03/01/2017

La dérive des films animaliers

Dimanche 1er janvier, M6 a diffusé un film animalier consacré à la faune de notre capitale, "La plus belle ville du monde". Ce n'est pas le premier travail audio-visuel consacré à ce sujet mais c'est sans doute celui qui a mobilisé les plus gros moyens. Les autres films, des documentaires, "se contentaient" en effet de filmer dans la "nature" parisienne des animaux sauvages (oiseaux, chauve-souris, lapins, renards, etc.) en essayant de communiquer au spectateur le plaisir de découvrir l'existence d'une faune libre en ville ainsi que certaines informations sur le phénomène relativement récent de l'acclimatation urbaine d'un certain nombre d'espèces.
Le film de F. Fougea au contraire utilise essentiellement des animaux imprégnés ou même dressés pour leur faire "jouer" des scènes écrites par un scénariste. On invente donc une histoire qui est censée accrocher le spectateur et, pour cela, on n'hésite pas à "tordre la réalité" pour la faire entrer dans le scénario.

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"La plus belle ville du monde" n'est évidemment pas le premier film a utiliser la présence d'animaux imprégnés : "Le peuple migrateur", film à succès consacré à la migration des oiseaux, était déjà en grande partie fondé sur ce procédé, avec les mêmes conséquences gênantes pour la "réalité scientifique"...
Mais d'abord qu'appelle-t-on "imprégnation" ? C'est un concept défini il y a déjà 80 ans environ par le célèbre éthologue autrichien Konrad Lorenz qui l'a décrit d'abord chez des oies cendrées et des choucas des tours : des jeunes oiseaux considèrent le premier être vivant qui s'occupe d'eux dans les premiers jours de leur vie comme leur "parent" et vont le suivre comme ils suivraient leur véritable parent. On en arrive donc à pouvoir faire suivre un ULM à des oies, des grues, des ibis chauves, etc. On devine l'intérêt cinémùtographique extraordinaire de la trouvaille et je me souviens de mon émerveillement de voir sur des images de la BBC il y a une trentaine d'années des sarcelles d'hiver en vol filmées à leur hauteur... Ce procédé donne évidemment des images extraordinaires et il n'est pas question de le nier !
Cependant, la surenchère et la nécessité de préfinancer un film (et donc présenter un scénario "accrocheur") ont vite poussé les producteurs vers des dérives bien pénibles à supporter quand on est un tant soit peu attaché à la nature sauvage...
Dans "Le peuple migrateur", on voyait des images étonnantes ( des oies cendrées passant sous un pont de la Seine, des Bernaches nonnettes faisant le tour du Mont St Michel, des grues cendrées se posant sur le Larzac...), simplement parce que les conseils régionaux correspondant avaient cofinancé le film ! Même si cela négligeait le fait que les grues ne passent pas (ou très rarement) au-dessus du Larzac ou que les oies ne passent pas sous les ponts de la Seine pour leur migration, mais bien plus haut ! A noter que ce type de plan spectaculaire a été d'ailleurs été refait pour le film de F. Fougea...

affichePeupleMigrateur.jpg


D'autre part, cela permet de tourner des scènes proprement inimaginables, comme (dans "Le peuple migrateur") ces bernaches à cou roux qui se posaient dans une flaque d'hydrocarbures d'un site industriel, ces oies à tête barrée qui se posaient dans la neige au moment de passer l'Himalaya ou les grues venant manger dans la main d'une vieille habitante du Larzac (en fait son "éducateur" déguisé...) !
Dans le film parisien, ce sont les deux scènes de capture d'un pigeon par un Faucon pèlerin qui sont les plus choquantes : on "voit" l'oiseau, qui est dressé et pas seulement imprégné, piquer de très haut à une vitesse effectivement incroyable ( 2-300 km/h) pour attraper un pigeon... au sol ! Si cela arrivait dans la réalité, le pèlerin s'exploserait au sol ! En fait ce rapace est connu pour ne capturer ses proies qu'en vol (les fauconniers parlent de "chasse de haut vol")...

Oie cendrée en vol Londres fev07-red.JPG

Cette oie cendrée n'est pas imprégnée, mais elle s'est adaptée à la vie londonienne...


Enfin, pour les besoins du scénario, on en arrive à inventer des situations qui ne correspondent pas du tout à la réalité : "La plus belle ville du monde" repose sur l'histoire d'une famille d'oies cendrées suédoises qui utilisent l'hippodrome d'Auteuil comme halte migratoire habituelle... Evidemment, les oies cendrées survolent régulièrement Paris (mais sans passer d'abord au-dessus du chateau de Versailles : elles viennent du nord-nord-est !) et il est toujours possible qu'une oie, en général fatiguée, se pose un peu au hasard. De là à faire de Paris une halte migratoire régulière, il y a une marge : l'espèce va utiliser plutôt les zones humides et les prairies qui les entourent !
Je vais peut-être passer pour un grincheux qui critique "de si belles images"... mais je pense sérieusement que ce genre de film marque la fin des documentaires car il ne "documente" rien : indépendamment des erreurs dont il était truffé, ce film raconte une histoire qui n'a que très peu de choses à voir avec le phénomène pourtant passionnant qu'il prétend décrire : l'adaptation d'une partie de la faune à la ville. En particulier, à regarder ce film, on a l'impression que presque toutes les espèces qu'on trouve en ville sont d'origine exotique (on y voit le silure , le ragondin, la bernache du Canada, l'oie à tête barrée, le tadorne casarca, le canard mandarin, le canard carolin et la perruche à collier !) alors que sur les 60 espèces d'oiseaux nichant dans Paris intra-muros, seules trois espèces (Perruche, Bernache et Cygne,  qui est une espèce introduite il y a quelques siècles) sont d'origine exotique.
Tout ça parce qu'il doit être plus difficile d'imprégner une sittelle ou une fauvette à tête noire qu'une oie...

13/12/2016

Les merles se gobergent de mousse...

Je passe régulièrement sur une sorte de passerelle qui longe le cimetière de la Villette (Paris 19ème) et cela fait longtemps que j'ai remarqué que les merles du secteur semblaient apprécier la mousse qui pousse entre les lattes de la passerelle. J'y ai vu jusqu'à 8 merles s'en délectant sur une longueur d'à peine 3 mètres de passerelle.

Après leur départ, les traces de leur gloutonnerie restent visibles...

 

Merle-mousse-cimetièreVillette (2)red.JPG

Le question est : pourquoi n'y a-t-il que ce tronçon dont la mousse est appréciée par les merles locaux ? La passerelle mesure environ 150 mètres de long et il n'y a que 10-15 mètres qui sont concernés...

J'ai vérifié qu'il y a de la mousse entre les lattes de toute la longueur de la passerelle, sauf sous deux conifères dont les aiguilles empêchent visiblement la mousse de pousser. Je n'ai pas trouvé de différences qui opposent la zone visitée par les merles et le reste de la passerelle.

On peut supposer que ce n'est pas la mousse qui les intéresse mais que les merles y trouvent une source de nourriture : invertébrés ? graines ? Le mystère perdure...

 

12:24 Écrit par Frédéric dans Histoires parisiennes | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

11/12/2016

En remontant le canal de l'Ourcq

Pour me rendre hier à l'Assemblée générale du Corif au parc de la  Poudrerie (Sevran), j'avais décidé de rejoindre en métro le parc de la Bergère à Bobigny pour continuer à pied le long du canal de l'Ourcq. Le temps n'était pas terrible et les oiseaux étaient peu actifs. J'ai cependant fait quelques rencontres sympathiques...

Je tiens à préciser que les photos ont été prises au smartphone, ce qui explique leur qualité médiocre mais permet de souligner la faible distance de fuite des animaux illustrés!

La première surprise fut l'apparition d'une flottille de 11 Bernaches du Canada qui nageaient vigoureusement vers l'aval.

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L'espèce n'est pas rare en région parisienne. En Seine-St-Denis, on y trouve des troupes qui vivent, en particulier au parc du Sausset et à la Courneuve en particulier et ces individus bougent dans la journée.

Un peu plus loin, ce fut un héron qui s'est laissé photographier sans problème.

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Quand je pense que dans ma jeunesse, le héron était une espèce rare et craintive...

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Le brouillard donne parfois un charme mélancolique aux paysages, même les plus urbanisés.

Ensuite ce sont des mammifères qui se sont montrés : des Ragondins, à ne pas confondre avec des Castors !

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Si on ne voit pas sa queue, qui est cylindrique et non aplatie, ses belles bacchantes blanches permettent de le reconnaître.

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Un peu plus loin, il y en avait un de taille respectable... et vraiment pas craintif !

En approchant de Sevran, je retrouve le lieu de nourrissage "sauvage" habituel...

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Une occasion de rappeler qu'on pourra essayer n'importe quoi pour limiter les pigeons ou les corneilles, tant qu'on les nourrira, rien ne sera efficace !

Enfin, l'écluse de Sevran m'a permis de revoir un spectacle que j'affectionne : la Poule d'eau funambule... C'est un endroit qui sert aussi de reposoir à des mouettes rieuses.

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J'en ai même vu une traverser l'extrémité du lac Daumesnil sur une enfilade de chaînes métalliques qui bloque l'accès aux barques.

En plus, j'ai pu noter des perruches, des cygnes, un tadorne casarca une bergeronnette des ruisseaux, quelques cormorans et à l'arrivée, le parc de la Poudrerie m'a permis de voir ou d'entendre les Pics vert, épeiche et mar, le Pigeon colombin et plein d'autres espèces...

Pour reprendre ma devise, "Pas besoin d'aller bien loin pour voir des oiseaux !"

08/10/2016

Quelques oiseaux urbains sardes...

Je reviens de 15 jours en Sardaigne, balade surtout à vélo mais aussi à pied dans les villes, en particulier la capitale Cagliari. Le but du voyage n'était pas uniquement ornitho, mais un ornitho ne débranche jamais ses oreilles, même pas en ville, et repère toujours, même involontairement,les oiseaux qui passent.

En fait j'ai ramené peu de photos d'oiseaux sardes et il faudra faire donc parfois un petit effort d'imagination pour les visualiser !

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D'abord, le premier oiseau à s'être montré : la Corneille mantelée, variante locale de notre Corneille noire ( vu leurs répartitions respectives, il serait plus logique de dire que la Corneille noire est la variante occidentale de la Corneille mantelée...).

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Elle m'a semblé plus répandue à la campagne qu'en ville et je n'ai pas trouvé de grosses troupes dans les parcs comme à Paris. Elle n'en dispute pas moins leur nourriture aux pigeons de ville ( au passage, je n'ai pas vu de Pigeon ramier....).

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Un autre corvidé, bien que moins présent, n'est pas rare dans les diverses villes traversées : le Choucas des tours. Ce couple photographié à Cagliari était apparemment en pleine parade nuptiale... étonnant, non pour un mois d'octobre ? En tout cas celui que j'ai pris pour le mâle ( à G) s'approchait régulièrement de l'autre et lui a fait plusieurs fois des "grafouillous" dans la nuque...

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La supposée femelle est très marquée de plumes blanches, une forme de leucisme. Est-ce un hasard ? J'ai noté plusieurs fois en ville (dont Paris... quand il y en avait encore !) des choucas portant des marques blanches,  une forme de leucisme apparemment différente du leucisme alimentaire qu'on observe couramment chez les corneilles parisiennes...

Peu de moineaux en ville, aucun dans les rues ni entre les tables des restaurants installées en terrasse, sources de nourriture qui attirent irrésistiblement les moineaux du coin... Bizarrement, le premier que j'ai pu observer à Cagliari était un Moineau friquet ! C'était dans un coin de friche au pied de la Citadelle. J'en ai réentendu plusieurs fois et il m'a semblé plus nombreux en milieu suburbain que l'autre espèce locale de moineau : le Moineau espagnol. Cette espèce est en revanche bien représentée dans les zones de culture (en particulier les rizières près d'Oristano !). Je dois cependant être prudent, la détermination au cri des deux espèces n'étant pas toujours certaine... Le Moineau espagnol n'hésite cependant pas à utiliser le milieu urbain pour ses dortoirs.

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Une autre espèce exotique pour nous autres ornithos nordiques mais banale sur place : l'Etourneau unicolore. Sur la photo, on comprend aisément pourquoi il porte ce nom...

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Lui aussi vient faire des dortoirs en ville ! A Oristano, il y en avait dans chaque bouquet d'arbres ou presque... mais surtout sur la place la plus fréquentée par les habitants à la tombée du soleil, dans deux magnifiques chênes verts !

Etourneau unicolore-fiente-Oristano-Sardaigne.JPG

Il n'est pas conseillé de stationner sous ces arbres....frown

J'ai toujours été frappé par le faible nombre de goélands qu'on voyait dans les ports méditerranéens.... Pourquoi ? L'absence de marée qui réduit presque à zéro la zone si riche en nourriture de l'estran ? Peut-être...

G.leuco-imm_Cagliari-red.JPG

Il y a quand même quelques couples de Goélands leucophée à Cagliari et ils doivent même s'y reproduire. En tout cas ce jeune semblait bien habitué à la vie urbaine !

Quelles autres espèces en ville ? La Fauvette mélanocéphale est omniprésente dès qu'il y a quelques arbres, même sur une place au sol bétonné !

La Bergeronnette des ruisseaux n'était pas rare non plus, y compris dans Cagliari.

Et pour terminer, ce ne sont pas des oiseaux, mais c'était une jolie surprise urbaine : je visitais les remparts médiévaux d'Iglésias quand j'entendis farfouiller dans les buissons qui bordait la rue, trop fort pour un merle qui retourne les feuilles mortes... un chien ?

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Eh ben non ! Trois jeunes sangliers de l'année venaient faire les gamelles pour chiens/chats et fouiller dans les détritus sans trop se soucier de ma présence (j'étais juste de l'autre côté de la rue !).

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C'étaient visiblement de grands habitués du secteur car des passantes ont ri de ma surprise et sont passées sans s'arrêter...

 

 

21/09/2016

La Bondrée encore là !

Juste un petit billet avant de partir en vacances...

La Bondrée apivore qui a décidé de s'arrêter à Paris au cours de sa migration a prolongé son séjour ! Découverte le 26/8, elle a été revue plusieurs fois jusqu'au lundi 12/9 , après quoi elle a été revue... au parc de Belleville, à quelques centaines de mètres de là.

Bondrée-Belleville_ChMiYoshida-entière.jpg

L'oiseau n'était décidément pas trop farouche ! (photo Christian Michel-Yoshida)

Après avoir fait le spectacle dans ce petit parc elle a été vue pour la dernière fois le samedi 17/9 partant vers le nord, sans doute pour les Buttes-Chaumont !

L'arrivée d'une météo plus automnale l'aura-t-elle convaincue que sa place était plutôt en Afrique tropicale ?...

A suivre !

10/09/2016

Pourquoi il ne faut pas nourrir les pigeons !

Voici une étude intéressante qui donne "du grain à moudre" ( astuce !....) à ceux (dont moi) qui disent que la seule mesure efficace si on veut réduire le nombre de pigeons en ville est d'arrêter de les nourrir. Tout le reste n'est que baliverne et poudre aux yeux....

Voici donc le résumé d'une étude faite à Bâle qui montre les conséquences d'une réduction brutale d'une source de nourriture sur la reproduction des pigeons. Que tous les responsables chargés de cette question dans les diverses villes méditent ces conclusions avant de distribuer de pilules contraceptives ou de se lancer dans des campagnes massives de capture des pigeons...

Pigeons Zurich red.jpg

Ce n'est pas à Bâle mais à Zürich... c'est le même pays !

Food shortage affects reproduction of Feral Pigeons Columba livia at rearing of nestlings
BIRTE STOCK* & DANIEL HAAG-WACKERNAGEL
Ibis (2016), 158, 776–783

Introduction

- Problèmes causés par l'espèce : 4-11 kg feces/pigeon/an; 23,7-33,5 euros de dommages/pigeon/an

- Qq données biologiques :
-> le poids du poussin est multiplié par 22 durant les 3 premières semaines ( record absolu chez les espèces animales étudiées !) grâce au "lait" végétal produit par le jabot des parents.
-> un adulte pendant la phase de nourrissage consomme 2,43 fois plus qu'un adulte hors reproduction

But de l'étude

On étudie l'effet d'une réduction de source de nourriture sur le cycle de reproduction d'une population de pigeons vivant en conditions naturelles sur une durée de 8 ans.
On s'attend à :
-une réduction du nb de couples nicheurs et du nombre de couvées/couple
- l'augmentation de l'intervalle entre deux couvées
- une réduction du nb d'oeufs par couvée et du nb d'oeuf par an
- une réduction des taux d'éclosion et d'envol
- une réduction de la taille totale de la population de pigeons, résultant des points précédents.

On devrait pouvoir en tirer des enseignements pour mettre au point une stratégie durable de contrôle des populations de pigeons en ville

Méthodes

Etude d'un pigeonnier dans un quartier résidentiel de Bâle (Suisse) comportant 39 boîtes de nidification (même si qq couples nichent au sol ou dans des recoins). Tous les pigeons nés au pigeonnier sont bagués au nid et les immigrants au cours de séances de comptages nocturnes.

Pigeonnier_RDebré red.JPG

Un "Pigeonnier pédagogique" à Paris


La colonie compte entre 75 et 100 pigeons. Les oiseaux doivent chercher seuls leur nourriture et leur eau. Ils se déplacent dans un rayon de 300 à 2000 mètres et surtout vers le port fluvial sur le Rhin situé à 1km de là.
L'administration du port a estimé à 60 tonnes/an la quantité de grains perdus, surtout consommés par les pigeons. A 29g/pigeon/jour, cela permet de nourrir environ 5700 pigeons.
En décembre 2009 le port ferma et fut démoli.
Cette étude a été faite pour essayer de suivre les conséquences de cette fermeture.
Une visite au pigeonnier tous les 15 jours pour mesurer les paramètres de reproduction plus 8 visites nocturnes pour marquer les immigrants et suivre les individus présents.
ARS ( Annuel Reproductive Success) = nb de jeunes envolés/nb de couples nicheurs

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Un pigeon de couleur original (Meaux)

Résultats


831 couvées relevées en 8ans. Sur 1429 oeufs 535 éclosions ( 37,4%) et 353 envols ( 66,0%). ARS global de 1,03 envol/couple/an.
111 pigeons présents en moyenne aux décomptes nocturnes avant et 82 après la fermeture du port.
Intervalle moyen entre 2 couvées : avant 67 jours, après 92 jours ( +37%)
Nb de couples nicheurs/an - 24% après la fermeture du port
Nb de tentatives de nidification /couple/an -28,5% après la fermeture du port
Taille de ponte : pas de changement significatif
Nb total d'oeufs pondus/an : -45% après la fermeture du port
Succès à l'éclosion : pas de changement significatif
Succès à l'envol : - 19,2% après la fermeture du port
Bilan : l'ARS a chuté de 43,9% et le nombre total de jeunes envolés de 54,6% après la fermeture du port

Pigeon-beige_rose-red.JPG

Une couleur plus naturelle mais jolie quand même....

DISCUSSION


La perte d'une source importante de nourriture s'est donc traduite à plusieurs étapes du cycle de reproduction, particulièrement sur le nb de tentatives de reproduction et sur le succès de l'élevage des jeunes.
Les pigeons ont en général une très longue période de reproduction (presque toute l'année) et pondent presque toujours deux oeufs. Les pontes d'un oeuf ont à Bâle un succès 10 fois inférieure aux pontes de deux, sans doute à cause de l'absence de réchauffement réciproque des 2 poussins.
La mortalité au nid est importante à cause de l'importance de l'apport de nourriture nécessaire due au taux de croissance exceptionnel des poussins.
En cas de réduction de nourriture, le nombre de couvées diminue et l'intervalle inter-couvée augmente à cause de l'investissement énergétique nécessaire à une reproduction mais pas le nb d'oeufs ni le taux d'éclosion, sans doute car c'est peu couteux en énergie. Le succès à l'envol diminue sans doute parce que c'est la phase la plus énergivore du cycle pour les adultes.
La réduction de nourriture s'est donc traduite par une réduction de la taille de la population. Il est cependant concevable qu'au bout de qq années, les pigeons réussissent à compenser cette perte en trouvant de la nourriture ailleurs.
La manière la plus efficace pour limiter la population de pigeons urbains est donc d'éviter les apports, volontaires ou non, de nourriture d'origine humaine.

 

 

09/09/2016

Une Bondrée en villégiature aux Buttes-Chaumont !

Une observation assez surprenante a été faite vendredi 26 aout 2016 par des jardiniers du parc des Buttes-Chaumont (75019) : un rapace de taille assez imposante semblait boire dans le caniveau du parc ! Le temps de prendre 2 photos, l’oiseau s’est envolé pour disparaître dans le feuillage des nombreux arbres de ce très beau parc.

Ces photos ont permis de découvrir qu’il s’agissait d’une jeune Bondrée apivore !

Bondrée_BChaumont-T.Bouderlique2.jpg

(photo Thomas Bouderlique) 

Ce rapace qui ressemble à la Buse variable et qui se nourrit principalement d’abeilles et de guêpes est un migrateur précoce qui survole à cette période toute la France pour aller rejoindre ses quartiers d’hiver en Afrique subsaharienne. Sa présence au-dessus de Paris n’a donc rien d’étonnant…. (à cette même date la pointe sud de la Suède voyait passer presque 1000 bondrées en un jour !). C’est son arrêt dans la capitale qui est plus surprenant !

On s’est donc dit que ce jeune avait sans doute été pris d’un gros coup de fatigue (et de soif !) et qu’il a profité du survol de ce parc pour faire une petite pause avant de repartir pour l’Afrique.

Mais le plus étonnant restait à venir, sous la forme d’un mail d’une personne qui me signalait avoir photographié un rapace dans ce même parc…. 10 jours plus tard !

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( photo Clémence Brunet)

La photo prouva évidemment qu’il s’agissait de la même Bondrée qui était en train de déterrer un nid de guêpes…. à moins de 3m des passants qui n’en croyaient pas leurs yeux !

Bondrée-nid-guepe_BChaumont_détail-red.JPG 

(ça, c'est ce qui reste du nid de guêpes ! Photo perso)

 

Cela signifiait donc qu’elle était restée (sur place ou à proximité) et qu’elle avait suffisamment de forces pour creuser énergiquement le sol pour trouver sa nourriture !

L’oiseau a été aussi revu, posé sur une branche, mardi O9/9 par un jardinier, soit au moins 12 jours de séjour !

Un séjour en milieu urbain d’une telle durée est tout à fait exceptionnel, peut-être sans précédent, mais son comportement, fort surprenant, pose quand même la question de son origine sauvage …