouvait étudier le comportement de ces oiseaux grâce à la pose de bagues colorées.

Corneilles baguées Tuileries'recad-red.JPG

L'avantage du système est de permettre de reconnaître les individus sans avoir besoin de les capturer

On peut lire facilement le numéro aux jumelles mais aussi en photographiant les oiseaux, même avec un petit APN avec un zoom optique (ce qui est le cas des photos de ce billet). Si vous en croisez, n'hésitez donc pas à les photographier, vous serez étonné par la lisibilité des bagues sur votre ordi, surtout si les photos ont été prises en HD (ici 8 mégapixels).

Corneilles baguées Tuileries 031.JPG

Juste pour donner une idée, la bague est lisible sur l'original HD de cette photo... qui permet aussi de prouver que, baguées au Jardin des Plantes, certaines ont atteint le Jardin des Tuileries ( 5 oiseaux différents notés en 2 visites...)

Corneilles baguées Tuileries-red.JPG

Toute lecture de bague (avec photo si possible) est à transmettre à F. Jiguet fjiguet@mnhn.fr

12:07 Écrit par Frédéric dans histoires de corneilles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |