20.05.2012

Paris côté sauvage sur la chaîne Animaux

 

La Chaîne Animaux diffuse un film documentaire de 52’ intitulé « Paris côté sauvage », sur les animaux qui vivent à l’état sauvage dans Paris…. et qui croyez-vous qu’ils ont trouvé pour parler d’oiseaux ?...;-)

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Si vous voulez voir ma bouille, voici les redif que j’ai pu repérer sur les programmes de la chaîne  (c’est au début du docu qu’on peut me voir, vous ne serez même pas obligés de vous fader le reste…. même si je suis sûr que c’est très bien aussi !)

 

lundi 21/5 : 18h25

mercredi 23/5 : 22h10

vendredi 25/5 : 21h15

dimanche 27/5 : 12h15

jeudi 31/5 : 16h05

 

14.05.2012

Le chat qui n'avait pas de chance avec les Corvidés...

Tout à l’heure, alors que je travaillais à l’ordinateur, des cris énervés de corneille ont détourné mon attention de l’écran… Il y a un nid de corneilles dans un des robiniers sous mes fenêtres, cela ne m’a donc pas trop étonné ! Mais quand même je les ai trouvées bien insistantes !

Je vais voir et je découvre  qu’une corneille s’en prend à un gros matou noir ! Ce pauvre chat n’a décidément pas de chance avec les corvidés : c’est sûrement le même qui, il y a 3 ans, a eu maille à partir avec les pies qui nichaient à peu près au même endroit ! Le billet est consultable à cette adel : http://lesoiseauxenville.skynetblogs.be/archive/2009/05/30/la-pie-ange-ou-demon.html

 

Voici en ombre chinoise quelques scènes de l’affrontement…. je vous laisse prendre les paris sur le vainqueur (ne trichez pas en allant voir tout de suite la fin !)

 

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Les deux protagonistes

 

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Recul stratégique de la corneille

 

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La manœuvre a fonctionné : la corneille repart à l’attaque…

 

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…. et pousse son avantage !

 

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L’autre vient au secours de la victoire !

 

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Le chat, honteux et confus, jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus…..

 

PS : la scène n’avait pas échappé aux enfants de l’école maternelle ombragée par ces robiniers et ils ont suivi passionnément la rivalité. Je me permets quand même de regretter l’attitude de l’enseignant qui leur a fait crier « Allez, le chat ! » sur l’air des lampions au lieu de leur expliquer que les corneilles défendaient leurs petits...

 

08.05.2012

Un nid pour deux...

C’est le 1er mai que J-Luc Saint-Marc découvre une scène surprenante au parc des Buttes-Chaumont ( Paris 19è) : 2 Poules d’eau couvent sur le même nid ! J’assiste à la même scène samedi 5 mais le lendemain je ne peux voir qu’un relais des 2 couveuses sans les voir ensemble sur les œufs. Un habitué du parc me dit qu’il y a 10 œufs, ce qui est important pour une seule ponte, mais pas impossible. Géroudet cite des pontes de plus de 20 œufs en précisant que, dans ce cas, ce sont sans doute 2 pontes effectuées dans le même nid… Ici nous avons la preuve que cette situation arrive !

 

poule d'eau double couvaison_JLSM_BChaumont_retaillée.jpg

Les deux couveuses sur le nid (photo J-L Saint-Marc)

Remarque : il est impossible de distinguer dans la nature le mâle de la femelle dans cette espèce….

 

Quand j’ai pu apporter mon appareil photo, je n’ai pas pu voir les 2 couveuses en même temps : la (supposée) couveuse étalait bien son plumage pour recouvrir ses œufs et le (supposé) mâle apportait régulièrement des feuilles, jaunes ou vertes,

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que la femelle disposait aussitôt pour décorer son nid, comme elle l’avait déjà fait avec un bel emballage de bonbons ! 

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Le mâle est très actif : 14 voyages en 19 minutes !….

Puis la (supposée) seconde couveuse est venue prendre le relais. Mais ce n’est pas simple de se relayer sans laisser les œufs à l’air une seule seconde….

Elle se pose sur le dos de sa collègue….

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 Elle trouve une position qui semble lui aller….. ;-)

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 Le mâle arrive comme si de rien n’était….

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Puis la première couveuse s’en va se dégourdir les pattes !

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Il ne semble pas que d’autres cas de double couvée simultanée ait déjà été observée chez cette espèce, mais j’attends les démentis avec gourmandise…. ;-)

 

06.05.2012

Creuser un nid au lieu de la construire....

Aujourd'hui je commence une (courte) série de billets sur des nids originaux observés à Paris... Je donne d'avance la moralité de ces histoires : les oiseaux ont une faculté d'adaptation étonnante.... mais les lecteurs réguliers de ce blog en sont déjà bien conscients !

Je commence donc par un nid de Merle construit dans le quartier Belleville, dans une jardinière accrochée au rebord d'une fenêtre.... ce qui est déjà assez original, même si le merle parisien en est assez coutumier !

Mais ce n'est pas ça l'extrême originalité de ce nid : regardez bien la photo qui suit ( merci à Elise Lesaffre de m'avoir donné ces photos... par l'intermédiaire d'un autre Lesaffre que certains connaissent peut-être....)

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Je me suis permis de la retailler et d'augmenter les constrastes pour que vous puissiez mieux vous rendre compte : hormis les premiers centimètres d'herbes sèches qui constituent le bord du nid, le reste de la coupe est formée directement par la terre de la jardinière ! 

Dans un 2ème temps les merles ont tapissé la coupe de brins d'herbes avant de pondre, ce qui fait que maintenant, le nid a un aspect normal.... sauf qu'il est en partie enterré !

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Le père de la photographe n'avait jamais rencontré un tel cas, c'est vous dire si c'est rare....;-) 

05.05.2012

Les oiseaux ont-ils peur du bruit ?

 

Je vais me faire un peu mousser : je viens d’être interviewé par une équipe d’ARTE qui prépare un sujet sur les conséquences  du bruit urbain sur les oiseaux. En fait, c’était au Corif qu’ils avaient demandé cette interview… mais bon, j’aime encore bien quand on me place un micro-cravate, j’ai l’impression d’être important… ;-)

 

Ca m’a obligé de rassembler quelques idées sur la question, grâce à des études dont j’ai lu les comptes-rendus dans des revues scientifiques ( pour plus de détails, suivre les URL en fin du texte ). Plusieurs points à retenir :

 

- tout d’abord, ce n’est pas surprenant mais encore fallait-il le prouver : le bruit dérange les oiseaux ! Sauf pour les espèces spécialistes de la ville qui ne sont pas affectées  , la proximité d’une route diminue la densité d’oiseaux. Pas étonnant : cela doit les effrayer, même s’ils s’habituent facilement à des bruits réguliers. Un niveau sonore trop élevé perturbe leur communication (les oiseaux utilisent beaucoup le son - cris ou chants - pour communiquer). La route peut aussi intervenir par d’autres facteurs que le bruit (pollution, accidents) [1]

 

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Je vous déconseille d'essayer de dormir à quelques mètres d'un rossignol au mois de mai ! (photo O.Laporte)

- certaines espèces s’adaptent à ce problème du niveau sonore. Sans surprise, certains chantent plus fort : la Mésange charbonnière passe de 42dB à 63 dB, le Rossignol, qui chante encore plus fort, passe de 80 à 90 dB ! [2]

 

- la Mésange charbonnière ne se contente pas de chanter plus fort : elle élève la fréquence minimale de son chant. Ce chant est facile à retenir «  ti-pû ti-pû » «titi-pû titi-pû » : c’est ce « pû » plus grave qui devient un peu plus aigu en milieu urbain, sans doute car les sons aigus passent mieux le brouhaha. [3]

 

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Celui-ci vit à la campagne et a donc des horaires "normaux", pas comme son collègue urbain

- d’autres enfin ont compris qu’on pouvait aussi contourner le problème en chantant quand… il n’y a pas de bruit ! C’est ce qui explique que le Merle et le Rougegorge (entre autres) chantent dès 4h du matin ( et parfois plus tôt) en ville. Signalons qu’on a longtemps cru que c’était à cause de l’éclairage urbain qu’ils chantaient si tôt. [3]

 

Voici les réponses que les oiseaux ont pu trouver aux problèmes posés par le bruit mais je suis resté sec quand le journaliste d’Arte m’a demandé si les oiseaux pouvaient profiter du bruit…. En revenant de cet enregistrement j’ai réalisé qu’il y avait un exemple où le bruit semblait recherché par les oiseaux : les bergeronnettes grises ont l’habitude de former des dortoirs de plusieurs centaines voire milliers d’oiseaux sur leurs terrains d’hivernage. Or quelle ne fut pas ma surprise quand je réalisai que les lieux choisis étaient tout sauf tranquilles : il s’agissait souvent de places violemment éclairées et bruyantes, souvent face à la gare du lieu ! Pourquoi ? On peut supposer que c’est une manière de dissuader les prédateurs de venir les inquiéter… Pure hypothèse, mais si vous avez une autre idée, je suis preneur ! [4]

 

Dortoir Berg_grise.jpg

Je n'ai pas retrouvé dans quelle ville a été prise cette photo de dortoir de Bergeronnetttes grises par Ph. Pulce...

 

 

[1] http://lesoiseauxenville-biblio.skynetblogs.be/archive/2007/11/06/influence-de-la-proximite-des-routes-et-des-villes-sur-l-avi.html

 

{2] http://lesoiseauxenville-biblio.skynetblogs.be/archive/2007/06/18/les-oiseaux-urbains-chantent-plus-haut-et-plus-fort.html

 

[3] http://www.certu.fr/fr/_Ville_et_environnement-n29/Bruit-n138/IMG/pdf/Bruit_urbain_et_faune_sauvage.pdf

 

  [4]http://f1.grp.yahoofs.com/v1/gKuiT9xMQW598GZzo_ckBJoA1KvwSPq_A78OpshSX3lcYv57I6T7Ge6Vu-Ki8X9DrCabe3akzVY0kFnNw_ix/%27Etudes%20urbaines/Dortoir%20bergeronnette.doc (inscription préalable nécessaire à la liste « Ornithologie urbaine », mais c’est gratuit et vous pouvez vous désabonner aussitôt après !)

 

30.04.2012

Le Héron des villes

J'ai déjà abordé plusieurs fois le sujet de l'adaptation du Héron cendré à la ville : rappelons que quand j'étais gamin (il y a plus de 40 ans....), le Héron était un oiseau rare et farouche !

Depuis plus d'une vingtaine d'années , l'espèce a pris ses habitudes en centre ville d'Amsterdam qui semble avoir été une ville pionnière en la matière ( comme en d'autres...). A Paris le phénomène a une dizaine d'années et maintenant tous les parcs pourvus d'un peu d'eau ont leur(s) héron(s) habitué(s) : Montsouris, Bercy, Tuileries, Buttes-Chaumont, Jardin des Plantes, Champ de Mars....

L'espèce s'est ensuite mise à écumer les bassins à poissons rouges des particuliers... Voici une photo prise par Christophe Gonzales à Vitry s/Seine ces derniers jours...  le photographe précise que les carpes du bassin local ont chèrement payé le prix de cette photo !

Héron_Vitry_ChristopheGonzales.jpg

Un précédent billet sur le sujet m'a attiré des commentaires (parfois très énervés) et des questions de la part de propriétaires de bassin qui aimeraient bien trouver un moyen pour protéger leurs poissons. J'ai reçu aussi quelques conseils et je vous livre donc celui qui me semble le plus simple, surtout s'il est efficace... Il s'agit d'acheter dans n'importe quelle jardinerie un héron en plastique grandeur nature : placé sur un bassin, il dissuadera le vrai héron de s'approcher, car l'espèce a du mal à supporter un voisin trop proche quand il s'agit de pêcher ( c'est très visible au parc des Buttes-Chaumont : quand il y a 2 hérons, ils se placent aux 2 extrémités du "lac"... ou bien ils se castagnent !). Un truc : pour ne pas que les hérons s'aperçoivent du subterfuge, il suffirait de déplacer régulièrement la silhouette....  

31.03.2012

Apprendre les chants des pigeons et tourterelles

 

Cette quinzaine, les chants évoqués vont être moins mélodieux que la plupart de ceux évoqués jusqu'ici.... On va en effet parler des "chants" des Pigeons et Tourterelles.

 

Parce que ça chante ces oiseaux-là ? ... C'est le moment de rappeler ce que je disais au début de ce cycle sur les chants d'oiseaux : le chant est d'abord une manifestation de territorialité et un moyen d'attirer les femelles.... et dans ce domaine-là, tous les moyens sont bons !.....;-)

 

Il ne faut donc pas s'attendre à des vocalises riches et variées, mais plutôt à des suites de roucoulements plus ou moins sourds. Vous connaissez sans doute déjà le roucoulement du Pigeon de ville, version domestiquée puis retournée à l'état sauvage du Pigeon biset : "Rou-rou" … qui peut lasser quand on l’ entend au-dessus de sa fenêtre à longueur de journée.... Ceci dit, même le chant de Rossignol peut finir à énerver, quand on l'entend toute une nuit !

 

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Celui-ci est venu prendre le soleil devant ma fenêtre...

Le Pigeon ramier (la palombe du sud-ouest de la France ...) s'est maintenant établi dans la plupart des villes françaises, le plus souvent durant ces 30 dernières années. Pour le reconnaitre , sa taille, plus importante, sa poitrine rosée, sa tache blanche des deux côtés du cou et les barres blanches qui ornent ses ailes en vol. Il aime beaucoup la ville pour dormir et nicher mais va souvent se nourrir à la campagne, n'hésitant pas à faire des dizaines de kilomètres par jour. En ce moment, vous pouvez en voir faire leur vol nuptial : une montée avec des battements accélérés puis une bascule avec les ailes tendues qui a un petit côté "saut de l'ange" assez élégant ! Posé près de son nid dans un arbre, il chante souvent  ses 5 notes, avec une montée et une accentuation sur la 2ème "cou- coû'cou... coucou". Cliquez ici pour l'entendre !

 

Le Pigeon colombin est le pigeon clandestin des villes : même certains ornithos ignorent qu'il y a des Pigeons colombins dans certaines villes ( Paris, Lyon, Dijon par exemple) : à leur décharge, le Colombin est d’ordinaire un pigeon typiquement forestier qui niche dans les anciennes loges de pics ! En ville, il raffole des cavités qu'il peut trouver dans les troncs de vieux platanes mais il a aussi repéré les mitrons de cheminée qui lui offrent autant de possibilité de nicher, d'autant plus qu'il y a peu de cheminées qui fonctionnent encore dans Paris...

 

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Au parc des Buttes-Chaumont ce Colombin n'a pas eu de problème pour trouver un site de nidification !

On ne le voit quasiment jamais à terre (il va se nourrir aussi à la campagne) et il faut donc le chercher sur les antennes et cheminées, où les pigeons bisets ne vont quasiment jamais... Son chant est aussi difficile à repérer que l'espèce : c'est un cri très sourd, dissyllabique, avec une 1ère note bien appuyée et la seconde souvent étouffée " Hoû-hou, Hoû-hou " assez rapides, le tout étant couvert par le moindre chant de petit passereau... il faut donc bien tendre l'oreille pour entendre ça en ville ! La sonothèque du Corif ne disposant pas actuellement de son chant, je vous envoie pour l’entendre sur le site de Gérard OLIVIER, ornithologue bourguignon qui met en ligne de nombreux chants d'oiseaux

 

 

 

Pour Paris, on a fait quasiment le tour de tous les Colombidés locaux... mais dans la plupart des autres villes, il y a une espèce de plus : la Tourterelle turque, qui ne s’est jamais beaucoup plu à Paris!  C'est une espèce relativement nouvelle dans l'avifaune française puisque la première reproduction connue a eu lieu en 1955 à Mulhouse. 20 ans plus tard on la trouvait à peu près partout en France ! Elle s'établit principalement dans les villages et dans les zones pavillonnaires des grandes villes, mais n'apprécie pas tellement les centres villes, spécialement à Paris... Son chant est très caractéristique avec ses 3 notes avec la 2ème nettement accentuée. Ecoutez-la...

 

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Un des rares couples parisiens photographié par Y.Gestraud pour l'Atlas  des oiseaux nicheurs de Paris

Quand vous entendrez un roucoulement qui n’était pas dans cette énumération, c’est qu’on sera au mois de Mai et que vous aurai entendu la Tourterelle des bois à son retour d’Afrique : ce chant est pour moi synonyme de chaleur et d’été. Je dirai même qu’il pousse à la sieste…